Castlevania : Lords of Shadow sur PlayStation 3, le test de KingTeDdY

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KingTeDdY
10
KingTeDdY PS3

What a horrible night to have a curse

Cela faisait des années que Konami avait métamorphosé sa licence culte, Castlevania, en un astucieux mélange de Metroid et de RPG. Oh, il y a quelques épisodes qui furent légèrement différents et on n’a même eu droit à quelques remakes d’opus classiques mais  un tout nouveau jeu orienté comme les opus de l’air 8-16 bits, ça non.  C’est chose faite désormais avec Lords of Shadow.

Vengeance

Nous sommes en l’an 1047, en Europe.  De sombres événements ont conduit le monde dans les ténèbres. La région est gouvernée par trois créatures de cauchemar : les Seigneurs de l’Ombre. Le seul rempart entre ces bêtes et les humains est la Confrérie de la Lumière, un ordre ancien visant à combattre le Mal.

Gabriel Belmont est un chevalier de cet ordre. Suite à l’assassinat de sa bien-aimée Marie, il arpente les routes en vue d’accomplir une quête funeste : Tuer les Seigneurs de l’Ombre et leur arracher à chacun le fragment du masque divin qu’il détient, en vue de s’en servir pour ramener à la vie Marie.

Renouant avec une ambiance mi-épique mi-horrifique comme à la grande époque, ce Castlevania nous permet donc de parcourir douze chapitres, tous constitués de plusieurs niveaux,  à travers les territoires de nos trois cibles. Le jeu se divise donc en trois grosse partie : La forêt et les terres du Seigneur Noir des Lycans, Le château de la Reine Noire des Vampires et ses alentours, et enfin la région désolée du Seigneur des Morts.  Par ce biais, nous visitons une bonne variété de décors. Cavernes, forêts, ruines, châteaux, cryptes, village. Difficile de trouver le jeu redondant sur ce point. On notera d’ailleurs la qualité de la direction artistique, à mi-chemin entre le Castlevania classique et des inspirations plus contemporaines comme le film Van Helsing ou même un peu Medievil. (Le village avec les épouvantails, enfin je trouve)

Sacrifice

Du côté du gameplay on a là un jeu prônant l’action spectaculaire mais également les phases d’exploration (légères) et de la plate-forme. Certains boss sont même dans la mouvance d’un Shadow of the Colossus, histoire d’en mettre plein la vue du joueur. D’ailleurs au fond je me demande s’il est bien pertinent de ce contenter de classer ce jeu dans les Beat’em all tellement la plate-forme et le reste est présent et vu qu’il y a des passages entiers avec peu de combat.

Les combats pourraient rappeler God of War, mais un God of War intéressant alors. En effet outre les nombreuses reliques et artefacts permettant à notre personnage d’augmenter ses capacités physiques et donc son panel de combo, Gabriel est doué pour la magie. En fait dans ce Castlevania on distingue deux types de magie. Il y a d’abord la magie de lumière aux vertus curatives et la magie d’ombre, plus destructrice.

Le moment venu, le joueur aura à sa disposition ses deux magies et sera en mesure d’y faire appel durant un combat.  De même, une jauge dite de concentration permettra d’obtenir des orbes d’énergie neutre une fois celle-ci remplie. Le joueur est alors libre de choisir d’une pression sur le stick gauche ou le stick droit si ces orbes vont remplir sa jauge de magie d’ombre ou sa jauge de magie de lumière. A noter que la moindre pichenette fait chuter la jauge de concentration à zéro, idem pour l’utilisation de la magie. Enfin le temps  la laisse se vider progressivement.

Les combats sont donc suffisamment intenses pour que jamais on ne s’ennuie. Le fait d’avoir la magie de lumière pour seul moyen de se soigner permet un certain challenge.

Ensuit viennent s’ajouter les armes secondaires, éléments classiques de Castlevania. Dagues, eau bénite, fées et cristaux noirs seront donc à votre disposition et certains ont même des propriétés inédites une fois couplé à une magie précise. Mais là encore pas question de gaspiller. Votre équipement de tueur de monstres est limité en munitions… Pour faire le plein il faudra tuer des ennemis ou, classiquement, détruire des éléments du décor tels que des statues ou des torches.

Le jeu possède un aspect plate-forme plus poussé que dans un Uncharted mais ce n’est pas encore le top de l’exigence. Comprenez que vos sauts sont souvent « libres » (par opposition au quasi automatisme d’Uncharted) et que vous pourrez même faire une chute mortelle. Néanmoins ces passages ne demandent pas beaucoup d’adresse et il faut presque le faire exprès pour s’y tuer.

Enfin, Lords of Shadow n’est pas avare en énigme. Pas très compliquées, elles permettent de se retrouver un peu au calme. Au pire si ça ne vous intéresse pas vous pouvez les zapper.

Rédemption

Sur le plan technique ce Castlevania est une vraie réussite. Tout est propre et bien réalisé. Les plus pointilleux remarqueront un peu d’aliasing. Du côté des cutscenes on est au même niveau de qualité, et les doublages originaux y jouent pour beaucoup. D’ailleurs la présentation générale du jeu (Que ce soit le HUD, les menus, la carte ou les écrans de chargement) est de toute beauté.

La bande son suit une orientation orchestrale en parfaite adéquation avec le jeu. Ces éléments mis bout à bout permettent une ambiance vraiment réussie et donnent envie de suivre l’aventure de Gabriel. D’ailleurs le scénario est plutôt réussi et n’est pas dénué de surprise.

Concernant la durée de vie, le jeu n’est pas facile du tout (du moins en Chevalier) et demandera donc un minimum de rigueur durant les combats et passages les plus ardues. De ce fait la durée du premier run est dans la moyenne des jeux du genre.  Une fois terminé, vous pourrez vous y attaquer en mode Paladin qui est la difficulté ultime et un défi sera disponible dans chaque niveau. Cela va du quota d’ennemis à tuer au temps à battre pour un boss ou même au « no damage » ! En plus de permettre l’achat de nouveaux coups, vos points d’expérience pour permettront de débloquer des artworks dans le menu bonus. Enfin il faut savoir que vos reliques vous ouvrirons quelques passages secrets et vous donneront accès à des bonus dans les niveaux précédemment visités. De quoi donc passer pas mal de temps sur le jeu après en avoir vu la conclusion. 

Mais malgré tout ça le jeu n’est pas parfait non plus. Enfin non, je ne vais pas vraiment parler de défauts mais de choses qui auraient pu être meilleures encore, d’où le fait que ça n’altère pas sa note.

D’abord même si la bande sonore est excellente, elle est chiche en remix de morceaux cultes. (Deux seulement !) J’avais espéré écouter un petit Simon Theme ou un Bloody Tears en mode orchestral avec chœurs etc ! De même il y a des musiques qui reviennent assez régulièrement. J’aurais préféré que certains passages aient leur propre morceau attitré.

La division du jeu n’est pas toujours satisfaisante. Certains chapitres durent une éternité tandis que d’autres n’ont que deux malheureux niveaux. Un peu dommage car on aurait aimé passer plus de temps à certains endroits. D’ailleurs il y a des niveaux vraiment trop courts ! (La Tour de l’horloge par exemple)

Enfin l’aspect plate-forme pourrait être beaucoup plus poussé et pourrait demander des réflexes et de l’adresse. Les meilleurs passages du genre se trouvent à la fin du jeu lorsqu’on doit enchaîner double-saut, grappin et autres mouvements. Pourtant là encore ça pourrait être mieux ! En bref moins d’escalades et plus de plate-forme pure !

Aussi de façon générale, même si elles sont parfois pratiques j’aurais aimé avoir moins d’indication à l’écran. Entre les conseils écrits en grand et les éléments de décor qui brillent pour nous indiquer où on peut grimper, on a un chemin un peu trop balisé.

 

Castlevania revient donc en pleine forme avec ce Lords of Shadow ancré dans l’esprit des opus les plus anciens. Tout le monde ne souhaitait peut être pas ce retour aux sources mais moi je suis ravi. Lords of Shadow est tout bonnement excellent sur tous les points, mais il y a encore matière à améliorer avec sa suite qui sera annoncée bientôt.

Pour faire court, Lords of Shadow se hisse parmi mes Castlevania favoris avec Bloodlines et Circle of the Moon.

 

Note : Vous aurez remarqué que je n’ai pas fait de paragraphe dans le style « vrai ou faux Castlevania ». Ce sujet, je vous propose de l’explorer dans  un article à part.

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