Après 12 saisons et une première extension ajoutant plusieurs nouveautés fortes comme la classe Sacresprit, la jungle de Nahantu, de nouvelles activités endgame et mécaniques pour la recherche du build ultime, Diablo 4 remet le couvert ce 28 avril 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series avec un second DLC : Lord of Hatred. Sur le papier, celui-ci promet d’être deux fois plus impactant que le déjà solide Vessel of Hatred. Les promesses prophétisées par Blizzard sont-elles tenues ? Voici notre interprétation de ces préceptes dans ce test de sa version PC.
Lord of Hatred se répand donc dans le Sanctuaire de Diablo 4 deux ans après Vessel of Hatred et six saisons de plus par rapport à sa première extension. Le jeu a donc fait beaucoup de chemin depuis, mais a aussi laissé un certain temps à Mephisto, le Seigneur de la Haine, pour préparer ses sombres plans. Il est désormais enfin l’heure pour nos héros de voir comment cet arc majeur de l’histoire va se développer, si sa conclusion sera cette fois satisfaisante, et surtout ce qu’on peut attendre du endgame, autre élément indispensable pour un hack’n slash. Il convient aussi de voir si le ticket d’entrée, de nouveau à 40 euros, vaut encore le coût ou non. On vous emmène dans le berceau de l’Humanité qu’est Skovos pour le découvrir.
Diablo 4 Lord of Hatred : la tragédie grecque façon dark fantasy
Comme Vessel of Hatred en son temps, l’extension Lord of Hatred se déroule techniquement peu de temps après les événements de la campagne de Diablo 4. Une petite piqûre de rappel des événements précédents ne fait donc pas de mal, après deux ans d’attente, avec quelques petits SPOILERS pour celles et ceux qui rattrapent le wagon en route.
[Début des SPOILERS] Dans les jungles de Nahantu, nous avons tâché d’aider Neyrelle à se débarrasser de la Pierre d’Âme renfermant Mephisto. À cause de la corruption émanant de sa prison et de sombres machinations de sa part, il a toutefois trouvé un réceptacle pour accueillir son essence : la dépouille du prophète Akarat, à l’origine de l’Ordre des Croisés. Sous cette nouvelle enveloppe charnelle, il nous laissait sur un terrible cliffhanger alors qu’il planifiait sa vengeance et la conquête de Sanctuaire [Fin des SPOILERS].

Dans des circonstances que nous n’allons pas divulgâcher, mais avec un point de départ qui manque peut-être un peu de cohérence par souci de facilité scénaristique (vous en jugerez par vous-même en lançant Diablo 4 Lord of Hatred), nous avons appris que Mephisto se dirige vers les îles de Skovos, l’endroit où anges et démons se sont réfugiés de l’Éternel Conflit entre les Cieux et les Enfers pour donner naissance à l’Humanité. Il prévoirait donc de commencer sa conquête de Sanctuaire par son point d’origine. Nous avons toutefois également découvert un moyen de l’en empêcher et même de le terrasser. Se lance alors une course contre-la-montre entre notre groupe de héros et le Seigneur de la Haine pour essayer de contrecarrer leurs objectifs respectifs.
Si on ne peut pas en révéler plus sur le synopsis de Lord of Hatred, on peut au moins dire que, malgré un début un peu maladroit et des enchaînements parfois un peu abrupts, l’ensemble est probablement le meilleur arc narratif de tout Diablo 4. L’extension nous réserve en effet plusieurs rebondissements forts en émotions, des retours aussi inattendus qu’excitants, et un final à la fois épique et émouvant. On est légitimement curieux de voir de quoi l’avenir de Sanctuaire sera fait, mais on est en tout cas très content de la conclusion de cette seconde aventure. À noter toutefois qu’on peut la terminer en ligne droite en un peu moins de 10 heures, ou le double si vous comptez faire tous les nouveaux bastions, donjons et quêtes annexes supplémentaires. Ce qui peut laisser les joueurs ne s’intéressant qu’à l’histoire du jeu un peu sur leur faim, surtout compte tenu du montant de 40 euros demandé pour le DLC.

Même constat s’agissant du terrain de jeu que propose Lord of Hatred : Skovos. Si cette nouvelle région du « monde ouvert » de Diablo 4 est globalement plus petite et donc rapide à traverser que celle de Vessel of Hatred, elle compense cela par une direction artistique plus variée, mais constante dans sa beauté. On passe au départ par une ambiance rappelant la Grèce Antique (et au passage un certain Diablo-like du nom de Titan Quest 2, actuellement en early access), pour progressivement glisser vers diverses références au panthéon de l’Olympe, avec par exemple des paysages évoquant Poséidon, Héphaïstos ou encore Hadès. Une fois encore, les artistes de Blizzard nous régalent. Et que dire de la musique, proprement sublime, et même encore meilleure que la bande-son déjà exceptionnelle du jeu de base et de sa première extension ! Dans notre version de test, on a toutefois relevé plusieurs bugs de script forçant un redémarrage ou encore d’égalisation du son coupant les dialogues quand d’autres effets sonores jouaient par-dessus. On espère que la build à destination du public aura reçu les correctifs adéquats.

Poursuivre l’Éternel Conflit avec classes
Outre une nouvelle campagne, Lord of Hatred ne serait pas une extension de Diablo 4 digne de ce nom sans un autre ajout indispensable : de nouvelles classes. En l’occurrence, Blizzard a même doublé la mise par rapport à Vessel of Hatred et le Sacresprit. Deuxième DLC rime ainsi avec deux classes supplémentaires : le Paladin, que l’on a déjà pu essayer en accès anticipé, et le Démoniste (qui a eu droit pour rappel à un homologue dans Diablo 2 Resurrected, une grande première 26 ans après la sortie du jeu original), qui sera quant à lui disponible le 28 avril 2026. Et on a le plaisir de dire qu’elles ne dérogent pas à la règle des autres héros de Sanctuaire et sont dans leur propre style très agréables à jouer, avec une grande diversité de builds possibles. D’une part, le Paladin est un mélange entre son homologue de Diablo 2 et le Croisé de Diablo 3, un puissant chevalier ayant prêté serment à la Lumière pour bannir les démons. À l’extrême opposée, on a le Démoniste, qui fait quant à lui une sorte de pont entre le Sorcier et le Nécromancien, et qui manipule les forces démoniaques contre elles.
Grâce à deux dynamiques extrêmement différentes et les nombreuses possibilités qu’elles proposent, le Paladin et le Démoniste sont donc un autre ajout très qualitatif de Lord of Hatred à la formule de Diablo 4. Cerise sur le gâteau, ces deux classes ne sont pas les seules nouveautés dans le domaine. Tout d’abord, l’extension passe le niveau maximal de 60, depuis la Saison 6 et Vessel of Hatred, à 70, pour dix points de compétences supplémentaires. Ensuite, l’ensemble des précédentes classes a vu son arbre de talents complètement remanié. Grossièrement, on peut dire adieu aux passifs génériques, tout s’articulant autour des capacités/sorts et d’affixes à leur ajouter pour orienter notre build.
Dans l’exercice, Blizzard a de plus transformé certains Aspects légendaires auparavant disponibles via de l’équipement pour en faire des modificateurs des talents de chaque classe. De notre expérience avec par exemple le Voleur, le Nécromancien ou encore le Sacresprit, ce changement majeur vient à la fois simplifier la construction d’un personnage, mais dans le même temps offre une nouvelle vision de leur theorycrafting, qui permet dans le même coup de rendre nettement plus intéressants certains builds auparavant plutôt faibles. Il se peut toutefois que l’excitation de la nouveauté finisse par s’estomper et que la « nouvelle meta » de cette refonte devienne à la longue aussi lassante que celle instaurée après Vessel of Hatred. Il faudra sur ce point attendre de voir ce que Blizzard viendra ajouter dans les futures saisons de Diablo 4.
Outre deux nouvelles classes et d’importantes révisions pour celles déjà présentes, Lord of Hatred a encore d’autres cartes dans sa manche au niveau de la recherche du build ultime. D’une part, après le retour dans Vessel of Hatred des runes de Diablo 2 à insérer dans son équipement, la seconde extension du jeu ajoute le Talisman, une forme de fiche d’équipement séparée de l’attirail standard de notre personnage. Cela permet d’introduire deux nouveaux types d’objets à looter que sont d’abord le talisman en lui-même, qui peut accueillir jusqu’à six charmes. Ceux-ci font par ailleurs revenir une mécanique très appréciée des précédents Diablo : les sets. En fonction du nombre de pièces d’une même collection, on débloque alors de nouveaux effets uniques, en plus de divers bonus généraux ou propres à chaque classe. En supplément de l’armure, des armes et bijoux classiques à mettre sur notre personnage, il faut donc maintenant composer en plus avec ce talisman qui vient encore plus approfondir le système de butin de Diablo 4.

Second ajout majeur de Lord of Hatred pour ce qui est de développer son personnage : le grand retour du Cube Horadrique des deux précédents épisodes. Celles et ceux qui ont connu sa version de Diablo 3 seront en terrain connu, puisque celui de Diablo 4 fonctionne peu ou prou de la même manière. Via différentes recettes demandant des composants spécifiques, on peut transformer des affixes d’un équipement, transformer un objet commun en légendaire ou unique et encore une myriade d’autres possibilités pour les joueurs cherchant à optimiser encore plus leur build. Cet élément ne montrera toutefois son plein potentiel qu’une fois une classe au niveau maximum, et après beaucoup de temps de jeu afin de récupérer les ingrédients rares nécessaires aux recettes les plus intéressantes.

En parlant d’équipement, Lord of Hatred vient également apporter de gros changements sur ce terrain. Il faudra en effet se préparer à voir nettement moins fréquemment des pluies d’objets légendaires et uniques. Blizzard a en effet encore repensé ce système pour que les items qu’on ramasse soient plus impactants, avec des modificateurs plus limpides et qui font vraiment une différence quand on les équipe. Même bien avancé dans le endgame, ne soyez donc pas surpris si un boss majeur ne lâche en tout et pour tout que cinq objets, dont un seul légendaire. Nous n’avons toutefois pas encore le recul nécessaire pour véritablement juger si cette refonte du système de loot est efficace, mais l’initiative devrait en principe plaire aux vétérans qui aiment voir moins de drops, mais que ceux-ci soient plus qualitatifs.
Des Plans de Guerre qui vont trouver un Écho dans Sanctuaire ?
On en a désormais l’habitude dans un Diablo-like, terminer la campagne d’un jeu ou de son extension n’est en réalité que le commencement de l’aventure dans cette nouvelle version de Sanctuaire. Pour ne pas changer une formule bien huilée depuis le temps, Lord of Hatred a donc encore quelques additions supplémentaires en termes d’activités annexes et de endgame dans Diablo 4. Profitons-en pour faire une petite parenthèse au milieu de ce conflit destructeur contre Mephisto, avec l’ajout d’un mini-jeu tout bête, mais somme toute reposant : la pêche. Notons toutefois que cela n’apporte en soi rien de transcendant à l’expérience principale, mais peut servir de petite distraction pour se détendre entre deux massacres en règle des armées des Enfers.

Quand l’envie vous prendra de retourner affronter les forces démoniaques, Lord of Hatred propose donc principalement deux nouvelles mécaniques endgame. D’une part, on a les Plans de Guerre, qui prennent en quelque sorte la forme d’une carte dans un jeu comme Slay the Spire. Avec jusqu’à cinq choix et plusieurs embranchements pour chacun, ce système va vous proposer de tracer une route présentant différentes activités comme terminer un Donjon du Cauchemar, ouvrir un coffre des Vagues Infernales, réussir une expédition dans les Bas-fonds de Kurast (introduits dans Vessel of Hatred), etc.
Arriver au bout de ces Plans permettra de récupérer un coffre avec du butin et de l’expérience, mais surtout fera gagner au fil du temps des niveaux dans chaque activité effectuée. Cela octroie des points à dépenser dans des arbres de progression afin d’y ajouter des éléments supplémentaires. Vous pourrez par exemple agrémenter le prochain Donjon du Cauchemar d’un coffre spécial après avoir éliminé un boss, entre autres possibilités. S’il n’est en soi question que d’améliorer le contenu endgame déjà existant, cette mécanique a en tout cas le mérite de donner une forme de direction aux joueurs, d’ajouter un peu de piment à l’ensemble et éventuellement de casser une certaine monotonie avec des mods endgame qu’on connaît par cœur depuis le temps. On a toutefois constaté qu’il faut arriver au bout de nombreux Plans de Guerre pour gagner suffisamment de points visant à altérer les activités associées. Cela s’adresse donc à des joueurs prêts à investir de longues heures de farm pour que l’effort porte pleinement ses fruits. Reste alors à voir si le jeu en vaudra la chandelle à terme, surtout s’il faut repartir de zéro à chaque Saison, soit tous les trois mois.

Blizzard avait cela dit encore d’autres… Plans pour les nouveautés de Lord of Hatred à ajouter au endgame de Diablo 4. D’une part, nous avons les Échos de la Haine, qui nécessitent une clé très rare et donc difficile à obtenir, et qui permettra d’accéder à un niveau où il faudra affronter des vagues infinies de démons. On peut y voir une sorte de parallèle avec des jeux type Vampire Survivors, alors que les forces adverses vont devenir de plus en plus nombreuses et puissantes au fil du temps. Plus on survit longtemps, meilleures seront forcément les récompenses. Enfin, le littéral Pinacle du endgame de l’extension sera forcément une version incroyablement difficile du boss final de la campagne. On ne va évidemment pas en dire plus, même si vous devez bien avoir une petite idée de qui il s’agit. Sachez en tout cas que, si l’Écho de Lilith vous faisait déjà trembler, alors préparez-vous à une plus grande terreur encore avec celui de ce boss (et non, il n’est pas encore question du Seigneur de la Terreur lui-même. Rendez-vous pour cela peut-être dans une prochaine extension, ou bien un Diablo 5 ?).

