The Witcher - Édition Spéciale sur PC, le test de Broke70

Publiez votre test
Signaler
Broke70
10
Broke70 PC

The Witcher : un coup de maître.

Si on devait s'amuser à classer les jeux vidéos en différentes catégories, pour ma part je ferais dans la simplicité, et je n'en retiendrai que deux. Il y aurait tout d'abord les jeux moyens, sans prétentions, plus ou moins réussis, mais vite oubliés, faute d'avoir cette petite étincelle, ce petit plus, qui transforme le jeu moyen en véritable chef d'oeuvre vidéoludique. Car c'est ma deuxième catégorie, celle des jeux qui marquent leur époque en devenant de véritables références pour leurs genres respectifs. Et s'il fallait classer The Witcher, pas de doute qu'il serait dans la catégorie des chefs d'oeuvres. 

---- Un univers riche, tiré de la littérature fantasy ----

Développé par le jeune studio polonais "CD PROJEKT", The Witcher est l'adaptation des romans et des nouvelles de Andrzej Sapkowski, célèbre écrivain polonais de fantasy. Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que le bougre a remporté de nombreux prix littéraires et que ses oeuvres, traduites en plusieurs langues, se sont déjà vendues à plus d'un million et demi d'exemplaires en Europe. S'appuyer sur un tel matériau était déjà un bel atout pour le petit studio, désireux de faire connaître un héros polonais hors de leurs frontières. 

L'univers est l'une grande force de The Witcher. Sombre et mature, il aborde des thèmes adultes comme le racisme, le cannibalisme, la prostitution, la drogue... le tout dans un langage cru qui n'a rien à envier à Fallout ou GTA. Il en ressort l'image d'un monde brutal et crépusculaire, en déclin, rongé par la haine, la guerre, les intrigues politiques et les trahisons en tout genre, où il n'y a pas de "happy end", et où tout espoir semble perdu. Autant dire que si vous vous attendez à de la fantasy colorée, où tout le monde est beau et gentil, vous risquez de vous prendre une claque. 

Il est aussi complexe et cohérent. Chaque lieu a son histoire, chaque personnage a ses motivations, son caractère, ses espérances et ses regrets... Un petit coup d'oeil sur votre "codex", qui se remplit au fil de vos découvertes en discutant avec des gens ou bien en lisant des livres, permet d'en apprendre plus sur l'univers en général, sur le pays où vous vous trouvez, sur l'usage de la magie, les religions, le bestiaire etc... 

Et rien n'est manichéen dans The Witcher : la frontière entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, est parfois loin d'être claire. Ceux qui se battent à l'origine pour des idéaux nobles, le font en pillant et en tuant. Quand à ceux qui prétendent défendre l'Humanité, ils ne le font pas sans une bonne dose de racisme envers les non-humains.

Il est également original, bien plus selon moi qu'un Dragon Ages par exemple. Oui il y a toujours des nains et des elfes, mais pour une fois, ils s'entendent bien et font même cause commune pour faire respecter leur liberté menacée, et les droits des non-humains bafoués. Enfin, oui enfin, on nous épargne les sempiternelles disputes entre les "oreilles pointues" élégantes et complètement niaises, et les "nabots barbus" brutaux et ronchons. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me fait du bien. 

Et il est enfin immersif et crédible. C'est un vrai bonheur de se ballader dans ces environnements parfois assez recherchés, même si ils sont peu variés. Les villages et les villes sont vivantes. On peut voir les gens travailler, se promener, discuter entre eux... les enfants qui jouent, les mendiants dans les rues, les troubadours dans les tavernes... et en plus, les PNJ ont un comportement logique. Par exemple, si il se met à pleuvoir, ils vont tous aller se mettre à l'abri, et leurs dialogues vont changer pour parler de la météo, de la pluie qui est en train de tomber etc... 

Non seulement c'est très bien pour l'immersion, mais en plus, cela renforce le sentiment que le monde ne tourne pas autour de nous. Personnellement, c'est vraiment quelque chose que je n'aime pas dans les jeux de rôle, quand on me donne l'impression que je suis le sauveur, le héros, le messie que le monde entier attendait... que sans moi rien n'est possible, l'univers était figé avant mon arrivée et bla bla bla... Ici, on sent bien que les gens ne nous ont pas attendu, et ils vivent vraiment autour de nous. 

---- Une histoire complexe et un héros charismatique ----

Pour parler simplement du scénario, commençons par présenter son héros : Géralt de Riv. C'est un sorceleur, un chasseur de monstre. Comme les autres de sa "caste", il a été pris dès la naissance pour subir un entraînement intensif, afin d'apprendre à manier les armes à la perfection, et s'infliger un régime à base d'élixirs et de plantes étranges. Cela dans le but de provoquer une mutation de son corps, afin de le rendre plus fort, plus rapide, avec des réflexes affûtés, la possibilité de voir dans le noir, d'être immunisé contre la plupart des maladies etc... Et c'est avec ces compétences surhumaines qu'il parcourt le monde, louant ses services de tueur de montres et de briseur de malédictions, se gardant toujours de s'impliquer ou de prendre parti dans les guerres et les luttes politiques. 

A la foit craint et méprisé par les humains pour ce qu'il est, à savoir un mutant, Geralt est un personnage complexe, cynique et désabusé, qui s'attache uniquement à ses propres principes. Tout ceci en fait un héros très charismatique, à l'allure fascinante, en témoignent ses "yeux de serpent" et sa crinière blanche, fruits de ses mutations. 

Dans le jeu, on incarne un Géralt quelque peu amnésique après un événement inconnu, et précipité tout de suite dans le feu de l'action, avec l'attaque de la forteresse en ruine de Kaer Mohren, refuge des sorceleurs. Les assaillants, qui portent des écussons en forme de salamandre rouge, sont menés par un mystérieux magicien et un redoutable tueur à gage. Ils parviennent à pénétrer dans le laboratoire des sorceleurs, au coeur de la forteresse, et à s'emparer de leurs précieux secrets, de leurs formules et de leurs élixirs mutagènes, avant de disparaître. 

Réduits à une poignée d'hommes, les sorceleurs décident de partir chacun dans une direction, sur les traces de cette mystérieuse organisation, la Salamandre. Qui sont-ils ? Que veulent-il ? Qui est ce sorcier qui les as menés dans le laboratoire ? Autant de question auxquelles Géralt devra trouver des réponses, en partant vers le sud, vers le royaume de Téméria... 

L'intrigue est réellement intéressante. Si elle peine à décoller durant les premières heures, elle vaut le coup que l'on fasse quelques efforts, car ensuite elle se révèle vraiment complexe et riche en rebondissements. Un régal.

D'autant que l'histoire évolue en fonction de vos choix, de la façon dont vous accomplissez certaines quêtes, des alliés et des ennemis que vous vous faites tout au long du jeu etc... Rarement je me suis senti aussi impliqué dans un jeu, preuve que l'immersion est bien là. Et si l'on peut regretter que notre liberté de mouvement soit bridée dans ce monde fermé et cloisonné en différentes zones, notre liberté de choix, elle, n'a pas à se plaindre.

---- Glaive, magie et élixir ----

Une autre originalité de The Witcher, c'est son système de combat. Certains le trouve absolument exécrable ou trop simpliste... pour ma part je le trouve plutôt convaincant, dynamique et même assez tactique. 

En fait, tout repose un système de timing. Lorsque vous cliquez une première fois sur un adversaire pour l'attaquer, vous engagez une "séquence" d'attaque. Lorsque le curseur de votre souris devient enflammé, c'est le moment de recliquez pour enchaîner avec un autre coup, et ainsi réaliser des sortes de "combos". En mode difficile, le curseur disparaît, tout doit alors se faire à l'oeil. Il ne sert donc à rien de maltraîter son mulot, puisque si vous recliquez trop tôt ou trop tard, vous interrompez votre attaque. 

Cela peut sembler contraignant et mou, mais pas pour moi. D'autant que les différentes attaques s'enchaînent parfaitement, les animations au combat sont fluides et réalistes, grâce à la technologie du Motion Capture sur des cascadeurs professionnels. 

Pour le combat, vous ne pouvez porter que 4 armes sur vous en même temps. Les armes sont assez peu nombreuses, tout au plus quelques épées, haches, poignards et autres masses d'armes. Mais vos 2 armes principales restent deux glaives, un en acier pour combattre les humanoides, et un en argent pour les monstres. 

Vous maîtrisez 3 styles de combat différents : le style puissant, le style rapide et le style de groupe, que vous devrez impérativement adapter en fonction de votre adversaire. Le style puissant, par exemple, convient parfaitement aux adversaires lents et lourdements protégés. Le style rapide quand  à lui, est idéal contre un ennemi agile. Le style de groupe, enfin, ne s'utilise que lorsque vous faites face à plusieurs adversaires simultanément, car c'est le seul qui permet de frapper plusieurs ennemis en même temps. Vous devrez souvent changer plusieurs fois de style au cours d'un même combat. 

Mais ce n'est pas tout : en plus de vos armes traditionnelles, vous disposez aussi de 5 "pouvoirs", que vous apprenez tout au long du jeu, qui vous permettent par exemple de créer un bouclier magique autour de vous, ou encore d'envoyer un onde choc susceptible de repousser les ennemis proches, de les renverser, de les assommer quelques instants, le temps de les achever avec une "fatalité", ou même de faire tomber leur arme. 

Néanmoins, si les combats sont bels et bien présents dans le jeu, ils ne sont pas non plus envahissants. Et même, accomplir une quête rapporte beaucoup plus d'expérience que de tuer un ennemi. Donc inutile de passer deux heures dans le marais à tourner en rond pour massacrer des monstres à la chaîne, pour monter de niveau. En revanche, The Witcher n'échappe pas à un problème récurrent dans beaucoup de jeux de rôle, les allez-retours entre un point A et un point B, assez fréquents, et qui peuvent même devenir pénibles par moment. 

A ce propos, les quêtes sont relativement intéressantes et bien écrites. Les faire toutes devrait vous prendre environ 50 heures à mon avis, voir un peu plus. A noter aussi que tous les dialogues du jeu sont doublés, et que la VF est de bonne qualité. D'ailleurs la bande-son du jeu en général est absolument sublime.

Autre subtilité de The Witcher, l'alchimie. En effet, vous êtes un sorceleur, et un sorceleur sans élixir, ce n'est que la moitié de lui-même. Dans le jeu, vous pouvez récolter tout un tas d'ingrédients sur les corps des monstres ou sur les plantes. Leurs propriétés alchimiques vous permettent ensuite de concocter toutes sortes de potions aux effets variés, à condition d'en connaître la formule. Certains redonnent de l'endurance ou de la santé, d'autres permettent de voir dans l'obscurité totale, d'autres encore vous confèrent des points supplémentaires pour faire évoluer votre personnage etc... Suivant le niveau de difficulté choisit, l'alchimie sera plus ou moins indispensable à votre survie. 

---- Conclusion ----

J'espère que vous aurez eu la patience de me lire jusqu'au bout. J'espère aussi avoir sû éveiller votre curiosité si toutefois vous n'avez pas encore joué à The Witcher. Cela peut paraître excessif de mettre la note maximale, mais pour moi, c'est vraiment un grand jeu de rôle, et je ne suis pas le seul à le penser. Rares sont les jeux qui ont réussis à me captiver autant, par leur scénario, leur univers, leur ambiance, la profondeur de leurs personnages, la beauté de leurs musiques etc... S'il n'est pas parfait et souffre de quelques petits problèmes, The Witcher nous fait voyager et nous fait ressentir des émotions. Vétéran du jeu de rôle ou néophyte, si vous ne l'avez pas encore testé, il est encore temps de l'essayer ! 

 

 

Ajouter à mes favoris Commenter (2)

Vos tests de The Witcher - Édition Spéciale

tous les tests