Si nous avons eu l'habitude d'entendre parler de cette matière première dans un contexte très éloigné du BTP, elle fait ses preuves aujourd'hui en tant que matériau de construction émettant très peu de CO₂.
Criminalisé pendant presque un siècle entier, un matériau de construction fait son retour sur les chantier. Il a d'abord largement fait ses preuves il y a deux mille ans. À présent, il intéresse pour des spécificités qui résonnent avec les nouveaux enjeux écologiques. Une nouvelle ère pourrait s'annoncer pour ce béton un peu particulier, issu d'une plante que beaucoup n'associent encore qu'à la fumée au bout de leurs doigts.
Ce matériau revient sur les chantiers américains après 90 ans
Alors que nous écrivons ces lignes à l'heure des premières alertes canicules de 2026, le réchauffement climatique est de nouveau sur la table. L'enjeu pour l'avenir est de ralentir ce phénomène délétère à plus d'un titre. Pour ce faire, il est notamment crucial de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Dans le secteur du BTP, certains ont trouvé un matériau miracle.
Ce matériau, ce n'est autre que le béton de chanvre. Jusqu'à il y a encore quelques années, le chanvre était principalement associé au cannabis. Or, la fibre textile tirée de la plante s'avère être de plus en plus utilisées dans l'industrie textile et dans le BTP en raison de faibles émissions de gaz à effet de serre issue de sa culture par rapport à d'autres végétaux. Longtemps banni aux États-Unis, le matériau baptisé “hempcrete” est en passe de revenir sur le devant de la scène.

L'industrie du ciment représente 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Par conséquent, il devient urgent de trouver des alternatives. L'hempcrete semble justement être l'une des solutions toutes choisies. Capable de capturer jusqu'à 15 tonnes de CO₂ pendant qu'elle est cultivée, la plante est beaucoup plus efficace que les forêts. De plus, une fois récoltée et transformée en béton de chanvre, elle peut encore être exploitée lorsqu'elle est en fin de vie. De fait, ce matériau de construction peut être broyé et réemployé dans d'autres domaines, et ce, sans laisser de résidus chimiques derrière lui.
Puis, ce n'est pas comme si le béton de chanvre n'avait pas déjà fait ses preuves. On en trouvait une sorte d'équivalant dans les maisons gauloises bien avant l'ère chrétienne. Dans les années 2000, il s'est réimplanté en Europe avec les maisons anglaises et certaines infrastructures françaises ou belges. Il faut dire qu'il est capable de réguler la chaleur et d'échapper à la moisissure. Ses nombreux avantages en font donc un matériau privilégié dans la construction “verte”. Seulement, même si les investissements connaissent une belle croissance, la filière manque encore de bras en Amérique du Nord. Les coûts peuvent alors être plus élevés que pour les matériaux conventionnels.
Source : National Library of Medecine.