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Test de Onimusha : Warlords (Nintendo Switch, PS4, Xbox One)

TEST d'Onimusha Warlords : Le mariage parfait du survival et du beat'em all

Par Filipe Da Silva Barbosa - publié le

Après s'être montrés particulièrement timorées sur la précédente génération de consoles, les oeuvres vidéoludiques ayant pour cadre le Japon féodal semblent - enfin - revenir sur le devant la scène. En témoignent le succès critique de Nioh et les sorties pour le moins attendues de Sekiro: Shadows Die Twice et de Ghost of Tsushima. C'est dans ce contexte propice que Capcom entend déterrer l'une de ses vieilles légendes, parue en 2001, afin de lui offrir une seconde jeunesse : Onimusha Warlords.

Prenant place durant l'ère Sengoku au Japon, le début du jeu voit s'affronter deux clans rivaux : le clan Saito et le clan Oda, ce dernier étant mené par le terrifiant Nobunaga (personnage historique par ailleurs). Au cours d'une bataille, celui-ci est abattu par une flèche. Entretemps, le samouraï Samanosuke assiste, impuissant, à l'enlèvement de la princesse Yuki par ce qui s'apparente à des démons. Il se lance alors à leur poursuite, accompagné de la kunoichi Kaede, tandis qu'une rumeur fait état d'un retour à la vie de Nobunaga...

Le regard déterminé, Samanosuke n'est pas là pour faire dans la dentelle.

Biohazard

Un peu d'histoire. En 2001, Capcom est au sommet de sa gloire grâce, notamment, à sa série-phare Resident Evil, qui aura popularisé le genre du Survival Horror. Rien d'étonnant à ce que l'on veuille capitaliser sur ce succès, l'idée étant alors de transposer l'ambiance et les mécaniques de Resident Evil dans le Japon féodal, avec un enrobage plus porté sur l'action. À la manoeuvre de ce Onimusha Warlords, on retrouve par ailleurs un certain Shinji Mikami, ici crédité comme consultant. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'influence est plus qu'évidente : l'ambiance de plus en plus glauque au fur et à mesure que l'on progresse, l'imaginaire fantastique déployé (bien que plus démoniaque ici), l'utilisation d'herbes pour se soigner, le level design élaboré autour d'une succession de couloirs étriqués... Sur ce dernier point, notons que cela empêche parfois une pleine amplitude des mouvements dans ce jeu qui s'oriente davantage comme un Beat'em all que Resident Evil.

Visuellement, le titre n'a pas pris une ride. Mieux, il bénéficie d'un petit lifting HD, particulièrement en ce qui concerne les personnages et les ennemis qui apparaissent à l'écran, dont les modèles ont été retouchés pour l'occasion. Cela reste flagrant surtout au niveau des visages. Bien sûr, il ne s'agit là que d'un remaster, ne vous attendez pas à une refonte visuelle totale à la Resident Evil 2 Remake qui, hasard du calendrier, sera la deuxième exhumation à paraître du côté de chez Capcom ce mois-ci. S'agissant des environnements, ceux-ci conservent leur incroyable charme d'époque, véritables tableaux qui nous renvoient à l'ère bénie de la 3D précalculée. La rencontre des deux mondes, celui des modèles HD et celui de la 3D précalculée, peut toutefois détonner. Autre influence de Resident Evil : la camera fixe, qui joue sur la tension du joueur sur ce qui l'attend au détour d'un couloir. Notons la possibilité désormais de basculer librement en 16:9 ou en 4:3.

Conséquence de la révélation en 2014 de l'imposture de Mamoru Samuragochi, le titre bénéficie d'une toute nouvelle bande sonore. Parfois épique, parfois en retrait pour mieux faire monter la tension - puisqu'il s'agit d'un croisement entre Beat'em all et Survival, l'ensemble apparaît au final assez générique et on ne peut que regretter les compositions plus mélodiques et mélancoliques de Mamoru Samuragochi Takashi Niigaki.

Kaede à la rescousse.

Demon's Souls

Contrairement à Chris Redfield ou à Jill Valentine, notre samuraï Samanosuke dispose de moyens conséquents pour se défaire de ses ennemis, à commencer par un katana, auquel sont attribuées deux touches : celle qui permet de latter son opposant et celle servant à la garde. Elémentaire et efficace. En outre, lui sont conférés très tôt dans l'aventure des pouvoirs, dont il peut faire usage grâce à un gantelet magique octroyé par les oni. Ces pouvoirs, au nombre de trois (pour les éléments feu, foudre et vent) seront à acquérir au fil de l'aventure et s'avèreront d'une redoutable efficacité face à une horde de démons. À ce sujet, le jeu ne souffre d'aucun ralentissement, que ce soit en mode dock ou en mode portable pour la version Switch (version testée). Samanosuke pourra également faire usage d'une arme à distance (un arc, mais également une autre dont je tairai la nature) mais son usage est si peu adapté aux situations que l'on aura tôt fait de ne pas s'en servir (sauf peut-être contre certains boss).

Petite nouveauté : il est désormais possible de se déplacer librement avec le stick analogique, contrairement au titre d'origine qui imposait au joueur de porter sa croix directionnelle. Mais lorsque Samanosuke se trouvera en mauvaise posture, il pourra compter sur le soutien de la kunoichi Kaede, que le jeu nous permet de contrôler pour un temps. Munie de ses couteaux et de ses kunai (armes de jet), elle aura fort à faire pour venir en aide à son coéquipier.

Les ennemis terrassés libèrent de l'énergie, des "âmes" qui peuvent être absorbées par le gantelet de Samanosuke. Leur couleur indique leur utilité : jaune pour restaurer la santé, bleu pour remonter la jauge de pouvoir et rouge pour, à la manière d'un Kratos, améliorer ses pouvoirs et ses équipements (armes, mais également herbes curatives ou flèches). L'augmentation du niveau des pouvoirs permet en outre de se rendre dans certaines zones auparavant inaccessibles du jeu.

L'une des énigmes qui parsèment le jeu.

Ogre Battle

Ultime héritage de Resident Evil : la présence d'énigmes nécessaires à la progression du jeu. La plupart se révèlent assez faciles à résoudre, notamment si l'on glane les différents livres disséminés dans le château Inabayama et de ses abords. L'une d'entre elles cependant me paraît tout de même assez absconse et trop punitive car elle implique de recommencer toute la séquence précédente (indice : noyade...).

Las, il ne faut compter que sur une bonne après-midi pour voir le bout de cette aventure. C'est peu, même pour un titre du genre, d'autant que l'on est souvent amené à visiter les mêmes lieux. Ne vous attendez pas non plus à un post-game, sauf si vous souhaitez démarrer une nouvelle partie avec le costume spécial (très spécial même) débloqué une fois l'aventure achevée. L'obtention des Actes de bravoure (sortes de trophées/succès créés à l'occasion de ce Remaster) permet d'étirer un peu la durée de vie du titre, d'autant que certains imposent carrément de recommencer le jeu. Par ailleurs, un mode facile a été créé pour l'occasion, mais l'aventure s'avérant plutôt accessible, je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas en tenir compte.

J'ai pu noter par ailleurs que la traduction n'était pas exactement la même qu'en 2001 : l'objet "Ogre d'âme" par exemple, qui provient d'une traduction hasardeuse de "oni" par "ogre" dans la version américaine, se nomme désormais "Absorbeur d'âmes". Vu l'utilité de l'objet, j'aurais tendance à croire que la nouvelle traduction se justifie.

Enfin, argument ultime pour ceux qui souhaiteraient (re)découvrir cette pépite, Onimusha Warlords bénéficie pour la première fois d'un doublage japonais chez nous. De quoi s'immerger convenablement dans cet univers nippo-médiéval, grâce notamment à la voix de Takeshi Kaneshiro, qui prête également ses traits au personnage de Samanosuke.

Switch
PS4
XB1
Indispensable Gameblog
Très bon
8
Où acheter :
Si ce n'est pas forcément sous cette forme que les fans espéraient un retour de la saga Onimusha, force est de constater que le plaisir de la découverte est toujours intact. Se voulant un pendant nippo-médiéval et fantastique à la série Resident Evil, Onimusha Warlords réussit, encore aujourd'hui, à fasciner. Accessible par son gameplay, flamboyant par sa direction artistique et désormais enfin audible grâce au doublage japonais (bien que l'on regrette la bande son originale), le titre de Jun Takeuchi pèche surtout par sa durée de vie famélique. C'est pourquoi on ne peut que regretter que Capcom se soit contenté d'offrir une seconde vie à ce premier volet de la saga uniquement... Peut-on espérer que les autres suivront bientôt ? Avec pourquoi pas un nouvel épisode à la clef ?
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+ On aime
  • Un jeu culte à emporter partout (sur Switch).
  • La classe de Samanosuke.
  • Une ambiance nippo-démoniaque très réussie.
  • Des décors en 3D pré-calculée magnifiés, conjugués au charme intemporel des plans fixes.
  • Des séquences en CGI de toute beauté, encore aujourd'hui.
  • Une prise en main immédiate.
  • Les pouvoirs des oni en jettent.
  • Un framarate constant (en mode portable comme docké sur Switch).
  • Le doublage japonais enfin chez nous.
- On n'aime pas
  • Vraiment trop court (4 à 5h).
  • L'énigme de la "noyade", trop punitive.
  • Certains environnements un poil trop étriqués quand ça tabasse.
  • Tirer à l'arc, une vraie tannée.
  • Nouvelle bande son assez générique.
  • Quid des autres épisodes ?
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Le regard déterminé, Samanosuke n'est pas là pour faire dans la dentelle. Kaede à la rescousse. L'une des énigmes qui parsèment le jeu.

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