Test : Rogue Legacy

La mort en héritage
Par Gianni Molinaro - publié le

"Allez un petite dern... Comment ça, quatre heures du matin ?! Pute pute pute pute pute !" Ce genre de situation, vous l'avez sûrement vécu avec des titres comme Don't Starve, Faster Than Light, Spelunky ou encore The Binding of Isaac. Ces jeux où la mort, permanente, ne marque pas vraiment la fin, mais plutôt le début d'un nouvel élan, où  les connaissances acquises vont se confronter à la génération aléatoire d'un nouvel environnement. Au rang des nouveaux ambassadeurs du permadeath et de l'univers procédural, voici Rogue Legacy. Un jeu de plate-forme et d'action d'inspiration "Castlevaniesque" qui va encore vous détourner de votre horloge et réveiller votre Gilles de la Tourette.

Le prologue de Rogue Legacy, qui permet de se familiariser avec les actions de base - attaque à l'épée et saut - et l'extrême simplicité des commandes, voit un chevalier se défaire de macabres ennemis avant de se retrouver face à un roi un peu distrait. Un coup asséné à ce dernier et... mystères et boules de tiep. Voilà que l'on doit immédiatement choisir trois descendants du monarque au destin inconnu pour qu'ils parcourent le château l'ayant vu disparaître. Peu importe celui pour lequel on optera. Il ne vivra que quelques minutes. Parce que les pièges seront trop nombreux, les ennemis trop forts et résistants pour ses faibles capacités. Mais sa mort ne sera pas vaine. Un de ses enfants reprendra le flambeau de la même façon, fort de tout ce que son père ou sa mère ayant péri au combat aura pu acquérir. Et il pourra aller un peu plus loin. Avant de clamser à son tour de façon plus ou moins glorieuse. Et ainsi de suite. C'est cette idée de progression continue, pour peu que vous ne soyez pas du genre pressé et inattentif, qui cimente gameplay du titre de Cellar Door Games.

Tout débute par la quête d'un chevalier dont on ignore le dénouement.

T'as le loot, coco

Un ennemi détruit, un élément de mobilier défoncé, ça peut lâcher de l'argent. Et ces petites piécettes demeurent dans la famille malgré la mort. Avec elles, de nombreuses façons de faire progresser la lignée se profilent. Par le biais du manoir familial, en réalité un arbre de compétences, vous dépensez vos deniers dans des améliorations qui vous aideront à avancer un peu plus loin, tenir un peu plus longtemps. Cela va d'une meilleure attaque à une résistance renforcée en passant par une magie plus efficace, une monnaie plus facile à obtenir ou encore de quoi supporter des protections plus lourdes. En outre, on peut débloquer trois aides de camp non négligeables. D'abord le forgeron vous vendra épées et pièces d'armures grâce à des plans dénichés à l'intérieur du château. Ensuite, l'enchanteresse sera capable de vous fixer des runes de double-saut, de glissade ou d'absorption de points de vie ou mana. Enfin, l'architecte a le pouvoir de fixer le château dans l'état où votre dernier ancêtre l'a trouvé - un malus financier s'appliquant. Car oui, le bâtiment, bien que conservant ses quatre zones dans des directions précises, bouleverse totalement son architecture après chaque défaite. Et lorsque l'on est à un cheveu de battre un des quatre boss, pouvoir retourner directement face à lui sans devoir chercher son chemin se révèle assez plaisant. Bref, l'argent est indispensable pour ne pas se sentir lésé face à la difficulté générale et les sommes exigées pour devenir plus gaillard de plus en plus importantes. Et quand il en reste après vos achats, pas question que ça parte en bons-cadeaux Regali. Votre bourse tombe dans l'escarcelle de Charon, gardien de la bâtisse, en guise de droit d'entrée. Dur dur.

A l'extérieur du château, si vous les débloquez, vous trouverez le forgeron, l'enchanteresse et l'architecte.

Classe man, top of the pop

Votre manoir vous donne également la possibilité d'accéder à de nouvelles classes pour les guerriers à venir. Huit, au final. Chacune possède ses forces, ses faiblesses et ses compétences propres. Le barbare, plus résistant, possède un cri très inspiré d'un certain Skyrim pour repousser ses ennemis. Le mage dispose évidemment de plus de mana et de puissance assignée aux armes secondaires (des haches, boules de feu, chakrams, montre arrêtant le temps). L'assassin se révèle assez faible mais a de grandes chances de coups critiques et peut disparaître quelques secondes, l'Hokage s'avère incroyablement rapide, le spéléo trouve plus d'argent, la liche commence très bas mais évolue avec le nombre de tués... Les différents profils permettent de progresser de bien des façons différentes, de s'adapter aux pièges et monstres que l'on rencontrera. Et je ne vous parle pas de la dernière classe qui transforme littéralement le jeu en shoot them up ! Mais il faudra faire attention au moment de choisir entre les trois héritiers : le fait qu'ils soient générés aléatoirement eux aussi doit vous obliger à composer avec leurs traits propres. Comprenez que certaines petites spécificités génétiques peuvent se faufiler. Vous pouvez parfaitement hériter d'un myope, d'un pétomane, de quelqu'un qui confond sa droite et sa gauche, d'un malade du Gilles de la Tourette (eh oui !), d'un autre qui ne voit pas sa barre de vie, d'un dyslexique ou d'un personnage qui voit tout à l'envers ! Certains de ces traits n'ont pas d'incidence particulière et sont là pour faire sourire. D'autres sont gravement handicapants... ou au contraire utiles. Par exemple, le nanisme. Oui, niveau allonge et précision dans les sauts, ça se corse. Mais pour se faufiler dans de petites ouvertures secrètes et accéder à des coffres cachés, c'est indispensable. Une chose est sûre, lorsque vous tomberez sur un descendant dont la classe vous convient et sans traits trop pénalisants, vous aurez envie de le garder longtemps pour amasser le plus de fric possible. Mais ne rêvez pas, il y passera quand même.

Les clins d’œil à des licences célèbres ne manquent pas. Celui là, vous l'avez, n'est-ce pas ?

Dur de partout

Derrière l'apparence mignonnette faite de pixels tout colorés façon ère 16 bits et les traits d'humour récurrents, le challenge ne déconne pas un instant. Car peu importe que vous évoluiez vite, ce ne sera jamais suffisant. Si la maniabilité, parfaite au pad (celui de la 360 est compatible), permet toujours de diriger ses sauts et d'esquiver assez efficacement des attaques ou pièges évidents, il y aura toujours quelques monstres, canons ou piques pour grignoter votre barre de vie jusqu'au dernier point. Et si les quelques fontaines ou des bénédictions (ou malédictions, si vous êtes malchanceux) ainsi que les rôtis ou potions accordent un peu de répit, le passage à une nouvelle zone après avoir vaincu un boss remet les pendules à zéro. De quoi assurer encore quelques heures d'exploration à la recherche de plus de monnaie laquelle, comme vous le savez, dirige le monde. La durée de vie s'en trouve enrichie mais, malgré des défis pour atteindre des coffres à runes sur certains écrans (ne pas se faire toucher, tuer tous les ennemis, etc.) ainsi que d'autres petites surprises, cela ne suffit pas à masquer une certaine redondance. On retrouvera toujours les mêmes squelettes, les mêmes fantômes invocateurs, les mêmes yeux lançant des larmes de sang, alors que l'on est équipé d'une simple épée. On connaît rapidement les quatre zones (le point de départ, la tour, la forêt et les catacombes) ainsi que la marche à suivre face à certains problèmes et les musiques ont tendance à devenir entêtantes. De quoi gâcher le plaisir d'aller au bout, de connaître le fin mot de l'histoire et de recommencer en New Game Plus ? Pas vraiment.

Il y a des jeux difficiles sans jamais être frustrants. Rogue Legacy appartient à cette catégorie grâce à son accessibilité sans faille et son système de progression terriblement bien équilibré qui fait que chacune de vos parties, à moins de vous être totalement foiré, compte. Même si la mort est injuste, elle apportera à votre prochaine traversée, pour laquelle vous n'attendrez jamais bien longtemps. On est toujours récompensé d'une manière ou d'une autre, même après plusieurs dizaines d'heures. De fait, difficile de s'en passer une fois que l'on a croqué dedans.

Test : Rogue Legacy
Rogue Legacy
Très bon
Notes de la Rédac (0)
Charmant, accessible mais d'une difficulté implacable - sans être frustrante - et surtout fun, Rogue Legacy devient une drogue chronophage assez rapidement. L'idée de confronter les genres Rogue-like et "Metroidvania" donne lieu à un titre rafraîchissant, profond, des plus accrocheurs et, malgré une tendance à la répétition évidente au bout de quelques heures de jeu, auquel on revient sans cesse après un échec, avec la sensation d'avoir progressé. Une franche réussite qui, par son rythme particulier, conviendra aussi bien aux joueurs occasionnels qu'aux hardcore.
par Gianni Molinaro
+ On aime
  • Un système de progression imparable
  • Le château généré aléatoirement après chaque mort
  • Un challenge excitant
  • Super durée de vie
  • Ambiance, réalisation et prise en mains de qualité
  • Tous ces clins d'œil aux classiques, ça fait rougir
  • 15 $, c'est pas cher, non ?
- On n'aime pas
  • Manque de variété niveaux zones et ennemis
  • Si vous n'êtes pas du genre patient...
  • Si vous n'aimez pas quand ça se répète un peu...
Vos notes
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Tout débute par la quête d'un chevalier dont on ignore le dénouement. A l'extérieur du château, si vous les débloquez, vous trouverez le forgeron, l'enchanteresse et l'architecte. Les clins d’œil à des licences célèbres ne manquent pas. Celui là, vous l'avez, n'est-ce pas ? Avant de vous défaire d'un boss, il va falloir explorer et se faire beeeeaaaauuucoup de blé pour améliorer la lignée. Avec votre argent, vous bâtissez votre manoir qui fait office d'arbre de compétences. Après chaque décès, vous choisissez entre trois descendants aux caractéristiques totalement aléatoires. Vous ne rêvez pas. Ce pauvre chevalier est presbyte. Des petits défis sont disséminés ici et là. En récompense, des coffres renfermant des runes.

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