Des étendues de sable et, pourtant, cela ne suffit pas pour l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Les deux pays du Moyen-Orient en exportent des tonnes et des tonnes tous les ans. Décryptage.
Nathan Drake vous le dira, le désert c'est plein de sable. Vraiment plein de sable. Après avoir traversé le Rub al-Khali dans Uncharted 3, il peut en témoigner. Mais se serait-il douté que toutes ces étendues ne satisferaient pas les projets de pays en pleine croissance comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ces deux voisins aux ambitions gargantuesques ont tous deux entrepris de se lancer l'exportation en masse de ce matériau. Depuis des années, ils en font venir des millions de tonnes, quitte à faire de cette ressource omniprésente une denrée rare. Il est temps de comprendre pourquoi.
Toujours plus de sable pour l'Arabie saoudite et les Émirats
Comptant parmi les plus grands déserts au monde, le Rub al-Khali couvre plus de 650 000 km² de territoire au Moyen-Orient. Alors avec toutes les ressources qu'il met à disposition des pays sur lesquels il s'étend, tels que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pourquoi aller chercher ? Façonné par des millénaires de vent, de traversées quelconques et autres phénomènes insoupçonnés, il ne propose malheureusement pas le sable que recherchent ces États, car trop fin et trop lisse.

Ne cachant pas leur avidité de grandeur, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ne se sont pas laissés démonter par ce constat. Au contraire, afin de mener leurs projets d'infrastructures XXL, ils sont allés à la recherche du sable qui leur conviendrait pour fabriquer tout le béton nécessaire. Il fallait qu'il puisse s'accrocher au ciment donc. Mais ce matériau, ils ne le trouveraient pas leur immense désert. Il a donc fallu regarder ailleurs.
C'est pourquoi, depuis plusieurs années, les Émirats et l'Arabie saoudite sont venus parmi les plus gros importateurs de sable au monde. Rien qu'en 2023, les premiers attesteraient d'une quantité dépassant les 6 millions de tonnes. Un véritable paradoxe au service d'une volonté d'aller toujours plus loin et toujours plus haut. À Dubaï, on ne compte plus les gratte-ciel gigantesques. Le mythique Burj Khalifa, plus haute structure jamais construite, a nécessité 330 000 de tonnes venues tout droit d'Australie.

Un grain de sable handicapant dans la manchine économique et sociale
Seulement, derrière cet hybris, se cache une catastrophe naturelle en marche. La dépendance au matériau des pays en expansion permanente comme l'Arabie et les Émirats impose des rendements colossaux. À cause de cela, le sable est devenu la deuxième ressource la plus exploitée au monde après l'eau. Sur le plan social et financier, cela encourage un trafic. Côté écologie, on assiste à une érosion beaucoup rapide et des dégât environnements irréparables.
Tout de même conscient des enjeux derrière cette surproduction, la plupart des pays du Golfe se tournent vers des alternatives comme le sable manufacturé ou les matériaux recyclés, quand ils n'envisagent pas tout simplement de nouvelles techniques de construction. Mais cela reste insuffisant tant que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis continuent de vouloir construire des villes qui sillonnent le ciel alors qu'elles sont entourées par de vastes étendues désertiques.
Source : World Integrated Trade Solution.