Les modèles structuraux de la mission ExoMars 2028 sont soumis à une série d'essais chez Thales Alenia Space, entre les sites de Cannes et de Turin. Cette campagne doit valider les choix techniques retenus avant la construction des modèles de vol définitifs qui partiront un jour vers Mars.

Les structures ont d'abord été assemblées à Turin, avant d'être transférées à Cannes, où a débuté la première série de vérifications. Elle s'étale sur plusieurs semaines. L'objectif de fond, lui, n'a pas changé : déterminer si la vie a un jour existé sur Mars, grâce au rover européen Rosalind Franklin, capable de forer le sol martien jusqu'à deux mètres de profondeur pour y chercher d'éventuelles bactéries fossilisées, à l'abri des rayonnements qui frappent la surface.

La mission se compose de quatre éléments :

  1. un module de transfert qui propulsera l'ensemble depuis la Terre,
  2. un module d'entrée, de descente et d'atterrissage,
  3. une plateforme qui servira de base une fois posée sur le sol,
  4. et le rover lui-même.

Pilotée par l'Agence spatiale européenne (ESA), elle doit décoller depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, entre octobre et décembre 2028, pour une arrivée sur Mars prévue en 2030. Thales Alenia Space en assure la maîtrise d'œuvre industrielle.

Trois séries d'essais avant le décollage

La première phase, à Cannes, reproduit les vibrations et le bruit du lancement. La seconde, à Turin, teste les chocs, la séparation des étages et la résistance statique de la structure. Vient enfin, de retour à Cannes, la phase la plus complète : le modèle de vol entièrement intégré y sera soumis à des essais sous vide thermique, à des mesures de compatibilité électromagnétique et à un équilibrage dynamique.

Franco Fenoglio, responsable des programmes d'exploration humaine et robotique du Système solaire chez Thales Alenia Space, a détaillé le calendrier dans un entretien accordé à Futura Sciences : « La campagne à Cannes […] se poursuivra jusqu'à la mi-juin 2026, suivie des essais à Turin […] jusqu'à la mi-octobre. »

Les contraintes appliquées lors de ces essais découlent directement du changement de lanceur. « Les niveaux appliqués sont issus de l'analyse effectuée avec le nouveau lanceur sélectionné, Falcon Heavy, et reflètent les sollicitations réelles attendues sur l'engin spatial », a précisé Fenoglio.

Ce choix du Falcon Heavy remplace l'ancienne configuration prévue avec un lanceur Proton. La coopération avec l'agence spatiale russe Roscosmos a également été suspendue de force après l'invasion de l'Ukraine. Le programme a par ailleurs connu une série de reports successifs, en 2016, 2018, 2020 puis 2022, avant ce redémarrage sous la seule supervision de l'ESA, avec le soutien des agences italienne et britannique et un partenariat renouvelé avec la NASA, dont la participation reste toutefois entourée d'incertitudes.

Ces travaux s'appuient sur un contrat-cadre de 522 millions d'euros signé par Thales Alenia Space avec l'ESA, annoncé à Turin le 9 avril 2024. Il couvre le développement du module de rentrée, descente et atterrissage ainsi que la maintenance et la mise à niveau des véhicules déjà fabriqués pour la mission qui devait initialement décoller en 2022.