The Sly Trilogy sur PlayStation 3, le test de etar1p

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Sympa mais sans plus

Il n'y a pas si longtemps encore je regrettais d'avoir loupé les jeux Sly sur PS2. L'annonce d'un portage HD me provoqua donc un certain plaisir. Un plaisir qui aujourd'hui réside principalement dans l'économie d'argent effectuée à l'égard d'une série certes sympathique mais à mon goût surestimée quand on voit les 17/20 ou autre 8/10 accordés par Jeuxvideo.com ou encore Gamekult à certains épisodes de la franchise.

Sly 1 est de loin le plus sympathique des 3, un petit jeu de plates- formes et il faudrait déjà s'arrêter là pour préciser que le soi-disant gameplay de la trilogie mariant plates-formes et infiltration, moi je ne l'ai pas vu. Alors il y a bien ici et là sur l'ensemble de la série quelques passages qui font infiltration mais pour le reste on est dans de la plate-forme très classique. En fait l'infiltration est bien plus dans l'ambiance, dans des clins d'oeil à MGS et son codex par exemple, que dans le gameplay. Ici, les jets de flammes, pièges à lames ou autres ronces, obstacles classiques parmi tant d'autres des jeux de plates-formes, sont remplacés par les projecteurs d'un mirador et autre rayons laser mais dans tous les cas, on saute, on glisse et on esquive bien plus que l'on ne contourne, tend des pièges, fait diversion etc. Un jeu de plates-formes donc, à l'ambiance cartoon très réussi, doté d'une animation élégante, de doublage français plus que correct et de bien d'autres choses de qualités comme ses musiques d'ambiances, ses graphismes ou encore la variété visuel des mondes. Le tout, associé à beaucoup de bonne humeur, (à défaut d'un humour hilarant comme l'on dit certains même si c'est là un aspect, sans doute, plus subjective que les autres). Sly 1 a aussi son lot de bonnes idées, comme les bruitages toonesques intelligents qui accompagnent le pas de velours  de sly, les introductions de chapitres façon "sly cooper in…" qui donnent à chaque monde le visage d'un nouvel épisode de dessin animé, (on pense  entre autres à  Scooby-doo et ce également au vu du moyen de locomotion des héros). Sly 1 reste d'ailleurs dans le bon ton jusque dans ses cinématiques, certes cache-misère avec cette 2D légèrement animée pour faire BD. Mais c'est ici une astuce bien plus justifiée que dans, par exemple, NFS underground 2 pour rester dans les mêmes années. Ici, elles donnent du charme aux personnages.

Mais ce qui reste de loin le plus agréable dans Sly 1, c'est que l'on ne s'y ennuie jamais. Au-delà d'une construction pour les différents mondes toujours identique, à base d'un hub et de clés à récupérer dans des niveaux voisins pour accéder à une nouvelle zone et ainsi de suite jusqu'au boss. Tout le plaisir ressenti vient d'une alternance réjouissante  entre des niveaux de plates-formes classique et d'autres plus mini-jeux. Ses derniers n'en demeurent pas moins des niveaux à part entière, (quoique plus court), et empruntent à des genres tels que la course, le shooter, le jeu de rythme et parfois à deux genres en même temps comme lors de ce cross-over Pac-Man/Bomberman. Sly 1 témoigne donc d'une hybridation des genres, (qui se propage même jusque certain boss), jamais malvenue, jamais indigeste, bien au contraire, puisqu'après seulement quelques niveaux on en vient à se demander avec excitation à quels genres appartiendront les futurs mini-jeux. On pourra par contre se plaindre sur une caméra un peu lourde, quelques imprécisions lors des sauts ou des trucs bien inutiles comme obtenir une ultime technique après le boss de fin. On aurait par contre tort de pinailler sur la durée faiblarde du jeu tant elle participe grandement, à mon sens,  à l'énergie qu'il véhicule. En résumé Sly 1 est un jeu plein de pêche, au cachet visuel indéniable, plein de bonne volonté et devant lequel on s'amuse comme devant un bon cartoon et c'est bien là l'essentiel.

Je ne fus convaincu par aucune des nouveautés de Sly 2. Premièrement, le jeu change sa construction et nous offre des hubs de plus grande envergure, (pas immensément grand mais déjà trop vaste à mon gout), dans lesquelles, à la manière d'un GTA, il faudra se rendre du QG des héros jusqu'aux différents lieux de mission. Mis à part un item à collectionner et faire les poches des gardes pour acheter de nouvelles capacités, il n'y a rien d'autre à faire. Si les hubs du premier recélés encore de passages où le gameplay plates-formes pouvait s'exprimer, ce n'est plus tellement le cas ici, puisqu'on ne fait que bêtement sauter de toits en toits et ce sans grand challenge. Les gardes sont très facilement évitables, on leur vole une pièce ou deux et puis s'en va. Faire ses trajets me fus donc très pénible, tant ils m'apparaissaient comme du non-jeu ou quelque chose de hors-jeu. Des moments n'ayant tout simplement pas leur place si ce n'est pour gonfler artificiellement la durée et donner une fausse impression de liberté.

L'autre nouveauté, c'est d'incarner les 2 alliés de Sly. D'abord l'hippopotame bourrin avec lequel ça passe plutôt bien.  On peut rester au sol tout en dégommant aisément les gardes. Bon il y a bien un niveau pénible, où l'on doit traverser tout le level au raz du sol, ce qui fut long et ennuyeux. Mais généralement  on avance bien et on se bat mieux qu'avec Sly et puis ça change un peu. Par contre la tortue, elle a beau être marrante dans ses animations, c'est le moins intéressant des 3 à jouer. Nulle pour les acrobaties, nulle en combat, (et accessoirement elle ne sait même pas nager !?), ses gadgets ne changent rien à sa grande vulnérabilité. C'est peut être du coup le personnage le plus orienté infiltration, sauf que le jeu n'est pas fait pour ça. De Sly 1 à Sly 2, on est donc passé d'un jeu où j'attendais les prochains mini-jeux avec impatience à un jeu où je me demande si je dois me débarrasser des missions de la tortue en premières ou en dernières.

A ça on peut rajouter une histoire pas géniale, copié collé du 1er dans les grandes lignes mais sans les mini-histoires sympathiques des bad guys de ce dernier. Un niveau de finesse et de discrétion pour certains objectifs de mission parfois proche du 0, c'est sur que quand le plan consiste à noyer entièrement la base ennemie on a déjà fait plus discret. Sly est également passé de voleur espiègle à héros justicier bien-pensant concluant parfois les dialogues d'un horripilant " et voila une bonne action". Certains mini-jeux sont foireux, avec véhicule incontrôlable lors de phase où le friendly fire est présent ! D'ailleurs concernant les mini-jeux, j'ai eu le sentiment de devoir attendre la moitié du jeu pour faire quelque chose de nouveau. On retrouve aussi quelques problèmes du 1er comme l'imprécision dans certaines actions à cause d'une seule et même touche utilisée pour différents mouvements.

Alors ça reste bien fait graphiquement, l'ambiance est parfois pas mauvaise comme dans le niveau en Inde et sa scène de bal. Le niveau des bucherons canadiens est pas mal non plus, on joue de jour et c'est rare, il y a l'inspectrice Carmelita qui patrouille et les mini-jeux sont sympas sauf, malheureusement, le dernier, qui est l'un des pires du jeu avec ses règles confuses et sa prise en main imprécise alors que ça se joue au pixel prés. Par contre, combattre les boss avec les différents héros fut sympa. Mais dans l'ensemble Sly 2 est trop long, n'a pas énormément plus de variété que le 1er, m'épuise et me fait perdre patience lors des trajets qu'il m'impose d'une mission à l'autre et m'agace lors des mini-jeux injouables. C'est Sly 1 en plus étiré avec donc moins d'énergie et surtout plus de problèmes.

Pas grand-chose à dire de Sly 3, très proche du 2. En négatif, un scénario prétexte inintéressant, des passages idiots et qui se répètent, vous savez ce genre de phase où l'on vous fait répéter 5 à 6 fois la même mécanique alors que 2 suffisent. Au rang des idioties, il ya par exemple un gadget nommé caméra-grappin capable d'émettre un son pour attirer les ennemis. Le but est de siffler puis d'utiliser la fonction grappin pour se déplacer, siffler à nouveau pour continuer à attirer le garde jusqu'à un piège. Oui sauf que la caméra peut s'autodétruire, il ne saurait donc pas plus simple de tirer la caméra, siffler une fois et faire péter quand le garde est là ?! Je ne me rappelle plus pour le 2 mais la présence de Carmelita dans chaque niveaux est devenu un gimmick inexpliqué et ridicule. Il y a toujours des passages injouables et/ou peu compréhensibles, (le passage sous-marin avec le personnage de Dimitri est une horreur), certains boss sont long à tuer et pas particulièrement  intéressants à faire, (certains du 2 déjà). Les héros tiennent un discours mielleux sur l'amitié digne d'un shônen etc…

En positif, toujours réussi dans son esthétique cartoon, ses ambiances musicales, certains niveaux sortent une fois encore du lot. Notamment en Hollande et chez les pirates, pour leurs mini-jeux assez long et d'envergure au vu de la place qu'ils prennent dans le gamaplay, (surtout les pirates), mais globalement j'ai traversé Sly 3 avec une relative indifférence.

Finalement, j'ai le sentiment que des jeux comme les Sly sont des bouche-trous. Se sont des jeux qui ont leur places, ils ne sont ni plus ni moins légitimes ou intéressants que les autres. Malheureusement, ils n'ont pas les épaules que le laissait supposer l'enthousiasme véhiculé par la presse. Au fond,  Sly 2 et Sly 3 ne sont peut-être pas plus mauvais que le 1er, (un peu quand même), puisqu'ils ne font que légèrement modifier une formule de base déjà établie. Ils ont donc surtout contre eux, le fait de ne pas savoir réitérer l'agréable surprise véhiculée par la formule du 1er et en conséquence, les faire tous les trois à la suite dans cette compilation fut une décision, pour moi, préjudiciable. Les jeux comme ça, sont donc de petites récréations à intercaler entre d'autres à la portée plus importante car comme précisé dans l'intro les Sly, c'est sympa mais sans plus.

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