Le Lagomorphe
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(Jeu vidéo)

Cet article fait parti d'un ensemble composant une rétrospective sur la série des Metroid. Si vous êtes tombés ici par hasard, je vous conseille de cliquer ici pour revenir à l'article central ;)

                En finissant Metroid Prime 2 Echoes, pas mal de questions restent en suspens. Par exemple, d'où vient le Phazon ? Après tout, c'est bien cette étrange substance qui a corrompu à la fois Tallon IV et Aether. Aussi, d'où débarque Dark Samus ? Les pirates de l'espace vont-ils continuer à corrompre l'univers avec le Phazon ? Et surtout, est-ce que Retro Studios compte nous gratifier d'un 3ème épisode de la série des Prime ? Et si oui, rattrapera-t-il les maladresses d’Echoes ?

Une partie de ces questions trouveront leur réponse en 2005, lorsque Retro annonça qu'un nouveau Prime sortirait bel et bien, et que cet épisode clorait ce qui serait donc une trilogie. Le développement de Metroid Prime 3 eut lieu alors que la génération de consoles devant succéder aux 128 bits pointait déjà le bout de son nez. C'est à cette époque que Nintendo dévoila la Wii, et sa fameuse Wiimote. Quelques journalistes privilégiés purent assister en avant-première à des démos techniques destinés à la nouvelle machine, dont une version de Metroid Prime 2 jouable à la Wiimote. Les bases de ce qu'allait devenir le 3ème opus étaient donc posées.

Mais à sa sortie, Metroid Prime 3 n'apporta pas seulement des nouveaux contrôles, entièrement repensés. Quoiqu'on en dise, la Wii en avait quand même plus dans le bide que la GameCube, et Retro put en profiter pour affiner les textures du jeu, ajouter bon nombres d'effets graphiques, proposer des décors un poil plus détaillés, et le tout, de manière plus fluide puisque les sacro-saints 60 FPS étaient enfin atteint.

Les screens ne rendent pas vraiment justice aux graphismes du jeu, qui sont plus fins que sur Gamecube. Le jeu se paie même le luxe de rendre plutôt pas mal sur un écran HD !

Mais bref, assez de blabla technique, et parlons plus du jeu en lui-même. Metroid Prime 3 Corruption, de son nom complet, est, ô grosse surprise, la suite directe de Metroid Prime 2 Echoes. Et peu de temps après la résolution de la crise d'Aether, dont l'origine  (on s'en doute désormais) n'est pas étrangère au Phazon, Samus est appelée par la fédération galactique pour une nouvelle mission. Cette fois, l'introduction est très inhabituelle pour la série: pas d'atterrissage sur une planète étrange ou de vaisseau endommagé : bien au contraire. Le jeu commence alors que Samus sort de son sommeil, à bord de son vaisseau de combat. Alors qu'elle fait apparaitre son costume de puissance, elle reçoit un message du vaisseau de la FG (Fédération Galactique), l’Olympus, lui accordant la permission d'atterrir. Pour une fois, on commence donc dans des lieux accueillants. D'ailleurs, personne n'essaiera de vous attaquer, et, chose incroyable, vous pourrez même dialoguer avec les personnages alentours. Enfin, sommairement (car Samus est toujours muette), mais tout de même ! C’est une première dans la série !

Des personnages qui non seulement ne vous attaquent pas, mais en plus vous adressent la parole. Ouais, moi aussi, j'ai saigné du nez au début, mais on s'y fait.

D'emblée, on sent que cette aventure aura une couleur différente des autres, et cela se confirme un peu plus loin lorsque Samus rencontre d’abord le dirigeant des lieux, puis l'I.A. qui régit l'Olympus... Et enfin, quelques autres chasseurs de primes ! Ceux-ci proviennent chacun d'une espèce alien différente. L'occasion de s'extasier à nouveau devant le travail toujours aussi formidable des artistes de Retro. Mais outre leurs apparences, ces chasseurs seront, tout du moins au départ, vos alliés. Et ils vous épauleront dans la nouvelle mission de Samus, qui est de mettre un terme au fléau qu'est le Phazon.

Pour une fois que Samus a des alliés sur place... Enfin, du moins, pendant une partie de l'aventure. Oups, non, je ne spoilerais pas en expliquant pourquoi j'ai dit ça.

Les pirates de l'espace semblent avoir la mainmise sur tout ce qui a trait au poison mutagène, et forcément, ça commence à devenir un peu le chaos dans la galaxie. La corruption qu'engendre le Phazon atteint tout et n'importe quoi, y compris les unités Aurora, ces sortes de super ordinateurs biomécaniques régissant les plus importantes installations de la fédération. Et comme si cela ne suffisait pas, Dark Samus semble toujours être de la partie.

En fait, Dark Samus, elle a fait exprès de dire qu'elle était morte. Il en perd sa moumoute, le Mammouth, comme on dit par chez nous.

L'objectif est donc clair, mais pas des plus simples pour Samus et les autres chasseurs: bouter le Phazon hors de la galaxie, voire le faire disparaître totalement. A peine aurez vous reçu ces instructions, que les pirates attaqueront l'Olympus. De quoi permettre au joueur de se familiariser avec les nouveaux contrôles à la Wiimote, qui, il faut bien l'avouer, sont diablement efficace. On pouvait vraiment reprocher la mollesse des combats dans les précédents Prime, défaut qui, grâce à la Wii, est ici en grande partie gommé. Alors certes, ça ne ressemble toujours pas à une partie de Quake 3, mais l'action est ici plus présente, se rapprochant plus de la sensation de dynamisme des épisodes 2D de la GBA.

Vous pouvez toujours locker vos ennemis grâce à une simple pression sur un bouton, mais votre canon sera toujours libre de tirer sur n’importe quel point de l’écran. Le lock sert donc surtout dans cet opus à garder vos ennemis en face de vous, tout en pouvant leur tourner autour. Ce sera donc à vous de le viser correctement. Ce système de visée permet des affrontements contre les bosses plus intéressants, puisque désormais, il vous sera impossible de viser directement le point faible d’un ennemi avec le lock. A vous de le trouver, cette fois.

Avant, le lock faisait tout le travail à votre place. Mais maintenant que la Wiimote existe, vous allez pas faire vos feignasses non plus.

Corruption se veut également plus narratif que ses deux grands frères. Bien sûr, la majeure partie du texte que vous aurez à lire réside toujours dans les résultats d’analyse de l’environnement, permettant là encore d’obtenir des indices, mais aussi et surtout de renforcer la crédibilité de l’univers du jeu. Mais les dialogues sont aussi plus présents que jamais. Vous rencontrerez diverses unités Aurora vous donnant informations et instructions, aurez quelques contacts directs avec la fédération galactique, etc… Globalement, la sensation de solitude qui caractérisait la série est ici moins présente, rendant le tout moins oppressant que le 1er Prime.  Chose que beaucoup trouveront malheureusement dommageable… Ajoutez à cela des environnements un peu plus coloré qu’à l’accoutumé, la découverte du Bloom par Retro (Sérieusement, il y en a de partout dans ce jeu !), et on obtient un jeu à l’atmosphère plus légère qu’auparavant. Pas de quoi crier à la trahison, mais il faut bien avouer que ces choix artistiques sont un peu déroutants aux premiers abords.

Quelques événements scriptés et des cinématiques plus présentes font partie de l'identité plus narrative de ce Corruption.

Autre nouveauté, le vaisseau de Samus revêt dans cet opus une plus grande importance. En effet, la chasseuse de primes devra dégager certains terrains qui pourront alors servir d’aire d’atterrissage, vous permettant de sauvegarder et recharger vos munitions dans plus d’endroits qu’il était possible à votre arrivée. Mais plus intéressant encore, le vaisseau aura la possibilité de recevoir quelques améliorations, tout comme pour la power suit de notre héroïne. Ces items, comme la bombe aérienne, permettant de briser de larges portions de terrains vous barrant la route, ne peuvent être en général utilisé qu’en des endroits très spécifiques. Rien de bien transcendant, même si cela rajoute à la sensation d’évolution du personnage propre aux Metroidvanias.

Peu importe les autres chasseurs de primes ou les unités Aurora: le plus fidèle amis de Samus reste son vaisseau. Non, attendez, c'est triste dit comme ça, en fait.

Beaucoup de soucis de Metroid Prime 2 ont été gommés dans cet épisode ! Les environnements paraissent ici plus inspirés, et surtout plus variés. Il faut dire que le jeu vous fera visiter plusieurs planètes différentes, plutôt qu’une planète unique comme le voulait la tradition de la série. Encore une fois, votre vaisseau sera donc mis à profit pour visiter plusieurs coins dépaysants de la galaxie : une ville un brin steampunk flottant au-dessus des nuages, une terre ravagée entre feu et glace… Et quelques autres surprises que je vous laisserais apprécier !

Celestia propose un type d'environnement rarement vu dans la série, même si cette ville flottante rappelle un peu le Sanctuaire d'Echoes version Steampunk.

Ces environnements profitent d’un Level Design beaucoup plus clairs que pour MP2, même si malheureusement, on y perd un peu du côté labyrinthique… Heureusement, les différentes sections où Samus devra user de son équipement pour actionner des mécanismes aux designs tortueux rattrapent pour ce qui est de l’étonnement du joueur face à la découverte. Bon sang, même les portes qui se trouvent en travers du chemin de Samus ont un design original !

D’ailleurs, en parlant d’équipement, l’arsenal de Samus sera ici assez différent. Exit, les différents rayons du costume de puissance, et place à l’hypermode. Cette fonction, permettant d’envoyer de fortes décharges de Phazon, déclenche des attaques dévastatrices, et est rendue possible suite à la dernière rencontre entre Samus et son homologue sombre. En effet, le corps de Samus semble produire naturellement du Phazon depuis cet événement. La FG offre alors à Samus une modification de sa combinaison lui permettant de canaliser le Phazon et de l’expulser à travers son canon, le rendant plus puissant que jamais. L’Hypermode est extrêmement utile face aux créatures les plus coriaces et aux bosses, mais il faudra être vigilant, car même si vous êtes virtuellement invincible une fois le mode déclenché, celui-ci draine une grosse quantité de votre énergie vitale à chaque activation. A vous de l’utiliser avec parcimonie, donc !

La sensation de puissance qu'offre l'Hypermode est déléctable. Attention cependant à l'effet double lame !

En définitive, Metroid Prime 3 est une excellente conclusion à la trilogie, et même s’il n’égale pas le premier épisode, il corrige en tout cas largement le tir qui avait été dévié par Prime Echoes. L’épopée du Phazon trouve donc une conclusion satisfaisante, dans un épisode qui aura apporté bien plus d’idées originales que, encore une fois, le tristounet Metroid Prime 2. Dommage que l'atmosphère si prenante du premier Prime ne soit plus qu'un lointain souvenir, par contre. Même les musiques de Corruption restent très anecdotiques par rapport à l'OST des deux autres épisodes.

Corruption propose tout de même un bon nombre de moments mémorables, comme ce bossfight contre Ridley, l'un des meilleurs de la série !

Cependant, et même si cet épisode ne révolutionne pas la série, il prend tout de même quelques libertés qui feront grincer les dents des plus fanatiques. Ainsi, la progression de Samus est rythmée par des instructions claires, comme c’était le cas dans Metroid Fusion. Cela casse un peu le sentiment de liberté, en masquant à peine la linéarité de la progression du joueur. La plus grande présence de dialogue et des espaces très ouverts sont également de la partie, rendant cet épisode bien moins oppressant que tous les autres…

Après cet épisode, il était temps pour Retro de passer le flambeau Metroid à quelqu’un d’autre. Yoshio Sakamoto, le papa de la série, le reprendra… Mais il ne sera pas seul, et ceux qui l’accompagneront ne sont pas vraiment ceux à qui l’ont pouvait s'attendre…

Voir aussi

Jeux : 
Metroid Prime 3 : Corruption
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Commentaires

Ariakkan
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Ariakkan
Enfin le retour de la rétrospective ! Je me lis ça tranquillement ce soir.

Le Lagomorphe

Par lerenwe Blog créé le 08/05/13 Mis à jour le 08/06/14 à 08h59

Apprenti Game Designer, Video-maker amateur, râleur, grande-gueule, rêveur, et mi-homme mi-lapin.

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Édito

Ça se prononce « lèrènewai ». Ça se prend pour un lapin. Ça se pose des questions philosophiques. Par exemple, des fois, ça se demande ce que ça fait d'être une femme. Et des fois ce que ça fait d'être une femme-lapin. Ça mange pas souvent des carottes. Ça passe le plus clair de son temps sur son PC. Quand c'est pas sur son PC, c'est sur une de ses consoles. Et quand ça joue pas, ça étudie le Game Design dans une école.

Et tout le reste du temps, ça vient dans son terrier et ça vous y invite pour partager pensées, conneries, et vidéo-reviews faites avec des petits oignons. Parce que les oignons, franchement... C'est quand même meilleur que les carottes.

 

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