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Test de Rain (PlayStation 3)

Test : Rain

Minimaliste
Par Yann Bernard - publié le
vidéo : RAIN : May Story trailer
vidéo : Rain : longue vidéo de gameplay

La météo a une influence non négligeable sur notre moral, y compris sous forme virtuelle. Avec Rain, elle se reflète même dans les yeux embués des spectateurs, à chacune de ses (rares) apparitions. Certains y voient une illustration supplémentaire des aspirations artistiques du jeu vidéo, d'autres une expérimentation encore plus singulière du PlayStation C.A.M.P. En effet, avec des curiosités telles qu'Echochrome, Patchwork Heroes et Tokyo Jungle, l'originalité constitue le seul fil conducteur des oeuvres issues de cet étonnant laboratoire à idées. Cependant, Rain est sans doute celle qui a généré la plus forte impression, mais aussi le plus d'interrogations, un léger brouillard persistant tout autour. Cette critique suffira-t-elle à dissiper les doutes à son égard et justifier ces émois ?

Des aquarelles épurées se succèdent sur le papier blanc, maculé de gouttes de peinture, comme celles de la pluie. Depuis sa fenêtre, un garçon aperçoit une fillette, qui disparaît bientôt dans la nuit pour échapper à une terrifiante créature. Il part alors à sa recherche, plongeant ainsi à son tour dans l'obscurité... Telle est l'intrigue de Rain, aussi laconique que les quelques mots qui s'inscrivent de temps à autres sur l'écran afin de raconter cette histoire, chemin faisant. La délicatesse de la narration se traduit également à travers l'environnement sonore. Aux ritournelles d'accordéon, tantôt joyeuses, tantôt inquiétantes, répondent les envolées symphoniques des cordes et les solos de piano mélancoliques. Rain a d'ailleurs l'illustre Clair de Lune de Debussy pour thème récurrent, accompagné par le bruit incessant de la pluie, que seules quelques notes pianotées viennent parfois interrompre pour ponctuer un évènement. Car personne ne parle dans cette ville déserte, aux allures de vieille Europe des années 30. Le garçon est muet, tout comme la fillette. Pourtant, cela ne les empêche pas de transmettre leurs émotions, en dépit de la raideur des animations qu'ils utilisent pour s'exprimer. De même, il émane une indéniable beauté de ces décors ruisselants, fussent-ils sommaires. Nos deux héros sont pour ainsi dire transparents, et ce dans tous les sens du terme.

L'invisibilité des protagonistes permet de faire ressortir certains détails dissimulés en arrière plan.

Monochrome

C'est la pluie qui dessine les contours de leur corps, de sorte qu'ils deviennent invisibles sous un abri. Seuls les nuages de poussière soulevés par leurs pas et les éventuels objets bousculés sur leur passage permettent alors de les localiser, une expérience somme toute assez inhabituelle. Ce principe s'applique aussi aux créatures qui hantent la cité. La plupart errent à l'affût d'une silhouette ou du moindre bruit pour fondre sur leur proie. Et pas question de les affronter directement, les démarches trop hardies menant à une fin brutale, qui condamne à reprendre l'aventure au dernier point de passage (soit quelques secondes plus tôt). En effet, le garçon ne peut que courir, sauter et interagir avec l'environnement. On doit donc se creuser la tête pour avancer, qu'il s'agisse d'attirer les ennemis dans un piège ou de transporter une clef. A chaque lieu ses mécaniques, qui à défaut d'être véritablement neuves - on croirait parfois reconnaître Echochrome - ont le bon goût de ne pas se répéter. En parallèle, la variation des angles de caméra contribue à rythmer la mise en scène. Certains points de vue se veulent contemplatifs, alors que d'autres s'appuient sur les perspectives obliques et le mouvement pour susciter le malaise, voire la peur à l'image de Resident Evil. Bien sûr, le garçon ne tarde pas à retrouver la fillette, engendrant ainsi des dynamiques coopératives.

Certaines créatures ne sont pas hostiles et peuvent servir d'abri.

ICOnique

Là encore, celles-ci ont un air de déjà vu, puisqu'elles consistent en des séquences de courte échelle ou d'entraide à distance. Décidément, il y a tant de choses qui rappellent ICO... Les tons monochromes de cet univers, les systèmes sur lesquels il repose, ou évidemment cette histoire basée sur la relation entre deux personnages unis par un même destin mais qui sont incapables de se parler. Rain se résumerait-il à un flot d'idées venues de divers horizons, comme l'hypothétique influence de Yann Tiersen sur les musiques ou du Labyrinthe de Pan sur le scénario semblent le confirmer ? Libre à chacun de se faire son opinion, sachant qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Une fois le récit achevé, on a la possibilité de revivre les différents chapitres, histoire d'en explorer les impasses jadis désespérément vides. Ces lieux qui matérialisaient l'inflexible linéarité du déroulement dévoilent alors des souvenirs, les bribes d'un background non moins mystérieux. Parce que l'essentiel n'est pas toujours dans ce que l'on voit, ou ce que l'on dit. Il réside quelquefois dans l'indicible, de la même manière que Rain nous fait ressentir la solitude du garçon, avant de renforcer doucement les liens qu'il établit avec la fillette, sans qu'un mot ne soit échangé. Encore faut-il se montrer réceptif à cette poésie ludique, porteuse d'un message métaphorique universel. Dès lors, Rain mérite-t-il d'être considéré comme un jeu, ou une oeuvre d'art ? On vous laisse l'interpréter à votre façon, après tout la pluie est synonyme de tristesse pour les uns, et de joie pour les autres...

Très bon
8
Notes de la Rédac (2)
Des aquarelles, un univers monochrome aux décors ruisselants, le dialogue entre l'accordéon et le piano, des personnages muets... telle est la composition de cette fresque tantôt onirique, tantôt cauchemardesque. A part la pluie - omniprésente - les techniques utilisées pour la représenter sont cependant rustiques, pour ne pas dire usées, qu'il s'agisse des énigmes ou des mécaniques coopératives. Et même les ficelles qui viennent progressivement lier le garçon et la fillette semblent avoir déjà servi. Faut-il donc considérer cette oeuvre comme un joli travail d'imitation ? Chacun pourra se forger sa propre opinion, suivant ce qu'il verra à travers ces protagonistes transparents, dans tous les sens du terme. Car ces airs de déjà v(éc)u et ces principes désuets n'empêchent pas Rain de susciter de profondes émotions. Au contraire, ils permettent d'exprimer son propos en toute simplicité, et de nous en laisser la libre interprétation. Reste à savoir si l'on préfère le regarder comme un verre d'eau à moitié vide, ou à moitié plein, et sans prendre en considération la nature abstraite de son contenu...
par
+ On aime
  • La pluie, élément central de l'histoire et du gameplay.
  • La délicatesse de la narration.
  • L'esthétique soignée.
  • La bande son tout en retenue.
  • Les sentiments puissants suscités sans artifices.
  • La liberté d'interprétation.
  • La localisation de qualité.
  • Pas de dilution superflue...
- On n'aime pas
  • ...mais cette averse ne dure que cinq heures (en tout).
  • La linéarité de l'aventure.
  • Les mécaniques vieillottes.
  • Chanter au Clair de Lune, même avec une jolie voix.
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Ma collection sur PS3
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MondeAzerty
“Ennuyeux comme un jour de pluie” Un enfant malade dans son lit. Depuis plusieurs jours déjà il pleut sur la ville, si fort, une pluie qui n’en finit pas. Soudain il entend un bruit dehors. Il ouvre la fenêtre de sa chambre et...
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Yojimbooy
Chèr lecteur. Oui, toi, qui regardes ce test. N'as tu jamais été enfant? Bah non, je suis né spontanément à 30 piges N'as tu jamais courru sous la pluie, sautant dans les flaques, au grand desespoir de ta maman? Ha si, elle criait et on devait...
8

Galerie photo Rain - 12 images (cliquez pour zoomer)

L'invisibilité des protagonistes permet de faire ressortir certains détails dissimulés en arrière plan. Certaines créatures ne sont pas hostiles et peuvent servir d'abri. Un tableau dans lequel on plonge corps et âme, pour vivre des instants de pure poésie... Passer dans une flaque boueuse trahit la présence de nos héros, ce qui ne facilite pas nécessairement les manoeuvres d'entraide... Les mouvements de caméra servent habilement la mise en scène, en particulier lors des séquences de poursuite qui rappelleraient presque celles d'un Resident Evil 3. Des souvenirs sommeillent dans les impasses, comme autant de digressions narratives...

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