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On a joué aux 4 premières heures de Shadow of the Tomb Raider sans FARC ni artifice

On a joué aux 4 premières heures de Shadow of the Tomb Raider sans FARC ni artifice

Par Thomas Pillon - publié le

"Encore une preview de Shadow of the Tomb Raider ?" allez-vous à coup sûr objecter. Oui, mais c'est la dernière, parole de Gameblog. En plus, cette fois, nous avons pu découvrir les quatre premières heures du jeu, et explorer en long, en large, et presque en travers le premier hub du jeu, avant l'arrivée à Paititi.


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C'est donc à bord d'un avion que débute cet épisode (que l'on espère véritablement conclusif) d'une trilogie revenant sur les origines de Lara Croft, et de sa transformation de frêle jeune femme en Tomb Raider prête à défaire sans ménagement ceux qui se mettraient en travers de sa route. 

Mais avant d'assister à la dernière étape de cette métamorphose, il va d'abord falloir réchauffer l'ambiance glaciale qui règne dans le cockpit, entre l'aventurière et son sempiternel compagnon Jonah, qui semble enfin prendre dans Shadow of the Tomb Raider un brin d'épaisseur. Il était plus que temps. Ce qui frappe en premier dans cette scène, ce sont les expressions du visage qui s'avèrent être d'une saisissante justesse. Sur Xbox One X, les intentions transparaissent parfaitement avant même la prise de parole, et l'on découvre ainsi une Lara a priori fautive, puisque désireuse de renouer le dialogue.

Welcome to the jungle

Mais désir de bousculer la narration oblige, un flashback vient mettre temporairement fin au rabibochage, pour nous renvoyer à la séquence d'introduction dont nous vous avons déjà parlé ici (en hands-off) et (en hands-on), et sur laquelle nous ne nous attarderons évidemment pas plus longtemps. Retour dans l'avion qui abrite nos deux explorateurs pour finalement voir ce dernier s'écraser comme il se doit en pleine jungle, une facilité scénaristique qui permet en plus de cocher la case du film d'action plein d'explosions de voir Lara perdre tout son équipement, et de se retrouver métaphoriquement à poil en pleine jungle.

Et si l'attention se focalise bien vite sur la caisse qui vous permettra de retrouver une partie de votre attirail, le décor environnant détourne bien vite l'attention, tant la promesse d'une jungle organique est plus que tenue. Des oiseaux multicolores aux grenouilles psychédéliques (que l'on ne peut malheureusement pas lécher) en passant par des... lapins (à moins qu'il ne s'agisse de tapetis ou de viscaches ? mystère...), la faune que vous pourrez croiser grouille de vie, même si les balles traversent malheureusement certaines espèces et pas d'autres. Oui, nous avons tout essayé. Celui qui ne rigole pas, en revanche, c'est le puma qui fait choir à vos pieds la partie supérieure d'un cadavre dont nous tairons le nom : Shadow of the Tomb Raider opère alors un dézoom qui illustre en quelques secondes la variété des espèces contre lesquelles il va vous falloir lutter avec acharnement. L'effet est saisissant.

Tomb Raideur

Et que vous soyez pacifiste ou anti-spéciste, il faudra quoi qu'il arrive chasser cette faune environnante, ne serait-ce que pour récolter quelques matériaux indispensables au crafting, qui occupe encore beaucoup trop de temps de jeu, puisqu'il faudra une fois de plus fouiller inlassablement les moindres recoins de ce petit bout de jungle péruvienne pour ne pas se fader longtemps l'équipement de base. Le feu de camp permet de découvrir, forcément pré-colombien, l'arc de compétence de ce troisième épisode qui n'a semble-t-il pas énormément subi de modifications. Découpé en trois catégories : chercheuse, guerrière et survivante, il laisse en revanche apercevoir un bonus qui ravira les fans aux tempes grisonnantes de Lara Croft, puisque les skins de Tomb Raider II et d'Angel of Darkness pourront être équipées comme n'importe quelle pièce d'équipement. 

Bon, si la jauge de nostalgie se remplit à fond, votre furtivité en prend quant à elle un sacré coup. C'est d'autant plus dommage que l'infiltration semble occuper une place de choix dans Shadow of the Tomb Raider. Nous avons pu le découvrir alors que Lara et Jonah parvenaient finalement à quitter sans trop de bobos leur jungle luxuriante pour atterrir dans un village fait de bric et de broc et qui constitue le premier hub du jeu, avant le gros morceau que devrait constituer Paititi.

Kuwaq Shot

Les deux comparses décident alors de mutuellement s'accorder un temps de pause individuel dans la petite ville de Kuwaq Yaku, non sans avoir posé les bases d'une romance maladroite et bien trop précipitée du côté de Jonah qui ne fera donc jamais dans la finesse. Qu'importe, Lara en profite pour aller tailler le bout de gras avec les autochtones qui parsèment les quelques rues de ce simili-bidonville installé aux pieds d'un temple centenaire. Bon, autant se le dire tout de suite : même avec cette possibilité d'interrompre votre progression pour venir en aide au veuf et à l'orphelin, la recette Tomb Raider nouvelle formule ne s'en trouvera pas pour autant bouleversée. 

Si les sujets abordés traitent avec une certaine justesse du travail forcé des enfants ou encore de l'exploitation des locaux par quelques profiteurs qui n'hésitent pas à piller les trésors de leurs vénérables ancêtres, on se retrouve généralement à aller dézinguer une bande d'ennemis génériques dans un recoin de jungle clairement délimité, rien de plus. Libre à vous d'opter pour la marche à suivre, mais en termes de profondeur, le jeu se contente de réciter ses gammes en place depuis 2013. 

Le mur végétal

Sur le plan technique, l'exploration de Kuwaq Yaku laisse entrevoir de jolies chutes de frame-rate par moment, tandis que les visages de vos semblables perdent dans le même temps en détails, un point que l'on espère voir corriger d'ici la sortie du jeu, surtout au vu de la bête qui le faisait tourner. Quelques murs invisibles viennent aussi perturber par moment la progression, une limitation technique quelque peu rageante, sachant que le level design aurait largement pu éviter ce genre de déconvenue d'un autre âge.

En revanche, un effet saisissant qui aura marqué à coup sûr notre rétine est la concrétisation d'une feature évoquée par Capcom lors du développement de Resident Evil 5, à savoir la gestion des variations de la lumière. Concrètement, lorsque vous passez d'une zone extérieure baignée de soleil à un intérieur plus obscur, la pupille de Lara se floute légèrement, le temps de s'habituer à cette nouvelle exposition tranchée. Ça n'a peut-être l'air de rien dit comme ça, mais ce souci du détail trahit sans aucun doute la volonté de Square Enix d'offrir à son héroïne une conclusion digne de ce nom.

Mais il faudra pour en profiter passer une fois de plus par-dessus les clichés les plus éculés du film d'aventure des années 1980, puisque notre exploratrice en cours de rodage parviendra une fois de plus à faire s'écrouler en un claquement de doigt des tombeaux plusieurs fois centenaires, qui parviennent quand même à ouvrir avec une automatisation et une facilité déconcertante des portes de pierres aux mécanismes invisibles.

ON L'ATTEND... SANS SURPRISE !
Nous n'allons pas vous dire que ce troisième épisode du reboot de Tomb Raider va réinventer la roue, ce qui ne veut pas dire que nous ne l'attendions pas pour autant. Solide sur ses appuis mais très classique pour tout amateur du jeu d'action inspiré par le maître Uncharted, Shadow of the Tomb Raider mise tout sur son décorum aussi dépaysant qu'organique et sur sa thématique pré-colombienne pour tirer son épingle du jeu. Pour peu que vous lui pardonniez une fois de plus ses facilités d'écriture encore trop visibles et sa prise de risque évidemment limitée, il y a de fortes chances pour que le voyage vers l'Amérique du Sud ne vous file pas la tourista.

 

 

Galerie photo Shadow of the Tomb Raider - 12 images (cliquez pour zoomer)

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