Shining Force III sur Sega Saturn, le test de Lushlife_

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Toujours brillant !

Shining Force. Voilà une série dont le nom a été quasi-oubliée. Témoin d’une époque où Sega fabriquait encore des consoles et où Camelot Software Planning, le créateur des Golden Sun, n’était encore qu’un des nombreux studios internes de l’éditeur. Si je me suis mis à la troisième itération de cette saga, c’est par pure nostalgie : Shining Force II, sorti sur MegaDrive, a été mon premier jeu de rôle et m’a laissé d’inoubliables souvenirs. Frustré de ne pas avoir connu sa suite (étant passé à côté de la Saturn), j’ai enfin sauté le pas, encouragé par la très bonne réputation du jeu chez les initiés. Est-elle usurpée ? Ma réponse plus bas…


Ça m’a l’air d’un bordel…


La première chose qui interpelle, c’est le titre du jeu. « Scénario 1 ? Ça veut dire qu’il y en a d’autres ? ». Effectivement : ce troisième épisode est une fresque qui sera traversée à partir de trois points de vue différents.
Dans le scénario 1, nous sommes témoins de l’aventure de Synbios, un jeune seigneur de la République d’Aspinia (remplaçant au pied levé son père) chargé d’assister son roi lors de la conférence de paix de Saraband, territoire neutre ; en effet, l’Empire Destonien, qui réclame depuis des années le retour d’Aspinia dans son giron, est de plus en plus menaçant depuis qu’il occupe un des territoires de la République, qui était en proie à des émeutes.
Pas la peine de préciser comment tout va très vite mal tourner…


Un peu jauni sur les bords, tout de même…


Donc, voilà : dès les premières minutes du jeu, on perçoit un imbroglio politique tendu au milieu duquel on se retrouve parachuté. Un peu à l’image de Synbios, totalement désemparé, qui restera muet toute l’aventure durant, à part pour agrémenter quelques scènes de répliques poignantes à base de « …………… ».



Peut-être qu’il parle en morse, qui sait ?

Quitte à répertorier les désuétudes, autant parler de la principale : le déroulement du jeu en lui-même. La narration suit un fil rouge dont il est impossible de s’écarter. Pas de retour en arrière possible (à part pour fuir piteusement une escarmouche quand le niveau général des soldats est insuffisant), pas de quête secondaire (à part une anecdotique à la fin, pour les amateurs de défis), rien d’autre à part filer droit. Le schéma village-combat-village répété jusqu’à la nausée, bien que justifié scénaristiquement.
Ce constat fait, un choix se présente. Soit l’on range le jeu dans sa boîte, trouvant cette mécanique inacceptable au XXIème siècle, soit on passe outre et l’on s’intéresse au cœur du titre, c’est-à-dire les combats. J’ai choisi la deuxième option et grand bien m’en a pris !


Pour la République !


Parce que bon, visiter les villages, c’est bien sympathique, mais c’est la guerre ! On n’est pas là pour enfiler des perles ! Ça tombe bien : SFIII étant un jeu de rôle tactique au tour par tour, le but est de prouver sa valeur en tant que général au service de la République. Le champ de bataille se présente en trois dimensions, divisé en cases, tel un échiquier. Chaque case a un pourcentage correspondant au relief et à la praticabilité du terrain : un chemin battu sera 0%, alors qu’une colline sera à 30%.


Ces statistiques influence le rayon d’action de vos troupes : par exemple, elles pourront se déplacer beaucoup plus rapidement en suivant les sentiers qu’en tentant de s’aventurer dans une zone boisée pour prendre à revers un ennemi…



La zone grisée correspond à la zone de déplacement possible du personnage.

Les personnages (qui se joignent à l’équipe, spontanément ou non, dans les villages ou en plein combat) sont présentés sous la forme de sprites 2D dans une échelle différente de celle du terrain. Toutes les actions, de l’attaque à l’utilisation d’objet, déclenche une cinématique où les belligérants apparaissent en 3D intégrale.
Les classes sont définies d’entrée et les promotions, accessibles après avoir atteint le niveau 10, sont non modifiables, à l’inverse à SFII : un soldat ne peut devenir qu’un épéiste, un archer qu’un tireur d’élite, un prêtre qu’un (julien) clerc, etc.



En temps de guerre, le business de la résurrection est en plein boum pour les curés… Ces gros porcs !

Des liens d’amitié peuvent aussi se former entre eux, par exemple lorsque un duo attaque un même ennemi ou que l’un soigne l’autre. Selon la classe, placer côte à côte des personnages ayant des liens d’amitié permet d’avoir un bonus de défense ou d’activer plus fréquemment les coups critiques, susceptible de faire la différence face aux meneurs adverses. Attention, ceux-ci sont réinitialisés en cas de mort sur le champ d’honneur ! Un moyen comme un autre de promouvoir la prudence…

Le système inclut aussi un « roue » de faiblesse, classique dans ce type de jeu : les épées ont l’avantage sur les haches, qui ont elle-même l’avantage sur les lances, qui ont l’avantage sur les épées…



Je connais un squelette qui va prendre cher !

A première vue, le système a l’air simpliste par rapport aux ténors actuels du genre, mais étant assez nul aux jeux de rôles réputés plus complexes (coucou, Resonance of Fate), j’ai trouvé SFIII accessible et franchement jouissif quand on arrive à exécuter la stratégie qu’on a mise en œuvre toute l’heure durant (je vous ai dit que les combats pouvaient durer un certain temps ?).


Aaaaaah ! Mes yeux !


Et techniquement, c’est comment ? C’est de la Saturn, pas de miracle à ce niveau : c’est anguleux, voir même un peu grossier par moment, mais le tout est coloré et a fini par m’être agréable à l’œil, passée une période d’adaptation. La direction artistique est de mon point de vue très bonne.

Derrière le synthé, on a Motoi Sakuraba, qu’on ne présente plus : les Tales of, c’est lui, les Golden Sun aussi, Star Ocean, Baiten Kaitos… Personnellement, je n’ai jamais supporté son style, et ce n’est pas ce jeu qui va me réconcilier avec lui. Après avoir bien pesté sur ce sujet à mon début de partie (non, mais entre SFII et SFIII, il n’y a pas photo…), ça se laisse finalement écouter.
Mention spéciale aux voix, qui respirent le fait-maison (je me faisais battre exprès pour entendre la voix débile du héros…).

Comptez une trentaine d’heures pour boucler la quête principale.

Ceci étant dit : est-ce que je conseillerais de jouer à Shining Force III Scenario 1 ? Oui, oui, et mille fois oui ; les deux prérequis (à mon sens) d’un excellent jeu de rôle sont remplis : un scénario exceptionnel, qui enterre bon nombre des productions de la génération actuelle, et un système de combat simple d’accès et surtout agréable.
Honnêtement, j’ai l’impression d’avoir eu l’une de mes plus belles expériences de joueur avec ce titre, malgré tous les côtés surannés qu’il comporte.

Passé le générique de fin, on n’a qu’une seule envie : passer au Scénarios 2 et 3… Jamais sortis en Occident. J’imagine à peine la frustration si je l’avais fait à l’époque…

Heureusement, le mal est réparé : des fans dévoués ont réussi à mettre sur pied une traduction de première classe. Je n’en dirai pas plus.

Alors monsieur Sega, quand est-ce que vous sortirez du placard l’une de vos plus belles réussites pour une véritable suite ambitieuse ? Hm ?


(Ceci étant mon premier test, n’hésitez surtout pas à aborder les faiblesses de celui-ci…)

(et le crédit des captures revient à GK, si vous ne l'aviez pas encore vu.)

 

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