TEST de FIFA 18 : Une saison sans folie ?

Par Gianni Molinaro - publié le

Après le retour définitif et assuré de Pro Evolution Soccer au premier plan avec une édition 2018 des plus plaisantes, on n'attendait plus qu'Electronic Arts pour que la fête soit complète. Différentes prises en mains et autres démos ont pu donner des indications concernant la direction prise, ne laissant que peu de doutes sur le fait qu'on n'allait pas entrer dans une année placée sous le signe du changement. Mais est-ce que cela passe aussi bien qu'un Neymar dans une défense de Ligue 1 Conforama © ?

Les serveurs étaient bien prêts mais pas peuplés lors de la réalisation de ce test. Nous reviendrons bien sûr sur la partie online lorsque le lancement de FIFA 18 sera effectué et nous nous réservons la possibilité de modifier la note en fonction.

Il y a des choses qui sautent aussi violemment au visage qu'un Pepe en pleine lutte aérienne. Dès le traditionnel match préliminaire d'une entrée officielle dans un FIFA - en l'occurrence, nous voilà plongé dans un Real Madrid - Atlético au moment où la tête d'affiche Ronaldo a l'occasion de mettre un coup-franc direct -, on comprend qu'EA Sports a opéré un lifting à la limite de l'imperceptible. Sur le plan cosmétique, les couleurs semblent plus agréables, les visages un peu plus proches des modèles réels (sauf lorsqu'ils "sourient" façon FaceApp pendant une célébration) tout en gardant ce côté statufié et les regards vitreux, les effets de lumière ou de sueur rendent encore mieux, tout comme les maillots. Reste que, côté jeu, y compris sur coups de pieds arrêtés et tirs aux buts, on s'interroge. Où sont les nouvelles sensations par rapport à FIFA 17 ? La réponse vient assez vite, dès que l'on passe aux choses sérieuses avec un ou plusieurs humains prêts à en découdre.

Si j'avais SUUUUUU

Ce dont on peut être sûr, c'est que pour notre version, la vitesse globale a été ralentie par rapport à l'édition précédente. Un chouïa. Et qu'en termes de nouvelles animations, les bénéficiaires sont rares. La palette de mouvements n'a pour ainsi dire pas bougé. C'est complet, impressionnant dans tous les compartiments... Malgré quelques transitions mal assurées entre certains gestes qui font un peu moins organiques que ce à quoi la série nous a habitué depuis FIFA 08. Et comme la physique n'a pas vraiment bougé, notamment en ce qui concerne l'inertie des athlètes, le ballon ayant lui été un peu alourdi, les sensations se révèlent pratiquement identiques. A quelques détails près... qui vont tous dans le sens de l'attaque. La couverture de balle a été rendue plus efficace et permet de recevoir la sphère sans avoir le stress du défenseur qui pousse comme un boeuf. Les passes au sol ont, à un certain degré d'assistanat, une grosse tendance à être téléguidées vers leur cible, y compris lorsque celle-ci se trouve à plusieurs dizaines de mètres. En deux transmissions tout en verticalité, sans forcer ou même employer le système de passe appuyée instauré avec FIFA 16, on peut déjà être à l'entrée de la surface en vue de faire sauter la banque.

Reins et tirs

Le fait que les milieux parviennent à se faire autant oublier, que la défense tactique requiert plus de concentration et de doigté que jamais pendant que le moindre coup de rein doublé d'une accélération suffise à effacer un vis-à-vis plaira aux amateurs de football champagne. Ceux-ci apprécieront le jeu direct ultra-prôné et le fait que l'on soit en mesure d'enchaîner les dédoublements et les décalages à toute vitesse grâce à des une-deux ne demandant aucune forme de précision, pendant que l'adversaire - pourtant bien présent sur les profondeurs aériennes - réclamant une énième greffe de hanche pour aller avec sa prothèse du genou. Rien n'empêche de construire, de prendre son temps, de varier. Surtout que cela reste plaisant. Mais les intentions du gameplay ne nous y motivent pas. Tout est fait pour que le rythme des parties s'envole et que les cages ne demeurent pas inviolées - notamment parce que les gardiens ne sont toujours pas friands de petites frappes à ras de terre. Il faudra évidemment jongler entre les postures défensives et offensives, faire mumuse avec les formations et les sliders d'attitudes, voire passer en mode Full Manuel (difficile mais offrant une belle liberté) et prendre des équipes moins cotées pour rendre le tout plus digeste. En l'état, les consignes appliquées versent clairement dans l'arcade. Accessible. Sans temps morts - ce que le système de remplacement rapide, bien pensé, autorise. Pour faire comme à la télé quand les très cheatés merengues jouent.

C'EST NOTRE PROJET

L'authenticité a toujours été l'apanage de FIFA, détention de licences et soin apporté à l'habillage obligent. De ce côté, on n'est clairement pas déçu. De l'arrivée des 22 acteurs jusqu'au coup de sifflet final, on se croirait dans une retransmission télé - de qualité. Les présentations des forces en présence, les statistiques, les ralentis, les célébrations parfois personnalisées... On n'a strictement rien à redire - hormis sur la silhouette des coachs aperçus, dont notre bon Zizou, qui ont tous des carrures de videur du Macumba. L'immersion est absolue, surtout lorsque l'enrobage s'adapte, notamment en cas de rencontre entre deux clubs d'une même ligue. Le plus gros problème vient, étonnamment, des commentaires. Oui, vous avez bien lu. Hervé Mathoux est bien dans son rôle mais ses exclamations énervées dignes d'un Emmanuel Macron au meeting à Paris sur certaines actions sont à la limite du risible. Les hurlements longs et appuyés pour des Hazaaaaaaaard ou Dybalaaaaaaaaa auront au moins le mérite de dérider les audiences les plus tendues. Quant à Pierre Ménès, s'il a retrouvé du poil de la bête par rapport à l'an passé, ses remarques font toujours un poil dictées et s'avèrent peu intéressantes.

Alexandre Chasseur est de retour

Cette année, les yeux sont rivés sur le retour d'un mode initié l'an passé, l'Aventure. Il faut dire que les débuts de la carrière scénarisée du très fictif Alex Hunter avaient quelque chose d'intriguant, nous changeant des mode Carrière un peu plan-plan. Malheureusement, l'expérience restait très limitée... Et c'est encore le cas pour cette Saison 2. On retrouve le joueur britannique à un tournant de sa carrière en Premier League. Alors que tout semble lui réussir, les choses vont s'accélérer et pas forcément dans le bon sens. La pré-saison le verra s'embourber dans une affaire de transfert qui lui fera mal et l'obligera à prendre une décision radicale (laissée à vos bons soins) avant finalement de reprendre une voie plutôt sympathique et inattendue. De quoi ressentir la solitude d'un jeunot au plus haut niveau, devant gérer ses rapports avec les dirigeants, ses coéquipiers, le public, sa famille et sa progression sportive. Sans parler des rivalités et des pressions. Si cela sonne toujours un peu série B et souvent très maladroit dans la mise en scène, on apprécie toujours l'idée.

Il s'agit bien d'une façon chouette d'enchaîner les matchs, s'appliquer en entrainement et remplir des objectifs, pour passer du bon temps en solo (ou, maintenant, avec des amis en coopération)... Mais il ne faut pas se montrer trop difficile. Pour ce chapitre qui nous fait voyager en dehors du Royaume-Uni, on pouvait s'attendre à des ajustements. Alors oui, on peut customiser son Hunter de sa coupe de "veuches" à ses godasses et quelques décisions à prendre via le système de dialogues ont un impact. Néanmoins, on reste encore trop cantonné à un rôle d'observateur en dehors des terrains. Les moments d'interaction sont trop rares et les réseaux sociaux, les transferts, le salaire, on n'y participe pas. Bref, la même salade. Avec une subtilité franchement agaçante. Jouant avec un doublage en français, vous aurez la surprise de voir les stars du ballon rond intégrées au casting, parler... En langue de Shakespeare avec des sous-titres. Même notre Thierry Henry national y a droit. Alors autant on peut capter cela pour un Star Wars lorsqu'un alien se fait comprendre sans employer la langue commune, autant là, c'est le frisson. D'ailleurs, si ce dernier parcourt votre échine, on vous rappellera que vous pouvez filer sur FIFA Ultimate Team une fois un élément dédié débloqué. Pratique.

Modes et travaux

Le FUT, cette pompe à temps si populaire, ce jeu dans le jeu, avec ses Icônes, comme Ronaldo, Pelé ou Yashin, qui font craquer le slip, sera évidemment l'une des raisons principales d'un éventuel craquage pour FIFA 18. Ce qui peut se comprendre, l'excitation à l'ouverture d'un pack, la gestion, le marché des transferts, le fait de pouvoir s'y adonner seul ou en ligne, de faire joujou avec les défis et les drafts...Et de s'adonner désormais au Clashs d'Équipes, qui vous exhorte lui aussi à faire le plein d'affrontements pour engranger des points de matchs pour grimper au classement et... obtenir des récompenses pour continuer à FUTer (offline ou online) en marge de la société. Bref, ça ne révolutionne rien mais ajoute juste une nouvelle saveur à une drogue dure dont on connaît les ravages.

On n'oubliera évidemment que le reste du contenu est tout aussi monstrueux avec des rencontres classiques pour des dizaines d'équipes (pas toujours bien traitées niveau modélisations) dans des dizaines de stades, des compétitions à la carte au masculin et féminin, des jeux techniques renouvelés en grande partie et qui distraient pendant le chargement, un mode Carrière - qui a un peu évolué côté entraîneur, où il s'agit d'enchaîner des matchs joués ou simulés aux score parfois farfelus mais aussi de participer aux négociations de transferts, comme côté joueur - et de quoi se régaler en ligne avec les Saisons seul ou en coop, les Clubs Pro. Bref, un menu très complet qu'on aurait aimé voir accompagné d'un renouvellement plus affirmé sur le plan du jeu. Peut-être le retour de l'audace pour l'an prochain.

Bon
7
En dehors du terrain, FIFA 18 est un fuoriclasse. Sa réalisation propre, son enrobage de cinglé, ses licences, ses modes de jeux solides, même si L'Aventure reste encore perfectible, font de lui une valeur sûre... Mais encore faudra-t-il accepter le peu d'initiatives dont le gameplay a bénéficié, faisant passer cette édition pour un FIFA 17,5, et la mise en application d'une vision qui ne semble pas tolérer que se retrouver en position d'attaque et inscrire des buts puissent être rares. L'influence du football madrilène, probablement, pour un cru simplement bon, qui, espérons-le, ne marque qu'un temps d'arrêt et non une fin de cycle pour EA Sports.
par
+ On aime
  • Une présentation et un contenu de ouf-malade.
  • Affiné visuellement.
  • Ambiance plus que réussie.
  • L'Aventure, pour le dépaysement.
  • Plaira sans aucun doute aux mordus d'attaques-éclairs...
- On n'aime pas
  • ...Et beaucoup moins à ceux qui attendaient un rythme moins enlevé.
  • Sensations assez identiques à celles de FIFA 17.
  • Attaque bien trop privilégiée.
  • Commentaires français pas toujours de très bon ton.
  • L'Aventure, toujours un peu mièvre, avec un très choix bizarre de doublage en VF.
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