Deux vaisseaux, un seul équipage, une manœuvre jamais tentée. L'alunissage attendra 2028, mais Artemis III cache déjà une première mondiale en orbite, et SpaceX en tient les rênes.
La NASA a annoncé, le 16 juillet 2026, qu'elle confie à SpaceX la gestion des communications spatiales de la mission Artemis III, rapporte Clubic. Deux terminaux Starlink Mini seront installés sur la capsule Orion, ce qui doit permettre, pour la première fois, de diffuser en direct et en 4K l'amarrage orbital d'un vaisseau habité. Cette décision met fin à quatre décennies de dépendance aux satellites relais gouvernementaux TDRS.
Ces terminaux utilisent des liaisons laser entre satellites plutôt que les fréquences radio traditionnelles, plus lentes et à bande passante limitée. Selon l'annonce de la NASA du 16 juillet 2026, la constellation Starlink compte plus de 25 000 connexions laser inter-satellites actives, ce qui doit permettre une transmission continue de vidéo 4K, d'images haute résolution et de télémétrie en temps réel vers le Centre de contrôle Johnson, à Houston, y compris pendant les manœuvres d'amarrage.
SpaceX avait déjà validé cette architecture lors des vols d'essai de Starship en 2025, en transmettant de la vidéo haute définition en pleine traversée des couches denses de l'atmosphère.
Artemis III fait suite au succès d'Artemis II, et la NASA travaille désormais sur cette étape suivante de son programme lunaire. Mais la mission a été redéfinie : elle ne posera personne sur la Lune, contrairement au plan initial. Elle sert de répétition générale en orbite terrestre basse, le véritable alunissage étant repoussé à 2028, lors d'Artemis IV. Ce report dépend directement du succès du test de relais commercial mené sur Artemis III.
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Un ballet inédit entre deux vaisseaux lunaires
Quatre astronautes décolleront à bord de la capsule Orion, propulsée par la fusée Space Launch System de la NASA. Une fois en orbite, Orion devra s'arrimer successivement aux deux atterrisseurs sélectionnés par l'agence : Blue Moon, de Blue Origin, et Starship, de SpaceX.
L'ensemble de la mission doit s'étaler sur environ deux semaines, avec trois lancements distincts depuis des pas de tir différents en Floride, entre le Kennedy Space Center et la base de Cape Canaveral.
Blue Moon décollera en premier, à bord d'une fusée New Glenn. Capable de rester jusqu'à 30 jours en orbite, l'atterrisseur laissera aux équipes au sol le temps de vérifier son fonctionnement avant l'arrivée des astronautes. Orion le rejoindra ensuite en orbite terrestre basse et restera arrimée environ deux jours, le temps que deux astronautes pénètrent à bord pour tester ses systèmes de survie.
Une combinaison conçue pour les futures sorties lunaires fera aussi le voyage, afin de récolter des données en conditions réelles.
Orion se détachera ensuite pour rejoindre Starship. Le vaisseau de SpaceX ne disposera pas encore d'un espace habitable prêt à accueillir l'équipage : les deux véhicules se contenteront de tester leurs systèmes de communication et de navigation, arrimés l'un à l'autre pendant environ une journée. Ce ballet orbital n'a encore jamais été tenté à cette échelle.
Jamais une agence n'a tenté de faire s'arrimer un même équipage à deux vaisseaux habitables différents, opérés par des entreprises distinctes, en une seule mission. Lors du programme Apollo, le rendez-vous orbital entre le module de commande et le vaisseau lunaire ne concernait qu'un seul véhicule.
En 1986, la mission soviétique Soyouz T-15 avait permis à un cosmonaute de rejoindre deux stations spatiales distinctes, Saliout-7 puis Mir, mais sans commune mesure avec la manœuvre prévue pour Artemis III. Jeremy Parsons, responsable du programme Artemis à la NASA, a décrit « une danse hautement chorégraphiée, avec une séquence de lancement exigeante répartie sur plusieurs pas de tir ».
Aucun partenaire européen dans ce programme
Ni l'ESA ni le CNES n'ont comblé ce vide stratégique. La NASA a engagé un programme commercial de relais d'un montant de 278,5 millions de dollars, et aucun partenaire européen n'est identifié dans les documents publics qui s'y rapportent, relève TechTimes dans un article du 18 juillet 2026.
La France ne dispose d'aucun équivalent opérationnel en communications optiques-laser pour les missions cislunaires. OVHcloud et d'autres acteurs du cloud français développent des alternatives sur Terre, mais restent absents de ce segment spatial à haute bande passante.
La division Space Communications and Navigation de la NASA positionne ces systèmes comme la base d'une future infrastructure pour la Lune et Mars. Arianespace et les programmes européens de démonstration de CubeSats n'atteignent pas cette échelle industrielle.
Si Artemis III valide le relais commercial en orbite terrestre basse, SpaceX se retrouve en position quasi exclusive pour alimenter les prochaines missions habitées autour de la Lune. L'urgence de développer une alternative crédible n'a, du côté européen, jamais été aussi visible.