L’abandon du physique par PlayStation suscite de nombreuses réactions, y compris chez les créateurs de jeux comme Hideo Kojima qui qualifie déjà l’avenir de « terrifiant ».
Depuis que l’annonce est tombée la semaine dernière, la colère des joueurs est palpable. Incompréhension, inquiétudes concernant l’avenir du jeu vidéo, création de pétitions, menaces de boycott... L’abandon du marché physique par PlayStation à l’horizon 2028 fait beaucoup réagir, et à raison. Et le fait est que les joueurs ne sont pas les seuls à réagir. Très vite, nos politiques français se sont également emparés du sujet, aux côtés de certains des créateurs de jeux les plus reconnus, à l’instar d’Hideo Kojima par exemple.
Car ce n’est un secret pour personne : le créateur de Death Stranding et Metal Gear Solid est un homme très attaché à l’art. Il ne manque d’ailleurs jamais une seule occasion de le rappeler, notamment au travers de ses réseaux sociaux où il publie régulièrement des pièces de sa collection. Forcément, ce dernier ne pouvait donc pas rester silencieux face à l’annonce choc de PlayStation. « Ayant grandi avec les supports physiques, je trouve ça vraiment triste », a-t-il notamment déclaré sur la scène du Il Cinema in Piazza en Italie.
Hideo Kojima s’inquiète de l’abandon du physique par PlayStation
« En ce moment, j’achète beaucoup de Blu-Rays, notamment pour divers films, ainsi que des CD. La situation est différente pour les jeux, car ils sont téléchargés sur le disque dur et cela signifie que les données du jeu restent sur votre console. Mais si on pense au streaming à l’avenir, ce ne sera plus le cas », regrette Kojima. « Avec les services d’abonnement en streaming, comme Netflix ou Amazon, il y a un serveur quelque part. Et vous avez juste droit, en gros, d’ouvrir le robinet. Quand vous le faites, les données s’écoulent ».
« C’est comme ça que ça marche sur ces plateformes, n’est-ce pas ? », interroge le créateur extrêmement proche de PlayStation. « On ne télécharge pas les données, on y accède directement grâce à un abonnement. Et du coup, on ne possède pas réellement ces données. […] Cependant, compte tenu de la diversité des pays, des contextes politiques et des différentes façons de penser, il faut naturellement envisager la possibilité qu'en cas de changement, la diffusion des données contenues dans ce système cesse », s’inquiète Kojima.
« Et si cela arrive, vous ne pourrez plus regarder ni jouer aux films et aux jeux que vous aimez. C’est ce qui est terrifiant », conclut-il. « Ce qui se passe actuellement dans le domaine des jeux vidéo en 2028 pourrait également arriver au cinéma. J’aimerais que tout le monde garde cela à l’esprit ». Et il est difficile de lui donner tort. Car quoi qu’on en dise, les risques que PlayStation n’ouvre la voie à d’autres éditeurs à l’avenir sont extrêmement élevés. Et c’est précisément ce qui, pour paraphraser Kojima, est terrifiant.
Le créateur a déjà été victime du tout numérique par le passé
D’autant plus que, comme le rappelle très justement un internaute en réaction à ses propos, Kojima sait mieux que personne ce qu’il en coûte. « Ils ont littéralement supprimé son jeu de toutes les plateformes après une petite dispute, et maintenant il n’existe plus. Donc oui », a-t-il déclaré en référence à la regrettée démo de Silent Hills PT, désormais disparue dans les méandres du jeu vidéo. Reste maintenant à découvrir la réaction de PlayStation face à tout cela, la firme s’étant emmurée dans un silence assourdissant depuis que la nouvelle est tombée.
Source : Hideo Kojima (via Genki_JPN)