Tandis que les joueurs organisent un blackout de protestation, PlayStation rappelle à tout le monde de manière cynique ce qu'implique un jeu numérique sur le plan légal.
Pendant le weekend, les détenteurs d'une console PlayStation et d'un compte sur ses services ont dû recevoir un e-mail faisant état de la mise à jour de leurs Conditions Générales d'Utilisation (CGU), notamment sur le sujet des jeux au format numérique, pour rappeler en somme qu'il s'agit d'une location à durée indeterminée. Un timing pour le moins saugrenu, alors qu'une frange de la communauté a décidé pour cette semaine du 24 au 30 août 2026 d'organiser un blackout mondial pour protester contre la fin du support des disques fixée à janvier 2028 et annoncée le mois dernier par le géant japonais.
Une mise à jour des Conditions Générales d'Utilisation de PlayStation en même temps qu'un blackout de protestation des joueurs
Compte tenu de la concomitance des deux événements, on pourrait croire avec un peu de cynisme que PlayStation a fait exprès de mettre à jour ses CGU comme pour décourager les joueurs irréductibles qui ont décidé d'organiser un blackout général pendant une semaine jusqu'au 30 août 2026. Durant ce laps de temps, celles et ceux souhaitant participer s'engagent à ne pas allumer une console du géant japonais, de couper leur abonnement au PlayStation Network, et de ne pas acheter de jeu sur les plateformes du groupe, surtout au format numérique.
Ce mouvement de protestation a lieu en réaction au discours considéré comme corporatiste et froid de PlayStation depuis l'annonce début juillet dernier de la fin de la fabrication des disques sur ses consoles à partir de janvier 2028. Pour des raisons économiques et logistiques, et alors que Take-Two et Rockstar avaient peu avant confirmé l'absence d'une édition physique à la sortie de GTA 6 ce 19 novembre 2026, le géant japonais en a profité pour officialiser une stratégie visiblement mûrement réfléchie depuis un moment.
Dans l'exercice, PlayStation a emboîté le pas d'autres compagnies majeures du secteur comme Nintendo, Valve ou encore Xbox, en mettant à jour ses CGU sur le sujet des jeux au format numérique. Dans leur version fraîchement mise à jour, on peut ainsi lire en substance : « Le Logiciel vous est accessible sous licence, et non via une vente. Il s'agit d'une licence limitée, non exclusive, incessible et personnelle pour jouer au Logiciel ou l'utiliser à des fins privées et non commerciales sur le système ou l'appareil où la licence est accessible. Vous ne pouvez copier, pirater ou sous-licencier ou émuler le Logiciel proposé par PlayStation. Violer tout ou partie de ces conditions va immédiatement rendre nulle votre licence ».
Un rappel supplémentaire d'une industrie du jeu vidéo qui va de plus en plus vers le tout dématérialisé
Il convient de rappeler que la mise à jour des CGU de PlayStation s'inscrit grossièrement dans la droite lignée de documents similaires chez des concurrents majeurs comme Nintendo, Xbox ou encore Valve, dans lesquels on peut lire un traitement similaire des jeux au format numérique. Même les jeux au format physique présentent des règles équivalentes s'agissant de la licence qu'ils contiennent, bien que l'objet en lui-même puisse quant à lui faire l'objet d'un échange ou d'une vente de son propriétaire.
Alors que PlayStation est actuellement sous le feu des projecteurs après avoir enchaîné les mauvaises nouvelles et en présentant une attitude pour le moins glaciale auprès de sa communauté, il ne s'agit malheureusement que du dernier coup d'éclat faisant état d'un média qui vise de plus en plus à embrasser pleinement le tout dématérialisé. Un signe comme un autre de changements insidieux d'une industrie par ailleurs toujours plus obnubilée par le profit à tout prix pour satisfaire l'appétit insatiable des exécutifs et investisseurs, au détriment de la passion et de l'envie de faire rêver ses joueurs...
Source : PlayStation