L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

Hiver 2033, Moscou.
Moi, Vladimir et un certain Artyom attendèrent patiemment au fond de la draisine, en direction d'une porte lourde qui menait à la surface. Grelottant, frisonnant, le silence des tunnels nous envahissait peu à peu tandis que personne ne parla, essayant d'oublier la possibilité que leur mort arriverait plus tôt que prévu... Seul le conducteur de la draisine tenta de nous remonter le moral, à grands coups de chants patriotiques et de gorgées de vodka.

J'ignorais vraiment quelle était la raison de cette sortie à la surface, ils ont parlé d'une espèce de tour... Mais cette mission avait l'air plutôt importante, et si ça permet de donner un bon coup de semonce aux Sombres, je n'hésitais pas une seule seconde... La draisine ralentit. Des lumières blanches nous aveuglèrent, on arriva à la porte blindée, derrière laquelle se trouve chaos et désespoir. Le conducteur avait cessé de chanter. Il nous invita à descendre du véhicule et de mettre nos masques à gaz parce que dehors, l'air avait laissé la place à autre chose qui s'infiltre dans nos poumons et nous pourrit de l'intérieur. Directement venu des enfers.

La lumière blafarde de la Lune nous accueilla tristement. Le hurlement du vent se mêla à celui des démons. L'ancienne station de métro était envahie par la neige et le froid, je n'arrivais plus à imaginer qu'autrefois, des gens venaient et partaient, afin d'entrer dans les tunnels que nous considérons maintenant comme notre foyer. J'essayai d'imaginer les voyageurs, les enfants vaquant à leurs occupations, mais les silhouettes menaçantes au dehors me ramenèrent brutalement à la réalité.
Mes camarades me firent des signes de silence. On avança prudemment, guettant à la lumière de nos torches la moindre ombre qui pourrait nous sauter dessus. Le crissement de la neige était notre seul indicateur de présence, mis à part ma respiration haletante à l'intérieur de mon masque.

A l'extérieur, la beauté froide et fantômatique de Moscou me frappa: des batîments délabrées et enneigées balayées par des bourrasques de vent aux allures angéliques, des carcasses de voitures rouillées et sales enfouies sous un manteau blanc, des cadavres anonymes gelées disséminés un peu partout, ne cherchant plus l'espoir qu'on les retrouve. Je marcha sur un curieux objet avec un petit bruit de trompette aigu. Je me baissa pour le ramasser et sort une de ces petites poupées de la neige, celle qui font un petit bruit lorsqu'on appuie sur leur ventre. Etrangement, elle avait l'air en bon état. Vladimir me fit signe de continuer. J'acquiesça d'un signe de tête, et plaça le jouet dans mon bardas, espérant voir le regard d'un enfant s'illuminer quand je lui offrirai ce cadeau. Si jamais je m'en sors vivant.


Une voiture nous avait rejoint, avec des renforts venus d'une autre station. Visiblement, cette mission avait l'air d'une importance capitale. Je changea le filtre de mon gaz une nouvelle fois, et chargea la batterie de ma torche. Je sentais qu'un combat est proche...J'aperçut quelques novalis courir en meute à côté de nous. Vladimir m'affirma qu'ils avaient peur. J'étais sûr du contraire. J'avais clairement l'impression qu'ils nous observaient tout en nous encerclant, nous laissant aucune zone de retraite. Le mitrailleur du véhicule nous accompagnant braqua la torche tout autour de lui, je sentis la terreur l'envahir de plus en plus.

Soudain, un des gardes de la voiture se fit plaquer au sol par un novalis. Il n'avait pas eu le temps de préparer son arme. Le malheureux se fit déchiqueter le ventre avant que les autres ne réagissent. Vladimir tira un coup de fusil à pompe dans la tête de la créature. Ce premier tir fut le signal de départ pour l'attaque des monstres. De toute part, des novalis sortirent de l'obscurité pour nous attaquer. Certains attaquèrent un camarade à deux, ne lui laissant aucune chance de s'en sortir. D'autres tentèrent de les contourner quand ils avaient le dos tourné. Je me saisis de mon revolver et tira plusieurs balles sur un monstre qui me fonçait dessus. La dernière le toucha à la tête et il s'écroula à mes pieds, mort. Je pris un plus gros calibre et commença à arroser un petit groupe retranché derrière la voiture, guettant patiemment la moindre erreur de ma part. La buée envahissait peu à peu mon masque au fur et à mesure que je paniquais. Je frottais rapidement la visière  pour enlever la buée. Je n'entendais plus que les cris de mes compagnons qui tombaient les uns après les autres.

Un bruissement d'ailes m'électrisa. A côté de moi, un démon était passé pour me saisir et m'emporter au loin mais je réussis à esquiver de justesse. Je manquais de munitions. Mes dernières cartouches de fusil venaient d'abattre un novalis en prise avec Artyom. Je cherchais du regard Vladimir et aperçut son corps inerte non loin d'ici. Je courais vers lui et aperçut la terreur figée sur son visage, un bras en moins. Le malheureux avait été emporté de force par un démon, s'était fait arracher son membre, mais il avait perdu bien trop de sang. Je récita rapidement une prière, emporta les quelques munitions restés accroché à sa ceinture et chargea mon arme.
Un cri de terreur me fit faire volte-face et j'eus juste le temps de voir un démon s'accrocher au toit de la voiture et la faire basculer vers moi, dans un fracas épouvantable. Je plongea sur le côté mais mon masque se fracassa contre un rocher. L'air s'engouffra dans la brêche et j'avais du mal à respirer. Je rampais lourdement à la recherche d'un cadavre. Celui de Vladimir était écrasé par le véhicule en flammes, inaccessible.

Je tourna sur moi-même afin de me mettre sur le dos, balançant mon masque défectueux au loin. Je savais qu'il n'y avait plus d'espoir pour moi. Je regardais la Lune au-dessus de moi, se dégageant des nuages pour m'éclairer une dernière fois. Un démon atterrit juste au-dessus de moi. Sa tête était en face de la mienne. Il plaqua sa lourde patte sur mon ventre, pensant que je pouvais encore m'échapper, et émit un cri strident accompagné d'une puanteur indescriptible. Je sortis la poupée de mon bardas et la garda contre moi. Le monstre allait bientôt attaquer. Je pris lentement le revolver accroché dans mon dos, enleva le cran de sécurité et l'aligna vers la tête du monstre, tout en respirant de plus en plus difficilement. Il ne fallait pas que je sois menaçant. Le démon tourna la tête vers la droite et aligna son regard sur mon bras avant de revenir sur mon visage. Le coup partit au moment où sa gueule plongea vers ma tête. Il s'écroula de tout son poids sur mon torse. De toute façon je n'avais plus que quelques secondes à vivre...

Je n'entendais plus rien. Les créatures étaient déja repartis, en quête d'éventuels survivants. Le bruit du vent m'accompagnait dans mes derniers instants. Je serra la poupée contre moi, quelques larmes coulaient sur mon visage. Ma vue se brouillait de plus en plus, tandis que ma respiration se faisait plus lente, lancinante. J'étais calme et serein. La Lune étincelait de sa plus belle lumière, une lumière bleutée qui avait l'air tout droit sorti du Paradis.
Je ne pouvait rêver mieux pour mourir...

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