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Par PG_Birganj Blog créé le 24/06/12 Mis à jour le 29/06/15 à 10h06

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Critiques


Nous avions fait un break football sur PG Birganj, l'an dernier. En effet, avec deux jeux de foot rodés malgré leurs défauts évoluant peu, ce n'était pas nécessaire de perdre son temps à écrire dessus. Après cette pause, il était peut être utile de voir comment PES se débrouillait dans sa voie du foot-spectacle. Le réalisateur de la série, Seabass, planche déjà sur PES 2014, dont les premières infos à demi-officielles parlent de l'utilisation du moteur FOX Engine de Kojima Productions... PES 2014 sera presque next-gen dès l'an prochain. Cela veut-il dire que ce PES 2013 a été délaissé ?

Comme un air de déjà joué

On se répète année après année, écrire tous les ans sur un jeu de foot est forcément répétitif et ennuyeux. PES reste PES. En effet, vous trouverez la touche spécifique des PES HD où le foot spectacle est le maitre-mot de la série. Le foot-spectacle, en revanche, ce n'est pas dribbler cinq adversaires comme les vieux FIFA sur PS, voir PS2. Non, c'est la capacité à savoir gérer ses rythmes de jeu, de cibler ses passes, d'alterner jeu court, jeu long en toute fluidité et simplicité, tout comme favoriser le jeu en profondeur. Avec PES, le jeu léché est une norme. Les débordements trop faciles ont bien été réduits avec le temps et les chevauchés sont nettement moins décisives qu'auparavant. La construction reste prônée, en dédoublant ses passes et en abusant, classique de l'ère PS2, de la touche R2 comme appel de balle semi-manuel créant les espaces. Même s'il faut l'avouer, le jeu reste assez réactif et jouer offensif, notamment en pressant très haut grâce au bouton « carré » pour appeler un allié en renfort, sera payant à coup sûr. Il ne sera ainsi pas rare de réussir une contre-attaque facilement en ayant pressé et anticipé une passe défensive adverse. Mais c'est aussi ça le football, presser pour obtenir la faute adverse et PES joue beaucoup là dessus. Tout comme simplifier le jeu de passe longue favorisera les bourrins de la contre-attaque, chacun son style. Concernant la défense justement, elle pèche complètement à cause de son absence de renouvèlement. Certes, le vieux système tout à la main où vous couvrez avec R2 tout en faisant presser un co-équipier (bouton carré) reste ultra efficace et fait toujours autant ses preuves mais un meilleur alignement grâce à une IA travaillée n'aurait peut être pas été du luxe puisqu'il ne sera pas rare de voir un défenseur passer à côté d'un adversaire sans penser à aller dessus ou voir un défenseur aller vers le mauvais sens de jeu alors que vous avez bien anticipé. On nous offre cependant une méthode alternative de défense consistant à appuyer sur Croix pour presser l'adversaire à distance. Si vous appuyez sur R1 pendant cette pression, vous interviendrez. Enfin si vous double-cliquez sur Croix, vous ferez le bourrin en mettant votre jambe. En fait, le système est très proche de l'ancien et parcequ'il en est très proche, le vieux joueur ne changera pas sa façon de faire. Néanmoins, c'est une bonne méthode de défense contre les joueurs pas trop doués techniquement. A l'inverse les joueurs craqués aux dribbles vifs vous passeront dessus sans problème, dans ce cas on préférera l'ancienne méthode un peu plus rapide. Dans les deux cas, dans PES, la meilleure défense est l'attaque et pour l'instant l'équipe à Seabass n'a pas encore travailler sur la notion de « beau jeu défensif ».

L2, la touche magique

Pendant que les adorateurs de PES ne cessent de pousser des louanges autour de la légendaire physique de balle, les détracteurs du titre pointent du doigt son aspect aimanté où effectivement chaque passe finit collé aux pieds du joueur. PES 2013 continue de ne pas toucher à cette sensation de touché, de tape, de ce ballon qui répond au doigt et à l'oeil de son joueur. Si son système de passe légèrement automatisé (car les passes dans le vent existe), on y ajoute une toute nouvelle feature qui semble avoir un très belle avenir. En pressant la touche L2, vous passez en full-manuel en plein jeu. A tout moment, vous pouvez doser et donner la direction exacte de votre passe (courte, longue ou en profondeur) en toute liberté et instantanéité que représente une simple pression de L2. Un ajout très réussi qui permet de doser complètement son jeu de passes... Et tirs. La feature existe aussi pour les tirs millimétrés avec ajout de tir à ras de terre en pressant sur triangle pendant le shoot. L'idée est d'offrir un ensemble de possibilités et donc de combinaisons possibles « tout en un ». On n'a pas à modifier toutes les options manuellement en amont pour en profiter au détriment d'un jeu bien rôdé. Ici, on a l'option, sous le doigt, prêt à disposition. De plus, réussir à caser ce genre de passes demandent une certaine technicité sans pour autant être insurmontable. Rappelez-vous quand PES s'essayait à la passe manuelle avec le joystick droit ? Là, c'était bien ingérable et imprécis. En revanche, ici ça fonctionne très bien grâce aussi à une indication fléchée au sol.

En parlant de joystick droit, celui-ci gagne une possibilité : les appels manuels. Elle est en revanche très difficile à placer. Jugez plutôt : il faut à la fois appuyer sur R3 et diriger le joystick pour sélectionner le joueur à déplacer ; ensuite, vous le déplacez avec R pour créer un bon appel. Par contre, il faut faire ça tout en gardant la contrôle du joueur avec votre joystick gauche, ce qui est plutôt ardu avec un pressing adverse... Les appels automatiques sont eux, majoritairement incompréhensibles. Mais, dans PES, étant donné que vous construisez tout en créant vos appels et contre-appels avec R2, vous n'êtes pas dépendant de l'IA allié. Par ailleurs, la réactivité des attaquants est finalement plutôt bonne quand vous leur balancez des passes piquées en profondeur. Mais, jeu au sol, voir un avant-centre s'excentrer sur l'aile en vous laissant seul est plutôt ridicule... Ce genre de défaut est en fait flagrant lorsque vous jouez en mode « Vers une Légende ». Effectivement, en ne manipulant qu'un seul personnage, vous vous apercevez des grosses lacunes de l'IA... Heureusement, pour le match traditionnel, la faiblesse de l'IA allié est rapidement compensée par le skill demandé par le joueur, abusant de R2. Un dernier mot sur cette touche longtemps martelé. Elle apporte une multitude de gestes techniques très agréables à placer comme un petit pont... Ou couplé avec le joystick droit, un grand pont et même un coup du sombrero si vous cliquez au millimètre près R3. R2 qui sert de manière générale au contrôle de balle va aussi demander un meilleur sens du timing si vous voulez que le ballon colle à vos pieds. Des gestes difficiles à placer en pleine partie mais qui apportent à la fois du spectacle et du challenge.

Pas de chamboulement visuel

Enfin, niveau contenu, PES 2013 se renouvèle très peu mais a tout de même l'avantage d'offrir une Master League toujours aussi complète, longue et fun. Tout comme l'est le « Vers une Légende » malgré sa dépendance à l'IA allié à la rue totale. Ainsi qu'une capacité à donner des ordres pas très claire et appliquée. En revanche, la progression des joueurs dans ces modes est bien plus efficace qu'auparavant, ce qui est un « plus » permettant de profiter de son avatar et de son équipe. C'est toujours aussi long, avec des phases de non-jeu pénibles où s'enchainent les menus et calendriers en tout genre... Certes, c'est le prix à payer pour avoir un mode de jeu original et surtout précis. Mais on a parfois envie que ça aille plus vite pour jouer au football et non défiler des menus. Ces modes sont toujours couplés avec les licences et autres compétitions officielles, cela fait des modes bien chargés avec les coupes nationales, les Champion's League et Europa League (sous licence officielle) et Coupes internationales. Ces modes sont archi complés et n'ont plus grand chose à prouver en soit. Niveaux licences, on en amarre de ne pas avoir la Premier League, championnat le plus populaire d'Europe, tout comme une absence totale de la Bundesliga, autre championnat majeur d'Europe. On sera aussi étonné de voir qu'une équipe nationale comme le Sénégal ou l'increvable Hollande ait toujours droit à des noms non-officielles malgré leur réputation... En échange, on nous donne accès au championnat brésilien, avec les vedettes Neymar et autres Ganso, Leandro Damiao et autres pépites brésiliennes qui se font surcotés par la presse au grand dam des clubs européens et pour le bonheur de leurs clubs respectifs. C'est toujours agréable de voir les bons joueurs de ce championnat et d'un point de vue totalement subjectif, le Brésil respirant à 100% le foot-spectacle, l'ajout de cette licence colle bien à l'image des PES HD. Ce n'est pas pour rien si la bande sonore du jeu use et abuse de sons exotiques comme Michel Telo... Agréable ceci dit avec un excellent menu très fluide et simple dans un bandeau horizontal. Fausse bonne idée cependant, le fait d'être toujours lié au online. En effet, à chaque lancement du jeu, il se connecte aux services de Konami qui vous alertera des mises à jour par exemple. Elles permettront aussi d'accéder aux versions online de chaque mode : du match amical aux coupes comme la Master League et Vers une Légende. Si la « bonne idée » de voir tous les modes avoir une alternative en ligne, la mauvaise est que le jeu est dépendant des services en ligne de Konami. Par exemple pour télécharger une mise à jour, il faut passer par le menu du jeu (et non le PSstore). Or ce service est bancal et lent. Télécharger un simple pack de mise à jour de stats met trop de temps. Et si vos stats ne sont pas mis à jour, impossible de jouer avec un type qui les a mise... Certes les faibles connexions sont forcément désavantagés et c'est bien là le problème. Nous n'avons pas encore vu un jeu de foot aussi fluide et égal comme dans un jeu de baston. Même si Konami semble faire des efforts en allouant des « serveurs » (du moins c'est ce qui est marqué dans le menu malgré le fait que les connexions se font toujours entre utilisateurs) aux joueurs, c'est difficile d'obtenir de bonnes conditions de jeu, à moins d'être bien connecté. Or, on connait les disparités de la connectivité internet en France (et dans tout l'Europe). C'est un domaine très compliqué à mettre à place, on le conçoit, car même EA n'est pas toujours clean dans ses modes online, mais il serait temps de réussir à optimiser tout ça... Enfin, détail qui tue, si Konami entame des maintenances en ligne, ne soyez pas surpris si absolument aucun mode de jeu ne se lance... Pas de panique, il faut vous déconnecter du PSN (ou XBL) et cela désactivera la connexion automatique en ligne. C'est tout de même mal agencé.

Notons enfin, une stagnation graphique pour un rendu sans surprises avec ses hauts et ses bas. Les visages sont toujours bons, mais l'animation reste toujours assez rigide avec des collisions scriptées pénalisantes (allant jusqu'à créer des obstructions évidentes mais non sifflés puisque non prévus pour ça). L'ambiance globale, du stade, de la lumière reste assez fade et bien en dessous d'un FIFA. Bref, le moteur n'a pas subi de grands changements. Voir pas de changements du tout. Ce qui est compréhensible si l'équipe travaille déjà avec le FOX Engine... Enfin, les commentateurs sont doublés par Grégoire Margotton qui reprend grossomodo les mêmes lignes de texte que les précédentes années, mais surtout l'ajout de Darren Tulett, le consultant anglais de C+ passé chez beIN, en remplacement de Christophe Dugarry. Franck Sauzé vous gonfle dans FIFA à faire le donneur de leçons ? Ben, Darren reprend le même rôle... C'est dommage car l'excentricité et la fougue du consultant aurait pu apporter un « plus » décontracté et fun. Mais ses lignes de textes étant moralisateurs, il nous casse plutôt les noix... Dommage car le casting est vraiment bon sur le papier. Mais avoir Margotton, un des rares encore bons de Canal+, fait toujours plaisir à entendre.

Au final, ce PES 2013 continue sur sa lancée du foot champagne prônant le jeu « juste » et non le défi physique ou la complexité mais réussit tout de même à implanter dans cet épisode, que l'on qualifierait de transitoire au vu du contexte de fin de génération, des techniques de jeu sensibles, précises et délicats mais gratifiants à placer. Autrement dit, de réelles décisions et ajouts de gameplay au service du joueur. Bien sûr l'absence de travail d'IA et de gestion de collision rappelle à tout à chacun que PES reste PES et ne s'aventure pas du tout sur le terrain de FIFA. Mais on salut clairement le mode manuel en plein jeu, d'une ergonomie exemplaire qui se doit d'être une feature conservée et optimisée au prochain épisode. Après, est-ce qu'un jeu de foot doit copier froidement la réalité pour être réaliste ? Quand vous prenez le pad pour jouer, vous voulez vraiment avoir des défenses à dix épaule contre épaule tel une Ligue 2 ou 15 équipes sur 20 de L1 ? Vous voulez des bouchers non sifflés en Premier League ? Voir un Real/Barça surclasser votre équipe en Liga causant de profonds déséquilibres ? Aucun jeu de foot ne s'aventure réellement dans cette direction à l'heure actuelle. PES fait le choix d'offrir aux joueurs un jeu beau à voir et fun à jouer sans transgresser les règles fondamentales du football à base de jeu collectif et de rythme. Il est toujours assumé, maintenant le tout est de réussir à offrir plus réaliste sans perdre le plaisir de jeu. Ce sera, peut être, pour PES 2014. En attendant, sur PES 2013, on construit, on est précis, on voit du beau jeu, si on veut se la péter en dribble, faut montrer du skill. On a là un vrai bon jeu de foot, même s'il a cette manie de le rendre plus beau qu'il ne l'est en réalité à voir un dimanche pourri sur Canal avec Dugarry et Menès au CFC...

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