CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Tests

C'est surprenant. Surprenant comme on peut se laisser convaincre, séduire par un beau minois. Après tout c'est une passion le jeu vidéo. Parfois on ne réfléchie pas à ce que l'on fait et on fonce tête baisser, par amour, par coup de foudre. Un coup de foudre c'est ce qui m'a frappé quand j'ai vu cette petite brune d'Alice pour la première fois en vidéo. Je la connaissais déjà. D'un dessin animé vu maintes fois dans mon enfance, blonde à l'époque, d'un jeu sortie il y a dix ans, brune cette fois, puis de retour dans un film très décevant. En fait j'avais déjà un passé chargé avec Alice. Pourtant c'est aujourd'hui que j'ai craqué pour de bon.

Tes beaux yeux verts m'hypnotisent...

Alice Madness Returns est donc la suite si j'ose dire d'American McGee's Alice, sortie en 2001. Le jeu est d'ailleurs pour l'occasion fournit avec le bébé de Spicy Horse en téléchargement pour ceux qui prendront la belle en neuf. Pour les autres, privez vous je vous en pris de cette première mouture qui a malheureusement toutes les rides profondes de la vieillesse avancée.

Ce second volet est en ce qui me concerne une réussite flamboyante, de ces jeux que je vais retenir et chérir fort, d'abord parce qu'ils sont grandioses, ensuite parce qu'ils ne sont pas forcément très bien aimés des rapaces du marketing.

"Forgetting pain is convenient. Remembering it, agonizing. But recovering the truth is worth the suffering..."

Alice Madness Returns n'est pas le plus grand jeu que l'on est jamais vu. Si je devais attaquer dans le vif, je commencerais par une qualité technique qui sans conteste laisse parfois à désirer. Si la belle Alice joui d'une modélisation soignée, de détails qui fourmillent avec notamment une chevelure noire animée de manière remarquable (regarder ses cheveux a été un bon passe temps régulier dans mon voyage) il faut bien admettre que des imperfections sont très visibles. Les textures manques souvent de définitions mais surtout soufrent d'un des effets Mass Effect les plus violents que j'ai pu voir (on reste loin de The Last Remnant certes) avec ses décors souvent lisse pendant quelques secondes, le temps que la machine puisse tout afficher. Parfois on sera bloqué dans la simple action de courir ou sauter par un mur (ou une marche?) invisible qui dès que l'on consentira à faire demi-tour et à revenir franchir aura disparu par la magie du glitch. Dans un autre ordre d'idée, il peut arriver que la caméra est un peu de mal à cadrer la magnificence du décors ou des combats en arène réduite.

Pourtant, malgré ces défauts qui entraveraient aisément un quelconque autre jeu d'action/plateforme, Alice atteint le Pays des Merveilles sans encombre, offrant à qui voudra l'acquérir l'un des plus beaux jeux de cette génération de console. La raison en est simple, il est artistiquement irréprochable! Il arrive que parcourant un jeu quelconque, on se pose quelques secondes pour admirer une zone particulièrement saisissante de beauté. Ici, Spicy Horse a produit un travail hallucinant, une vraie leçon de design qui émerveille sans aucune relâche du début à la fin.

Quel que soit le chapitre, on reste émerveillé par la beauté des environnements.

Les inspirations sont nombreuses (on trouvera même un hommage à Tim Schaffer), mais la plus évidente est celle du réalisateur de la dernière oeuvre cinématographique en date sur le personnage de Lewis Caroll; mon extravagant réalisateur préféré Tim Burton. C'est toute cette poésie macabre que l'on trouve ici transposée avec maestria, toute cette inventivité visuelle et de ton qu'il n'a pas su trouver pour son adaptation. Alice Madness Returns, c'est le Tim Burton de Sleepy Hollow, de Sweeney Todd ou de The Nightmare Before Christmas qui ferait un jeu vidéo. C'est par exemple en chantonnant No Place Like London que j'ai débuté le second chapitre de Madness Returns, la ressemblance étant pour le coup frappante.

"You are young...life has been kind to you. You will learn..."

La variété est d'ailleurs au rendez-vous, mais jamais sans une cohérence avec l'histoire qui est contée. Cette histoire si prenante, pleine de suspense et de schizophrénie. Car pour sûr Alice Madness Returns est aussi à ce niveau là largement au dessus de ce que l'on rencontre habituellement dans un banale jeu de plateforme. Ne cherchant jamais à défaire réalité et invention, faits et rêves, le jeu distille son histoire au travers de cinématiques dans un style original en papier animé de divers effets, mais surtout au travers de souvenirs que l'on trouvera cachés ça et là dans des trous de serrures et qui nous éclaireront au fur et à mesure sur le passé trouble d'Alice Liddell (rien à voir avec la superette) à la manière des cassettes audio disséminées dans Rapture.

Assaisonner les groins avec le poivrier montre la voix souvent invisible vers de précieux souvenirs.

Le jeu rappelle aussi assez souvent Silent Hill dans son scénario, non pas pour son angoisse latente, mais pour sa propension à mêler une histoire personnelle à une mythologie qui dépasse le personnage. A vrai dire, on suit Alice à Londres dans une institution pour enfant dirigée par un psychiatre qui tente de lui faire oublier le traumatisme de l'incendie meurtrier qui a emporté sa soeur et ses parents dix années plus tôt. Le paradoxe étant qu'Alice cherche à comprendre les raisons de cet incendie, en prenant le chemin de son Pays des Merveilles autrefois si magnifique et désormais si torturé. La deuxième intrigue se situant dans la destruction progressive du Pays des Merveilles de manière mystérieuse...et les deux formant une histoire mature et poignante.

Pour achever ce tableau que j'espère le plus flatteur et juste possible, j'indiquerais également que le jeu ne se départie par d'une qualité musicale exemplaire. Les thèmes mélancoliques côtoient les cordes dissonantes et donnent au tout une qualité indéniable et une personnalité auditive forte. Les doublages sont par ailleurs très corrects bien que parfois un peu mou, mais toujours sauvé par une traduction sans faille et pleine de bon mots.

Comme les décors, la bande son sait se renouveler et garde une vraie cohérence avec l'esthétique.

Alors vous l'aurez compris, la forme est présente. Est-ce pour autant un bon jeu? Certainement, même si c'est sur le fond que le jeu n'est pas original. Les phases se divisent en deux grandes sections: la plateforme et les combats. La première repose sur un système de quadruple saut assez efficace et plaisant. Au lieu de simplement sauter, on peut ajouter un double saut, planer avec la robe puis sauter de nouveau pour prolonger le vol, qui sera parfois agrémenté de souffleuses verticales ou de longues descentes en glissade sur les fesses. L'exploration est également de mise car nombre de passages cachés (parfois un peu grossièrement malheureusement) donneront l'envie de sauter sur des plateformes invisibles. Les combats eux sont mines de rien un peu technique, chaque ennemi apportant son lot de paterns et de points faibles. Le couteau Vorpalin, la gatling poivrière (si si croyez-moi), la tête de cheval massue ou encore la théière mortier ne seront pas de trop contre certains ennemis particulièrement coriaces (surtout en mode cauchemardesque).

Ces théières peuvent être un peu coriaces, mais avec la bonne combinaison d'arme on en vient à bout.

Ces deux éléments de gameplay qui compose 80% du jeu sont parfois entrecoupés de petites pauses respirations avec d'autres gameplays: du shmup, de la plateforme 2D, du pachinco ou bien même du puzzle, bref un peu de tout pour ne pas lasser sur long terme, d'autant que le jeu bénéficie d'une durée de vie surprenante pour cette génération de console; comptez 15 à 20 heures en fonction de votre zèle à découvrir tous les secrets que renferme le jeu.

Je n'ai pas manqué d'apprécier les changements de gameplay qui apporte de bonnes pauses.

Voilà donc pourquoi je me suis épris d'Alice une fois pour toute. Alice est belle à pleurer. Pas techniquement non, mais artistiquement. C'est l'une des plus belle réussite de cette génération et ce avec une aisance, une cohérence avec le scénario et un respect de l'oeuvre originale qui force l'admiration. Je ne manquais jamais de passer quelques secondes de temps à autre, à admirer chaque changement de robe de cette brune aux grands yeux verts merveilleux, à contempler le ciel où la Lune fumait une pipe créant par sa fumée une aurore boréale, à regarder l'architecture de chaque chapitre à chaque fois renouvelée avec talent, le tout bercé par une bande originale magique. Le jeu n'apportera pas de révolution en terme d'interaction pure, mais il est l'exemple du gameplay traditionnel sans défaut majeur et simplement plaisant qui est sublimé par l'enrobage en or, mature sans être gore pour être gore ou grave pour être grave. Un must-play...

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Commentaires

seblecaribou
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seblecaribou
C'est toujours chiant les soucis de caméra. Reste qu'ici, je ne me rappelle pas en avoir vraiment subit (en particulier pas sur les combats). Mais je veux bien admettre sans problème que ça peut plomber une expérience. Typiquement, j'aime énormément Mario Sunshine (oui oui) mais il y a des passages qui me rendent dingues, juste parce que la caméra est foireuse à certains endroits.
Kahnettan
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Kahnettan
Je me disais bien que tu l'avais fait un moment donné :P

J'ai pas encore fini le jeu, en fait je viens de finir le chapitre du théatre (dans l'eau), et comme mon statut très peu explicite dit : La DA est juste la meilleur que j'ai pu voir sur cette génération de console. Celle de la psone étant logiquement American Mcgee's Alice.
Et en tant que fan absolu et jusqu'au bout du bout de Burton, le choc que m'a procuré ce jeu, visuellement et surtout artistiquement (quoique c'est peut être pareil), est juste hallucinant. J'ai vu dans ce jeu ce que Alice de Tim.B ne m'a pas donné, et c'est pour ça que je veux qu'American McGee arrête ses critiques débiles envers EA qui est la seule boite qui a jusqu'à maintenant bien voulue de lui, et nous ponde un 3e opus.

La ou j'ai été déçu, mais pas du tout désintéressé ensuite, c'est le gameplay vraiment PSone. Le même type de gameplay qui risque d'arriver dans Remember me bientôt. Un truc vieux qui n'a plus sa place, et ça me fait chier de dire ça parce que avec toutes les armes, le travail, si il avait été bien fait, aurait été à la limite de la perfection (pour les phases de combat). Mais comme quoi, le simple fait qu'une caméra bancale soit la plombe tout le système. Je l'ai encore plus remarquer dans la salle challenge ou 4 théières me harcelaient pendant qu'un gros monstre noire me balançait ses boules de feu au loin, la caméra m'empêchait simplement de tous les voir et prévoir les coups.

Enfin bref, ça se trouve bien que je vais faire un test en retard histoire de faire ressortir ce jeu des esprits, parce qu'il mérite quand même la reconnaissance qu'il n'a pas eu.
cyril56
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cyril56
La phase en 2D est vraiment énorme et original, tu la vois pas arriver.
L'ambiance est son point fort.
Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
Bon ben finalement je suis sorti très convaincu du jeu. Je me suis fendu de mon propre petit test (que j'ai rédigé sans lire le tien) qui recoupe pas mal de tes remarques : http://www.gameblog....mer-elle-et-fol
Parodius
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Parodius
P'tain seb tu fait chier tu m'a donné envie . . . Pffffffff
Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
@Seb : j'aurais dû préciser "beau jeu PS2". Le jeu est loin d'être laid, mais au niveau des textures, des "murs invisibles", de la taille des environnements et de la caméra calamiteuse, j'ai vraiment l'impression d'être revenu 5 ans en arrière, à l'époque de l'âge d'or de la PS2. Par contre niveau direction artistique rien à redire.
Kokoro
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Kokoro
Super test, tu m'as vraiment donné envie d'y jouer ^^
BlackLabel
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BlackLabel
seblecaribou
11/08/2011, 12:39
je dirais juste que c'est effectivement répétitif


Arrhh... !!! Ton test m'avait convaincu de le re-rajouter sur ma liste, mais ça, ça me fait peur. J'ai toujours la crainte de la répétitivité avec un jeu EA que je supporte très mal... Peut-être quand il coûtera beaucoup moins cher alors.
seblecaribou
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seblecaribou
Au niveau du level design je suis assez d'accord, mais en ce qui me concerne ça ne me dérange pas. Par contre niveau réal je te trouve un peu dur quand même. Il y a des faiblesses, mais c'est pas non plus Alpha Protocol, The Saboteur ou encore Deadly Premonition.
Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
@Karas : le premier a le désavantage d'avoir une maniabilité typée FPS, ce qui est rédhibitoire pour un jeu de plateformes. J'ai joué à Retour ... ce soir. J'ai vraiment l'impression d'être devant un jeu PS2 au niveau de la réalisation et du level design. Suis-je le seul dans ce cas ?
seblecaribou
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seblecaribou
Pour le premier volet franchement il est très dispensable que cela soit en terme de gameplay comme d'histoire qui repart un peu from scratch pour le nouveau. Sinon, j'espère vraiment qu'il sera joué parce qu'honnêtement je l'ai adoré ce jeu, mais vraiment.
Karas
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Karas
J'ai testé quelques minutes le premier volet (que je n'avais pas fait à l'époque) et je crois que je vais vraiment me faire violence car la maniabilité fait peur...Mais bon, j'ai tout de même envie de vivre l'histoire avant de commencer le second. Par ailleurs, Catherine va passer avant Alice ! Respect pour les aînées :D
Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
Je suis encore plus en retard que la publication de ton test, parce que je n'ai commencé à y jouer qu'avant hier et je n'y ai pas encore rejoué.
Kaminos
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Kaminos
Faudrait p'têtre que je le commence :P
seblecaribou
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seblecaribou
@Hellrossa: Je ne parlerais pas de médiocre, je dirais juste que c'est effectivement répétitif et c'est notamment le troisième chapitre qui est excessivement long pour le coup. En gros si je devais attribuer une note bête et méchante, je lui mettrais 5 ou 6/10 sans l'habillage alors que c'est un 9/10 facile avec l'enrobage.

Pour moi c'est l'inverse de Bayonetta par exemple. Pour le jeu de Platinum Games je n'accroche pas du tout au design en particulier de Bayonetta que je trouve vraiment pas jolie, par contre le gameplay m'a accroché énormément. Alice Madness Returns c'est plus proche de Fable pour moi. Les faiblesses de gameplay sont largement oubliée parce que le jeu m'offre un voyage visuel que je ne retrouve pas ailleurs.

Effectivement, si l'on accroche pas à l'univers, il faut passer son chemin et je le dis, le jeu n'est pas original dans le gameplay, mais à l'inverse, je trouve que si l'on apprécie l'art du jeu, on s'accommode très bien de la répétitivité relative du titre.
Kain2097
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Kain2097
L'un des chefs-d'oeuvres de cette génération.
seblecaribou
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seblecaribou
@Gigan: je sais qu'il ne s'en inspire pas :D Je parle de l'esthétique. Mais l'esthétique de Alice de Burton, mais de Nightmare Before Christmas, les Noces Funèbres etc. Il y a de ça dans Alice Madness sans conteste. D'ailleurs le chapitre 5 regorge de spirales dégoulinante, un élément artistique omniprésent dans tous les films de Burton, de PeeWee à Alice.

Pour les artistes que tu cites, je connais Ryden pour l'avoir étudié en fac d'Art et certes la reine de coeur est très proche de ça visuellement.

@Sanasoke: merki bien!
Hellrossa
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Hellrossa
Je te rejoins dans l'ensemble (étant un fan absolu du premier épisode). J'ai fais le jeu en cauchemardesque directement, ce qui m'a valu moult retry par endroit et l'expérience fut plus qu'agréable. Là où le jeu pêche à mon sens c'est la rejouabilité, je l'ai refait en facile pour chopper les trophée qui me manquait ce fut long...très long... les boucles de gameplay deviennent trop visible voir presque gênante.

Ne te méprend pas j'ai adoré le jeu mais je pense qu'une fois passé l'univers extraordinaire les mécaniques peuvent rebuter sur le long terme. En gros si un joueur lambda ne colle pas avec l'univers il trouvera ce jeu médiocre (quelle hérésie).

M'enfin les fan de l'univers burtonnien comme toi et moi sommes nombreux, je trouve dommage que le market ne l'ai pas plus mis en avant.
Sanasoke
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Sanasoke
Super test ! Bien rédigé , bien illustré également . merci .
GiganUraMaki
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GiganUraMaki
Le jeu ne s'inspire pas de l'Alice de Burton, d'ailleurs American McGee est très critique vis-à-vis de cette adaptation... Si tu ne l'as pas encore vu, jette un oeil à "Alice" de Jan Švankmajer, un film de 1988. Les inspirations sont beaucoup plus marquées et évidentes : de la rouille partout, les têtes de poupées et les crânes d'animaux sont omniprésents, et toujours cette ambiance incroyablement malsaine, mélangeant innoncence, naïveté et perversion...

Dans le cadre des influences d'American McGee pour cet opus, on pourrait également citer le peintre Mark Ryden, dont l'esthétisme se retrouve dans le monde de la maison des poupées. Les dés avec une bouche sur une face, les insectes morts encadrés, les chaises pourvues d'un oeil et toujours cette vision déformée de l'innoncence se retrouve chez les deux bonshommes. Les deux ont un profond attrait au symbolisme.
Toutefois, Ryden a été copié maintes fois par des artistes tout aussi doués et bien plus connu, à cause de leurs oeuvres moins symboliques et plus gore. Il y a des chances pour qu'American McGee se soit inspiré d'eux plutôt que du maitre directement. :)

Édito

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