Heavy Rain sur PlayStation 3, le test de marko

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8
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[TEST] Heavy Rain

 

Heavy Rain a commencé avec The Casting, une démo destinée à un usage interne mais qui a fini exhibée lors de l’E3 2006. Après avoir fait forte impression, sur la presse et les joueurs, David Cage et son studio Quantic Dream se devaient de concrétiser le projet en un véritable jeu. Nous sommes en février  2010 et Heavy Rain devrait être disponible dès mercredi dans toutes bonnes boutiques spécialisées. Le jeu a d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre, mais après avoir enfin fini le jeu (Une première fois) me voici près à vous rendre mon verdict.

Du jeu-vidéo au cinéma.

Heavy Rain n’emprunte pas le même chemin que n’importe quelle autre production actuelle.David Cage, et de surcroit Quantic Dream, bouscule les codes et tente d’inventer un nouveau genre. Malheureusement, le jeu ne sera pas au gout de tous, mais l’idée est louable et Heavy Rain agit comme une bouffée d’air frais au milieu de cet océan de styles usés jusqu’à la moelle. Le jeu nous plonge dans un thriller sombre et prenant où l’on incarne quatre personnages dont les destins se croiseront autour du tueur aux origamis, un bourreau d’enfants qui noie ses victimes dans de l’eau de pluie avant des les abandonner, un origami à la main et une fleur de camélia sur la poitrine. Si les quatre personnages ont chacun leur importance dans l’intrigue, c’est autour d’Ethan Mars que le jeu s’articule. Jeune architecte à la vie paisible et heureuse, tout va basculer pour Ethan le jour où l’un de ses fils meurt renversé par une voiture, mais ce ne sera que le point de départ d’une suite d’événements terribles que vous découvrirez dans le jeu. Par de là son histoire, le jeu tente de nous faire répondre à une question cruciale qui devrait parler à de nombreux joueurs et joueuses : Jusqu’où sommes nous capable d’aller par amour. Si l’on n’adhère pas à l’univers et au scénario d’Heavy Rain, autant raccrocher les gants dès le départ puisque c’est l’intérêt même du titre de David Cage. On ne joue pas àHeavy Rain pour son gameplay, mais on y joue pour plonger dans une histoire et y être le seul et unique acteur principal.

Des gestes simples, mais efficaces.

Heavy Rain ne propose pas de gameplay classique, on n’y prend pas le contrôle d’une voiture, on ne sort pas son flingue à tout bout de champ et on ne gère aucune armée. Ici, on se laisse aller par les événements et on interagit avec les éléments du décor ou les différents personnages rencontrés. A l’aide de la touche R2, on fait avancer son personnage, et à l’aide du stick analogique gauche on contrôle sa vue et ainsi ses mouvements. Dès que l’on regarde dans une direction, toutes les possibilités d’action s’affichent à l’écran, et on est amené à presser différentes touches, jouer du stick analogique droit ou d’utiliser la fonction gyroscopique du SixAxis. Lors d’un dialogue, les réponses que l’on peut fournir tournoient autour de notre personnage et il suffit de presser le bon bouton pour lancer une réponse. Si toutes ces informations apparaissent de façon claire en temps normale, dès que l’on est plongé dans une scène d’action ou à tendance dramatique, les informations apparaissant tremblotantes et brouillées. Un procédé astucieux permettant de souligner l’état d’anxiété ou de nervosité de notre personnage. De plus, à tout moment, il est possible d’entendre les pensées de notre personnage en pressant le bouton L2. Une option qui peut paraitre anecdotique, mais qui fortifie la narration et la perception psychologique de nos différents protagonistes.

Mais la où Heavy Rain trouve sa force, c’est dans la possibilité d’influer sur le reste de l’aventure selon nos actions et nos choix. Si certains changements n’opèrent que sur la scène où l’on se trouve, certains choix, capitaux, influent directement sur le scénario et le dénouement de l’histoire. Ainsi, plusieurs fins sont possibles et le potentiel de rejouabilité du jeu s’en voit décuplé. Une bien bonne manière d’accentuer la durée de vie du soft qui avoisine les 8h de jeu pour une première partie.

Une réalisation de grande classe

Dès le premier coup d’œil, qu’on soit joueur ou pas, la réalisation du titre de Quantic Dreambluffe. La position des caméras, la photo, la direction artistique, l’animation des personnages et l’ambiance sonore font qu’on a l’impression d’être plongé au cœur d’un film. Quantic Dream a énormément travaillé sur la motion capture, aussi bien du corps que du visage et des yeux. Même si ce n’est pas parfait, on parvient tout de même à ressentir les différentes émotions qu’éprouvent les personnages.

L’ambiance sonore du titre parvient à nous plonger encore plus dans l’action et baigne chacune des scènes avec grande maestria. Les musiques choisies sont profondes, prenantes et colle parfaitement avec l’ambiance du titre. De plus, elles démarrent toujours au moment opportun. Et pour une fois, les doublages français n’ont pas été bâclés et sont même plutôt bon. Heavy Rainemprunte les codes du cinéma pour nous les retranscrire pad en main, et c’est fait avec brio. Par contre, même si le jeu reste étincelant, pas mal de choses nous font redescendre sur terre, comme la modélisation minimaliste de certains objets et la gestion des collisions très houleuses par endroit. Certaines scènes en deviennent même comiques, à leur défaut, malheureusement.

Oui….mais

Après un démarrage assez fastidieux et à la limite du soporifique, Heavy Rain nous plonge dans un univers dont il est difficile d’en sortir. Le jeu est plein de suspens, le twist final est très bien amené et on ressort de cette expérience tout plein d’émotions avec l’agréable sentiment d’avoir passé une superbe expérience. Néanmoins, Heavy Rain n’a rien du jeu parfait, il possède sont petit lot de carences qu’il ne faut pas nier et oublier. Le scénario, aussi prenant et profond qu’il soit, contient pas mal d’incohérences et les acteurs en font parfois trop pour souligner leurs émotions. La réalisation graphique n’est pas uniforme et les différents problèmes de collisions et d’animations tâchent l’aventure. Et pour finir, si le jeu propose un gameplay épuré qui attirera les occasionnels et les néophytes du pad, il n’en reste pas moins creux et ne propose aucune alternative pour combler un joueur désintéressé du scénario. Comme toutes œuvres, Heavy Rain est gorgé de qualités mais possède aussi ses défauts. Une chose que bien des sites et magazines spécialisés ont oubliés de souligner dans leurs tests dithyrambiques.

VERDICT : 8/10

 

Heavy Rain est un jeu qui marquera à sa façon l’histoire du jeu-vidéo. Loin des productions habituelles, Quantic Dream nous livre ici un jeu qui prend ses marques dans le cinéma et dont le seul et unique héro reste le joueur. Malgré un gameplay relativement creux et quelques problèmes techniques, Heavy Rain parvient à nous scotcher du début à la fin grâce à son scénario,  sa réalisation graphique et  son ambiance sonore de haute volé. Une nouvelle étape a été franchie, et se serait fort dommage de passer à côté.

 

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