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Test de Imperator : Rome (PC)

TEST d'Imperator Rome : Paradox au sommet de son art

Par Camille Allard - publié le
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Imperator : Rome est le gros jeu de Grande Stratégie du studio et éditeur suédois Paradox Interactive. Présenté comme étant un mix entre Crusader Kings II et Europa Universalis IV, marque-t-il le début d'un nouveau règne ?

Le cheval de bataille de Paradox Interactive, c'est le jeu de stratégie à l'état pur comme on en trouve sur PC depuis maintenant des décennies. S'il est inconnu pour un joueur console, le nom du studio est synonyme de qualité aux oreilles d'un joueur PC. Et quoi qu'on en dise, leurs wargames sont un peu des monuments, il suffit de voir le succès encore important de Crusader Kings II pourtant vieux de 7 ans. C'est de cette race de jeu que l'on savoure à la sortie, que l'on stoppe et que l'on peut reprendre des mois plus tard en sachant pertinemment que le contenu sera encore plus dense qu'à la sortie.

L'Amour de l'Histoire Antique

Imperator Rome est donc un jeu de Grande Stratégie, entendez par là un titre dans laquelle le but va être de faire prospérer votre pays ou votre nation lors d'une période donnée. En l'occurrence et comme son nom l'indique pendant l'Antiquité. Le jeu débute en 450 AUC (Ab urbe condita soit 450 ans après la fondation de Rome), ou plus simplement 304 avant Jésus Christ (les deux systèmes de datation sont disponibles en jeu) pour se terminer plus de 300 ans plus tard. À cette époque Rome n'est pas encore le glorieux empire des livres d'Histoire mais encore une république qui a déjà 200 ans d'existence. Il est toujours impressionnant de voir ce qu'on pu accomplir les civilisations hellénistiques et romaines dans un temps finalement très court en comparaison du reste de l'Histoire de l'humanité. Et c'est surtout leurs pérennités qui force le respect. Quasiment 700 ans de domination politique pour Rome et un millénaire entier de domination culturelle pour l'ensemble du groupe que l'on nomme de manière un peu cavalière "gréco-romain".

Sur les traces d'Alexandre le Grand

Et que dire d'Alexandre Le Grand ? Cet homme qualifié de philosophe en armes par les penseurs de l'époque. À 32 ans il a accompli plus qu'aucun autre homme sur cette Terre ne pourra jamais se vanter. Éduqué par Aristote en personne pendant sa jeunesse, il prend la tête d'un royaume faisant 2/3 de la Grèce actuelle pour en faire un vaste Empire s'étendant jusqu'à l'Indus, la porte de l'Inde. À la fois Roi de Macédoine, Pharaon d'Egypte et Roi de Perse, général émérite, penseur, philosophe, bâtisseur... il érige 12 cités et merveilles du monde à son nom. C'est d'ailleurs dans ce désir de continuité que nous avons choisi entre autre pour le bien de ce test de jouer la Macédoine qui n'est hélas en 304 avant JC plus que l'ombre d'elle même. En effet l'Homme a soif de pouvoir et, à la chute d'Alexandre le Grand,  l'empire est morcelé en huit royaumes distincts. La Guerre des Diadoques ("successeur" en grec ancien) commence. La dépouille d'Alexandre est encore chaude quand les Diadoques, tels des charognars, commencent à combattre pour  savoir qui est digne de régner sur ce (bien trop) vaste empire.

Au grès des alliances

C'est dans ce contexte politique intense que nous avons tenté de faire de la Macédoine le plus digne représentant d'Alexandre en tentant d'annexer un à un par des pirouettes politiques et militaires les royaumes diadoques en vue de reconstituer le vaste Empire du défunt roi. L'Égypte, ventre du monde antique à cette époque grâce à ses vastes cultures, semble être un allié de choix dans un premier temps. Ni une ni deux : en un clic, on envoie très simplement un diplomate proposer un pacte de non-agression, symbole d'une paix durable entre nos deux nations. Le but de cette manoeuvre est d'assurer nos arrières et d'avoir du répit au sud de la Méditerranée pour nous occuper de l'Est. Mais c'est sans compter la République Romaine qui au hasard et au bon vouloir de l'I.A. décidera de s'étendre à l'Ouest ou bien... à l'Est et donc aux portes de la Grèce. Sachant cela, une alliance avec Carthage, ennemi juré de Rome, semble tout indiquée. Voilà ce qui fait le charme du jeu. Outre un contexte historique extrêmement réaliste (la grande majorité des personnages en début de partie ont existé) il est possible de modeler l'Histoire à notre envie pour changer le destin d'une bonne partie de l'Humanité.

Un Monde vaste et magnifique

La carte du monde connu s'étendant jusqu'en Irlande jusqu'aux confins de l'Inde) est centrée évidemment sur son nombril en ces temps anciens, la Méditerranée. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est de toute beauté, en zoomant sur les côtes de la Mer Adriatique on se rend vite compte que l'ambiance diffère totalement de ce que l'on perçoit en approchant de Britannie, au niveau de la Manche. Différences de couleurs, de tons, de textures... Tout est fait pour nous faire prendre instantanément conscience de notre situation géographique. C'est la plus belle carte du Monde de chez Paradox à l'heure actuelle, chaque détail est un délice pour les yeux (les screenshots qui parsèment ce test ne rendent pas forcément honneur au rendu réel). Si l'on ajoute à cela l'ambiance sonore, on nage en plein bonheur. Du son des mouettes au vrombissement du vent dans les dunes du Sahara en passant par le chant des oiseaux dans les profondes forets germaniques... Que dire de plus ? Intense.

Guerre et Paix

Pour assurer la gloire de notre royaume, l'onglet diplomatique du jeu est notre meilleur compagnon. Il permet  de connaitre les avis et opinions du monde Antique à notre sujet, pour savoir ce qu'il est possible d'entreprendre et de forger, ou au contraire de détruire. Car cela ne vous a sans doute pas échappé, ce que l'on appelle grossièrement l'Antiquité est faite de victoires et de défaites. Il s'agit d'un monde perpétuellement en guerre, ou presque. Forcément, les armées ont une importance capitale et vos généraux sont les fers de lance de votre pays. Pour cette raison le jeu propose un système de loyauté. En d'autres termes, si des armées restent trop longtemps sous le commandement d'un général, celles-ci peuvent lui jurer fidélité et le suivre dans tous ces délires mégalomanes. Globalement chaque personne du jeu possède une jauge de loyauté et celle-ci monte ou descend selon vos actions.

"N'ayez aucunement peur de me toucher : on ne voudra pas croire que je crains peu la mort, si vous la craignez tant pour moi..." (Alexandre selon Plutarque)

Votre gouvernement est constitué de divers rôles comme c'est le cas avec les ministres aujourd'hui. Sauf qu'à l'époque, dans le monde grec, on ne parle pas de Secrétaire d'Etat mais d'archigrammateus et ces rôles aux noms complexes sont très convoités par les puissantes familles de votre pays. Et si une famille est trop délaissée ou qu'un personnage en particulier n'accède pas au rôle dont il rêve tant, sa loyauté chute et il pourra même lever une armée pour vous le signifier. Parfois, ça s'arrête là et il se contente de se pavaner à la tête de plusieurs milliers d'hommes pour vous provoquer. Mais il peut aussi marcher sur votre capitale et déclencher une guerre civile. Dans ces conditions il faut toujours avoir l'oeil sur la fidélité de vos personnages et ne jamais tenter le diable. Dans un système monarchique il faut aussi surveiller vos systèmes d'héritier et certains hauts-membres du gouvernement pourront préférer tel ou tel autre descendant, et non pas toujours le plus légitime à l'égard de la loi de succession. 

Rome ne s'est pas faite en un jour

Qui dit empire, dit aussi commerce et le jeu n'est évidemment pas avare en mécanique sur le sujet. Il est possible d'établir des routes commerciales avec vos voisins (lointain ou non) pour profiter de différents bonus. Importer du grain vous rapportera par exemple une meilleure croissance de la population, etc. Le jeu regorge tellement de mécaniques qu'il est impossible d'en faire la liste au sein de ce test et on vous laissera le plaisir de la découverte. Sachez toutefois que cet opus est particulièrement abordable (plus que les autres jeux Paradox en tout cas) et qu'il permet d'avoir plusieurs centaines d'heures de jeu possible avec chaque fois des mécaniques différentes. Rome et un royaume grec ne se jouent pas de la même manière et c'est encore plus vrai quand on s'attarde sur les tribus dites "barbares" peuplant la Gaule et la Germanie. Enfin n'oublions pas que des DLC (la politique de Paradox Interactive est très claire à ce sujet) viendront agrémenter le jeu pour le faire vivre plusieurs années. Longue vie à l'Imperator.

Indispensable Gameblog
Fantastique
9
Imperator Rome est un monument du jeu de stratégie, un véritable bijou dans son genre. Sûrement l'un des plus complets (à sa sortie) des jeux Paradox. Il constitue un vrai voyage pour l'esprit et il vous fera vivre l'Antiquité gréco-romaine comme rarement elle a été présentée dans un jeu vidéo auparavant. Chronophage au possible, c'est un jeu qui peut se jouer sur des mois et des années pour en saisir toute l'essence. Et comme toujours avec ses développeurs, on peut s'attendre à de nombreux contenus à venir pour un suivi sur plusieurs années.
par
+ On aime
  • Le contexte historique dense, complexe et profond.
  • La beauté des musiques et particulièrement celle du thème principal.
  • La direction artistique.
  • Une carte du monde splendide, la plus belle à ce jour chez Paradox.
  • Le système de loyauté des personnages.
  • L'ambiance sonore selon les régions du monde.
  • La variété des portraits de personnages et des traits disponibles.
  • Un condensé du meilleur des mécaniques de Crusader Kings II et Europa Universalis IV.
- On n'aime pas
  • Manque cruellement de skins différentes pour les armées (particulièrement hellénistiques).
  • Des traits pour les personnages qui pourraient avoir encore plus d'impact.
  • Les personnages parfois un peu sous-exploités (notamment les rois).
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