En préambule de cette sélection forcément un peu suggestive, il convient de poser les contours de ce qu’est un C-RPG. De l’anglais « Classic/Computer Role Playing Game » selon les interprétations, il s’agit d’un sous-genre des RPG, qui essaie de reproduire au format vidéoludique la liberté d’un jeu de rôle classique comme Donjons & Dragons. Cela passe par la création de son personnage, l’importance de ses choix pour avancer dans l’histoire et leur influence sur le monde qui l’entoure et des combats tactiques (en temps réel ou au tour par tour) le tout généralement avec une caméra en vue « isométrique », en 2,5D. Une catégorie de jeux autrefois de niche, avant que Larian Studios ne lui insuffle une nouvelle vie, et on espère qu’il réitérera l’exploit avec Divinity… mais probablement pas avant quelques années. D’ici là, voyons donc quels titres peuvent se placer comme une bonne alternative. 

Baldur’s Gate 3 : le meilleur C-RPG de tous les temps… en attendant Divinity ? 

Impossible de ne pas démarrer une sélection des meilleurs C-RPG en attendant Divinity sans parler du plus grand représentant actuellement connu du genre. L’argument est certes un peu facile, mais force est de constater que peu d’autres studios ont autant su rendre justice à ce style de jeux de rôle avec la même maestria que Larian. Le constat est simple : il n’existe aujourd’hui aucun autre titre capable d’offrir un degré de liberté aussi proche qu’un vrai jeu de rôle que Baldur’s Gate 3. Outre une impressionnante adaptation des règles de Donjons & Dragons, le GOTY 2023 absolu est un bijou de narration, capable de s’adapter même aux choix les plus improbables du joueur sans que jamais cela ne détruise complètement notre partie. Après avoir autant tutoyé la perfection, on a du mal à voir comment le studio peut faire encore mieux avec son prochain jeu. Mais si quelqu’un peut y arriver, c’est bien Larian, et on salive déjà de voir ce qu’ils nous préparent. 

Divinity Original Sin 2 : le grand-frère de Baldur’s Gate 3 et du prochain jeu de Larian

Avant Baldur’s Gate 3, c’est sans grande surprise le précédent jeu de Larian Studios qui occupait le trône du meilleur C-RPG de tous les temps, et qui est on ne peut plus pertinent en attendant leur prochaine production, puisqu’il s’agit de son aîné biologique : Divinity Original Sin 2. Là encore, les joyeux belges avaient mis la barre extrêmement haut s’agissant d’offrir une grande liberté d’action des joueurs dans les combats, l’exploration et la progression de l’histoire. Dépourvu du carcan des règles de Donjons & Dragons, il était même encore plus libre que son successeur spirituel, notamment grâce à un système sans classe, permettant de personnaliser son groupe selon ses envies. Même 10 ans après sa sortie, il s’agit quoi qu’il en soit d’un excellent jeu qui a magnifiquement bien vieilli et une très bonne manière d’attendre sa « suite ». 

Pillars of Eternity 2 Deadfire : l’alternative maritime d’Obsidian Entertainment

Promis, on passe enfin à des C-RPG issus d’autres studios que Larian, avec justement une autre référence dans le domaine : Pillars of Eternity 2 Deadfire, par les maîtres du jeu de rôle que sont Obsidian Entertainment. S’il offre nettement moins de liberté que les jeux cités ci-dessus, il s’agit de l’un des meilleurs héritiers spirituels des deux légendaires Baldur’s Gate originaux de BioWare. Qu’il s’agisse des règles de jeu, de l’interface ou du gameplay, en voici l’une des versions modernes les plus réussies, qui plus est dans un cadre particulièrement bucolique pour qui aime voguer sur les eaux. Contrairement à l’illustre premier épisode de la franchise, Deadfire propose en effet de visiter plusieurs îles et de gérer un bateau et son équipage pour voyager de l’une à l’autre. On perd donc un peu de la folie d’un Baldur’s Gate 3 ou Divinity au niveau des interactions avec le monde qui nous entoure, mais on la troque pour une vie de marin, voire de pirate si le cœur vous en dit. Une belle aventure ensoleillée à découvrir, en somme. 

Solasta Crown of the Magister : un C-RPG Donjons & Dragons extrêmement fidèle, et à la française

Pour rester dans les C-RPG s’inspirant de Donjons & Dragons, en voici un autre qui essaie également de reproduire aussi fidèlement que possible les règles de sa 5ème édition, qui plus est par un studio français : Solasta Crown of the Magister. Malgré son aspect visuel très brut de décoffrage avec le moteur Unity, le titre de Tactical Adventures est un cas d’école d’une adaptation vidéoludique réussie d’un jeu de rôle sur table. Il manque cependant d’une histoire, de personnages et d’une mise en scène marquants. Qu’à cela ne tienne, Solasta 2, sa suite directe, avec plus de moyens et un Unreal Engine 5 flambant neuf, va arriver en accès anticipé le 12 mars 2026. Une sorte de double dose permettant de patienter agréablement pour Divinity.

Dragon Age Origins : du grand BioWare comment on en fait plus

Avant de prendre la forme qu’on connaît aujourd’hui, Dragon Age Origins était pour BioWare une forme d’évolution de leurs emblématiques Baldur’s Gate, mais dans un univers original, et surtout avec un gameplay visant à rafraîchir le genre du C-RPG. Résultat : un jeu proprement cultissime, qui même près de 30 ans après sa sortie reste l’un des meilleurs jeux de tous les temps pour son studio, au panthéon avec KOTOR ou encore Mass Effect. Avec ses prologues uniques en fonction de l’origine de notre personnage, son histoire passionnante et son système de combat épique en temps réel avec pause tactique, mais avec une caméra plus libre, restent une référence absolue du genre et définitivement le plus grand jeu d’une licence qui n’a malheureusement jamais réussi à surpasser ce premier coup de maître. 

Pathfinder Wrath of the Righteous : le C-RPG Donjons & Dragons le plus Mythique à ce jour

Dernier détour du côté de Donjons & Dragons pour la route avant d’explorer d’autres univers, mais on ne pouvait pas dresser une liste des meilleurs C-RPG actuellement sur le marché sans parler de Pathfinder Wrath of the Righteous par Owlcat Games. Plus précisément, il est question ici d’un dérivé de la troisième édition de D&D, baptisée justement Pathfinder, mais qui rajoute en plus une dimension stratégie/gestion de royaume. Après un premier épisode déjà très solide en la matière, Wrath of the Righteous nous propose de mener une croisade contre des démons, en mode Mythique, à savoir au-delà du niveau 20 maximum. Ce titre nous permet donc ni plus ni moins que d’incarner un véritable dieu (ou un monstre surpuissant selon son alignement) qui va affronter tous les monstres les plus fous de Donjons & Dragons. Outre un gameplay très proche des deux premiers Baldur’s Gate, il ajoute également une dose de Heroes of Might & Magic, histoire de plaire tant aux rôlistes qu’aux férus de stratégie. Un jeu définitivement à part, mais qui s’adresse toutefois à un public assez averti. 

Warhammer 40,000 Rogue Trader : le meilleur C-RPG dans l’univers de 40K

Autre C-RPG d’Owlcat Games, mais cette fois pas dans l’univers de Donjons & Dragons, mais le sombre et futuriste Warhammer 40,000 avec Rogue Trader. Beaucoup rêvaient d’un jeu de ce genre dans cette licence phare de Games Workshop, et il a su se montrer à la hauteur des attentes. En incarnant une sorte d’électron libre au sein de l’Imperium de l’Humanité, le titre nous propose d’explorer le 41ème millénaire d’une manière assez unique, qui ne repose pas que sur des conflits planétaires, mais aussi sur des intrigues et des affaires de trahison. Il est même possible d’incarner soi-même un hérétique, si le cœur nous en dit. Quelques bémols lui font toutefois un peu défaut : il s’agit d’un C-RPG très old-school dans sa présentation et verbeux, qui a fait un peu tache en sortant après Baldur’s Gate 3 et ses dialogues sous forme de cinématiques entièrement doublées. Espérons qu’Owlcat Games saura rectifier le tir avec Dark Heresy, son prochain jeu estampillé 40K. 

Wasteland 3 : le digne héritier spirituel des C-RPG Fallout à l’ancienne

On passe du futur sombre où il n’y a que la guerre à un univers post-apocalyptique aussi cru, mais plus déjanté, avec Wasteland 3 par InXile Entertainment. Si vous ne jurez que par les jeux Fallout originaux et que l’«Elderscrollisation » de la licence par Bethesda ne vous plaît pas, alors ce C-RPG vous permet d’avoir votre dose de radiations, mais dans un format plus moderne. Wasteland est d’ailleurs à l’origine ce qui a permis à Fallout de naître, et ce troisième épisode est donc un moyen de boucler la boucle nucléaire. Il s’agit en effet d’un excellent titre proposant une histoire prenante, une ambiance à la fois crasse et parfois totalement barrée, et un gameplay mélangeant agréablement du neuf avec du vieux. 

Shadowrun Dragonfall : quand le C-RPG se marie avec le cyberpunk et la fantasy

Si vous préférez en revanche le cyberpunk au postapo, alors voici ce qui se présente comme l’un des meilleurs C-RPG dans le domaine, basé par-dessus le marché sur un jeu de rôle culte : Shadowrun Dragonfall. On a en effet ici un mélange du meilleur des deux mondes entre fantasy et science-fiction, puisque humains, elfes, trolls, la magie et autres dragons évoluent dans un monde dystopique dominé par les mégacorporations et les implants cybernétiques. Le système de jeu de Dragonfall n’est certes plus tout jeune, mais il s’agit clairement d’une des adaptations de Shadowrun au format vidéoludique. Il n’en existe malheureusement pas beaucoup d’autres, pour un univers qui gagne pourtant clairement à être connu. 

Disco Elysium/Planescape Torment : les C-RPG qui vous retournent le cerveau

On termine cette sélection des meilleurs C-RPG en attendant Divinity avec exceptionnellement deux titres, mais qui partagent un grand point commun : un accent mis sur l’aspect psychologique, plutôt que sur l’action. Planescape Torment proposait en effet en son temps un jeu Donjons & Dragons vraiment unique en son genre, alors qu’on en explore le multivers dans la peau du Sans-Nom. S’enclenche alors un véritable parcours initiatique et philosophique sur la nature de l’être humain.

Si vous préférez des jeux plus récents, impossible de ne pas recommander chaudement Disco Elysium par ZA/UM, qui propose une aventure assez similaire, mais cette fois directement dans la psyché de notre personnage alcoolique et amnésique, alors qu’il essaie de résoudre une enquête qui le dépasse totalement. Un pur chef d’œuvre d’écriture doublé d’un énorme vent de fraîcheur pour le genre C-RPG, en attendant de voir si le studio estonien saura encore nous surprendre d’une aussi belle manière avec Zero Parades, leur prochain jeu d’espionnage, bien qu’avec une équipe très différente de celle derrière Disco Elysium.