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La Passion du jeu vidéo, jusqu'à quel point ?
est à vous

La Passion du jeu vidéo, jusqu'à quel point ?

Une frontière qui se précise
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Par BlackLabel - publié le
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Quand on aime, on ne compte pas, dit le dicton. Moi je compte, parce que j'aime. Attendre quelques mois me permet d'acheter deux jeux en occasion, au lieu d'un seul neuf. Rien à battre des figurines moches et des collectors qui prennent trop de place, ça coûte cher et le jeu ne devient pas meilleur.

Je n'aime pas seulement le jeu vidéo, et j'aime de moins en moins le jeu vidéo. Donc je continue de compter. Si j'achète moins de jeux qui sont souvent des daubes donc des déceptions, je peux investir plus dans autre chose où je suis moins souvent déçu, où les informations et informateurs sont plus fiables aussi. C'est-à-dire dans des milieux où l'esprit critique existe.

Aujourd'hui ? Les DLCs, les jeux qui prennent 6 ans de dev mais ce n'est pas suffisant, à la sortie ils sont encore buggués et on annonce des patchs. Les pass online, parfois offline (salut Catwoman !), les bonus de précommande qui en fait n'ajoutent rien dans le jeu mais fournissent un code qui débloque du contenu déjà sur la gallette. Des jeux dont vous n'êtes plus le héros, mais le dev ; tiens, cette licence d'infiltration en fait maintenant tu peux y jouer en mode Rambo mais t'es pas obligé c'est toi qui choisis, tu peux désactiver les aides, ne pas utiliser le quicksave, et on a mis une difficulté affreusement relevée car on pense aussi à vous les guémmeurs (vous aussi vous avez un portefeuille) !

Demain ? La mort de l'occasion, donc devoir assumer son achat, ne pas pouvoir récupérer une partie de son argent sur une daube, mais en plus donner des sous à des devs incompétents au lieu de mon vendeur sympa ?

Non.

On peut survivre sans jouer aux jeux vidéo. On peut survivre sans cinéma, sans livre, sans musique. Des occupations, des loisirs, il y en a des tonnes. Et des occupations plus enrichissantes que le jeu vidéo ? Sachant qu'il se situe aujourd'hui au bas de l'échelle, entre la télé-réalité et fouiller ses narines en quête de crottes de nez, je pense qu'on trouve facilement mieux.

C'est intéressant, cette annonce de la mort de l'occasion. Je ne pense pas que ceux qui veulent continuer le jeu vidéo quand même soient des moutons, du moins pas plus que les joueurs actuels, dont je fais partie, qui ont accepté de racheter douze 360 à la suite car la console n'était pas fiable, qui achètent des compiles de jeux PS2 HD car la PS3 n'est pas rétrocompatible (on peut lire des Bluray, des DVDs, et des jeux PS1 mais ce n'est pas rétrocompatible... j'y connais peut-être pas grand-chose, mais là quand même... ).

Ce qu'on est en train de vivre est assez particulier. Je lis, au moins sur Gameblog, des joueurs qui prévoient de se tourner vers le rétro-gaming, plus ou moins pour les mêmes raisons que moi. Marre des jeux ultra-violents, débiles, de mauvais goût et automatisés, pas envie de payer pour voir la gen suivante nous arnaquer encore plus.

En réalité, j'aimerais encore y croire. Je n'ai pas envie d'arrêter le jeu vidéo. Si c'était le cas j'aurais revendu ma PS3 au lieu d'acheter daube sur daube.

C'est une rupture par l'écoeurement. On n'arrête pas de jouer parce que ce n'est plus de notre âge, mais parce que les jeux ne sont plus pensés pour être amusants. Entre les Blockbusters qui cherchent à se vendre au plus grand nombre à tout prix, et les jeux indés obscurs qui se prennent pour des oeuvres d'art sans gameplay. Le jeu vidéo a mal grandi ; il n'a que l'argent, ou la prétention en tête, au lieu d'avoir le jeu vidéo. C'est aussi le refuge pour de nombreux incompétents, autant dans l'industrie avec les scénaristes, level-designers et game-designers, que dans la presse à qui on ne peut pas se fier.

Ceux qui aujourd'hui ne se voient pas arrêter le jeu vidéo pour des histoires de désintégration du marché de l'occasion et des connexions permanentes sont en fait assez rares. Parmi eux, il y a ceux qui attendent de voir les nouvelles offres. Si le marché change en profondeur, peut-être trouveront-ils, quelque part, leur satisfaction. Si le marché reste le même qu'aujourd'hui, en devenant pire, ils connaîtront probablement sur la prochaine gen le désenchantement qui touche actuellement d'autres joueurs.

Car ce ne sont pas les joueurs qui ont perdu leur capacité d'émerveillement, mais le jeu vidéo qui perd sa capacité à émerveiller, trop occupé à ramasser les sous ou à se prendre pour un grand auteur, parfois les deux en même temps.

Personnellement je n'attends pas la prochaine gen. J'ai perdu l'enthousiasme face à des graphismes techniquement aboutis, parce qu'ils ne servent plus des jeux ambitieux, mais des devs qui s'auto-congratulent. J'ai perdu l'enthousiasme pour des gameplays nouveaux, car ils sont rognés aux entournures pour plaire au plus grand nombre. Quand on nous parle d'expérience, je pense à script, QTE, cinématique interactive. Quand on parle de maturité, ce sera l'avalanche de violence et de mauvais goût. Quand on nous annonce des nouveautés pour le nouvel épisode, je sais qu'il s'agira d'une photocopie. Splinter Cell Blacklist, Tomb Raider, Uncharted ; je vois trois fois le même jeu.

Il est fort possible d'ailleurs que j'aime jouer à ces trois jeux, seulement j'aimerais pouvoir les estimer aussi, j'aimerais ne pas savoir à quoi m'attendre exactement, plutôt que d'être comme la Cassandre du mythe qui prédit tout sans pouvoir enrayer la marche sinistre des événements.

Ce n'est pas tellement être déçu par un jeu, ou cinq jeux qui est décourageant, mais de savoir d'avance pour quelles raisons il va nous décevoir, et en être réduit à composer avec. Bon, Far Cry 3, oui c'est de la merde, mais si je joue comme ça, puis si je n'utilise pas ça ni ça, si je ne profite pas des limites de l'IA  pour les Nuls, si et si  et si... au fond ce n'est pas si mal. Passer son temps à se raconter des histoires pour faire durer une passion, du moins un intérêt, qui en réalité n'en est plus un depuis longtemps. Lorsqu'à côté on peut découvrir d'autres formes d'occupation ou de loisir qui ont tout à nous offrir, certes avec eux aussi leur bagage de déceptions, mais forcément moindre, qu'est-ce qui nous retient ?

Très simple, l'espoir. Les joueurs qui sont capables de prendre encore une ou deux bouchées de la tartine de merde ont encore dans la bouche le goût du chocolat d'antan. Ils savent aussi que le jeu vidéo devrait logiquement s'améliorer de gen en gen, puisque les hardwares permettent des jeux toujours plus beaux, toujours plus vastes, plus complexes, plus tout ce que l'on voudra. C'est ce qui se passe depuis les premières consoles, jusqu'au début de la PS360.

Après il y a eu une rupture. Ça s'est cassé net même si cela a pris du temps pour qu'on s'en rende compte. Il y a eu Lair, Stranglehold, Dead Rising, Uncharted, Heavenly Sword qui a essayé maladroitement les cheveux next-gen, il y a eu d'autres jeux dans le genre, pas forcément des réussites, mais des jeux en phase avec leur temps ; des moteurs physiques poussés plus loin, des expérimentations de gameplay, l'exploration des capacités du hardware pour servir une expérience de jeu. Ensuite sont arrivés les jeux remplis de chauves, de chaises inamovibles et indestructibles, de mise en scène spectaculaire sans aucun rapport avec ce qu'on nous demande de réaliser à la manette. J'appuie sur un bouton, un immeuble s'écroule. Ah ?... La narration médiocre a pris le pas sur le gameplay, de plus en plus méprisé.

Je vois mal le jeu vidéo sur console de salon changer sur la gen suivante. Je pense personnellement que cela va empirer. Je ne crois pas non plus à des solutions alternatives. C'est toute l'industrie qui est touchée, certes de manière différente selon les secteurs. Il me semble fort possible que le jeu vidéo ne soit tout simplement pas fait pour durer, il va s'éteindre, et il ne restera que des jeux anecdotiques comme le Solitaire et le Démineur fournis avec Windows.

Peut-être qu'au-delà de l'incompétence récente des devs et de l'avidité des éditeurs, le jeu est condamné d'avance. À force de grossir sans cesse, de se compléxifier, de coûter de plus en plus cher en argent et ressources humaines, de demander de plus en plus d'années de dev, le jeu vidéo va mourir d'indigestion. C'est un monstre qui, à force de grandir et grossir trop vite, a échappé aux mains de ses créateurs.

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