Contr'Addiction

Par Contra Blog créé le 12/06/13 Mis à jour le 21/07/15 à 19h49

Joueur devant l'éternel, on me résume souvent à une poussière d'espace en quête d'une place. J'ai traîné mes baskets sur plusieurs sites spécialisés, armé de ma plume, parfois même hors de nos frontières.

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Metal Gear Solid... plus qu'un jeu ?

 

 

 

 

C'est l'actualité qui a agité ces dernières semaines, Hideo Kojima a enfin officialisé Metal Gear Solid 5 sobrement sous-intitulé "Phantom Pain". Oui donc, comme on s'en doutait, derrière le mystérieux Phantom Pain annoncé il y a de ça quelques semaines se cachait bel et bien le nouvel opus de la franchise Metal Gear Solid. Plus étonnant encore, Ground Zeroes (présenté en fin d'année 2012) et Phantom Pain ne font qu'un, le premier s'apparentant - apparemment - au prologue de ce 5ème opus à la manière du Tanker précédant la Big Shell sur Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty.

Et je profite donc de l'occasion pour revenir sur la célèbre franchise nipponne transcendant les générations de joueurs.

 

Pourquoi un tel succès ?

Quels sont les éléments qui font d'un jeu un tel phénomène culturel ?

 

 

 

Précurseur.

Aux prémices de cette grande saga, on y trouve un homme, véritablement adulé par des millions de joueurs à travers le monde : Hideo Kojima. Si ce dernier était bridé par les limites techniques inhérentes à l'époque avec Metal Gear 1 et Metal Gear 2 sortis sur Msx et NES, la donne a définitivement changée avec Metal Gear Solid sortie sur PlayStation en 1997 sur l'archipelle Nippone (2ans plus tard sur le vieux continent !). La puissance et les possibilités offertes par la 3D offraient de nouvelles perspectives au génie créatif de Kojima. Le monde du Jeu Vidéo s'apprêtait à vivre l'un des plus gros bouleversement artistique de sa jeune histoire. A n'en pas douter, l'arrivée de Metal Gear Solid a profondement bousculé la façon de concevoir un Jeu Vidéo. En effet si jusque alors le scénario et le background n'étaient qu'un pretexte servant le gameplay, la tendance s'est clairement inversé depuis les aventures 3D du célèbre Solid Snake.

Hideo Kojima a dès lors prouvé que l'archétype du joueur boutonneux, mal dans sa peau et allergique aux douches n'était qu'un sombre prejugé à la peau dure. Le gamer derrière son pad est capable d'apprécier, appréhender et comprendre des enjeux bien plus profonds que sauver la princesse du village. Metal Gear Solid injecte des notions idéologiques, politiques et morales, développant des thèmes matures comme la menace nucléaire, la génétique et les jeux de pouvoirs, le tout enrobé dans dans un système de jeu amusant, jamais ennuyant et addictif.

Si ça peut paraitre aujourd'hui insignifiant, c'est une véritable révolution à la fin des années 90' qui en découle une prise du pouvoir des scénarios. S'ensuivent alors des Deus Ex, Silent Hill et autre Half Life. Le Gameplay s'inscrit désormais au service de l'Histoire, et c'est bien là toute la différence. C'est aussi le reflet d'une industrie grandissante, murissante et surtout tendant à se faire reconnaitre, supportée aujourd'hui par des chiffres dépassants ceux du cinéma, le " 7ème Art ".

Plus intéressant encore, Hideo Kojima a très vite compris que si les graphismes et les mécaniques d'un jeu convergent à vieillir rapidement - pouvant rebuter une large majorité des joueurs - les idées et les émotions quant à elles, restent éternelles. Si bien qu'aujourd'hui nombreux encore sont suceptibles de succomber au charme ravageur de la licence.

 

 

De l'Art en barre.

Non content d'avoir influencé les mécaniques et les ambitions de l'ère moderne du Jeu Vidéo, Metal Gear Solid est peut être aujourd'hui le meilleur ambassadeur pour défendre l'étendar de la légitimité de cet Art pixelisé non reconnu. Proposant un scénario complexe, un design sublimé par le génial Yoji Shinkawa, une inspiration passionnante, et une implication dévorante, cet ensemble n'a que peu d'égal dans des domaines comme la litterature, le cinéma ou encore le dessin pourtant eux reconnus comme de l'Art.

Plus intéressant encore, le Jeu Vidéo propose une interaction inédite. Cette méthode d'expression, bien utilisé, permet d'immiscer comme nul part son public, ce dernier étant directement impliqué dans le déroulement de l'action. Le joueur peut en effet influencer à sa guise l'aventure qui se déroule à lui. Du plus simple au plus complexe des jeux, le gamer peut par exemple décider de simplement mourir, à la différence du cinéma, la litterature et les BD, où il est impossible d'intéragir directement avec l'action.

Hideo Kojima l'a bien compris et pousse encore plus loin l'idée en brisant le 4ème mur, faisant en sorte que le jeu s'adresse non plus au protagoniste mais au joueur lui même. En témoigne le mythique combat opposant le héros Snake au Boss Psycho Mantis, ce dernier lisant dans nos pensées (notre carte mémoire) pour y dénicher des sauvegardes de jeux Konami, ou encore en faisant vibrer notre DualShock témoignant de sa puissance mentale. Culte ! Dernier exemple, une séquence de torture au cour de laquelle il faudra marteler le bouton afin de survivre et résister le plus longtemps à la douleur. Si l'action parait anodine aux premiers abords, elle manifeste de la volonté d'Hideo Kojima a litteralement faire "souffrir" le joueur en corrélation avec son héros.

 

 

Les sons de la gloire.

Hideo Kojima, fervant partisan du cinéma, ne faisant pas les choses à moitié, n'a pas hésité à poser une attention particulière à l'environnement sonore de Metal Gear Solid. Une fois de plus, le CD-Rom est un allié de poids dans cette optique, là où les cartouches d'une Nintendo 64 entravaient ses ambitions. Les dialogues et surtout la bande sonore appuyant parfaitement les propos du jeu et plongeant le joueur, comme absorbé par cette aventure des sens. Aujourd'hui, il est difficilement pensable d'entendre Solid Snake sans le doublage exemplaire de David Hayter (bien que le doublage localisé en France sur le 1er opus nous ai offert quelques bons moments.. " Tu veux qu'on s'tire l'oreille ? ").

Le succès étant au rendez-vous, Hideo Kojima n'hésite pas à enroller Harry Gregson-Williams pour la composition des suites de Metal Gear Solid. Compositeur largement reconnu dans le 7ème Art, à l'origine des compositions de films comme Gladiator ou encore Man on Fire.

Pour finir, ne peut-on pas penser que le Jeu Vidéo est le moyen ultime d'expression créative ? Ne posant ni les limites d'acting du cinéma, ni les limites d'illustrations de la litterature ou encore de taille d'une BD ?

 

 

Vous l'aurez compris, la saga a rencontré son public, si bien que la saga compte aujourd'hui 4 grands épisodes, bientôt 5, sans compter les deux premiers sorties il y a plus de 20ans ainsi que les opus sortis sur console portable (et non moins important, à l'image de Peace Walker).

Metal Gear Solid a finalement su développer un univers riche, cohérent et profond tenant en haleine des millions de joueurs à travers le monde tout au long des années. Un travail d'ofèvre orchestré par l'un des créateurs de Jeu Vidéo les plus ambitieux de ces 30 dernières années. Voilà ce que représente la saga, une vague d'émotions et sensations inoubliables, ce qui se fait de mieux en la matière et la conséquence directe de la passion dévorante d'un homme cherchant à pousser cette expression artistisque à son paroxysme. Oui, n'en doutons pas, Metal Gear Solid a bien marqué son temps et son environnement. Si vous n'avez pas encore succombobé aux sirènes du jeu, il est urgent de rectifier le tir ! Bon jeu..

 

 

 

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Commentaires

Contra
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Contra
Exacte. D'autant plus qu'il dessine avec une facilité et une rapidité déconcertante. Du grand art.
Sleepy prince
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Sleepy prince
Ah enfin quelqu'un qui cite Shinkawa, ça me fait plaisir. Parce que les artwork de Shinkawa ils sont MA GNI FIQUEs. Il a une patte graphique de deglingo.

Édito

Les raisonnables ont duré, les excessifs ont vécu.

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