2026 démarre sur les chapeaux de roue pour Ubisoft, qui annonce la fermeture de l’un de ses studios et se retrouve sous le joug d’une enquête de la part d’une union syndicale.
Travailler dans l’industrie du jeu vidéo a assurément de quoi en faire rêver plus d’un. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cela est loin d’être évident. En particulier depuis quelques années, où les places tendent à devenir de plus en plus chères tandis que les licenciements de masse se multiplient. De fait, après une année 2025 qui aura coûté leur job à près d’une dizaine de milliers d’employés, on espérait naturellement voir 2026 démarrer sous de meilleurs auspices. Mais c’était sans compter sur Ubisoft, qui décide d’ores et déjà de jouer les mauvais élèves.
Ubisoft annonce la fermeture d’un de ses studios
En effet, dans un nouveau rapport publié hier en fin de journée, GamesIndustry.biz a révélé que l’éditeur français avait décidé de mettre un terme aux activités d’Ubisoft Halifax, studio canadien œuvrant notamment sur des jeux mobiles Rainbow Six et Assassin’s Creed. Ce ne sont ainsi pas moins de 71 personnes qui vont perdre leur travail en ce début d’année 2026, Ubisoft justifiant alors cette décision par un processus de rationalisation et de réduction des coûts :
« Au cours des 24 derniers mois, Ubisoft a pris des mesures à l’échelle de l’entreprise pour rationnaliser ses opérations, améliorer son efficacité et réduire ses coûts. Dans ce cadre, Ubisoft a pris la décision difficile de fermer son studio d’Halifax. 71 postes seront concernés. Nous nous engageons à soutenir tous les membres de l’équipe touchés par cette transition en leur offrant des ressources, parmi lesquelles des indemnités de départ complètes et une aide supplémentaire à la recherche d’emploi ».
Ubisoft le 7 janvier 2026, dans un communiqué annonçant la fermeture du studio Ubisoft Halifax
Toujours selon le média, la fermeture d’Ubisoft Halifax serait une énième conséquence de la restructuration lancée par la compagnie peu après la pandémie de COVID-19. Une restructuration qui, à ce jour, a d'ailleurs déjà provoqué de nombreux licenciements dans des studios, parmi lesquels RedLynx (Trials) et Massive Entertainment (The Division) l’année dernière. Même si, dans le cas présent, cette fermeture a un goût d’autant plus amer vu de l’extérieur.

La syndicalisation des employés soupçonnée d’en être la cause
Car malheureusement pour Ubisoft, cette annonce tombe quelques jours seulement après la syndicalisation d’Halifax, qui annonçait fièrement le 5 janvier dernier avoir formé le premier syndicat de l’éditeur en Amérique du Nord. Un processus qui avait été entamé en juin 2025, et qui venait donc d’aboutir après des mois de négociations. Forcément, un tel timing a alors de quoi interroger. Surtout quand on sait ce qui se passe chez Rockstar North depuis plusieurs semaines, eux-mêmes étant accusés d’avoir licencié des employés en raison de leurs activités syndicales.
C’est donc sans surprise que la CWA Canada, l’une des unions syndicales les plus importantes du pays, a décidé de s’emparer de l’affaire. « Au Canada, il est illégal pour une entreprise de fermer parce que ses employés décident de se syndiquer » rappelle le groupe auprès d'Insider Gaming. « Bien que nous n’affirmions pas que c’est ce qui s’est passé ici, nous demanderons à Ubisoft des informations sur les raisons de cette soudaine décision de fermeture ».
« Nous utiliserons tous les recours juridiques possibles pour garantir que les droits de ces travailleurs soient respectés et ne soient en aucun cas bafoués » ajoute Carmel Smyth, présidente de la CWA, de son côté. « Nous attendons d’Ubisoft qu’il nous prouve que cela n’a rien à voir avec l’adhésion des employés à un syndicat. Les travailleurs, leurs familles, les habitants de la Nouvelle-Écosse et tous ceux d’entre nous qui aiment les jeux vidéo conçus au Canada ne méritent rien de moins que cela ». Ubisoft n'a pas encore officiellement réagi à ce sujet. Affaire à suivre, donc.
Sources : GamesIndustry.biz, Insider Gaming