Yann Bernard

La génération PlayStation 4 / Xbox One aura été marquée à son tour par les évolutions technologiques, telles que l'HDR, la 4K et bien entendu la réalité virtuelle. Néanmoins, aucune d'entre elles n'est encore véritablement arrivée au niveau de globalisation attendu, laissant à la prochaine décennie la tâche de les standardiser, alors que d'autres avancées se profilent déjà à l'horizon. De là à parler de (longue) période de transition - pour ne pas dire de transformation - il n'y a qu'un pas. D'autant que les nouvelles productions d'envergure se sont montrées plutôt rares, contrairement à la cohorte de remasterisations et autres come-back de vieilles gloires. Seule consolation, les approches narratives et artistiques s'affirment. Quant au déferlement d'oeuvres indépendantes amorcé voilà une quinzaine d'années, il se traduit hélas davantage en terme quantitatif que qualitatif. Enfin, le jeu service creuse rapidement son sillon, en parallèle de la dématérialisation grandissante dont témoignent les versions sans support physique de la PlayStation 5 et de la Xbox Series X. L'élément le plus regrettable de cette ère reste cependant la quasi disparition de certains genres, à commencer, au hasard, par les simulations de tennis sur consoles. Alors, à quand un nouvel Everybody's Tennis ou Smash Court ? (En même temps, cela donne l'opportunité de se plonger enfin corps et âme dans The Witcher III : Wild Hunt, avant l'arrivée imminente de Cyberpunk 2077).

MON TOP 10 DE LA GENERATION PS4/Xbox One

1. Red Dead Redemption II

Red Dead Redemption avait repoussé les frontières de la narration en monde ouvert, ce second épisode a exploré le genre en profondeur, à dos de cheval, un rythme plus posé permettant à Rockstar d'étaler toute sa richesse, aussi sauvage que vertigineuse.

2. Dreams

Parce qu'après de très nombreuses années de développement, le rêve initial de Media Molecule est finalement devenu réalité et donne à chacun l'opportunité de créer ses propres oeuvres, moyennant des efforts proportionnels à ses ambitions.

3. Ori and the Blind Forest / Will of the Wisps

Parce qu'aucune oeuvre du genre n'avait su réunir une direction artistique aussi inspirée et un récit touchant au sein d'une telle atmosphère, portée par un game design soigneusement affûté, a fortiori pour le second opus.

4. The Last of Us Part II

Parce que le caractère clivant des choix de Naughty Dog sert magistralement la radicalité viscérale de son propos.

5. Death Stranding

Parce qu'en plus de rassembler les influences culturelles autour de son studio, Hideo Kojima signe une histoire tristement allégorique sur notre époque, dans un univers bien moins vide qu'il n'y paraît - en particulier de sens.

6. The Last Guardian

Parce qu'à l'image d'une relation, l'aventure avec Trico a mis du temps à se construire, mais s'avère d'autant plus forte, Fumito Ueda esquissant ainsi toujours une vision avant-gardiste de son trait si singulier.

7. NieR Automata

Parce qu'il n'existe aucune oeuvre comparable, mêlant tant d'influences, sur le fond comme sur la forme, une sorte de fantaisie cybernétique à l'instar de la série Xeno dans son domaine.

8. Bloodborne

Parce qu'il ne manquait à la série des Souls que cet obscurantisme scénaristique appuyé pour devenir encore plus cauchemardesque.

9. GRIS

Parce que derrière ses airs de Journey en deux dimensions, l'oeuvre de Nomada Studio dévoile une facette nettement plus expressive, voire affirmée d'un point de vue artistique.

10. Uncharted 4 : A Thief's End

Parce qu'il n'y avait de manière plus cinématographique de conclure les aventures de Nathan Drake sur consoles, avant ses débuts sur (très) grand écran.