Marvel Vs. Capcom 3 : Fate of Two Worlds sur PlayStation 3, le test de LazyBigChild

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Marvel VS Capcom 3 vu par un flemmard...

Quinze longues années séparent la toute première pérégrination de Capcom dans l’univers de l’un des  cross-over les plus populaires de la planète et son tout dernier épisode Marvel VS Capcom 3 : Fate of Two Worlds sorti en 2011. Suite au succès critique et commercial de X-Men vs. Street Fighter en 1996 qui a permis au géant japonais d’imposer sa nouvelle franchise avec une version améliorée en 1997 appelée Marvel VS Capcom et une véritable deuxième suite sur consoles 128 bits en 2002, elle aussi sobrement nommée Marvel VS Capcom 2, le développeur nippon essaie aujourd’hui de nous refourguer le dernier-né de sa franchise exclusif aux machines de 7ème génération.  Alors, fils indigne ou digne héritier d’une grande saga ? La réponse dans les paragraphes qui suivent.

 

Fantasme absolu des fans de comics et de jeux de combat made in Japan, Marvel VS Capcom a toujours été le beau compromis recherché par les aficionados des deux univers pour se castagner dans la joie et la bonne humeur afin de démontrer la suprématie de leur(s) personnage(s) fétiche(s). Qui a déjà rêvé de voir un bon combat entre Gouki et Hulk ? Absolument tout le monde je vous assure ! Pour mettre en avant des rencontres aussi improbables que folles, il fallait que le scénario puisse donner dans le grand spectacle. Capcom nous livre donc ici une histoire digne de la trilogie Transformers avec un méchant de 10 tonnes ayant la même taille que l’Empire State Building, le tout illustré par une intro de très grande qualité et appuyée par une bande-son qui renverrait les films de Michael Bay dans la catégorie divertissement pour mômes en couche-culotte. En effet, alors qu’on voit les héros des univers Marvel et Capcom se taper dessus dans des duels savamment choisis (Wolverine VS Ryu ou encore Dead Pool VS Dante), Galactus décide d’attaquer la Terre en commençant par la ville de New-York. La fin de l’intro met en avant l’alliance de tous les personnages qui se retrouvent donc face au même objectif : faire leur boulot de héros et sauver la planète bleue. Un scénario convenu mais efficace qui plonge très rapidement le joueur dans une ambiance digne d’un blockbuster hollywoodien.

Concernant la partie gameplay, une fois le jeu lancé et les trois personnages sélectionnés, les combats font la part belle aux super attaques en tout genre. Que les choses soient claires dès le départ pour les nouveaux venus. Marvel VS Capcom 3 n’a absolument rien à voir avec un Tekken ou un Virtua Fighter. Ici, le mot d’ordre est « fun » et rien d’autre. C’est du jeu vidéo arcade pur et dur dans son sens le plus étymologique. Pas de combos ultra techniques, pas de prises de tête inutiles entre les core gamers et les petits joueurs. On est là pour s’amuser et puis c’est tout (il suffit pour cela de voir un combat complètement loufoque entre Arthur de Super Ghouls’n Ghosts et Magneto). Pour les mécontents, d’autres titres comme Street Fighter IV ou The King of Fighters XIII leurs seront probablement plus adaptés. Les coups proposés sont répartis sur les touches principales de la manette et le changement de personnages ainsi que les spéciales se font via les différentes gâchettes. Une maîtrise optimale des combos aériennes et du mode Exchange (possibilité de switcher entre les héros en pleine attaque) permettra cependant aux joueurs les plus exigeants de mieux apprécier le soft. La présence de ce côté casual pose cependant quelques soucis. En effet, et comme c’est apparemment devenu le cas de la plupart des jeux de combat d’aujourd’hui, des personnages comme la louve Amateratsu d’Okami peuvent  malheureusement faire gagner n’importe quel novice grâce au matraquage d’un seul et unique bouton d’attaque. D’autres personnages, comme Dante de Devil May Cry, sont tellement puissants qu’ils permettent de régler le compte de n’importe quel joueur confirmé si ce dernier ne fait pas suffisamment attention. En plus de la relative accessibilité du titre, Capcom a fait l’erreur de faire un mauvais calibrage dans la conception de certains personnages, ce qui peut gravement nuire au fun apporté par certains combats.

 

Sur le plan visuel et esthétique, Marvel VS Capcom 3 : Fate of Two Worlds est très différent de ses prédécesseurs. Inspiré du design de la saga Alpha de Street Fighter lancée en 1995, la franchise Marvel VS Capcom a toujours proposé une direction artistique et des graphismes en 2D la présentant comme un dessin animé américain. Le 3ème épisode change radicalement d’orientation et cherche à afficher les personnages des différentes franchises dans leur design original en utilisant la technique du cel-shading afin de ne pas proposer un style totalement étrange. Je m’explique : Jill Valentine ou Ryu avaient été autrefois redessinés pour mieux coller à l’esprit comics du jeu. Dans Marvel VS Capcom 3, on retrouve le Ryu de Street Fighter IV, le Dante de Devil May Cry 3, ou encore le Chris Redfield de Resident Evil 5. Ces trois jeux ayant un character design complètement différent, Capcom a réussi à utiliser le cel-shading avec brio pour ne pas créer un grand déséquilibre sur le plan esthétique et afficher par la même occasion des personnages aux styles visuels éclectiques sans pour autant que l’on soit choqué. Maintenant, sur le plan de la technique pure, le jeu affiche une tonne de détails à l’écran sans sourciller. Grand spectacle oblige, tout a été multiplié par dix. Le Shinkuu Hadoken de Ryu ou certaines attaques d’Iron Man ont été remplacées par  des sortes de Kamehamehas sortis tout droit de l’œuvre de Toriyama. Hélas, cela peut parfois poser quelques problèmes de visibilité tellement c’est le bordel à l’écran. Ça explose de partout et pourtant, comme pour les épisodes précédents, il n’y a aucun ralentissement. De plus, le jeu est plutôt beau. Les décors sont variés et offrent de véritables clins d’œil aux différents univers présents (exemples : le laboratoire de Resident Evil et le Daily Bugle de Spiderman). Certains pourraient peut-être reprocher à Capcom la nouvelle direction artistique qu’ils ont choisie et auraient certainement préféré le style des anciens opus de la série, mais tout est une question de goûts ensuite.


Au niveau sonore, la musique de la scène cinématique d’introduction est tout simplement culte. Les autres sont correctes mais sans plus. Je ne m’attarderai pas davantage sur ce point. Le seul gros souci de la partie audio, c’est que lors des combats on est tellement absorbé par tout ce qui se passe à l’écran qu’on ne fait jamais attention à la musique de fond. Les bruitages sont d’ailleurs plutôt bons et le doublage anglais est de très bonne facture.

 

Dernier point important du jeu : le contenu. Marvel VS Capcom 3 : Fate of Two Worlds propose deux modes de jeux spécifiques: le mode local et le mode en ligne. Dans le premier, on retrouve les traditionnels Arcade, Versus et Entraînement. Un nouvel arrivant figure cependant dans ce troisième épisode : le mode Mission. En réalité, ce dernier n’est qu’un copier-coller du mode Défi de Street Fighter IV, c’est-à-dire qu’il propose au joueur d’enchaîner des combats sous certaines conditions, comme avec l’absence de super attaques par exemple. Pour ce qui est du mode en ligne, Capcom propose des combats avec un système d’augmentation et d’évolution du rang en fonction de nos victoires, un mode de jeux permettant de faire des parties uniquement entre amis, et un autre mode Mission plus ou moins identique à celui indiqué plus haut. Bien entendu, de nombreux succès et autres trophées sont proposés aux joueurs les plus passionnés. Pour ce qui est des personnages, il y a quand même un petit problème. Ces derniers sont au nombre de 36, mais malgré tout, on ressent qu’il en manque quelques-uns qu’on aurait bien aimé revoir comme le Stryder Hiryu. Ce test ayant été réalisé après la sortie de Ultimate Marvel VS Capcom 3, on se rend bien compte que le géant japonais a une fois de plus abusé de la si triste méthode des DLC pour nous faire avaler quelques personnages qui auraient dû être inclus dès le départ.

Pour conclure, Marvel VS Capcom 3 : Fate of Two Worlds est bien entendu le digne héritier des anciens épisodes de cette grande saga. Proposant un contenu toujours aussi sympathique et plus ou moins complet (si on ne compte pas les DLC), des graphismes de bonne facture, une bande-son tout à fait correcte et un gameplay  addictif et à la fois accessible, le troisième opus de la franchise Marvel VS Capcom fera normalement le bonheur de tous les aficionados des jeux de baston, mais aussi et surtout du riche univers des comics américains. Un poil trop simpliste pour les joueurs confirmés, ces derniers auront de toute façon de quoi se satisfaire du côté des jeux concurrents qui proposent de la baston 2D très technique comme l’excellent The King of Fighters XIII.

 

Les plus:

* Nouvelle direction artistique intéressante

* Gameplay jouissif et accessible

* Réalisation globale réussie

* Mode en ligne solide

* Une intro de fou!

 

Les moins:

* La nouvelle direction artistique ne plaiera pas à tout le monde

* Il manque quelques personnages

* Certains personnages sont totalement cheatés

* Trop grande simplicité du titre

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