Après Ride 6, c'est au tour de la série MotoGP d'accueillir sa nouvelle édition made in Milestone. Un MotoGP 26 qui semble apporter avec lui quelques nouveautés, mais aussi des problèmes de finition.
Alors que la saison bat son plein, avec notamment un grand prix de Barcelone totalement fou, l’heure est venue pour nous d’arpenter les tracés du championnat officiel pour vous livrer notre verdict sur MotoGP 26. Entre, dans les grandes lignes, une carrière retravaillée, une nouvelle physique et un mode Race Off approfondi, la nouvelle itération signée Milestone parvient-elle à se démarquer de ses prédécesseurs sans tomber dans le piège de la redite annuelle ?
Se renouveler tous les ans, un véritable défi
On le sait, il est souvent très délicat pour les jeux de course sous licence officielle de justifier une sortie annuelle à plein tarif. Délais de développement restreints, cahier des charges strict et saison réelle dans sa continuité… autant d’éléments rendant tout bonnement impossible d’envisager une refonte totale de la saga vidéoludique. Le maître mot est alors “évolution”. Utiliser les bases solides de ses prédécesseurs pour enrichir et peaufiner l’expérience, tout en mettant à jour les éventuels transferts de pilotes, les modèles des motos ainsi que leurs livrées. Il s’agit, sans surprise, de la voie suivie par le studio Milanais pour MotoGP 26. Empruntant beaucoup à l’édition 2025, le jeu s’est pourtant attelé à améliorer une partie de son contenu.

La refonte la plus évidente concerne le mode carrière de MotoGP 26. Cette dernière offre désormais la possibilité d’évoluer en créant notre propre avatar défini via une sélection de visages préconçus, mais aussi et surtout, en s’appropriant la combinaison et les traits d’un pilote officiel de la saison MotoGP en cours. Une fois ces pré-requis validés, l’interface du titre vous plonge au cœur d’une écurie et ses paddocks environnants. Tout se fait via des menus animés agrémentés de cinématiques, rendus vivants par la vie du personnel navigant au gré de leurs tâches. Signature de votre contrat et discussion autour du mercato de la saison en cours (le marché des pilotes et de leurs transferts potentiels), QG de votre équipe faisant office de menu d’accueil, Milestone a pris le soin de travailler l’aspect immersion de l’expérience.
C’est via cet écran que vous pourrez gérer votre calendrier en cours, composé de successions de courses entrecoupées d'événements Race off (sur lesquels nous reviendrons plus tard), mais aussi toute la partie liée à la gestion de votre pilote et de sa monture. La grosse nouveauté, mise en avant par le studio, provient de l’ajout des conférences de presse, durant lesquelles il vous sera demandé de répondre à une sélection de questions. Chacune de vos interventions sera étroitement liée à votre évolution, à savoir mettre l’accent sur le développement, le prestige ou la rivalité. Une fois encore l’immersion est là, mais un constat bien plus mesuré pointe immédiatement le bout de son nez : nous sommes en réalité face à des menus déguisés, manquant cruellement d’âme. La raison est simple, il n’y a tout bonnement aucune voix off, rendant le tout tristement fade. Les interventions des membres de votre crew, des journalistes et de votre pilote sont limitées à de simples sous-titres, accentuant cette sensation de menu animé, revenant finalement au même que ce que nous avions connu dans les opus précédents. Une ambiance sonore aurait tellement changé la donne !

Des sensations réussies, pour tous les profils
La seconde évolution majeure de MotoGP 26 concerne la physique, ne dépendant plus seulement de la moto, mais également du pilote. Alors que, précédemment, cette dernière était basée sur le maniement de la machine, elle est désormais centrée sur le pilote. C’est le positionnement de celui-ci qui définit le comportement et les réactions de l’engin. MotoGP 26 conserve sa volonté d’accessibilité pour tous en proposant une physique typée arcade et une seconde, dite simulation. Et dans les faits, les développeurs ont bien fait leur job. D’un côté, le joueur occasionnel voulant juste s’amuser sans prise de tête trouvera son compte en mode arcade : grande tolérance quant aux accélérations et freinages, trajectoires et écarts permissifs, et pénalités généreuses. La prise en main n’en demeure pas moins plaisante et le fun est immédiat, d’autant plus que l’IA adverse roule désormais avec la même physique que vous.

Si, par contre, vous recherchez la performance et la technicité, alors le mode simulation vous donnera du challenge. Ici, la subtilité sera de mise, d’autant plus avec une physique axée sur le pilote. Autant vous avertir de suite, être un habitué vous imposera malgré tout un temps d’adaptation. Les transferts paraissent plus lents, le poids de la moto se fait davantage ressentir, et la prise des freins et des courbes nécessitera encore plus de finesse et de dosage de votre part. Et une fois maîtrisée, les sensations sont clairement au rendez-vous. Enchaîner les virages et les trajectoires parfaites en jonglant habilement avec le sélecteur, les freins et la poignée de gaz procure une satisfaction réellement grisante, poussant même à désactiver petit à petit les différentes aides au pilotage pour toucher du doigt le summum du potentiel offert par le jeu. Les animations viennent parfaire le tout, avec un pilote au déhanché bien plus naturel, qu’il conservera même en sortie d’une courbe si la suivante est imminente. Un détail peut-être, mais qui marque cette volonté de réalisme recherché par Milestone.
Malheureusement, trop d’imperfections persistent dans MotoGP 2026
Si sur le domaine de la physique MotoGP 26 semble difficilement attaquable, le constat est étonnamment très différent concernant le mode Race off. Inauguré l’an passé, celui-ci fait en quelque sorte la passerelle avec la saga des Ride en ajoutant une petite variété de disciplines entre deux sessions de pistes officielles. Flat track, Supermotard, Mini bike, chacune de ces disciplines souffre d’une physique étrangement peu convaincante, la palme revenant à la première de ces catégories, dont la glisse incessante sur terre et cette sensation d’incontrôle au guidon d’une moto bien trop légère viennent briser tout plaisir de pilotage. Et ce n’est malheureusement pas l’ajout des motos de séries, là aussi perfectibles, qui vient changer la donne. Pourquoi ne pas avoir tout simplement emprunté à Ride 6, bien meilleur dans ces domaines, sa physique pour ces modes bonus ? Quoi qu’il en soit, le Race off ne sera certainement pas l'endroit dans lequel vous passerez le plus de temps.

Malheureusement, la liste des imperfections ne s’arrête pas là. Nous pouvons par exemple citer l’IA, capable du meilleur comme du pire. Par moments, elle parvient à nous surprendre avec des comportements intelligents, mais la plupart du temps elle joue au petit train avec ses collègues en nous ignorant totalement sur sa trajectoire. Les chutes causées par cette dernière ne sont pas rares et ô combien frustrantes, et il nous est même arrivé d’assister à des comportements particulièrement étranges avec une moto arrêtée au beau milieu de la piste, ou encore une trajectoire mal codée, comme sur le circuit du Brésil, dans lequel les adversaires effectuent un slalom en plein milieu de la grande ligne droite. Imaginez le désastre si vous êtes à ses côtés au même moment…
MotoGP nous laisse également un arrière-goût d'inachevé avec sa partie technique. D’un côté les animations des pilotes et la modélisation des motos sont véritablement plaisantes. Et d’un autre, les visages (pilotes réels comme PNJ) et leurs expressions faciales ne sont pas au niveau, de même que certaines textures comme la terre ou les bacs à gravier, en deçà de ce que nous attendons d’un jeu sous Unreal Engine 5. Nous avions déjà évoqué le sujet sur notre test de Ride 6, mais Milestone ne semble clairement pas à l’aise avec le moteur graphique, à tel point qu’un MotoGP 24 lui est supérieur. Dans sa globalité, MotoGP 26 manque de détails et d’éclat. Et ce n’est pas le rendu sous la pluie qui nous fera dire le contraire, avec une piste étrangement terne, sans reflets ni accumulations d’eau, et surtout des projections quasi inexistantes.
