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Test de Jurassic World Evolution (PC)

TEST de Jurassic World Evolution : 65 millions d'années d'évolution dans un jeu de gestion

Par Camille Allard - publié le

Le 10 mars 2003 sortait Jurassic Park : Operation Genesis, le tout premier jeu de gestion s'emparant de la licence crée par Michael Crichton et permettant de créer son propre parc jurassique. Quinze ans plus tard, nous avons ENFIN droit à une suite spirituelle avec Jurassic World Evolution, tout droit sorti du studio Frontier Developments. Vraie bonne nouvelle ou pétard mouillé ? Mais surtout, question fondamentale : "Y a t-il des dinosaures dans votre parc à dinosaures ?".

Si comme moi vous avez grandi avec la saga Jurassic Park, si la musique du film sonne à vos oreilles comme la plus douce des mélodies, sachez que c'est avec une certaine joie que l'on découvre l'univers du jeu Jurassic World Evolution. Tel une Madeleine de Proust, il fait tout pour vous donner ce petit frisson lié à l'ambiance exceptionnelle du livre et des films. Dès l'arrivée dans le menu, Frontier vous assène un grand coup de nostalgie avec le thème musical du premier film, histoire de bien vous mettre dans le bain. Contrairement à son aîné, le jeu ne laisse pas la possibilité de choisir un mode bac à sable d'emblée et vous force à terminer la campagne, ce qui est de toute façon obligatoire pour en comprendre toutes les subtilités.

"Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? King Kong ?"

L'action est censée se situer juste après Jurassic World. InGen tente le tout pour le tout et décide une énième fois (jamais deux sans trois) de reconstruire un parc - ou plutôt des parcs - sur l'archipel des Cinq Morts. Si l'on connait bien Isla Nublar (île principale de Jurassic Park et Jurassic World) et Isla Sorna (nommé aussi le Site B, visible dans le Monde Perdu et Jurassic Park 3), on connaissait bien moins les autres îles. Et c'est pourtant sur chacune d'elles que vous allez pouvoir construire le rêve de John Hammond. Sachant que les meilleures îles (celles des films) seront disponibles à la toute fin de la campagne. Une récompense de taille qui permettra de faire un peu tout ce qui vous traverse l'esprit, sachant que les environnements possèdent des Easter Eggs dont on taira tout dans ce test, pour garder intact le plaisir de la surprise.

Si l'on devait faire un reproche à ce concept, on noterait le manque d'envergure des deux dernières îles. Mais il faut bien comprendre tout de même que tout le challenge du jeu repose sur l'espace alloué et sa gestion. Il est impensable de faire prospérer toutes les espèces de dinosaures du jeu sur une seule et même île. Il faut sans cesse faire la balance entre le bien être des dinosaures et celui des visiteurs ; les deux sont parfois incompatibles et il faudra faire des concessions.

Certaines espèces de carnivores refusent catégoriquement d'avoir un compagnon d'enclos, et il faudra faire avec, tandis que d'autres accepteront seulement des groupes de la même espèce, et ainsi de suite. Les dinosaures sont au centre de l'intérêt du titre, tout tourne autour d'eux et de leurs besoins. Les visiteurs rapportent de l'argent, c'est vrai, mais ils sont beaucoup moins problématiques que les monstres de l'ère mésozoïque. Outre l'apport en nourriture, chacune des bêtes nécessite de nombreux soins et attentions. Mention spéciale aux brachiosaures, qui sont un véritable enfer à satisfaire et qui nécessitent de grands espaces de forêts mais aussi d'immenses plaines. Sachant qu'ils doivent rester visibles par les visiteurs via le système de tour panoramique, on vous laisse imaginer le casse tête pour trouver la taille d'enclos parfaite. Surtout qu'un dinosaure mécontent est potentiellement un danger mortel pour les visiteurs. Un triceratops malade n'hésitera pas à charger un mur d'enceinte et les raptors testeront régulièrement les faiblesses de vos infrastructures pour s'échapper. Surtout s'ils sont en groupe.

"Que les choses soient claires, John. Ce n'est pas un week-end de détente."

Si au départ vous ne possédez que des clotures de piètre qualité, vous aurez plus tard accès à du 10.000 volts et à du béton armé pour maintenir en respect les plus féroces prédateurs. Le jeu est loin d'être de tout repos et il y a toujours quelque chose à faire. Une tempête qui se déclenche et qui court-circuite vos clotures, un sabotage qui coupe le courant sur toute l'île, une épidémie de parasites gastriques chez vos dinosaures, etc. Et pour régler ce genre de problèmes, vous pourrez compter sur des équipes de garde. Si dans un premier temps vous prenez plaisir à conduire vous-même les jeeps et les hélicoptères, très vite vous allez vous rendre compte que l'automatisation est obligatoire si le chaos s'installe. Cela reste un vrai bonheur de se rendre en voiture dans un enclos pour administrer des soins à des créatures qui valent des centaines de milliers de dollars. Car oui tout a un prix dans le monde de Jurassic World. Certains carnivores comme le Tyrannosaure coûtent une fortune et, hélas, il n'est pour l'instant pas possible de faire se reproduire nos créatures, comme ça a pu être le cas dans Jurassic Park : Opération Genesis. En fait il n'est même pas prévu notion de mâle/femelle, et c'est bien dommage.Tout ceci arrivera peut-être plus tard dans un DLC, avec la gestion des bébés ? Ça manque tout de même cruellement, surtout quand on connaît l'importance de cet aspect à partir du Monde Perdu.

"Dieu crée les dinosaures. Dieu détruit les dinosaures. Dieu crée l'Homme. L'Homme détruit Dieu. L'Homme crée les dinosaures."

On regrettera aussi l'absence des dinosaures volants (qui ne sont d'ailleurs pas considérés comme des dinosaures par la paléontologie moderne). Idem pour les créatures marines. Mais on sait déjà que ça fera l'objet de deux DLC distincts... Et c'est vraiment dommage, car les développeurs connaissent pertinemment l'engouement pour ce type de dinosaures, d'autant qu'ils ont une place de plus en plus grande dans la saga Jurassic Park. On ressent vraiment à la fin de la campagne que le studio a volontairement restreint le contenu de la sortie pour pouvoir se réserver des DLC.

Coté gestion, chaque dinosaure possède une note pour impressionner le public ; plus cette dernière est élevée, plus les gens vont venir nombreux dans votre parc. Pour découvrir de nouvelles espèces de dinosaures, il faut envoyer des expeditions un peu partout dans le monde, et ensuite faire de l'extraction d'ADN pour faire monter le taux de viabilité et l'authenticité des embryons. Plus l'authenticité de l'ADN se rapproche de 100%, plus le dinosaure va vivre longtemps et va impressionner vos visiteurs... et plus il va coûter de dollars. Il est même possible de modifier les génomes et de jouer les apprentis sorciers en changeant la couleur de peau des animaux selon des lieux géographiques (arides, forêt pluviale, etc.).

"J'ai dépensé sans compter"

La gestion de votre parc passe aussi par un assortiment d'attractions permettant aux visiteurs de prendre du plaisir et d'y trouver leur compte. Musées des fossiles pour en apprendre plus, restaurants, magasins de merchandising, etc. Le jeu ne laisse pas une grande place au micro-management dans ce domaine, mais il est tout de même possible de choisir le prix de vente des plats ou des divers articles. En fait, si l'on devait parler de micro-management, ce serait plutôt côté gestion de l'électricité, qui est capitale pour la sécurité et le fonctionnement de votre parc. Si vous ne voulez pas assister à la catastrophe de Jurassic Park versions 2.0, il faut prendre le temps de bien gérer la consommation éléctrique et ne pas hésiter à améliorer vos bâtiments. Pour cela, on passe par la case "recherche et développement", qui permet d'améliorer tout ce qui concerne le parc (dinosaures, maladies, sécurité, enclos, divertissements, etc.).

Pour remporter de l'argent, la gestion du parc est découpée en trois grands axes : Science, Divertissement et Sécurité. Il s'agira d'accomplir des contrats dans l'un de ces groupes pour faire monter votre capital et remporter des récompenses.

"Le Tyrannosaure n'obéit à aucun schéma de groupe ni aucun horaire de parc d'attractions. C'est l'essence du chaos."

Ce qui fait le charme de ce Jurassic World : Evolution, c'est bel et bien la théorie du chaos. Tout repose sur un enchaînement délicat d'événements qui peuvent venir perturber la tranquillité de votre parc et de vos finances. Un exemple concret : une centrale électrique tombe en panne, vos gardes ne peuvent pas ouvrir l'enclos et nourrir vos dinosaure, vos dinosaures s'énervent et le chaos commence. Ce n'est pas Jeff Goldblum qui vous dira le contraire, puisqu'il fait partie intégrante de l'aventure via ses nombreux conseils au travers de son personnage Ian Malcolm. On retrouvera aussi dans le jeu les personnages de Claire Dearing, Owen Grady et Docteur Henry Wu, chacun interprété par leurs acteurs originels en VO et par leurs doubleurs officiels en VF. Bref, cette touche Jurassic World apporte de la crédibilité à l'oeuvre du studio Frontier, qui réalise un admirable travail de ce coté-ci.

"Nous allons faire une fortune avec ce parc."

Le coté visuel est un sans faute, les animations sont de grande qualité aussi bien pour les visiteurs que pour les dinosaures, les textures sont excellentes, les effets météorologiques de toute beauté (quoi qu'un peu courts)... Coté son, c'est l'orgasme auditif assuré pour les fans de la licence, avec les cris des dinosaures identiques à ceux des films et surtout la musique qui reprend en majorité les B.O. des deux derniers films. Si l'on devait tout de même chercher à tout prix un défaut du coté de la réalisation, ce serait l'aspect un peu trop "propre" de l'ensemble. Pas véritablement de sang, ni même de boue sur les dinosaures, même quand la pluie tombe à torrents. Un détail. On aurait aussi aimé un peu plus d'animations spéciales pour chaque dinosaures, ainsi que pour les visiteurs. Surtout en cas d'attaque, où le scénario est toujours un peu le même : un visiteur tombe et se fait dévorer. Vraiment dommage.

Jurassic World : Evolution est un jeu bourré de qualités, même si l'on a la désagréable impression que les développeurs ne sont pas allés tout à fait au fond des choses, histoire de pouvoir proposer plus tard des contenus additionnels et autres DLC. C'est d'ailleurs un peu le syndrome Planet Coaster (le jeu précédent du studio), et c'est bien dommage car sans cet élément, le jeu aurait pu clairement avoir 1 point de plus au compteur. On peut d'ailleurs être certain (ou presque) que sur la durée, le titre est amené à devenir un must-have du jeu de gestion.

Bon
7
Jurassic World Evolution représente la concrétisation d'un rêve d'enfant pour tout fan de Jurassic Park : pouvoir faire prendre vie aux rêves de John Hammond. Véritable madeleine de Proust, c'est un délice audio et visuel qu'il est difficile de bouder. Ode au livre et à la série de films, le jeu est pour l'heure bourré qualités, mais tire clairement le frein à main pour le lancement, histoire de se laisser une marge de progression pour la suite... Un syndrome "je garde du fun en réserve pour les DLC" bien trop visible. Le titre reste à suivre de très près, car il a en lui l'ADN nécessaire (c'est le cas de le dire) pour s'inscrire en haut du podium des jeux de gestion. Malheureusement, en l'état, ça manque de contenu et de profondeur et on préfère nous aussi tirer le frein à main sur la note.
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+ On aime
  • L'ambiance Jurassic Park/Jurassic World merveilleusement bien retranscrite.
  • Jeff Goldblum, tout simplement.
  • Très beau.
  • Toujours un nouveau challenge.
  • La variété des espèces de dinosaures.
  • De la gestion intelligente.
  • Des dinosaures avec une véritable intelligence artificielle.
  • Possibilité de piloter les hélicoptères et les jeeps.
  • La musique de toute beauté.
- On n'aime pas
  • Pas de dinosaures marins ni volants.
  • Pas de mode bac à sable avec une gestion de l'argent.
  • Trop "propre" (pas de sang, pas de boue, etc.).
  • Isla Nublar un poil trop petite.
  • Pas de notion mâle/femelle.
  • Sensation de restriction de contenu pour proposer des DLC.
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