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Quand le jeu vidéo a un message

Tentative de décryptage de Ico, Shadow of the Colossus et Okami
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Par DarkZem13 - publié le
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Ico. Shadow of the Colossus. Okami. Ou un trio de perles de la PlayStation 2 qui ont su transcender la simple barrière du gameplay, pour offrir à beaucoup de leurs utilisateurs une expérience inoubliable, empreinte d'émotions et de messages. Essayons humblement d’en décrypter quelques-uns.

Ico, ou la quête de la liberté et la force de la solidarité

Incarnant Ico, un jeune garçon né avec des cornes et enfermé dans une forteresse pour ce seul motif d’être différent, le joueur aura pour but de s’évader de cette prison en compagnie de Yorda, une jeune fille pâle, craintive et illuminée qu’il devra aider tout au long du chemin. Outre le thème évident du rejet de l’autre par peur de sa différence, Ico soulève celui de la liberté accessible à chacun, dès lors qu’il s’en donne les moyens et franchit le pas. La porte qui nous retient prisonnier d’une condition est forcément entrebâillée, il suffit de la pousser et surtout, d’y croire. Nous sommes maîtres de notre destin, comme le souligne le fameux poème Invictus.

On peut également voir une analogie avec la dépression dans l’expérience vécue par Yorda au sein de cette forteresse. Prison obscure, froide, immense et balayée de silence dans laquelle tout un chacun peut se retrouver coincé un jour, le terrain de jeu de Ico peut être perçu comme le labyrinthe des pensées noires qui nous retiennent et nous effraient. Comme ces ombres qui s’agglutinent autour de la chétive Yorda et l’agrippent pour mieux l’attirer vers le fond. Ombres qui sont également le reflet des peurs, de la fragilité, du désespoir et des illusions qu’un esprit torturé peut se créer tout seul.

La lumière n’est peut-être pas si loin, et quand on se retrouve seul face à ses démons et que l’on manque d’armes pour les combattre, qu’avons-nous à perdre à saisir la main tendue par autrui ? Plus courageux et plus lucide pour trouver le chemin, le bienfaiteur que représente Ico sait qu’on est toujours plus fort à deux. Se rapprochant de Yorda car il partage avec elle la différence, l’envie d’évasion et l’oppression, il est le mieux placé pour la comprendre. La secourant des ennemis à l’aide de son courage et de sa volonté, il reçoit en retour l’aide de ses pouvoirs pour débloquer certaines portes. Ne parlant pas la même langue, Ico et Yorda utilisent les gestes, les émotions et vont au-delà des mots pour explorer le langage universel de l’amitié. Et ils se font la promesse implicite de se retrouver. L’important est d’être présent l’un pour l’autre.

Shadow of the Colossus, ou une réflexion sur le bien-fondé de nos actes

Monté sur son cheval Agro, le jeune Wander se rend dans un sanctuaire situé au milieu d’une vaste terre abandonnée, dans le but de passer un pacte avec une entité mystérieuse nommée Dormin. En échange de la mort de seize colosses contenant les parties de son pouvoir déchu, elle promet à Wander la résurrection de son amie Mono. Partageant avec Yorda la couleur blanche, cette femme se révèle bien être le seul humain vraiment innocent de cette histoire. En effet, la quête de Wander parait rapidement égoïste, quand le premier colosse abattu tombe, suggérant la souffrance, la peine, la compassion et surtout le sentiment d’avoir violé quelque chose de sacré. D’innocent. Pour sauver la fille qu’il aime, Wander est-il prêt à tuer un être vivant qui ne lui a rien fait ? A oublier ses principes ?

Surtout, au fur et à mesure des affrontements, ce sentiment de culpabilité s’estompe et laisse place à l’émerveillement suscité par la rencontre de ces colosses majestueux. Et au respect. Le joueur se donne-t-il bonne conscience ? Toujours est-il que chaque nouvelle rencontre devient un défi, que l’on doit résoudre avec les mêmes armes que pour le précédent. On se prend au jeu de se surpasser pour trouver le point faible de la bête, et on en oublie le côté moral de notre quête qui se révèle tout sauf manichéenne. Ou alors faut-il y voir un hymne à l’amour et au courage. A condition de le vouloir, on peut renverser une montagne.

Le soft suscite la réflexion dans les longues phases à cheval pour rejoindre le colosse à abattre. Les décors vides et immenses sont là pour nous donner le temps de penser à nos actes et de douter, comme quand on se retrouve en méditation, seul face à nous-mêmes. Le silence instaure la réflexion. On ne peut rien faire d'autre que cela en fin de compte. Avec pour seul guide cette lumière à la pointe de notre épée nous indiquant le chemin à suivre, on se rend vite compte que nous n’avons pas le choix et que l’on manque complètement de liberté, une fois ce pacte scellé. Conséquence du choix de Wander, et qui n’est pas celui du joueur humain. La seule décision que ce dernier peut prendre, ce n’est de ne pas continuer son chemin. Et devant cette réflexion, il est seul, comme le suggère cette gigantesque terre inhabitée et silencieuse.

Okami, ou une ode à Dame Nature

Certainement moins axé psychologie, le soft de feu Clover est avant tout un hymne à la nature. La louve-déesse Amaterasu est tirée de son sommeil millénaire dans le but de contrecarrer les plans du dragon-démon Orochi qui a commencé à répandre les ténèbres sur la terre du Nippon mythique. A l’aide de pouvoirs célestes, elle va tenter de faire renaître la nature partout où elle est en danger. Mais on se rend compte que le soft essaie plutôt de nous faire comprendre que cette dernière est au final plus utile que les divinités. Tout est interdépendant, dans l'obscurité comme dans la renaissance. Chaque espèce peut apporter à l’autre. Un arbre fleurit, et c’est un homme qui sourit. Et il en va de même quand tout va mal, une nature bafouée et c’est tout un système qui s’écroule.

Quelque soit le type de relief, quelle que soit l'espèce, ils ont besoin d'être protégés et respectés car chacun est important. Quand Amaterasu nourrit un lapin, elle reçoit en retour des louanges, qui valent pour bonus dans son évolution, lui permettant de mieux affronter les prochaines échéances. La renaissance n’est jamais bien loin, et chaque acte, même le plus insignifiant en apparence, a son importance. Un simple geste peut accomplir de grandes choses ; un rond dessiné dans le ciel et c’est le soleil qui se lève ; un point placé sur la terre et c’est une fleur qui éclot. La renaissance n'est jamais bien loin et l’émerveillement est tout proche. Il suffit d’ouvrir les yeux.

Servi par une réalisation en cell-shading de toute beauté, Okami invite le joueur à parcourir un monde plein de diversité. Diversité d’espèces, de reliefs et de couleurs. Et si le principal outil mis à disposition du joueur est ce pinceau à l’encre de Chine qui lui permet de faire appel aux pouvoirs des divinités, le seul et authentique artiste reste la nature. Dans toute sa splendeur, sa complexité, sa générosité et sa fragilité. Et la protéger n’en demande peut-être pas tellement à tout un chacun.

 

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