Ninja Gaiden 3 sur Xbox 360, le test de Kaminos

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8
Kaminos X360

Une trahison ? Non ! Un renouveau !

Tomonobu Itagaki : un des plus grands créateurs de jeux vidéo, qui a donné naissance à deux séries phares : Dead or Alive et Ninja Gaiden. Cette dernière, synonyme d'excellence, de perfectionnisme mais aussi de sadisme et de violence, a connu bien des péripéties. Seulement deux épisodes canoniques, et pouf, d'un coup de baguette magique (et de problèmes de primes impayées), Itagaki n'est plus.

Seul et désemparé sans son papa, le ninja Ryû Hayabusa se fait adopter par un nouveau bonhomme, Yosuke Hayashi. Son ambition ? Remettre Ryû sur le devant de la scène, avec un opus partant sur de nouvelles bases. Mais comment donc ?

 

Tout premièrement, en repensant intégralement le personnage de Ryû Hayabusa. Que la messe soit dite : auparavant, le ninja le plus classe du monde n’était qu’une machine à tuer sans sentiment. Dans cet épisode, la Team Ninja (l’équipe de développement menée par Mr Hayashi, donc) lui donne de la profondeur. Elle nous dépeint un Hayabusa emplit de tristesse, au sens du devoir et de la justice désuets dans un monde moderne où les gens de son espèce n’ont plus leur place. On le découvre sans son masque, parfois gêné, résigné, affaibli. Loin est la machine de guerre.

Malheureusement, le scénario de Ninja Gaiden 3 est parfaitement ridicule et se revendique comme tel (une marque de fabrique de la série), empêchant parfois d’accorder davantage de crédit à ce personnage solitaire et attachant.

Car oui, aller affronter des alchimistes maléfiques qui mêlent l’ADN de dinosaures mutants avec des avions de chasse pour donner vie à un nouveau Dieu et détruire le monde (ouf !), c’est classe, mais ça dépasse le niveau de kitsch de la Cité de la Peur. Désolé monsieur le ninja.

Attention cependant, car dans les phases de gameplay, cela n’empêche pas Hayabusa de découper des membres par dizaines, à dégommer des hélicoptères à l’arc, d’invoquer des dragons prêts à se repaitre du sang de ses adversaires … On reste en territoire connu, même si c’est bien ici que le jeu a le plus évolué : le premier Ninja Gaiden proposait de nombreuses phases d’exploration. Dans le second opus, elles ont été réduites au strict minimum. Dans ce troisième épisode, elles ont tout simplement disparu. Le déroulement du jeu est une succession d’arènes où Ryû est assailli de toutes parts par des ennemis bien plus nombreux qu’auparavant.

Mais ne voyons pas là une marque de fainéantise des développeurs : les phases d’exploration n’ont jamais été passionnantes, et n’étaient souvent qu’un couloir entre deux combats, où réside la vraie force du jeu. Et en ça, Ninja Gaiden 3 ne fait pas faux bon à ses anciens.

En Facile et en Normal, le jeu se révèle bien plus accessible que ses prédécesseurs : les combats s’enchainent à une vitesse folle, les ennemis tombent rapidement, s’achèvent dans des finish hérités de NG2, le sang remplit tout l’écran, le joueur avance, transi devant tant de violence.

Mais en Hard, Ninja Gaiden 3 n’a rien à envier à ses grands frères, au point même qu’il est souvent plus dur que ces derniers : certains passages réclament une parfaite connaissance des ennemis, de leur ordre et endroit d’apparition, de la stratégie à adopter … Au prix de dizaines de Game Overs consécutifs.

Les combos sont plus nombreux qu’auparavant, et certains demandent une grande maitrise du pad pour être effectués. Le jeu ne propose de base qu’une arme, le Katana, là où Ninja Gaiden 2 en alignait une dizaine. C’est définitivement peu, même si le dit Katana évolue beaucoup au cours du jeu, et que deux nouvelles armes sont déjà en route pour le Xbox Live et le PSN, gratuitement.

De même, le nombre magies a diminué : il n’y en a que deux dans Ninja Gaiden 3, dont la plus puissante met à mort tous les ennemis à l’écran tout en rendant l’intégralité de ses points de vie à Hayabusa. Une honte pour un jeu « hardcore » ? Que nenni, l’élément est parfaitement intégré au gameplay : devant les incessantes vagues d’ennemis à l’IA agressive auxquelles doit faire face Hayabusa, ce n’est pas de trop. Vraiment pas.

Au rang des nouveautés, on note aussi l’apparition de nombreux QTE, catapultant Ninja Gaiden 3 vers des sommets de mise-en-scène uniquement atteints par le Bayonetta de Platinum Games. L’action est beaucoup plus fluide et électrisante, et c’est là une des grandes forces de Ninja Gaiden 3.

 

En fonction de la difficulté et votre niveau, comptez entre 10 et 20 heures pour voir le fin mot de l’histoire. C’est plus que la moyenne des jeux d’action actuels, mais c’est moins que Ninja Gaiden 1 et 2.

Le jeu propose cependant un mode multijoueur coopératif similaire à celui de Sigma 2, mais aussi et surtout des combats de clans entre joueurs. A mi-chemin entre le multi des derniers Assassin’s Creed et un jeu de combat, ce mode permet de mettre en pratique toutes vos compétences ninjas : arc, assassinat, magie (ici nombreuses, contrairement au solo) … Le mode est une vraie réussite et assure des dizaines d’heures de bonheur aux ninjas en herbe.

Côté graphismes, le jeu est similaire au second opus, sorti il y a déjà quelques années. Un sacré retard somme toute. La mise-en-scène s’est toutefois largement améliorée, de même que le framerate, qui ne descend que rarement en dessous des 60 FPS. Certaines textures bavent, des fonds pixellisent, mais au diable les considérations techniques !

Les environnements sont à tomber, le sang coule à flot et explose dans de magnifiques gerbes, donnant des sensations jamais connues dans un jeu-vidéo. On pourfend de bout en bout ses adversaires, se bloque contre leurs os … Et c’est avec brio que Ninja Gaiden 3 retransmet tout cela sur l’écran.

On ne peut cependant que pester contre l’horripilant recyclage dont le jeu fait preuve, puisqu’on en vient à combattre certains même boss jusqu’à cinq fois au cours de l’aventure! Ninja Gaiden 3 est d’ailleurs dans l’absolu moins varié que Ninja Gaiden 2.

 

NG3 donne la possibilité d’être joué en Anglais ou en Japonais. On est d’ailleurs assez surpris de constater que la synchronisation labiale est prévue pour la version anglaise. Une nouvelle preuve de la volonté d’occidentalisation du studio ? Si tel est le cas, on peut dire que Tecmo s’est bien planté dans la traduction ! En Français, le jeu est criblé de fautes d’orthographes, d’erreurs de traduction, de contresens … Une honte de voir cela sur un titre HD en 2012.

Quoi qu’il en soit, les deux doublages sont de grande qualité, et sont soutenus par une bande originale d’une finesse et justesse rares. Un vrai régal, qui est d’ailleurs fourni en CD dans la version collector du titre.

 

Finalement, il n’y a qu’une seule et unique chose à reprocher à la Team Ninja. C’est d’être une victime consentante de la pressante demande d’occidentalisation des jeux Japonais. Car si Ninja Gaiden 3 reste parmi les meilleurs beat’em all de cette génération de consoles, il est sans doute l’épisode le moins marquant de la série.

Réussissant tout juste à sortir la tête d’un torrent à l’eau trouble, Ninja Gaiden 3 n’est en aucun cas une trahison, mais une juste évolution, n’en déplaise à certains. Un jeu indispensable pour un public averti, en attendant de voir la réponse d'Itagaki à son ex-team, à travers Devil’s Third, son prochain jeu édité par THQ.

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