L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

La nuit était tombée. Les roches de couleur orangée s'étaient transformées en silhouettes inquiétantes aux formes improbables. Le soleil ne laissait entrevoir qu'un filet de lumière s'échappant de l'horizon, tandis que la lune commençait à éclairer ce paysage désertique d'une lumière blafarde.
Au loin une lueur faisait fuir les animaux aux alentours. Je m'approchais tranquillement du feu de camp, où un couple était assis, profitant de la chaleur du feu, sur lequel chauffait une marmite pleine d'une mixture bouillonnante.
" Tu veux te joindre à nous, l'ami?" demanda l'homme d'un air souriant. Des américains égarés dans Diez Coronas. Il avait l'air fatigué mais détendu. Sa femme souriait tant bien que mal mais ne parvenait pas à cacher des blessures encore trop récentes.

- Merci, vieil homme, j'ai trouvé deux-trois lapins dans les parages, si tu veux en prendre un..." répondis-je, mais l'homme fit un signe de la tête.
- C'est gentil, l'ami, mais croiser des gens un minimum honnête dans le coin, c'est déja une belle récompense!
Je pris place autour du feu et la femme me servit un bol de potage. L'odeur d'herbes et de viande pas toute fraîche envahissait mes narines. Même si c'était immonde, l'hospitalité de ce couple suffisait à donner le goût du paradis à n'importe quelle nourriture. Nous discutâmes jusque tard dans la nuit, sur la raison de leur fuite de l'Amérique, sur la région et ses dangers, sur la révolution mexicaine qui se préparait quelque part. Je fis part de mes contacts ici et là, et des gens que j'avais rencontrés jusque là...


La chance. Elle m'avait abandonné depuis que j'ai posé le pied à Blackwater, accompagné par deux sbires du gouvernement aux méthodes douteuses. Ces "chapeaux-melons" avaient embarqué ma femme et mon fils pour m'obliger à ramener mort ou vif les membres de la bande à Williamson.
Bill. Et surtout Dutch. Ces traîtres m'avaient laissé pourrir sur le bord de la route, préférant continué à faire ce qu'ils pensaient être "juste". Un drôle de mot. Moi-même je n'étais plus sûr de sa définition. Le train me conduisit dans un petit coin paumé appelé Armadillo. Après quelques petites péripéties plus ou moins graves, j'en étais venu à rencontrer quelques personnes qui pouvaient m'aider à retrouver Bill. Le marshal du coin était un brave type, mais trop attaché à ses principes pour se laisser porter sur mes écarts. Il restait bien Bonnie et son ranch, mais elle avait déja suffisamment de soucis comme ça.

Au début, je continuais à parcourir les plaines désertiques du coin. Armadillo et ses environs regorgeaient de bêtes sauvages en tout genre et je pouvais en profiter pour chasser quelques animaux pour en tirer un peu d'argent. Mais les loups se déplaçaient souvent en meute et s'en prenait d'abord à ma monture. Bob. C'était le nom que je lui avais donné. Court, simple. Sauf que ces "Bob" se sont succédés à la vitesse d'une balle de revolver. Bob I était mon premier cheval. Je me suis rendu compte qu'il nétait pas si exceptionnel quand il s'est noyé à Thieves Landing lorsque je l'ai sifflé. J'ai dû acheter Bob II au marchand du coin, un gars vraiment douteux. Il m'a affirmé que le cheval était issu d'une grande famille écossaise et que c'était le plus rapide de l'Ouest. J'en étais persuadé à son haleine de whisky frelaté. Mais aussi quand il n'a pas aperçu le train qui fonçait sur lui au moment où il traversait les rails pour me rejoindre.

Me méfiant des vendeurs à deux sous, Bob III fut dompté par mes soins. Un Welsh Moutain. Il fut docile et obéissant. Il a tenu plutôt longtemps, jusqu'au jour où il tomba, raide mort. Je cherchais à ce moment le tireur du regard, mais je me rendis compte qu'il avait succombé des blessures de nos nombreuses batailles. Il faut dire que 13 bastos dans le ventre, ça vous retourne n'importe qui, même un cheval.
Bob IV fut tué par une saleté de cougar. Bob V arriva assez vite en remplacement juste après (je ne sais comment d'ailleurs), mais fut tué par le même cougar et tomba mort sur Bob IV. Bob VI était pas vraiment futé, et à chaque fois que je le sifflais, cet ahuri trouvait le moyen de s'éloigner à chaque fois que je voulais grimper dessus. Il se sacrifia (malgré lui) en servant de repas à un grizzli pour que je puisse l'abattre. C'est Bob VII qui devint mon fidèle compagnon, un magnifique Trotteur Américain à la robe aussi noire que les couleurs de la nuit...


Le vieil homme s'assoupit, et sa femme me tendit une tasse de café. Mes histoires étaient passionantes mais le couple était éreinté. Je m'installais sur le sol aride et poussiéreux et bascula mon chapeau sur le visage, puis ferma les yeux...
Je me réveillai le matin aux premières lueurs de l'aube. Les cendres fumaient encore et le couple n'était plus là. Je vérifiai dans ma besace et constata la disparition de toutes mes économies. Je rageais mais songeai au fait qu'ils auraient pu m'égorger dans mon sommeil. Au final, ce n'était pas des mauvais bougres, ils essayaient juste de survivre dans ces régions impitoyables.

Je montai sur Bob VII et prit la direction d'Escalera. Un étrange capitaine de l'armée m'avait affirmé qu'il avait enfin trouvé Bill. Même si j'avais du mal à le croire, c'était ma seule piste. Je pris la direction de l'ouest et galopa le long des sentiers, entre ces curieuses excroissances rocheuses. Le soleil tapait fort et les couleurs ocres du désert se transformaient peu à peu en un immense lac blanc, gorgées de broussailles et d'arbres morts.
Je passais à côté de Las Hermanas, un couvent de bonnes soeurs qui paraissait le seul endroit honnête du coin. Au loin, une diligence était arrêté sur le bas-côté, et une femme me fit des signes pour m'arrêter.
- Hola, senor! On s'est fait attaqué par des banditos! cria la jeune femme.
Son magnifique accent espagnol me fit mettre pied à terre, juste au moment où quatre pillards se redressèrent et sortirent de derrière la cariole, en braquant leur revolver sur moi. J'eus juste le temps de rouler derrière le rocher le plus proche avant qu'ils commencent à tirer et à cribler de balles ce pauvre Bob VII qui s'effondra aussitôt dans un hennissement de douleur.
- Merde, il était pas mal, celui-là... jurai-je.


Je dégainai mon Volcanic, et basculai sur le côté pour tirer sur le bandit le plus à gauche. La balle le toucha sur la jambe et il s'effondra sur le sol, criant de douleur. Je tirai une nouvelle fois dans sa tête pour l'achever avant de me remettre à l'abri, sentant les balles fuser de justesse près de mon visage. J'entendis des "Dios mio!" et des "Cabron!" chargés de colère. La poussière environnante et l'éclat du soleil sur le sol ne jouait pas en ma faveur. J'entendis des bruits de pas se rapprocher malgré les tirs répétés de mes adversaires. Je rapprochais mon flingue et ferma les yeux, en essayant d'isoler le bruit des pas. Je pris une grande inspiration, sortis de ma cachette et m'élançai vers le bandito le plus courageux qui voulait me faire sortir de mon trou. Le gaillard ne comprenait pas ce qui lui arrivait: je le saisis par le col de sa chemise, plaquai l'extrémité de mon pistolet sur son ventre et tirai deux coups. Le sang vola derrière lui, éclaboussant la diligence. Je pus rapidement voir son visage déformé par la douleur avant qu'il se prenne trois autres pruneaux tirés par ses camarades qui, ne comprenant pas ce qu'il venait de se passer, tiraient au hasard. Je poussais son cadavre par terre et me plaqua derrière les portes de la diligence.

- Sors de là, gringo! Tu vas crever! cria un des deux bandits restants.
J'entendis les pleurs de la femme quelque part dans les parages. Je sortis des couteaux de mon veston, entrais discètement à l'intérieur du véhicule et balançai un projectile par la fenêtre dans le thorax d'un des bandits. Celui-ci s'effondra, tirant un dernier coup avec son revolver qui toucha par malchance son voisin de droite. Il fut touché à la cuisse et s'affaissa sur le sol. Je sortis tranquillement, rechargeant mon arme, tandis que le dernier pillard tentait d'attraper vainement son pistolet. Je tirais un coup sur son arme, qui fut repoussé au loin. L'homme bascula sur le dos, aveuglé par le soleil. Je me plaçai au-dessus de lui, mon ombre couvrant une partie de son visage qu'il tenta de cacher avec ses mains. Je tendis le revolver vers sa tête.
- Pitié... dit-il, avant que le coup parte et que sa tête bascule sur le côté, inanimé.
Le coup de feu résonna au loin. Le vent faisait virevolter mon poncho aux couleurs délavés. Des voluptes de poussières balayaient ce paysage désertique. Les pleurs de la femme me fit revenir à la réalité. Je m'approcha d'elle, mon flingue à la fin. La complice, assise par terre, recula de plus en plus contre la diligence en tentant de m'échapper.
- S'il vous plaît! Ils ont dit qu'ils me tueraient si je le faisais pas... Tenez! Prenez tout l'argent qu'ils avaient!!
Elle sortit une liasse de billets de sa robe. Je la regardais, presque compatissant. Sans un mot, je pris l'argent, le fourrai dans ma besace, embarqua sur un des chevaux des bandits et repartis en direction d'Escalera.


J'étais presque comme eux, auparavant. Pas de la même façon, mais pour les mêmes raisons. Alors que je croyais qu'on le faisait pour une juste cause. Mais au final, on était pareil. Ma demande de rédemption était encore trop rapide. Mais peut-être qu'au cours de mon voyage j'aurais l'occasion de rendre service pour me faire pardonner, et rattraper le temps perdu avec Abigail, et surtout mon fils, Jack.

Au loin, un homme me fit signe. Il était seul. Cette fois, je me ferais pas avoir. J'avais la main sur mon arme.
- Ayuda mé! S'il vous plaît, vous êtes Américain? Vous pouvez m'emmener à Chuparosa? Mon cheval s'est fait la malle! dit-il.
L'homme avait l'air honnête. Je baissa ma garde et l'invita à monter, lui tendant le bras pour grimper derrière moi.
- Vous avez de la chance, c'est sur mon chemin, répondis-je.
- J'ai surtout de la chance d'être tombé sur vous, étranger! C'est pas souvent qu'on rencontre des gens bien dans le coin...
- Si vous saviez, rétorquai-je, un sourire au coin des lèvres...


Voir aussi

Jeux : 
Red Dead Redemption
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