Après avoir bouleversé la licence en 1998, The Legend of Zelda Ocarina of Time s’offre une nouvelle version en 2026 sur Nintendo Switch 2. Plus qu’un simple lifting comme celui sur 3DS en 2011, la firme de Kyoto se met cette année au défi de moderniser son épisode le plus mythique pour lui offrir une renaissance éclatante.
Loin d’être le premier remake de la saga, Zelda Ocarina of Time est assurément le plus ambitieux et le plus abouti à ce jour. Pour ce travail d’équilibriste entre modernisation et respect de l’œuvre originelle, les équipes de Big N ont entièrement repensé l’esthétique tout en proposant une version à la fois familière et nouvelle d’Hyrule. Après 28 ans, la magie opère-t-elle toujours autant ? Comment le studio est-il parvenu à recréer la sensation de découverte et d’émerveillement sur un titre si iconique ? On vous partage toutes nos impressions dans ce grand test d’Ocarina of Time Remake avant sa sortie le 5 novembre 2026, en exclusivité sur Nintendo Switch 2.
La légende préservée de Zelda Ocarina of Time
C’est une légende qu’on connaît bien, qu’on se raconte depuis 28 ans avec même un petit coup de neuf entre-temps. Pourtant, on la découvre sous un tout nouveau jour aujourd’hui sur Nintendo Switch 2. Zelda Ocarina of Time nous replonge dans les pas du jeune Link vivant paisiblement au milieu du peuple Kokiri jusqu’au jour où son véritable destin se révèle à lui alors qu’un de ses cauchemars est en passe de devenir réalité.

On pourrait avoir peur de la redite avec un jeu qui a laissé une empreinte si forte sur le médium vidéoludique. Pourtant, l’histoire de Zelda Ocarina of Time n’a rien perdu de sa superbe. On retourne même avec plaisir dans ce récit initiatique entre deux temporalités. L’histoire de Link, dont ne choisit plus le nom comme pour vraiment ancrer une bonne fois pour toutes son identité, et de son combat ancestral contre Ganondorf est retranscrite avec une fidélité exemplaire par une équipe de développeurs dont on sent l’envie de faire honneur au matériau d’origine, sans jamais le dénaturer.
Qui plus est, revivre toutes ces rencontres qui pavent le chemin de Link à travers les épreuves, c’est un peu comme retrouver de vieux amis avec qui on aurait envie de se remémorer des souvenirs de jeunesse. Même Navi, la fée emblématique dont les interventions pouvaient nous rendre fous dans le Zelda Ocarina of Time original, a su contenir sa verve pour devenir une compagne plus pertinente et agréable. On a même droit, dans l’ensemble, à des dialogues retravaillés pour donner plus de corps jusqu’aux PNJ. L’initiative est plus que bienvenue dès lors que ça apporte de petites touches de nouveautés par rapport à 1998, mais aussi de la vie.

Et de la vie justement, ce remake de Zelda Ocarina of Time Remake en déborde. Les PNJ ne se contentent pas d’avoir des dialogues enrichis, ils ont également une petite routine au village Cocorico et à la Citadelle d’Hyrule. On les voit ainsi naviguer dans ces lieux en temps réel selon l’heure de la journée, pour aller vaquer à leurs occupations ou rentrer chez eux. Rien qu’avec ça, l’univers paraît plus réaliste et plus immersif.
Mais c’est sans compter sur l’ajout d’un doublage partiel, et en français s’il vous plaît. Couplé à une mise en scène entièrement repensée à travers des cinématiques de Zelda Ocarina of Time qui maintiennent le suspens, créent la surprise ou nous en mettent plein les yeux. D’abord on soulignera la belle performance du casting. Mais en plus, avoir des passages importants de l’histoire doublés dans notre langue rend le récit plus captivant encore. Surtout que les équipes de Nintendo ont même pensé à de beaux clins d’œil pour les fans récents de la saga, ce qui rend la découverte encore plus magique. Non seulement c’est une première d’entendre les personnages de cet épisode, mais on les retrouve vraiment sous un nouveau jour. Si le fond de l’histoire n’a pas changé, la forme si et ça fait tout.

Le retour des donjons qui nous ont tant manqués
Cette idée de préserver le matériau d’origine pour le moderniser par petites touches se retrouve avec le retour des donjons. Quand on a connu les Zelda avant l’ère Switch, ils nous avaient sacrément manqué. Mine de rien, le fait d’avoir des donjons thématiques autour d’un élément et d’une ou plusieurs armes dans Ocarina of Time est ce qui les rend si mémorables. Ça, on s’en rend encore compte en les parcourant à nouveau en 2026.

En même temps, Nintendo a fait en sorte de ne pas nous ressortir les donjons de 1998 encore dans leur jus. Sur Nintendo Switch 2, Zelda Ocarina of Time s’offre un certain nombre d’optimisations de gameplay qui rendent l’expérience bien plus fluide et naturelle, à commencer par l’intégration d’une caméra libre à 360 degrés. C’est fini d’être limité à certains angles, désormais on peut vraiment la déplacer autour de soi sans contrainte et on ne vous dit pas le confort que ça apporte. On peut même choisir sa vitesse de rotation selon sa préférence. Enfin, on peut dire que le jeu est passé dans l’ère moderne, et ce avec une aisance folle.
Une caméra libre est très profitable à l’exploration. Mais c’est aussi un gain non négligeable pour les combats. Or, des créatures basiques aux boss, on croise un paquet de monstres dans les donjons de Zelda Ocarina of Time (et à l’extérieur aussi évidemment). Même si le mapping des touches surprend toujours aujourd’hui, avec la roulade sur A et les coups d’épée à l’opposé par exemple, le confort est bien plus grand avec cette version 2026. Cela engendre alors moins de frustration face à des erreurs qui pouvaient nous coûter cher auparavant. Surtout que les ennemis nous attaquent généralement les uns après les autres, parfois avec une dynamique bien huilée, ce qui aide à avoir un rythme satisfaisant dans le feu de l’action.

Zelda Ocarina of Time Remake a d’ailleurs voulu miser un peu plus sur ses combats en intégrant une nouvelle fonctionnalité : l’amphithéâtre de monstres. Il s’agit d’un lieu accessible à partir d’un certain moment de l’histoire qui permet d’en apprendre davantage sur les monstres du jeu et d’affronter de nouveau les boss des donjons. L’idée est sympa sur le papier, mais pour le coup, on doit avouer que ça ne nous a pas transcendés, notamment parce que les combats ne sont pas spécialement difficiles. On est vraiment face à une nouveauté accessoire dans laquelle on doute que beaucoup y trouvent leur compte.
Par ailleurs, notons aussi ce n’est pas parce qu’on est en terrain connu avec une meilleure caméra à l’épaule qu’on retrouve son chemin si facilement. Nintendo a bien décidé de dépayser un petit peu les fans de l’époque. Les donjons de Zelda Ocarina of Time recèlent de variations qui prennent nos souvenirs à leur propre piège. Et c’est tant mieux ! En fait, c’est exactement ce qu’on espérait pour un tel monument, largement vu et revu en 28 ans. On a ainsi droit à quelques énigmes différentes ou des objets qui apparaissent finalement là où on ne les attendait pas, nous donnant vraiment l’impression de redécouvrir ces endroits pourtant iconiques, ce qui est d’autant plus vrai pour Hyrule dans son ensemble.

Zelda Ocarina of Time Remake a un sens de l’exploration inné
L’exploration elle aussi connaît un nouveau souffle dans ce Zelda Ocarina of Time sur Nintendo Switch 2. Cette refonte prouve qu’il n’y a pas besoin d’être aussi révolutionnaire que l’était le jeu originel à l’époque ou encore Breath of the Wild en 2017 pour donner une leçon de game design. La construction du monde et les interactions qu' il appelle sont parfaitement maîtrisées. En fait, cet épisode a tout pour donner un nouvel élan aux Zelda 3D à l’ancienne, si tant est que Big N puisse envisager de raviver la formule.

On peut même dire que ce Zelda Ocarina of Time a su tirer profit des performances de la Nintendo Switch 2 tout en prenant exemple sur Breath of the Wild pour nous immerger en Hyrule. Grâce à la distance d’affichage permise par la console, un coup d’œil suffit à nous repérer sans besoin d’ouvrir la carte ou de s’appuyer sur la mini-map. On peut même désactiver l’ATH sans crainte, rien que pour le plaisir de profiter de l’environnement tout en naviguant entre les villages et la plaine. D’autant plus qu’on ne peut pas mettre de marqueurs sur la carte, ce qu’on regrette un peu quand on repère un point avec lequel on ne peut pas encore interagir et qu’on aimerait retrouver plus tard. Mais cette facilité à nous repérer fait que la carte est désormais presque négligeable.
D’ailleurs, on pourrait croire qu’une région plus resserrée que celle des épisodes Nintendo Switch ne pourrait pas nous émerveiller autant, et pourtant. À pied ou à cheval, outre le fait qu’on soit plongé dans des environnements particulièrement soignés et intelligemment conçus, le cycle jour/nuit est magnifiquement exploité dans Zelda Ocarina of Time Remake. On ressent vraiment la journée s’écouler en jeu, la lumière du soleil venant façonner l’ambiance selon le moment. Ce soin est non seulement bénéfique à l’immersion, mais aussi à notre dynamique d’exploration. Et pour cause, on s’est surpris plusieurs fois à adapter notre tâche en temps réel pour faire un crochet vers un lieu où on a repéré un collectible qui n’apparaît que de nuit par exemple, ou pour éviter au contraire les zones plus dangereuses à certaines heures. Ce faisant, notre aventure suit un rythme encore plus organique en 2026.

Cette construction du monde et l’élan de vie qui l’habite sont certainement les plus grandes forces de Zelda Ocarina of Time Remake. Même si la progression est plus classique que sur Breath of The Wild et Tears of the Kingdom, on retrouve une facette plus contemplative qu’on a appréciée dans ces épisodes. De fait, si on retrouve autant le plaisir qu’à l’époque de partir en quête des collectibles et secrets cachés en Hyrule, on s’est aussi laissé surprendre par la manière dont ce cycle organique et sa réalisation graphique influent sur notre approche du monde. Plusieurs fois, alors que le ciel prenait une teinte rosée, on a mis notre aventure entre parenthèses un instant, juste le temps de voir le soleil se coucher sur le Ranch Lon Lon ou les collines de Cocorico, admirant la beauté d’un univers qui fait vibrer la corde sensible du joueur en nous avec toujours autant de force, 28 ans après.
Un remake qui sublime tout sur Nintendo Switch 2
Ce n’était pourtant pas gagné d’entrée de jeu pour le Zelda Ocarina of Time Remake. Les premiers aperçus officiels du jeu étaient si éloignés de la direction artistique des anciens comme des récents épisodes de la licence qu’on ne savait pas forcément qu’en penser. Or, une fois le jeu lancé, il n’y a plus aucun doute. Jamais un jeu Zelda n’a été aussi beau, offrant en même temps une magnifique vitrine pour la Nintendo Switch 2.
Hyrule est vivifiée par les couleurs chatoyantes de la Nintendo Switch 2. Même dans la timeline de Link adulte, les contrastes subliment les décors. Le jeu parvient à merveille à retranscrire la magie de cet univers et l’ambiance sinistre qui plane dans les heures les plus sombres de Zelda Ocarina of Time. On pourra bien relever de temps à autre des textures qui chargent avec une légère latence, notamment en mode nomade, un détail qui passe inaperçu tant l’ensemble est fluide. Qui plus est, le jeu fait l’impasse sur quasiment tous ses anciens écrans de chargement, ne gardant que ceux entre les grandes zones.

Puis, le point qui inquiétait le plus, c’était surtout le chara design. Concernant Link, peut-être qu’il ne fera pas l’unanimité, c’est vrai. Nous, on doit dire qu’on a totalement craqué devant sa bouille de chérubin dans sa forme enfant. Les équipes d’Ocarina of Time Remake se sont surpassées. Quand on le voit courir, par ses animations et sa manière de se déplacer, on a vraiment l’impression de voir un petit garçon, d’autant plus avec cet air de défi, celui des enfants téméraires qui ne doutent de rien et sont prêts à tout braver.
Bien sûr, Link adulte est aussi très bien réalisé. Il a la prestance et la dignité d’un véritable héros. Plus globalement, le design de toute la galerie de personnages de Zelda Ocarina of Time a bénéficié d’un soin particulier pour faire honneur au jeu de légende. En définitive, l’esthétique semi-réaliste de cette version n’empêche pas les artistes de Nintendo de laisser libre cours à leur imagination pour donner des aspects grotesques à certains personnages ou bien plus inquiétants à d’autres, de même pour les monstres. On adore le côté goofy des Wolfos autant qu’on est impressionné par le rendu terrifiant des Effrois. Une vraie réussite.
Toutefois, la patte artistique des artistes sur Zelda Ocarina of Time Remake ne serait pas complète sans la touche musicale si indissociable de la saga. On retrouve ainsi les thèmes du jeu d’origine, réorchestrés pour un rendu encore plus qualitatif. C’est toujours autant un régal pour les oreilles, rien à dire. La boucle est bouclée et tout comme les décors qu’on aime rester observer, on peut tout autant se reposer quelque part un instant pour écouter cette bande-son mythique et laisser la magie opérer à nouveau.