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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 06/05/17 à 10h22

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Réflexions... ou pas

Le jeu vidéo se cherche (un peu comme le titre du billet), le jeu vidéo aurait déjà gagné, il se transforme en art ou en culture de masse. Autant d'affirmations qui sont toutes valables et fausses à la fois. Qu'est ce que le jeu vidéo ?


Non, vous n'aurez pas de réponse dans ce texte. Autant vous le dire tout de suite. Traiter de cette question nécessite une réflexion et un développement autrement plus velu que les quelques lignes que je vais écrire ici. Mais j'avais envie de faire un parallèle autre que le cinéma pour parler de jeu et casser quelques réactions épidermiques qu'on peut parfois lire sur notre loisir préféré.

Le jeu est un art majeur

Voici un titre qui pose comme une affirmation une idée séduisante. Dans le jeu vidéo, on trouve différents arts qui combinés ne pourraient que correspondre à la définition d'un art majeur puisque leur addition ne peut être que positive. Mais quels sont ces arts et pourquoi leur résultante resterait artistique ?

Faisons la liste de quelques arts majeurs que l'on retrouve dans le jeu vidéo. Pour ce faire, je me base sur la liste des 6 arts majeurs qu'Hegel a classifié au 18ème siècle.

L'architecture. Le premier des arts dans la classification et probablement le plus cartésien. Dans le jeu vidéo on peut aisément le mettre en parallèle avec le level design et le game design en général. Deux choses bien différentes, mais indissociables. Si l'élaboration « stratégique » d'un niveau nécessite cohérence et astuce afin de gommer certaines limitations techniques, l'architecture ludique du jeu peut générer des sentiments en posant une ambiance et en mettant en situation. Un jeu de survie par exemple, de par son principe de base met le joueur en situation de vulnérabilité et lui donne un sentiment d'urgence. A ce titre, l'architecture qui est classée première dans le système de Hegel gagne un caractère sentimental. Hegel avait effectué sa classification par ordre croissant en considérant les arts avec leur capacité à induire des sentiments.

La sculpture ne semble que peu se prêter à une association avec le jeu vidéo. Et pourtant, travailler les matières (bois, pierre, métaux) peut sembler proche des prouesses que cherchent à accomplir les programmeurs. Eux aussi doivent composer avec les contraintes de leur matière (les limitations techniques d'une machine) afin de parvenir à un certain résultat. Eux aussi doivent utiliser des outils et des techniques différentes en fonction de cette matière et du rendu qu'ils veulent obtenir. On a beaucoup parlé des difficultés de programmation de la PS3 au début de sa carrière. On parle maintenant aussi beaucoup des facilités supposées de développement sur Wii U.

Le lien avec la peinture est beaucoup plus évident, puisqu'on touche ici à un aspect très visible du média. Si on en reste à la peinture stricto sensu, il suffit de se reporter aux images fixes, aux menus et aux interludes de chargement des jeux. L'émotion qui se dégage d'aquarelles façon Muramasa et de pastels façon Flower témoigne de la capacité sentimentale de ces images. Évidement, dans le jeu vidéo les images restent rarement fixes.


C'est pourquoi l'émotion passe également par l'animation. Une animation qu'il est facile d'associer à l'art de la danse qui exprime des sentiments par le corps en mouvement. Dans les années 80 les sprites de notre jeunesse utilisaient des artifices surtout liés aux visages et aux yeux pour faire passer des émotions. Les techniques d'animation on évolué pour s'approcher de plus en plus d'une expression corporelle réaliste. Paupières mi closes, épaules baissées, démarche lancinante le personnage est triste, blasé et au fond du trou comme dans Heavy Rain. Même en s'éloignant du motion capture, l'expression d'un état d'esprit passe par la façon de bouger. Pour prendre un autre exemple parlant et peut être déplacé pour ce genre de réflexion, regardons du côté de Ryu Hayabusa (Ninja Gaiden). Il a logiquement le visage masqué, mais son état d'esprit est exprimé par les chorégraphies de ses danses macabres en combat. Il s'en dégage un sentiment de puissance, de maîtrise et de rage canalisée vers un seul but. Pourtant à le regarder courir en sautillant ses déplacements sont plutôt risibles.

Le cinquième art n'a pas besoin d'être longuement développé. Il suffit cette fois de citer des jeux comme Journey, Bastion ou de productions épiques comme Metal Gear pour s'en convaincre. Avec une note (elle est facile...) originale tout de même puisqu'un jeu vidéo n'a pas besoin que de musiques, mais également de design sonore pour faire parler aussi bien les décors que les personnages et leurs accessoires.

Le sixième art est probablement celui qui catégorise le plus le jeu vidéo. Celui qui va le faire passer de défouloir à « perle » ludique. Attention, cela ne signifie pas forcément que l'un soit moins intéressant ou ait moins de valeur que l'autre. C'est simplement ce qui va créer de la différence d'expérience.

L'art est une affaire de goût

Plonger au plus profond des sentiments pour en atteindre le coeur est en effet le but de la poésie. Aussi, lorsqu'un jeu est capable de faire la même chose et de générer du sentiment l'associe-t-on plus facilement à de l'art. C'est le cas de jeux comme Journey, Flower et même de productions dites triple « A » qui sont parfois rejetées par les gamers.


Il semble qu'il en soit ainsi pour le jeu vidéo autant que pour les autres formes d'arts qui ont succédées aux arts majeurs. Le cinéma, la télévision et la bande dessinée sont venus allonger cette liste. D'ailleurs si on continue à mettre en parallèle le septième art et le jeu vidéo, ce n'est pas par hasard. Ricciotto Canudo a qualifié le cinéma de septième art parce qu'il était une forme consommée des autres arts avec le langage, le son, le mouvement et l'interactivité. Une définition qui colle parfaitement à un jeu vidéo.

En cinéma, en télé ou dans la bande dessinée, se sont constitués des courants, des genres et des styles qui ne font pas forcément l'unanimité. On y trouvera des choses consensuelles, des expériences étonnantes, des divertissements faciles et des nanars plus ou moins assumés. C'est aussi ce qui fait la richesse et le sel du jeu vidéo et rends la critique difficile. Le troubadour doit rendre compte d'une expérience, d'un vécu, d'une histoire sur plusieurs plans. Le lecteur / joueur n'aura pas forcément les mêmes goûts et les mêmes aspirations, mais tenter de lui transmettre une idée la plus précise possible d'un jeu dans son contexte reste un échange intéressant.

Aussi, les réactions épidermiques et péremptoires sur le côté surfait d'un jeu (Limbo) ou le côté bourrin et éculé d'un autre (Modern Warfare par exemple) ont tendance à me hérisser. Le jeu vidéo est un art majeur et noble. Ne devenons pas aussi « bêtes » que les publics et les critiques de certains autres divertissements. Il y a de tout pour tous les goûts et pour tous les publics.

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Commentaires

Blinis
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Blinis
Sans vouloir être relou, m'est avis que l'Esthétique d'Hegel est quand même le truc le moins bon de toute son œuvre. J'étais parti pour reprendre la distinction de philo de lycée entre art et artisanat, mais c'est probablement pas la peine.

Je crois, une fois n'est pas coutume, qu'il faut plus revenir vers Kant ou même vers Schopenhauer pour avoir des idées stylées sur l'art. Certes, ce sont des théories des sentiments, des théories du Beau plus que des théories de l'art, mais après tout c'est plutôt de cela dont il s'agit dans tous ces débats - et c'est ce qui fait la différence entre art et artisanat. Est beau ce qui suscite ce sentiment, et plus encore ce qui suscite la volonté d'être partagé. Quelque chose que l'on trouve beau, c'est souvent quelque chose que l'on veut faire partager - la réciproque n'est pas toujours vraie - et c'est finalement, pour Kant en tout cas, la seule chose qui lie les hommes. En poussant un peu, sont reconnues comme œuvres d'art les œuvres qui précisément emportent l'adhésion du nombre, même si c'est plus compliqué que ça et un peu moins clair chez Kant.

Ya pas de doute que beaucoup de jeux vidéos veulent être partagés, et qu'on puisse y associer une idée de beauté. À mon sens, avec le jeu vidéo, on est beaucoup plus dans une bataille sociologique (à la Bourdieu) que dans une bataille philosophique : reconnaître l'aspect artistique du jeu vidéo, comme pour la BD, c'est lui reconnaître des titres de noblesse et des titres de sérieux.

L'acquisition de cette noblesse ne se fait jamais par une réflexion sur la nature ou la qualité des œuvres considérées, mais bien plus par l'évolution sociologique de ceux qui sont touchés par les produits culturels. En d'autres termes, je ne dis pas que les jeux vidéos ne touchent personne, j'écris qu'ils acquerront ce statut d'œuvre d'art lorsque ceux qui y jouent seront en mesure d'être "dominants" culturellement, lorsque nous aurons la capacité de "dicter" nos codes culturels. Ce statut d'œuvre d'art, vu ainsi, n'est pas dans la chose elle-même, elle est dans la façon que nous la voyons et dont on en parle.

Je crois que si certains joueurs (et surtout certains journalistes) attachent autant d'importance aux jeux vidéos comme art, c'est aussi parce qu'il n'est pas simple, aujourd'hui, de se dire passionné de jeux vidéos / chroniqueur de JV sans socialement passer pour un grand débile, comme il était difficile de se dire critique de bande dessinée dans les années 60.

Je pense qu'avec le temps, et étant donné la très large audience des JV, il n'y a aucun souci à se faire.
Waldotarie
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Waldotarie
Euh, non, pas de mystère, juste parce que j'ai vu un sujet qui m'intéressait et qui m'avait échappé dans ton bilan ! :D

Tu me rerappelle que je fois aller digresser chez Snake. J'y retourne. ^^
Dopamine
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Dopamine
C'est surtout la digression qui est intéressante en fait ;)

Sinon pourquoi est ce qu'il refait surface maintenant ? Mystère...
Jonah
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Jonah
Bon, j'ai un peu honte après ces pavés de commentaires argumentés, mais ce soir j'ai envie de faire dans la facilité.
Je n'ai donc qu'une chose à dire, ou plutôt à montrer :

Image IPB
Waldotarie
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Waldotarie
Diantre, cet excellent article m'avait échappé, ainsi que la (passionnante) digression qui en découle.
Je ne vois pas grand chose à rajouter là dessus (et c'est l'immense avantage d'arriver après la bataille, ne pas s'emmêler bêtement les pinceaux en commentaires, faisant étalage du bordel qui règne dans un coin de son cerveau), si ce n'est que je suis dans les grandes lignes d'accord avec vous concernant ce jugement sur ce qui est artistique et ce qui ne l'est pas. En somme, différencier le média de l'Art.
Et toute la discussion devient alors de définir ce qui est de l'ordre du média fonctionnel/artistique, ce qui reste relativement subjectif, nous en convenons tous.

Bon, je vais peut être relever cette digression que je fuyais discrètement chez Snake alors..
Spades
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Spades
Avec l'exemple de Polisse, j'avoue que ta pensée est plus clair pour moi et je partage ton opinion sur ce point. Mais par rapport à la volonté du spectateur/Joueurs au sein de nos visions, la c'est autre chose :
A l'heure actuel, les attentes du public sont tellement exacerbé par les branches Marketing, qu'eux même non plus consciences que ce qu'ils vont voir (ou jouer) n'a aucun points avec ce qu'ils aimeraient voir. On te promets un produit qui va changer ta vie et au final dans 90% des cas ça foire... J'en ai fait les frais il y a quelques semaines avec la série Breaking Bad que tout le monde me survend limite en étant la meilleur série du monde et au final, au bout de trois épisodes j'ai arrêté car ça c'est avéré être la pire expérience télévisuel de ma vie, je m'abstiendrais de tout jugement sur l'intégralité de la série du fait d'avoir regardé aussi peu d'épisodes mais le truc incroyable qu'on m'avait promis n'a même pas transpiré de ces 3 épisodes (en gros si je devais émettre un jugement sur ma courte expérience de cette série : c'est chiant, le personnage principal est absolument ridicule dans son accumulations de clichés pathos à la con, et si on devait extraire les trucs bien qu'il y a dans un épisodes de BB ou obtiendrais un épisode de Bref... Mais ce jugement est totalement biaisés par des attentes trop élevées et une expérience trop courte).

De la même manière, les effets de pensée de masse sont dangereux pour tous critiques. Il y a quelques années si tu jouais pas à Call of, t'étais pas un gamer. Aujourd'hui la mode est à une boboifications de la communauté gamer car si tu ne joue pas à des jeux indépendants tu est limite une sous merde qui n'a pas le droit à la parole... Le problème c'est que de nombreux joueurs n'arrive plus à faire à la différence entre un bon jeu et un jeu indépendant. Les deux ne sont pas forcement des synonymes et pour faire comprendre ça à certains c'est une épreuve de force.

Pour finir, la véritable difficulté pour les critiques c'est de faire comprendre qu'en fonction d'une oeuvre donné, un bon critique n'utilise pas du tout les mêmes outils intellectuel. Pour faire simple, à la télé on ne regardes pas un épisode de Secret Story de la même manière qu'on regarde un documentaire sur la Shoah, un bon critique c'est pareil, il ne jouera pas a Journey dans les mêmes dispositions d'esprit que lorsqu'il a joué a COD MW3, l'expérience n'est pas la même, le potentiel ludique non plus et les attentes encore moins. Certains, ici comme sur d'autres sites de JV, avant de critiquer que tel ou tel jeu a eut une meilleur notes que tel autre jeu, devraietnt essayés de se mettre à la place du critique et d'essyer de comprendre quelles ont été les mécanismes de pensées qui l'on mené a noter le jeu de tel manière au lieu d'insulter ce pauvre critique. ^^

En gros, pour un critique, le devoir limite obligé est de n'en avoir strictement rien à foutre du ressenti et des attentes des joueurs. De toutes manières les joueurs ouvriront leurs gueules de mécontentements. Le critique se doit d'exposer une opinion développée, réfléchie, documentée et argumentée, de manière à orienter le choix du joueur sans influé sur la décision finale d'achats : On est des grands garçons, c'est pas de la faute des critiques si on achètes des bouses...

ps: pour finir sur la notion d'art tu dis :

Pour moi, lorsqu'un objet provoque du sentiment, de la réflexion, il s'approche d'un objet d'art.

Le problème reste le même que dis plus haut, si tu as en parti raison sur l'histoire de la subjectivité et du ressenti, il ne faut pas non plus oublié une connaissance de l'art en question et donc l'utilisation des outils intellectuels adéquates. En gros, je n'y connais rien en terme de danse moderne, du coup quand je vois un type avec une béquille scotché sur le sexe qui tape des barres parallèles avec la susdite béquille, un connaisseur a beau m'expliqué ce qu'il veut comme quoi s'est une métaphore sur l'enéxorabilité de la chute de l'homme et de sa castration mentale par la société, moi je vois un gros psycho qui tape sur des barres parallèles avec une béquilles scotchés sur la bi**. ce que fait le monsieur c'est peut être super intelligent, mais moi je suis totalement inaptes à juger...
Zinzolin_Hallucine
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Zinzolin_Hallucine

L'art n'est pas dans les oeuvres mais dans le regard porté sur celles-ci, que ce soit celui des créateurs ou celui du public. Cela implique aussi qu'il ne peut pas exister UNE définition unique de l'art, ce qui explique pourquoi les philosophes, malgré des siècles de réflexion et de débat, n'ont pas été en mesure d'en produire une.



Hum ? C'est pas plus la capacité d'un œuvre à être vu sous différents angles par un nombre important de personne ? A ce moment là on peut considérer ceci comme de l'art ?

Et pour Dopamine, je ne crois pas que le jeu vidéo lambda ne peut procurer des sentiments vraiment profond comme la poésie ou la musique. Mais peut-être pourra-t-il avoir un propos comme je le rabâche souvent intégré subtilement à la narration ou au gameplay pour qu'on le considère comme un divertissement et moyen d'expression pour les créateurs. De l'art en somme.
Dopamine
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Dopamine
Merci d'avoir précisé ton propos, je suis content que nous puissions en discuter et nous comprendre.

En fait, nous disons la même chose, mais je n'ai probablement pas le talent / la manière de le faire passer assez clairement.

Nous avons la même analyse concernant la valeur artistique d'un média (en tout cas, je le vois à peu près comme toi). En revanche, ce qui manque dans nos (ma ?) vision(s) c'est aussi la volonté que le spectateur / joueur va avoir lorsqu'il souhaite se divertir et/ou se cultiver. Il y a tellement de chose à prendre en compte que je vais une fois encore être réducteur.

Je vais reprendre l'exemple de "Polisse". Je résume le film brièvement ; C'est l'histoire d'une brigade des mineurs, d'une bande de flics ni héros no pourris, juste des flics qui me semblent assez proches de la réalité (pour ce que j'en connais vu de l'intérieur aussi). Le film aborde plusieurs sujets, certains cocasses d'autres très durs, mais c'est un film de société. Il m'a touché et m'a remué parce qu'il s'approche de mon travail et a fait remonter des choses. Mais je ne l'ai pas aimé. Parce que je n'ai pas besoin d'avoir une souffrance affichée dans une fiction. J'en ai ma dose tous les jours. C'est pourquoi dans le billet j'en suis venu aussi à la façon de critiquer une "œuvre" et de rendre compte du film à ceux qui pourraient être intéressés.

Pour rebondir sur ta conclusion, non je ne considère pas que CoD ait la même valeur artistique que Journey par exemple (ce qui, comme tu l'a aussi dit ne prévaut pas de sa capacité à divertir). Mais il me semblait avoir déjà ouvert une porte vers cette évidence avec le passage sur la poésie. Pour moi, lorsqu'un objet provoque du sentiment, de la réflexion, il s'approche d'un objet d'art. Après, dans la mesure ou tout cela reste de l'ordre du subjectif on fait irrémédiablement jouer nos préjugés (qu'ils soient positifs ou négatifs)

Réflexion faite, c'est plus une différence entre potentiel ludique et artistique qu'il faut peut être faire dans le jeu vidéo ?
Spades
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Spades
@Dopamine : Si tu vois dans mes propos une forme d'agressivité, c'est bien malgré moi et je te pries de bien vouloir m'excuser si ça t'a géner, ce n'était pas mon but.
En développant mon point de vue sur ton article, comme je l'ai dit précédemment ce n'est pas le postulat, ni la conclusion qui me pose problème. Le jeu vidéo étant, à mes yeux, une forme possible d'art et le dénigrement que beaucoup font sur les forums, sous couvert de pseudo-élitisme Gamer, très fortement irritant.
Ce qui me dérange fortement, c'est cet avis fortement ancré dans les communautés Geek/Gamer qu'un objet culturel est forcement une oeuvre artistique que tu ressors en tentant de le justifier par un regard légèrement biaisé par tes convictions (de la même manière que mes propos ici, sont biaisés par les miennes bien sur ^^).
La différence entre ce que j'appelle un objet culturel (à défaut de terme plus adéquate) et une oeuvre d'art réside dans la volonté de l'auteur. Certains tentent de percevoir et de diffuser à travers leur oeuvres une vision du monde, des rouages de la natures, de la psyché humaine; alors que d'autres n'ont qu'un but de divertissement (ou fonctionnel dans le cadre de l'architecture et rien d'autres. Pour exemple, j'aime foncièrement le Seigneur des Anneaux de Tolkien, à l'époque de sa sortie beaucoup de personnes ont jugés ce livre comme étant une dénonciation des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, Tolkien lui même s'est toujours défendu de cela car selon lui sa volonté, à travers l'intégralité de son oeuvre à été de divertir les gens et de laisser à ceux qui avait réellement subit l'horreur de la guerre le droit d'en parler. Bien sur que son expérience du front lors de la Première guerre mondiale transparait, de la même manière que le coté anti-esclavagiste de Mark Twain est présent dans ses livres...mais l'un comme l'autre, ils n'avaient aucune volonté de dénoncer quoi que ce soit, juste de divertir. Leurs romans sont juste ça : des romans. De grand roman même de mon avis, et ce statut de simple roman, ne les rends pas moins noble que s'ils s'agissaient des plus grands trésors de la littérature mondiale.
C'est en cela que la définition de Canudo me pose problème, bien que juste, elle omet tout simplement l'intention de l'auteur. D'autant plus qu'a contrario des autres arts majeurs, le cinéma, comme le jeux vidéos et dans de nombreux cas, la BD, est le fruit d'une collaboration entre de multiples intervenants (réal/scénariste/directeur photo...etc) et chacun à des motivations différentes, qui souvent sont autres qu'artistiques. Entre faire un film d'art et d'essai et un blockbuster, le travail n'est pas le même. Un film d'art et d'essai peut nous paraitre mauvais, comme un blockbuster peut être un bon film, tout ça n'est qu'une question de sensibilité et de gouts. Mais mettre les deux sur un même pied d'égalité est-ce vraiment la même chose à faire? Doit on estimé que les films de Lelouch et ceux de Bay soient fait du même bois? Je suis désolé, mais même en respectant les gouts des autres, je ne peut pas l'admettre. La démarche même de la part des réalisateurs n'étant pas la même...
Comme tu peut le voir, mon problème avec ton article ne vient pas du fond en lui même, mais du cheminement même de ta pensée (qui est de surcroit très largement partagés). Que certains jeux soit des oeuvres d'art j'en conviens sans problème; que chacun est libre de jouer à ce qu'il à envie, que ce soit un jeu indépendant comme FEZ, que ce soit à un produit bien commerciale comme Angry Birds ou à un gros blockbuster comme Call Of Duty : Black Ops 2, non seulement je suis d'accord mais je le clame bien fort. Mais par contre qu'on juge un média comme étant un art dans son ensemble en omettant la démarche des auteurs eux même je trouve ça vraiment navrant et voire insultant pour ceux qui, dans cette industrie, ont une réelle démarche artistique.

Voila j'espère être clair dans mes propos, parce que même moi je me suis largués par moments ^^
Sinon, je réitère mes excuses pour l'agréssivité que tu as ressenti, bien malgré moi.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Grignann :

Bien sûr, je ne peux qu'approuver ce que tu ajoutes à mes mots.
Je m'efforce de me faire plus naïf que je ne suis vraiment pour ne pas sombrer dans le plus profond des désespoirs. ;)
Je m'efforce donc de croire que certains critiques utilisent tout leur potentiel, leurs artifices, leur talent, leurs connaissances et leur passion pour servir au mieux leur propos, rendre hommage à une oeuvre (par exemple) qui aura marqué profondément, plutôt que pour se la raconter dans les grandes largeurs.

Celui-là, par exemple : http://www.gameblog....ssus/tests/2908
Ou celui de Cathédrale, sur le même sujet.

Bien sûr, les rédacteurs donnent tout ce qu'ils ont, mais je veux croire que c'est pour servir le sujet, et non pour briller à leur tour.

Mais je suis conscient que j'idéalise peut-être un peu trop mon semblable. :)
grigann
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grigann

C'était le but.
Sur la question de l'art chacun aura sa chapelle ;)

Oh sur la question de la critique aussi, rassure-toi :D Mais c'est un débat un peu moins courant, donc plus rigolo :D
Dopamine
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Dopamine

D'ailleurs, je trouve que le post de Dopamine, s'il ouvre bien le débat, se trompe de sujet : savoir si le jeu vidéo c'est du lard ou du cochon, ce n'est pas très intéressant in fine. Par contre, savoir ce qui définit une "bonne" critique, ça l'est déjà beaucoup beaucoup plus.

C'était le but.
Sur la question de l'art chacun aura sa chapelle ;)
Dopamine
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Dopamine

La critique, la réflexion, le jugement de valeurs sont pour moi autant de marqueurs qui visent à accréditer le statut de jeu vidéo en tant qu'art.

@Ityfalik : Je n'essaie pas de dire qu'il faut juste se taire et accepter que les autres aient des goûts différents. Évidement que la discussion est intéressante et que c'est précisément ce qui est passionnant sur le sujet. En revanche lorsque je lis le nouvel obs cinéma par exemple et que je vois que le dernier nanar américain est une grosse merde en 5 ligne, ça n'apporte rien. Soit je me la joue nouvel obs fan et je me dis ces amerloques ils ne font vraiment que de la merde pour tirer du blé, soit je prends un peu de recul en me disant, mais on s’attend à quoi en allant voir ça ? Évidement que ce sera un film d'action sans fond.
Il y a des jours ou on a juste envie de s'en prendre plein la poire sans allumer le cerveau. D'autres ou ce sera plus profond et moins divertissant avec un film comme "Polisse" par exemple. Ce que je voudrais, c'est juste que même en gardant sa personnalité le type qui écrit prenne également du recul. Pour le jeu vidéo on finit tous par connaitre les rédacteurs, leur style, leur façon de s'exprimer. Ensuite on module les infos avec tout cela. Je vais bientôt parler d'un jeu d'avions qui, passerait pour une immonde bouse si on essayait d'être objectif. Moi je m'y suis attaché et je vais expliquer pourquoi. Mais j'aurais l’honnêteté de le dire. Pas juste lâcher un "quel merde ce jeu".

Le bouillonnement, la discussion c'est ce qui se passe en ce moment. En jetant un os dans la cour, j'ai vu une meute rabouler :)

Pour en revenir à ton article dans son ensemble, je trouve que c'est un exemple parfait du raisonnement par biais de confirmation, surtout, je pense, par manque de développement. (...) le jeu vidéo est un art, parce que ce dernier, comme le cinéma, pioche dans les arts dits majeurs pour son propre procédé de création est quand même léger comme argument (...) ta manière de procéder ici manque quand même de rigueur. Clairement tu n'a aucune volonté de procéder ici à une réflexion sur ton sujet, tout ce que tu sais est l'exemple même du " C'est moi qui dit la vérité. Point. Barre."... je trouve ça désolant.

@Spades : Ce que je trouve désolant c'est que tu estimes que le sujet soit assez grave pour le traiter comme une thèse de doctorat. Heureusement qu'en début de billet je préviens qu'il ne s'agit que d'un survol de la question... Si tu as envie de discuter sur le fond de la question, explique nous donc en quoi la définition de Canudo n'est pas appropriée pour le jeu vidéo. En définitive à part dire que la réflexion n'est pas assez profonde tu n'argumentes pas plus et surtout d'une façon plutôt agressive. Je ne fais qu'exposer ici une manière de voir les choses et d'entrevoir pourquoi on finit souvent par comparer autant le cinéma et le jeu vidéo. Juste en allant un peu en "amont". A te lire j'ai l'impression que je t'ai fait quelque chose de désagréable. Est ce le cas ?
grigann
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grigann

La critique est intéressante tant qu'elle ne perd pas de vue son inévitable subjectivité et que, par conséquent, elle ne se pose pas comme parole d'évangile, qu'elle accepte/tolère/encourage l'existence de points de vues différents, voire opposés, mais de valeur équivalente, au lieu de se poser comme la seule voie valable et de prendre le reste du monde de haut.
Lorsque cela arrive, cela témoigne non seulement d'une profonde méconnaissance de l'essence-même de la chose artistique (ce qui discrédite d'emblée), mais aussi d'une étroitesse d'esprit et d'un égocentrisme vertigineux, par lesquels les auteurs de ces critiques, loin de se servir de leur plume pour rendre hommage à l'art qu'ils prétendent défendre, se servent de cet art pour se rendre hommage à eux-mêmes.
Et malheureusement, de nos jours, une grande majorité des auteurs de critiques tombent dans ce travers-là : ça fait in, ça fait bath, ça fait tronche. Et puis ça évite d'avoir à créer soi-même... et à être confronté à la subjectivité impitoyable de la critique. in, bath et tronche

Alors autant les critiques honnêtes, sans prétentions, portées par une passion et un subkectivisme revendiqué, j'adore. Autant le reste, je ne lis même pas parce que si bien écrit que cela soit, ça ne le mérite pas.

Tu as quelques exemples de "critiques que tu ne lis pas parce qu'elles sont égocentriques" ? :D Plus sérieusement, je comprends ce que tu veux dire, mais à mes yeux, n'importe quel critique est d'abord un exercice égocentrique en diable : qui suis-je pour juger de la pertinence d'un jeu (ou d'un film ou d'un livre ou d'un disque) ? Toute critique n'est-elle pas d'abord un gigantesque exercice masturbatoire dans lequel on prend plaisir à trouver la bonne formule, l'approche intelligente, inédite, à soulever ce que personne d'autre n'a soulevé, pour le simple plaisir d'être lu ? Et est-ce important de savoir pourquoi l'auteur de la critique se livre à l'exercice de la critique ? N'y a-t-il pas une grande part de chaque oeuvre qui peut très bien être critiqué objectivement (réduisant par là même l'importance de la subjectivité dans la critique) ?

D'ailleurs, je trouve que le post de Dopamine, s'il ouvre bien le débat, se trompe de sujet : savoir si le jeu vidéo c'est du lard ou du cochon, ce n'est pas très intéressant in fine. Par contre, savoir ce qui définit une "bonne" critique, ça l'est déjà beaucoup beaucoup plus.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
La critique est intéressante tant qu'elle ne perd pas de vue son inévitable subjectivité et que, par conséquent, elle ne se pose pas comme parole d'évangile, qu'elle accepte/tolère/encourage l'existence de points de vues différents, voire opposés, mais de valeur équivalente, au lieu de se poser comme la seule voie valable et de prendre le reste du monde de haut.
Lorsque cela arrive, cela témoigne non seulement d'une profonde méconnaissance de l'essence-même de la chose artistique (ce qui discrédite d'emblée), mais aussi d'une étroitesse d'esprit et d'un égocentrisme vertigineux, par lesquels les auteurs de ces critiques, loin de se servir de leur plume pour rendre hommage à l'art qu'ils prétendent défendre, se servent de cet art pour se rendre hommage à eux-mêmes.
Et malheureusement, de nos jours, une grande majorité des auteurs de critiques tombent dans ce travers-là : ça fait in, ça fait bath, ça fait tronche. Et puis ça évite d'avoir à créer soi-même... et à être confronté à la subjectivité impitoyable de la critique. in, bath et tronche

Alors autant les critiques honnêtes, sans prétentions, portées par une passion et un subkectivisme revendiqué, j'adore. Autant le reste, je ne lis même pas parce que si bien écrit que cela soit, ça ne le mérite pas.
Spades
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Spades
"Ne devenons pas aussi « bêtes » que les publics et les critiques de certains autres divertissements"
Malheureusement il suffit de trainer sur les forums pour voir que c'est déjà trop tard...
Pour en revenir à ton article dans son ensemble, je trouve que c'est un exemple parfait du raisonnement par biais de confirmation, surtout, je pense, par manque de développement. Comparer le cinéma et le jeu vidéo pour se permette de justifier le postulat que le jeu vidéo est un art, parce que ce dernier, comme le cinéma, pioche dans les arts dits majeurs pour son propre procédé de création est quand même léger comme argument.
Je ne nie pas que le jeu vidéo est un outil culturel, un média de diffusion noble et parfois même un art, mais ta manière de procéder ici manque quand même de rigueur. Clairement tu n'a aucune volonté de procéder ici à une réflexion sur ton sujet, tout ce que tu sais est l'exemple même du " C'est moi qui dit la vérité. Point. Barre."... je trouve ça désolant.
Ityfalik
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Ityfalik
J'aime beaucoup l'idée de l'article mais suis en total désaccord avec ta dernière partie et ta conclusion. La critique, la réflexion, le jugement de valeurs sont pour moi autant de marqueurs qui visent à accréditer le statut de jeu vidéo en tant qu'art. L'art est affaire de goût, cela n'a pas empêché d'éminent critiques de cinéma, entre les Cahiers du Cinéma et Positif, de se livrer une guerre de fond, théorique et intellectuelle sur le cinéma. Savoir ce qu'il était fondamentalement, savoir dans quelle direction il allait, savoir ce qui en faisait sa valeur etc. La peinture est un art, ça n'a pas empêcher une pléthore de sommités intellectuelles et artistiques de mener des batailles de la pensée pour légitimer un courant plutôt qu'un autre. Tout ça pour dire que si le jeu-vidéo est un art, alors il devra assumer le dissensus, le débat de fond, le bouillonnement, les réactions épidermiques, à même titre que le cinéma, la littérature ou la peinture. Je suis moi-même étudiant en cinéma (et j'ai beaucoup travaillé sur le cinéma primitif et notamment sur la classification de Canudo) et ce qui me fait vibrer, c'est justement de pouvoir sortir d'une salle de cinéma avec un pote et dire "quelle grosse bouse ce film" là où mon pote me déclarera qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre. Alors, irrités et irritants, nous entamerons un débat de fou musclé, au secours d'arguments bons ou mauvais, valables ou non, et on parlera avec ses tripes. Parce que justement l'art, c'est quelque chose de trop important pour ne pas mettre à mal son épiderme. Si le jeu-vidéo peut créer les mêmes réactions (avec un tant soit peu d'intelligence, j'en conviens), et bien peut-être alors s'agit-il d'un art !
BlackLabel
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BlackLabel

Plonger au plus profond des sentiments pour en atteindre le cœur est en effet le but de la poésie.



La poésie n'a pas de but, vu qu'elle n'a ni conscience, ni volonté. Ce sont les poètes qui ont un but à travers la poésie. Plonger au plus profond des sentiments ? Pas sûr que ce fût l'objectif d'un La Fontaine ou d'un Francis Ponge.


On y trouvera des choses consensuelles, des expériences étonnantes, des divertissements faciles et des nanars plus ou moins assumés. C'est aussi ce qui fait la richesse et le sel du jeu vidéo et rends la critique difficile.


Je comprends pas trop le lien entre la diversité du jeu vidéo, et la difficulté de le critiquer.
Les difficultés du critique me semblent personnelles ; a-t-il une bonne connaissance de son sujet, un bon esprit d'analyse, une culture générale assez étoffée pour englober l'objet de sa critique dans un ensemble plus vaste quand c'est pertinent ?
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Classieux. Celui-là, il faut qu'il soit en home aussi. ;)

Et avant que la suite des coms ne se transforme en foire d'empoigne sur le thème "art ou pas art ?" (j'en vois certains venir, ;) ), je rappelle à toutes fins utiles que l'art est un concept, à savoir : une abstraction, une invention humaine fondée sur des critères subjectifs, et qui ne renvoie donc à AUCUNE réalité objective, ce qui implique qu'il n'existe pas de vérité absolue à son sujet. L'art n'est pas dans les oeuvres mais dans le regard porté sur celles-ci, que ce soit celui des créateurs ou celui du public.
Cela implique aussi qu'il ne peut pas exister UNE définition unique de l'art, ce qui explique pourquoi les philosophes, malgré des siècles de réflexion et de débat, n'ont pas été en mesure d'en produire une.

Par conséquent, ce qui sera de l'art pour certain n'en sera pas pour d'autres, et vice versa.

Se déchirer sur le thème "art ou pas art ?" serait par conséquent une perte de temps. En dépassant cette impasse qui ne pourrait amener (comme d'habitude) qu'à des ergotages sans fin, on peut constater (objectivement, cette fois) que le jeu vidéo est le produit d'un acte créatif, comme toute oeuvre reconnue comme telle, ce qui devrait suffire à donner raison à cet article. Bien sûr, ensuite, on peut nuancer, établir des gradations en fonction du talent ou de l'intention des auteurs (créative ? Commerciale ?), mais n'en est-il pas ainsi dans tous les domaines artistiques ?

Édito

La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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