Location et prêt de jeux vidéo en France : où en est-on ?

Ça risque de changer.

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sseb2212h57 | 18 Février 2011 | 10
Divers
par sseb22
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bibliothèque, location, prêt

OUTILS
La location ou le prêt de jeux vidéo en France n'est pas vraiment répandu comparé à d'autres pays. Je me suis demandé pourquoi.

 

 Il y a quelques jours est tombée une news sur la mise en service d’un rayon Jeux Vidéo au sein de la médiathèque de Chartres [1]. C’est à ce moment que je me suis rappelé qu’en effet, ces pratiques sont vraiment trop peu répandues en France. Je me suis demandé pourquoi et voici un point sur ce que j’ai trouvé.

Point rapide sur le plan juridique

Sur le site de l’ensibb [2] (une sorte d’école d’ingénieurs des bibliothécaires), on apprend que le jeu vidéo est encore un « objet juridique non identifié » dans le cadre qui nous intéresse ici. Il y a déjà eu jurisprudence stipulant que la location d’un jeu vidéo doit être autorisée par son ayant-droit direct car la location (ou le téléchargement) est juridiquement considérée comme un service et non comme une vente [3]. Il faut donc une licence spécifique pour pouvoir proposer la location de jeux à des clients.

Dès lors, on peut rencontrer deux démarches contractuelles :

1.   1. Soit on va frapper à la porte de chaque éditeur et négocier à chaque une licence spécifique à la location, ce qui est long et probablement fastidieux (surtout si l’ayant-droit n’a pas de représentant en France).

2.   2. Soit on met en place un contrat de « ventes-rachats ». Le vendeur d’engage alors à racheter le jeu au client dès lors que ce dernier le souhaite à un prix inférieur au prix de vente. La différence est bien entendu considérée par les deux parties comme le prix de location.

Quand on voit que c’est beaucoup moins contraignant aux Etats-Unis, par exemple, où louer un jeu a l’air aussi répandu que de louer un DVD, il y a de quoi grogner. Car il ne faut pas se leurrer, la plupart des éditeurs vont penser, à mon avis, que louer un jeu pour quelques euros pour une durée limitée, c’est un manque à gagner par rapport à une vente au prix fort. Evidemment, l’acheteur peut le revendre sur le marché de l’occasion mais là aussi, c’est techniquement un manque à gagner pour l’éditeur puisque l’argent de cette vente d’occasion ne va pas dans ses poches [4] et ils essaient donc d’enrayer ce marché en donnant des bonus au 1er acheteur selon l’éditeur ou en bridant l’expérience des acheteurs de seconde main, selon les joueurs [5].

Et concrètement, on peut emprunter des jeux vidéo dans les bibliothèques ?

Au niveau du prêt en bibliothèque, il existe donc, outre Chartres, d’autres sites qui ont expérimenté la chose [1]. Le Quai des Ludes, à Lyon, met à la disposition sur place de consoles et de jeux [6], la BMVR de Troyes a testé la même chose avec Cerebral Academy sur DS pendant 6 mois en 2006-2007. L’opération s’est déroulée avec succès… mais n’a jamais été renouvelée et la médiathèque de Saint-Raphaël propose de jouer à DOFUS sur place depuis au moins 2008. Par contre, l’initiative de Chartes a l’avantage d’être un véritable prêt.  Le Blog « Jeux vidéo et Bibliothèques » propose d’ailleurs une carte des bibliothèques proposant la consultation ou le prêt de jeux (ça a parfois été juste temporaire) [7].

Ça ne concernera qu’un petit nombre de personnes, mais il faut savoir, comme je l’ai déjà mentionné [8] que la BnF a également un dépôt légal de jeux vidéo. Ici aussi, les jeux vidéo dont ils disposent en 2 exemplaires peuvent être consultés. Si vous avez la possibilité d’avoir une carte « chercheur » et si vous réussissez l’entretien motivé, alors, ils sont à vous ! (bon, j’avais prévenu :-o)

Mais il existe peut-être aussi un problème plus « culturel » car une amie travaillant justement à la BnF m’a fort justement fait remarquer que le Jeu Vidéo n’était tout simplement pas (encore ?) assez noble pour entrer dans les bibliothèques. Déjà qu’ils ont mis des manga, il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties !

Oui mais moi, je ne mets pas les pieds dans les biblis, pourquoi on ne trouve pas de « loueurs » de jeux ??

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles cette pratique n’est pas répandue dans notre beau pays comme on l’a vu au début. Mais quoi qu’il en soit, quand le délégué du Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisir (SELL) lui-même est contre la location en France en évoquant notamment le piratage (sic) [9], on a le droit d’être un peu pessimiste sur l’avenir de cette pratique en France.

Lors de mes recherches, j’ai souvent vu des journalistes, des forumeurs et des éditeurs dire que la location était purement et simplement interdite ici [9-11]. Or, on l’a vu, c’est juridiquement possible, juste compliqué. Il faut donc saluer le lobbying voire le « lavage de cerveau » opéré par certains pour faire accepter cet état de fait par beaucoup de français et je pense que c’est en partie pour cela que presque personne n’essaie d’obtenir une licence locative. En même temps, la location de jeux vidéo a été officiellement interdite en Belgique le 1er décembre 2008, à titre d’information [12,13].

La location étant donc très peu répandue en France, il ne reste, au niveau du privé, que le contrat «achats-ventes ». J’ai repéré 2 sites pratiquant cette opération : http://www.gameplazza.com/ et  http://www.okajeux.com 

Le premier site a visiblement arrêté la location de jeux consoles, redirige vers leur nouvelle plate-forme pour les jeux mobiles et les liens renvoient vers www.metaboli.fr  pour le téléchargement de jeux PC. Le deuxième par contre est toujours en activité pour les consoles et propose, pour un abonnement à partir de 10€ par mois, de commander un jeu et de le renvoyer quand vous l’avez fini.

C’est, en quelque sorte, un contournement habile de la difficulté de proposer un service de location. Le joueur peut arriver ainsi à mieux gérer son budget par rapport à un achat et une revente sur le marché de l’occasion et le site fonctionne assez bien puisqu’il a atteint l’équilibre dès la 3e année [14].

 

Petites réflexions sur l’avenir (mode « boule de cristal » enclenché)

Les habitudes de consommation changent. Tant au niveau des consoles de salon que des portables, de nouvelles options sont disponibles ou se profilent dans un futur très proche. Ces nouvelles façons de consommer le jeu vidéo auront, je pense, un impact direct sur les besoins en location ou prêt.

En effet,  le jeu sur téléphone portable se diversifie, s’étend et les capacités techniques des machines font en sorte que ces derniers sont tout à fait capables d’avoir des jeux qui, techniquement, n’ont rien à envier aux consoles portables plus traditionnelles. De même, des solutions de jeu en streaming comme OnLive permettent de jouer, pour le même type d’abonnement que celui d’Okajeux, à une librairie conséquente et renouvelée, sans nécessiter l’achat d’une console (ou alors avec l’achat d’un petit boîtier au prix raisonnable) et dans des conditions techniques pratiquement optimales (sous réserve qu’on puisse adapter le degré de compression à notre bande passante). Dans ces conditions, louer un jeu en se déplaçant dans un magasin ou devoir attendre l’arrivée du jeu par la Poste, ça devient obsolète. Peut-être finira-t-on tous par louer des jeux, mais d’une façon différente.

 

 

Sources :

[1]http://ht.ly/3XjIt

[2]http://www.enssib.fr/questions-reponses/une-question-10797

[3]http://www.afjv.com/juridique/060123_location_telechargement_jeux_video.htm

[4]http://www.gameblog.fr/news_17557_thq-acheter-des-jeux-d-occasion-c-est-nous-tromper

[5]http://www.geekmag.fr/jeux-video-le-march-de-loccasion-torpill-par-les-diteurs-et-fabriquants-de-consoles/

[6]http://www.quaidesludes.com/

[8]http://www.gameblog.fr/article-lecteur_846_donkey-kong-la-10e-merveille-du-monde

[7]http://www.jvbib.com/blog/index.php/la-carte-des-jeux-video-en-bibliotheque/

[9]http://overjeu.blogspot.com/2009/09/jeux-video-toujours-interdits-de.html via http://www.gameblog.fr/blogs/numericity/p_5517_le-jeu-video-en-bibliotheque

[10]http://www.rmc.fr/forum/rmc/les-grandes-gueules/la-location-de-jeux-video-en-france-580/messages-1.html

[11]http://www.jeuxvideo.com/forums/1-49-11503-1-0-1-0-la-location-de-jeux-video.htm

[12]http://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-location-de-jeux-video-va-etre-interdite?id=5208253

[13]http://www.generation-nt.com/location-jeu-video-belgique-actualite-180911.html

[14]http://visionary.wordpress.com/2011/02/16/location-de-jeux-video-gros-potentiel-et-jolis-defis-en-perspective/

COMMENTAIRES
BlackLabel
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BlackLabel
18/02/2011, 13:36
Au Québec c'est vachement répandu, c'est d'ailleurs les vidéo-clubs qui louent les jeux en parallèle des films, pour dire à quel point c'est entré dans les moeurs et les habitudes des consommateurs.

sseb22
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sseb22
18/02/2011, 14:29
C'est effectivement ce que j'ai entendu dire.
Tu sais combien ça coût ?

Micka
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Micka
18/02/2011, 15:18
Ca commence aussi à bouger en Françe, de nombreux sites proposent depuis des années ce genres d'offres, pour moi le TOP de la location de jeux vidéo en France c'est sur http://www.gamelok.fr/ ;)

Pour le cout ça commence à 9,90¤ par mois pour 1 jeu, 14,90¤ pour 2 jeux, 24,90¤ pour 4 jeux, 34,90¤ autant de jeux que tu veux échange illimités et le VIP (mon préféré) à 49,90¤ : tous les jeux dispo de suite avec échanges illimités.
Bon jeu à tous.

N_Eska
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N_Eska
16/05/2011, 20:38
Je viens compléter, pour avoir moi-même fait quelques recherches ces derniers temps pour ma biblio.
J'ai passé pas mal de coups de fil dans les différents établissements et à la BNF. Tous ont soulevé le point de ce vide juridique (qui existe également sur les cédéroms) qui fait qu'on est totalement dans le flou. En fait, en bibliothèque, nous somme contraints de passer par des fournisseurs spéciaux (ADAV, Colaco, RDM, Circle, etc.) Certains d'entre eux ont commencé des démarches avec les éditeurs de jeux pour obtenir les droits de vente, mais sur les catalogues, il n'est pas fait mention du type de droit "prêt ou consultation" (qui fait varier les tarifs). On m'a également fait part que ces fournisseurs ne verseraient pas toujours sa part à l'éditeur, ce qui n'est pas étonnant car curieusement, les prix sont à peu près les mêmes qu'en boutique.

Alors que faire ? Se mettre dans le droit chemin et acheter les jeux dans les maigres catalogues de ces fournisseurs ? Ou profiter de ce flou pour aller directement en magasin : c'est ce que font la plupart des bibliothèques ! Autrement dit : nous sommes dans la totale illégalité mais on espère que face à la motivation des équipes à faire entrer le jeu en bibliothèque, les éditeurs daigneront s'intéresser au sujet.

Sinon parmi les exemples de bibliothèques, je souhaiterais citer la bibliothèque Federico Fellini à Montpellier, trop souvent oubliée alors qu'elle mérite d'être placée en haut du podium. Spécialisée dans l'image (et plus particulièrement le cinéma), outre un espace de consultation de films avec pas moins de 80 moniteurs (si si), elle propose une vingtaine de console PS3 en libre consultation (!!!). Pour l'avoir visité c'est assez impressionnant ! Elle propose également des consoles Wii dans des parties animées les samedis après-midi. La médiathèque de Toulouse également propose des consoles Wii en consultation.
De mon côté, je mise sur l'arrivée de DS et 3DS prochainement.
Voilà :)

sseb22
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sseb22
16/05/2011, 21:30
Merci pour ces précisions intéressantes et pertinentes !!

Vivement que ça bouge ! Je veux louer des jeux !

N_Eska
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N_Eska
16/05/2011, 21:59
Je me permets juste de corriger, on ne loue pas en bibliothèque, on prête (moyennant une somme forfaitaire annuelle - hallucinante à Paris malheureusement mais très accessible ailleurs). Ce qui au fond est encore mieux puisque pour quelques euros, tu as droit aux CD de musique, aux DVD et - espérons-le - aux jeux vidéo ;-)

Tikring
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Tikring
29/05/2011, 20:53
Un blog canadien qui pourra vous intéresser, et qui a repris l'idée de jvbib, en faisant une carte : www.ludicite.ca
Une publication récente, spécialisée pour les bib, évoquent les aspects légaux du pret de CD. Les plus courageux pourront lire cela ici : http://bbf.enssib.fr.../2011/3#dossier Je n'ai pas encore lu le dossier, je ne peux donc pas vous dire précisément quel(s) article(s) en parle(nt) ^^

tyery1
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tyery1
01/06/2011, 13:25
Je commande des cdrom, dvdrom , dont des jeux vidéo pour une médiathèque. Les commandes se font principalement via RDM (mais nous utilisons aussi colaco adav, circle).

Les cdrom avec droit de prêts nous sont vendus 2 fois le prix du commerce et surtout sans aucun discernement :
Exemple typique : aujourd'hui de nombreux jeux, ou cdrom de langues s'activent online via un numéro de série. Résultat... le document est utilisable une fois par le premier emprunteur, les usagers suivant se verront refuser l'activation car "le code a déjà été utilisé". Vu le prix j'appelle ça clairement de l'arnaque!

tyery1
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tyery1
01/06/2011, 13:26
J'aurais aimé pouvoir acheter des jeux indé, mais ils sont peu présents sur les catalogues rdm ou autres.

Aujourd'hui nous nous posons la question : Faut il continuer à acheter jeux vidéo qui sont déjà vieux à l'achat (et oui les éditeurs cèdent les droits de prêts sur des jeux qui ont déja 2 ou 3 ans) avec les risque lié a l'activation online?

(Je parle ici de jeux PC, pour les consoles il n'y a peut être pas de problèmes d'activation, mais l'offre avec droits de prêt est minuscule : adibou, entrainement cerebral, fort boyard...ça ne va pas beaucoup plus loin)

tyery1
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tyery1
01/06/2011, 13:26
ps : commentaire en 2 parties à cause d'un bug... sorry!

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