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    Ubisoft atteste des risques de départs suite aux scandales de 2020, la preuve par écrit

Ubisoft atteste des risques de départs suite aux scandales de 2020, la preuve par écrit

Par Thomas Pillon - publié le
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Ce n'est un secret pour personne : depuis les révélations du journal Libération dénonçant des pratiques sexistes et une certaine forme de harcèlement de la part de plusieurs employés il y a tout juste un an, le français Ubisoft tente de donner le change, et d'assurer que les mesures adéquates ont été prises. Mais au-delà des discours destinés à rassurer, l'entreprise semble attester d'autres risques touchant directement ses équipes. 


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Depuis l'été dernier, les départs plus ou moins volontaires s'enchaînent du côté du géant français du jeu vidéo : entre la démission de Maxime Beland, de Serge Hascoët, le "départ" de Tommy François, de Michel Ancel ou le licenciement d'Ashraf Ismail, les exemples ne manquent pas. Mais au-delà de ces noms plus connus des observateurs de l'industrie, le groupe s'inquiète désormais officiellement des départs qui pourraient toucher le reste des équipes, comme l'atteste un document paru le mois dernier. 

L'amour du risque

Généralement destiné aux investisseurs et autres détenteurs de capitaux, le Document d'Enregistrement Universel (URD) exige des entreprises françaises qu'elles livrent des détails sur leur stratégie et les facteurs de risque qui pourraient les impacter. Présenté aux côtés du rapport financier de l'année fiscale écoulée, celui d'Ubisoft se veut particulièrement exhaustif : du haut de ses 348 pages, il atteste cette année des risques qui pèsent sur les nombreuses équipes internes. 

Si la catégorie Facteurs de risque s'attarde d'abord sur l'adaptabilité des troupes suite à la pandémie de Covid-19, Ubisoft considère que le risque "départ de talents clés" est désormais "élevé", tout comme celui d'une défaillance pour en attirer de nouveaux.

Enfin, l'entreprise estime que le risque de "survenance au sein du personnel de comportements inappropriés" (admirez la pirouette sémantique) est "modéré", traduisant ainsi le ressenti de bon nombre de salariés. Rappelons que les syndicats d'Ubisoft avaient rapidement fait part de leurs doutes quant à l'efficacité de la stratégie annoncée par Yves Guillemot pendant la tempête. 

Appel aux réservistes

C'est que les accusations et démissions ne pèsent pas que sur l'image de l'entreprise, puisque les départs de quelques grands noms ont évidemment entraîné un petit jeu de chaises musicales, un exercice qui laisse forcément des postes vacants : 

En 2020, le mouvement de dénonciation de comportements toxiques (harcèlement...) et sexistes au sein des équipes d'Ubisoft a été à l'origine de départs non anticipés de plusieurs talents clés.

Afin de pallier ces départs et limiter leur impact sur son activité, le Groupe a procédé à un certain nombre de nominations de talents déjà identifiés en interne pour leur expertise et leur capacité à prendre le relais. Pour autant, certains postes n'ont pu être immédiatement remplacés entraînant, le cas échéant, des retards dans la prise de décision, des reports de charge ou une perte de repères pour les équipes concernées.

Le document étant à destination de potentiels investisseurs, le français prend évidemment les devants, en affirmant avoir pris la mesure des départs, et mis en place une nouvelle stratégie pour tenter d'y palier :

Par ailleurs, au cours de l'exercice 2021, le Groupe a commencé à mettre en place un plan de succession pour les talents clés afin de disposer d'un vivier permettant de réduire de manière réactive l'impact d'éventuels départs non anticipés.

Ce plan concerne notamment les postes de directeur créatif, de producteur et de Directeur général. Le Groupe envisage de poursuivre et d'étendre cet exercice au-delà de ce périmètre initial et de mettre en oeuvre des actions d'accompagnement et de développement pour les potentiels remplaçants identifiés.

L'attraction et la rétention des talents clefs est au coeur de la stratégie long terme du Groupe, avec pour axe de travail la mise en place d'une culture d'entreprise forte, une politique de rémunération attractive et un modèle de collaboration inter-studios permettant de valoriser le partage d'expertise, de savoir-faire et de technologies.

Si Yves Guillemot n'a pas souhaité aborder le sujet durant l'Ubisoft Forward de l'E3 2021, ce document semble attester d'une réelle prise de conscience des impacts sur la stratégie de l'entreprise, et des retards générés par les départs successifs.

Au vu des récents reports en cascade vers l'année 2022, on imagine qu'il reste encore quelques ajustements à opérer. 

[Source]

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