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Pamphlet

En flânant hier dans les allées sur-musicalisées de la Paris Games Week, j'ai eu l'immense plaisir de rencontrer et de discuter quelques minutes avec un des rédacteurs du site qui abrite désormais mon très cher et aimé blog sous son toit numérique (Gameblog pour les huîtres sous Prozac qui n'auraient pas suivi).

Mon interlocuteur, peut être pas intéressé mais poli, s'enquérait alors de mes occupations ce à quoi je répondais par la stricte vérité : je travaille dans le service marketing d'un éditeur de jeu vidéo. La lueur qui s'allume alors dans ses yeux me rappelle celle qui illumine la pupille d'un prêtre à la vue d'une vierge possédée. Cette fameuse lueur qui me dit que même assassiner des bébés phoques à coups de stylos Bic serait moins diabolique que de pratiquer mon activité professionnelle.

Même si un rire franc a immédiatement suivi, cette réaction spontanée est le signe que l'idée selon laquelle les départements marketing des éditeurs de jeu vidéo seraient constitués de VRP ne connaissant pas plus le jeu vidéo que Nadine Morano et vendant les jeux comme on vendrait de la crème pour les hémorroides, est encore largement répandue. Vous vous en doutez bien, je me dois de me révolter contre cette idée insultante et erronée.

Même si mon exemple n'est pas représentatif de l'industrie dans son ensemble, je puis vous assurer avec force et aplomb que l'on peut marier amour du jeu vidéo et marketing. L'idée fondamentale du marketing n'est pas de permettre à des Léa Passion Domptage de Champignons de se vendre. L'idée fondamentale du marketing n'est pas de mentir sur la qualité réelle d'un soft et de prendre les consommateurs pour des poules trisomiques. Le mensonge même le plus subtil serait de toute façon relevé par la presse spécialisée et par les premiers acheteurs et n'entraînerait qu'une publicité négative pour le produit.

Non, l'idée fondamentale du marketing du jeu vidéo est de donner toutes ses chances à un produit, de le faire connaître, de faire le lien entre l'équipe de développement créatrice de l'oeuvre ludique et les joueurs en quête d'expérience audiovisuelle. Certains répondront que la nouvelle vague de jeux vidéo indépendants ont connu un franc succès sans l'aide du marketing. Cette assertion est fausse pour plusieurs raisons. D'abord parce que ces produits sont le plus souvent disponibles sur le Xbox Live ou le Playstation Store qui ne sont in-fine que des magasins virtuels, des purs lieux de marketing où se rencontrent l'offre et la demande. Deuxièmement parce que ces jeux profitent de ce qu'on pourrait appeler le marketing naturel, c'est-à-dire le bouche-à-oreille, du support de la presse et de la visibilité des supports de communication du studio de développement (site internet).

Mais cela n'est pas tout. Même si ce qui suit ne va peut-être pas paraître très professionnel, il me faut le dire par souci de vérité et de démonstration. Un chef de produit (vous savez le VRP inculte là) est toujours beaucoup plus enclin à travailler sur la promotion d'un jeu s'il est impliqué émotionnellement dans le succès critique du produit. L'existence de cette implication nécessite alors deux choses: que le chef de produit aime le jeu qu'il promeut, et que donc par conséquent il soit amateur de jeu vidéo. Vous le voyez, la conséquence est double. Un, qu'un chef de produit sera moins efficace et motivé sur un mauvais titre et que la communication en sera donc moins réussie. Deux (bravo à ceux qui suivent), les éditeurs ont donc tout intérêt à recruter des passionnés de jeu vidéo dans leur département marketing, car ils n'en seront que plus objectifs et enthousiastes dans la communication de leurs jeux.

Cela ne veut bien sûr pas dire que vous verrez "Ce jeu est une merde" sur une jaquette de si tôt, mais que la population des chefs de produits est désormais composée en majorité de passionnées qui ont à coeur de ravir les joueurs et de pousser l'industrie dans son ensemble vers le haut.

Vidéoludiquement,

Arthur

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Commentaires

Rockolarea
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Rockolarea
Effectivement, ça n'a pas toujours été le cas, et effectivement c'est bien ainsi que tu avais conclu je le reconnais :)

En tout cas je suis très content d'avoir fait migrer mon blog chez vous même si, comme tu l'avais précisé encore fois, cela sera fait à la main.

La bonne prêche continuera, et sur bien d'autres sujets !
RaHaN
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RaHaN
Héhé, je vois que tu m'as pris au mot !

N'ai-je pas moi même soulevé précisément la même chose que ce premier billet que je salue, en concluant par un "ça n'a pas toujours été le cas" satisfait de constater que la situation change ? :)

Bienvenue en tout cas, que la bonne prêche continue !
Rockolarea
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Rockolarea
Oui j'avais commencé mon blog avant qu'ils ouvrent les blogs sur le site. Du coup je viens seulement de rapatrier. Les options de customisation sont très sympas en plus !
Hadzooks
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Hadzooks
Tiens, t'es sur Gameblog maintenant ?
Rockolarea
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Rockolarea
@eclypse: pas de souci envoi moi un message perso.

@akhesaa: c'est dans le line-up d'Ubisoft pour 2012 avec Léa Passion Pâté de Sable.
akhesaa
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akhesaa
Kikou - J'ai toute la collection, je suis une grande fan, et pourtant je n'ai jamais vu en magasin Léa Passion Domptage de Champignons. Tu peux me dire où tu l'as vu stp ? S'agit-il d'une édition collector ? merci pour les infos !!
eclypse
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eclypse
Yeah, quelqu'un qui est animé par les deux même chose que moi ! (le marketing et les JV).
C'est possible d'en savoir un peu plus sur ton metier ?(je suis encore etudiant)
(ta boite, tes etudes, comment tu t'es retrouvé là)

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Par Rockolarea Blog créé le 27/10/10 Mis à jour le 24/10/12 à 11h24

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Édito

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

Après une première année chaotique, il était temps pour moi et pour le blog de passer à une deuxième étape qui, je l’espère, sera plus stable que ces premiers mois de vie du blog. Alternant entre périodes d’activité intense et mort cérébrale, cette première saison de Be Awesome Be a Geek est avant tout pour moi une leçon qui devrait me permettre de vous proposer pour cette deuxième saison un contenu plus régulier, plus travaillé et plus ressemblant à ce que je veux faire de cette modeste aventure.

 

A priori donc, plus de petits articles par-dessus la jambe, plus de périodes d’inactivité prolongées, mais des articles construits, fréquents et, si Dieu le veut, drôles et intéressants. Du sport, du jeu vidéo, de la gastronomie, de la mauvaise foi et des blagues grasses : la vie donc.

 

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