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Test : Alpha Protocol (Xbox 360)

Ode à la beauté intérieure
Par Grégory Szriftgiser - publié le

Il y a des jeux qui n'ont pas la superbe des blockbusters, mais qui n'en restent pas moins dotés d'un certain charme. Sans nul doute, à mesure que la sortie maintes fois retardée du RPG d'espionnage de Obisidian Entertainment, Alpha Protocol, se rapprochait ses défauts comme ses qualités se confirmaient peu à peu. Après de longues heures passées avec sa version définitive, on peut en tout cas être sûr d'une chose : ce n'est pas avec ses atours que le titre pourra séduire. Mais un RPG Action se doit-il d'être beau ?

Si de votre point de vue, la réponse à cette question est "oui", ou même "oui, un minimum" vous pouvez d'ores et déjà passer votre chemin. En effet, avec ses graphismes médiocres, plombés de surcroit par un moteur 3D qui peine à afficher les différentes textures (un peu à la Mass Effect 1, en pire), quand ce n'est pas le jeu entier qui freeze pour charger, la modélisation sommaire de la plupart des éléments (décors, objets, personnages) qui n'a pour seule exception que des visages qui restent au-dessus du reste et véhiculent les expressions des personnages correctement, ou encore l'animation ridicule du héros lorsqu'il avance accroupi, Alpha Protocol n'a pas d'arguments à faire valoir de ce point de vue. Mais c'est dommage, car si on met de côté cette réalisation en demie-teinte, le RPG d'Obsidian ne manque pas de charme.

Dès le début en Arabie Saoudite, la sensation de voyager est présente, malgré des graphismes assez médiocres.

Des choix décisifs

Fraîchement recruté par l'Alpha Protocol, une agence secrète financée par le contribuable américain mais officiellement non existante pour permettre au gouvernement de nier ses activités, Michael Thorton se retrouve aussitôt envoyé, après son évaluation, en Arabie Saoudite pour sa première opération. Un avion de ligne a en effet été abattu par des missiles d'origine américaine, issus d'une société d'armement privée, Halbech. Mais auparavant, dès les premiers instants et ses premiers contacts avec les personnages secondaires, les choix du joueur portent à conséquences. Qu'il s'agisse de ses relations avec ses "handlers" (ceux qui seront son soutien arrière en opération), ou ses performances sur les parcours d'entraînement, Alpha Protocol familiarise efficacement le joueur à sa force principale : des choix souvent drastiques qui vont influencer le déroulement du scénario, parfois suffisamment profondément pour impacter le déroulement d'une mission voire la disponibilité de la dite mission. Qui meurt, qui vit, qui deviendra un allié ou un boss à battre, qui deviendra une amante, ou restera une amie, et, sitôt la mission en Arabie Saoudite bouclée, dans quel ordre mener chacune des trois opérations (Rome, Tai Pei, Moscou), ou passer de l'une à l'autre : Alpha Protocol donne indubitablement au joueur la sensation que ses actions portent à conséquence. Et ce, même si au final (une vingtaine d'heures, disons), on aura tout de même suivi un scénario relativement linéaire, car c'est à sa marge que suivant le comportement du joueur, beaucoup de choses changent d'une partie à une autre.

Suivant les répliques et les actions, votre réputation change avec les personnages. Même en se faisant haïr, des avantages peuvent apparaître.

Des terrains d'excellence...

De nombreuses excellentes idées agrémentent l'ensemble, comme la détermination tardive du profil du personnage, histoire d'avoir d'abord joué une mission avant de s'engager pour une voie de bourrin, de technicien, d'infiltrateur, ou d'un mélange personnel, ou encore le système de dialogue, brillant, qui offre des approches et des humeurs (professionnel, agressif, suave) plutôt que des réponses écrites ; de quoi se décider pour un rôle dans le temps imparti à chaque réplique sans douter de l'attitude qu'on s'est choisie (sans compter que cela fluidifie les dialogues). Evidemment, suivant les personnages, les attitudes auront un impact différent. Certains et certaines sont sensibles à l'humour et à la décontraction (le ton suave), d'autres au professionnalisme ou même aux menaces (agressif). Parfois, une quatrième option généralement drastique apparaît (exécuter un personnage de but en blanc, couper la connexion d'une visioconférence). Comme, en outre, les dialogues et le soin apporté à l'écriture en général donnent à tout cela un niveau largement supérieur à la moyenne, ces scènes et possibilités, complétées d'autres éléments comme les emails échangés avec ses contacts et la constitution des dossiers de chaque faction et individu, participent à un plaisir de jeu indéniable. Sans compter, pour les amateurs, l'immense rejouabilité associée.

Les mécaniques de tir échouent à mêler l'importance du squelette RPG et celle des sensations de shooting.

... Et d'autres d'archaïsme

Le problème principal d'Alpha Protocol, en sus de sa réalisation, ce sont malheureusement les mécaniques de jeu. Car comme d'autres avant lui, il a choisi d'adopter une jouabilité de shooter pour ses missions, et de ce point de vue, tout semble manquer de finition et de feeling. Le système de couverture perfectible, les mécaniques de tir tellement dépendantes des compétences en armes qu'elles en deviennent parfois absurdes, l'IA parfois buggée et rarement convaincante, ou encore les pouvoirs d'infiltration qui donnent lieu à des scènes à contre-courant du "réalisme" scénaristique (traverser une sale entière en invisible en éliminant d'un coup tous les gardes sur son chemin), ne sont qu'un échantillon des faiblesses de gameplay et de design. Ceux qui se spécialiseront dans les compétences non-offensives galèreront pendant les inéluctables combats de boss, tandis que pour les autres, les mini-jeux de crochetage / piratage / sabotage risquent de tourner au cauchemar et de rendre leur progression difficile (puisque ce sont souvent eux qui permettent de ramasser le plus d'argent pour améliorer son équipement). Il faut donc s'accrocher, surtout pendant le premier tiers, avant de se mettre à tolérer les nombreux écueils de finition de l'action, et se concentrer sur les qualités sus-nommées. On passe ainsi immanquablement de moments de frustration voire d'agacement, à d'autres d'authentique plaisir, et il risque d'être impossible pour beaucoup de joueurs de pardonner, à notre époque, l'archaïsme flagrant dont font preuve de nombreux aspects du jeu - le pire étant pour moi l'impossibilité de revenir en arrière passé un checkpoint de mi-parcours, même s'il s'agit d'une simple porte (vous avez oublié de tout fouiller ? Tant pis, c'est foutu).

Malgré tout, Alpha Protocol a su m'intéresser du début jusqu'aux fins dont j'ai fait l'expérience. Le scénario tient bien la route, les dialogues (malheureusement en anglais sous-titré pour les anglophobes) font souvent mouche et sont parfois exemplaires de finesse ou d'humour, et la forte sensation de maîtriser sa destinée et celle des autres personnages, au beau milieu de cette ambiance de conspirations et d'espionnage malgré tout très bien rendue, justifient mon "coup de coeur", que les amateurs de RPG "moderne" pourraient bien avoir, eux aussi, en s'essayant à cette transposition du design Mass Effect - même si elle est infiniment moins bien finie. On se prend ainsi à rêver de ce qu'il aurait pu être entre les mains d'une équipe avec plus de moyens.

Test : Alpha Protocol (Xbox 360)
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Dès le début en Arabie Saoudite, la sensation de voyager est présente, malgré des graphismes assez médiocres. Suivant les répliques et les actions, votre réputation change avec les personnages. Même en se faisant haïr, des avantages peuvent apparaître. Les mécaniques de tir échouent à mêler l'importance du squelette RPG et celle des sensations de shooting. Le système de dialogue s'avère absolument brillant. Les séquences de combats de boss, quoique mémorables, peuvent s'avérer frustrantes. La galerie de personnages secondaire, plutôt riche, n'échappe pourtant pas aux clichés. De planque en planque, le côté espionnage est agréablement rendu.

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