Avec une superficie d'un peu moins de 10 millions de km2, la Chine est un pays aux multiples visages. Toutefois, sa population toujours croissante et l'exploitation des ressources s'accompagne d'un constat affolant : plus les années passent, plus la désertification menacent les villes. Cependant, une initiative en cours au nord-ouest pourrait marquer un changement profond et capital pour l'avenir du territoire et même du monde. Tout cela grâce à des organismes microscopiques, plus anciens que les dinosaures eux-mêmes.

Le désert de Chine devient une terre fertile

C'est une entreprise des plus ambitieuses. La Chine veut métamorphoser son désert. Mais plutôt que de le verdir artificiellement, elle a choisi une voie bien plus complexe : reconstruire la base même de son sol. Cela entraîne un processus à long terme, qui pourrait devenir un modèle à l'heure où les alertes écologiques se multiplient. Néanmoins, l'initiative doit encore faire ses preuves. Cela dit, les premiers résultats intriguent déjà la communauté scientifique.

C'est dans les zones arides du désert de Taklamakan que les chercheurs chinois ont lancé leur projet. Située à l'extrême occident du pays, la région est à 85 % constituée de dunes mouvantes. Seulement, les horizons de sable pourraient à terme laisser place à une végétation verdoyante. C'est en tout cas l'objectif de la Chine. Et pour ce fait, elle a recours à des alliers vieux de plusieurs milliards d'années.

En effet, le projet de la Chine repose sur l'utilisation de cyanobactéries. Ces micro-organismes présents sur Terre depuis plus de 3,5 milliards d'années pourrait bien changer la face du désert. Elles permettent de former une croûte biologique, soit une sorte de nouvelle peau qui aide à amalgamer les grains de sable, limitant ainsi l'érosion tout en retenant l'eau. En somme, cela vient accélérer un processus qui prendrait une décennie entière et contribue à faire des sables mouvants une surface stable, enrichie en carbone et en nutriments.

De plus, la Chine s'appuie sur des techniques de stabilisation des dunes grâce à des machines pilotées à l'aide de l'intelligence artificielle, ainsi que d'une surveillance satellite. Dans certaines régions, l'érosion due au vent a chuté de plus de 90 %. On retiendra également l'épanouissement des arbustes, bien plus difficiles auparavant. Même la NASA s'intéresse à une telle entreprise. Cela fait vingt ans que l'agence spatial nord-américaine étudie le désert chinois pour ses conditions de vie extrêmes qui se rapprocheraient de celles sur Mars. Dès lors, la transformation du territoire est aussi enrichissante d'un point de vue écologique que pour la recherche astronomique.

Source : CGTN, XinhuaNet et ScienceDirect.