Les apparences sont souvent trompeuses. Sorti
de nulle part, Deadly Premonition vient nous le rappeler. Car derrière sa
jaquette affreuse et son prix modique, se cache l’une des perles de ces
dernières années. Narguant et défiant le joueur, le jeu pousse d’ailleurs le
bouchon très, très loin. Mauvais élève, le bébé de Swery65 ne
manque jamais de sadisme et de cruauté. Mais, une fois l’histoire et le décor plantés,
Deadly Premonition récompense le joueur d’une expérience où l’émotion,
l'aventure et la poésie n'ont plus de retenue.
On aura beau dire qu’un soft est moche, bourré
de bogues, mais, avec un scénario et une ambiance solide, cela ne fait-il
pas de lui un bon jeu ? Acclamé des uns, hué des autres, Deadly
Premonition s’est partagé les louanges et les critiques. Le seul moyen de se
faire un avis juste était donc de s’y frotter. C’est ce que j’ai décidé de
faire, après avoir pris mon courage à deux mains, et je ne l'ai pas regretté
une seule seconde...
Œuvre surréaliste, ô
combien malicieuse, Deadly Premonition sait comment provoquer le joueur, et ce
dès les premiers instants ! Le premier choc est visuel ! Non, il n’y
a pas de quoi flatter votre rétine. On a affaire ici à un véritable déluge de
tares graphiques ; la modélisation des personnages reste médiocre, le
rendu des lieux est on ne peut plus désastreux, le tout étant bien évidemment
accompagné d'un aliasing et d'un clipping omniprésents. Ça brille, ça clignote
de toute part ! Les graphismes accumulent des années de retard et l'on se
demande comment un tel jeu s’est retrouvé sur notre vieille console, jusque-là
habituée à chauffer pour les Mass Effect et autres Gears of War.
Par contre, le
scénario du jeu retient l’attention et nous pousse à continuer, malgré cette
première impression de rejet. On incarne Francis York Morgan, agent du FBI qui
enquête sur le meurtre d'une jeune femme, Anna Graham, dans la ville fictive de
Greenvale. Sur place, il fera vite connaissance avec George Woodman, shérif
taciturne, sa belle adjointe Emily Wyatt et une galerie riche de personnages hauts
en couleur. Je vous laisse la surprise, car rater les rencontres insolites et
inoubliables que vous propose le soft sur fond de dialogues savoureux et
décalés serait sacrilège. Les similitudes avec la série culte Twin Peaks sont nombreuses et au
fur et à mesure de l’avancée du jeu, l’élève s’éloignera du maître pour nous offrir
une folle aventure, autant inoubliable que spéciale. Prêt à lever la lumière
sur cette affaire de meurtre et faire ressurgir le sombre passé de la ville
avec Zach, votre ami imaginaire, représentant de votre schizophrénie débridée ?
Comme vous aurez pu
le deviner, les développeurs d'Access Games ont plus d’un tour dans leur sac et
nous démontrent à plusieurs reprises leur « génie de la médiocrité »,
assumant avec talent et humour leur manque de moyens au service d’une expérience
aussi drôle qu'inoubliable. Ces derniers qualifient d’ailleurs leur progéniture
d’« Investigation Survival Horror
Open World Game ». Dans les faits, Deadly Premonition est un mélange
bouillonnant entre Shenmue, Silent Hill et Grand Theft Auto. Dès le
commencement de l’aventure, le joueur est libre d'explorer la ville et ses
alentours à pied ou en voiture. Les personnages vaquent à leur occupation,
chacun suivant son propre emploi du temps. Dans ce sens, il n'est pas étonnant
de pouvoir les suivre, leur parler et carrément les épier par la fenêtre.
De plus, le cycle
jour-nuit est bien géré et l’on peut l’accélérer grâce à la consommation de
cigarettes. Les magasins ont des horaires fixes d’ouverture et de fermeture. Pour
autant, les effets météorologiques ne sont pas en reste, se déclenchant
aléatoirement et nécessitant l’utilisation des essuie-glaces ou des phares lors
de la conduite. York doit aussi manger et dormir pour rester en pleine forme,
tout comme veiller sur son hygiène de vie. Les voitures demandent une
maintenance régulière, car elles consomment du carburant et peuvent subir des
dommages, les rendant inutilisables. Des petits détails de ce type qui viennent
enrichir l’aventure et parfois même l’alourdir, il y en a des dizaines.
Cette liberté a
malheureusement un prix. Gâchée par une technique et une jouabilité lacunaire,
l’exploration de Greenvale offre malgré tout quelques surprises comme des chemins
cachés ou des cartes de collection à obtenir et des missions secondaires. Mais,
on pourra plus compter sur notre impatience de connaître la suite de l’histoire
que sur notre envie de tout débloquer. L’avancée du scénario se fera donc sous
forme de missions ou d’épisodes constituant les huit chapitres de l’aventure. Pour
les activer, il suffit de se rendre à un lieu précis, indiqué sur la carte du
jeu un peu comme dans la série fétiche de Rockstar Games. D’ailleurs, les
développeurs prennent un malin plaisir à inverser par moment la carte, la
rendant inutilisable. Les épisodes se résument la plupart du temps à une
collecte d’indices, permettant à York de reconstituer les événements qui ont eu
lieu. De nombreuses séquences de combat et d’horreur viennent s’y greffer,
prenant la forme d’une plongée dans un monde altéré infesté de zombis. Bien
sûr, on aurait bien aimé cette diversité si les affrontements ne versaient
parfois dans un registre comique. Les phases de tir à la Resident Evil 4 sont hésitantes
et les gerbes de sang violâtres des ennemis renforcent cette impression. À
cette longue liste s’ajoutent les déplacements mécaniques et lourds de York. Seules
quelques scènes de poursuite ou de cache-cache avec un tueur fou font relever le
niveau de l'ensemble. En outre, la durée de vie générale du titre (plus de
quinze heures) se veut honorable et demande un peu plus de temps, si l’on
daigne à tout débloquer (quêtes annexes, cartes de collection…).
Au niveau sonore, les
compositeurs de Deadly Premonition ont fait du très bon travail, nous offrant
une large palette de musiques. Tantôt vives tantôt sombres et entraînantes !
C’est particulièrement vrai dans la mesure où elles sont plutôt variées (jazz,
folk, classique, opéra…). Seul le mixage sonore vient gâcher le résultat
final ; il faut dire que les développeurs utilisent à outrance les deux ou
trois thèmes principaux. Ainsi,
si un morceau gai et sympathique convient parfaitement à une discussion
innocente, comique et frivole, on s'étonnera de l'entendre lorsque l’ambiance
se veut plus pesante et sérieuse. Autre petit bémol, les dialogues deviennent parfois
inaudibles, avec le volume élevé de la musique. Si ce problème est réglé en
passant par le menu du jeu, celui de la synchronisation labiale le sera moins.
Le doublage reste par contre de bonne facture et la musique participe à
l’immersion du joueur.
Finalement, on ne
sait si tous ses défauts sont voulus de la part des bonshommes d'Access Games,
mais ce qui est sûr, c’est que ce tout permet au joueur de plonger pleinement dans
l’ambiance surréaliste et décalée du titre, digne d'une série Z. On retrouve
aussi avec joie ce qui avait fait la saveur pittoresque et intemporelle de Twin
Peaks. Quiconque y jouera, vous dira que Deadly Premonition n’est pas un jeu,
mais avant tout, une expérience. Bien sûr, on aura toujours affaire aux
détracteurs qui ne cesseront de pester sur les lacunes. Mais, ne les écoutez
pas, écoutez vous-même. Votre cœur de joueur va-t-il être charmé ? Pour le
savoir, foncez acheter Deadly Premonition qui ne coûte d'ailleurs qu’une
vingtaine d’euros ; ce n’est rien par rapport à ce qu’il va vous apporter.
Rien que le plaisir d’en apprendre un peu plus sur le mystérieux Zach, York et
son sombre passé justifie cet achat. Quelques minutes ne vous suffiront pas
pour juger le potentiel du soft, alors, patience…
Alors, non, je ne donnerais pas de note.
Deadly Premonition est intemporel, Deadly Premonition est unique, Deadly
Premonition est incroyable. C’est une véritable œuvre d’art qui rend tout
système de notation obsolète. Toutes ces scènes anthologiques, cette fin
irréelle… Depuis Metal Gear Solid 3, je n’avais pas ressenti cette alchimie
d’émotions indescriptible, suintant de tous les pores du jeu. Si le cinéma a
changé la vie de plusieurs gens, l’art vidéoludique en est aussi capable et
Deadly Premonition n’est qu’un exemple parmi tant d’autres (Ico, Braid, Final
Fantasy 7, Metal Gear Solid 2…).
« Ce jeu est aussi un moyen de séparer
le bon grain de l'ivraie : d'un côté, les passionnés du jeu vidéo qui lui
laisseront au moins sa chance quelques heures. De l'autre, Kévin et ses potes,
ceux qui jetteront la boîte en s'écriant : “Bouh cäy pas beau ! Je
retourne sur Black Ops”. » Joueur anonyme
Note : Aucune (pour ne pas mettre de 20/20).
Mot de la
fin : Génial,
intemporel, intelligent !!!
Les détracteurs peuvent avoir apprécié. J'ai bien aimé certains aspects du jeu, pourtant je le conseille pas à grand monde. J'ai développé mon avis sur mon blog http://www.gameblog....eu-schizophrene
J'ai commencé le jeu hier. C'est très moche (même si les visages sont plutôt corrects), les déplacements lamentables comme le système de combat, mais je suis happé par la bizarrerie de l'ensemble et je dois avouer que les premiers zombies m'ont quand même fait flipper (avec leurs pleurs, leur posture renversé et leurs visages grotesques). Reste à voir si à l'instar d'un Fragile (Wii), la jouabilité misérable ne va pas me pourrir le jeu et m'empêcher de le finir.
Je ne compte pas y jouer parce que je sais que les défauts vont me pourrir le jeu, mais après avoir lu ton test et celui d'Upselo (pub discrète pour billets discrets ^^ ), c'est quand même dommage que des jeux comme ça jouissent pas d'un meilleur budget. Autant Alan Wake ça m'intéresse vraiment pas, je sens trop le jeu fade qui surfe sur un côté arty auprès des joueurs, autant celui-là, même si c'est pas mon genre de jeux, c'est quand même un truc qui pique ma curiosité, qui a l'air vraiment inspiré et bourré de vraies idées.
En tant qu'homme, Deadly Premonition agit comme une femme dont on première abord on ne trouve rien de particulier. Elle n'est même pas quelconque, mais limite disgracieuse. Et puis tu te mets à la côtoyer et tu la trouves de plus en plus fascinante, au point de ne fréquenter qu'elle à longueur de journée. Voilà pour la comparaison
Deadly Premonition est bourré de défauts, certes, et pour cette raison, je ne peux pas le conseiller au tout venant. Sa forme, son imperfection le rend assez inaccessible. D'autant plus que le jeu défie et se joue de la grille critique. Pas beau, absurde, un level design faiblard, il a tout pour récolter une mauvaise note.
Mais il nous accroche comme jamais. Parce qu'il sait inscrire le joueur dans le quotidien déjanté de personnages dans une sorte de huis-clos, parce qu'il mène de main de maître sa relation entre monde ouvert et narration, parce que le jeu n'épargne jamais le détail, parce que les personnages, principaux ou secondaires, sont plus charismatiques que n'importe quel autre jeu, parce que les dialogues sont des merveilles et la relations développeur/joueur est extra, via le double schizophrénique de York.
Le jeu sait jouer sur différents registres, allant du comique à l'absurde en passant par la simple vie quotidienne, l'histoire personnelle ou même le surnaturel.
En fait, ce qui me plaît, c'est que le jeu est terriblement ambitieux, qu'il propose quelque chose de particulier, et qu'il ne cherche pas à être lisse pour être critic-proof. J'admire ce courage.
Pour le coup de la map qui s'inverse j'ai lu dans une interview de Swery qu'ils ont voulus faire ca expres pour faire style c'est York qui tient la map das les mains et la prends dans differents sens, ca prouve a quel point ils sont tordus ^^
Sinon c'est vrai que DP est ce genre de jeux qui marquent a vie, perso j'ai pris un rare plaisir a la finir (un peu comme Michigan Report From Hell de Grasshopper Manufacture, c'est bourré de defauts mais si genial en meme temps).
C'est surtout suivre l'enquete c'est si bon, on est immergés a fond jusqu'au bout, et en fin de compte quand a la fin on decouvre les coupables ben on est sur le cul car c'etait si finement ficelé et ecrit le scenario.
Et York est ultra charismatique comme heros, franchement c'est rare sur cette gen. On est York mais en meme temps on l'accompagne (on est Zach et York s'adresse a nous directement), on est York et Zach en meme temps mais au final on est bien le joueur, c'est si finement rendu.
Les gros details comme la nuit une fois minuit passé Greenvale sombre dans une sorte de monde obscure, y a des chiens geants et des zombies sont de partout c'est juste excellent ce sentiment de danger. Ou meme quand il pleut York met son poncho anti pluie du FBI.
Swery est un genie a placer a coté des Suda 51 et autres, y a rien a dire, si en fait qu'il refasse un jeu de ce calibre.
Moi au debut quand le jeu a été presenté je croyais que ce serait un petit jeu jap vite fait bien fait sans liberté ni rien, mais au final c'est une vraie exeperience unique et bombe atomique qu'on a a l'arrivée, malgré tout ses defauts.
D'ailleurs, j'attends avec impatience le prochain jeu de Swery65. Il recherche à l'heure où j'écris ces lignes des investisseurs. Ce mec a du talent, il ne lui manque plus que du fric. C'est dommage de voir tant de développeurs talentueux manquer de moyens pour concrétiser leurs idées ambitieuses. Alors, que devant eux, Molyneux et compagnie se la pètent. La vie n'est pas juste !
En parlant de Killer7, je trouve que Suda51 est retombé bien bas avec Shadows of the Damned. C'est un peu dommage ! Kojima a bien dit sur l'obsession japonaise : « En grossissant les traits, les Américains aiment les jeux où vous avez une arme et vous devez tirer sur des extraterrestres. Si vous ne comprenez pas pourquoi c’est amusant, alors vous ne devriez pas faire des jeux pour le marché international, ce n’est pas la peine. Ce que je veux dire par là, c’est que les Japonais devraient se demander « pourquoi des extraterrestres ? » Mais les Américains doivent également répliquer en se posant la question « pourquoi les jeux japonais présentent des combattants au look androgyne avec de grandes épées ? ».
/Je me demande si mon article sera sélectionné par la Rédaction ? (ça devrait exploser le nombre de lecteurs ; j'ai envie que les gens s'essayent au jeu)/ http://www.gameblog....-nouveau-projet http://www.metalgear...ctions-487.html
En ce qui me concerne c'est un des jeux les plus marquants que j'ai pu faire. L'histoire est hors du commun, originale, bien menée et les personnages...mythique. La relation avec Emily, il faut la voir. Et ça ne tient pas qu'au fait des cinématiques, ça tient aussi au scénario d'enquête, et au grande phase de solitude à conduire avec cette maniabilité exécrable pendant de longues minutes.
Alors oui le jeu est nase en terme technique (même bien pire que ça) il est frustrant niveau gameplay avec ses phases de shoot complètement sorties de nul part, mais pour moi il est plus marquant qu'un Alan Wake par exemple malgré cela...ce qui me suffit à dire que c'est un très grand jeu. Extrêmement mal dégrossi, mais un très grand jeu quand même.
Bonjour,
Oui, Deadly Premonition est un jeu marquant. Ses défauts plomberaient n’importe quel autre titre mais il arrive à intéresser le joueur, à le tenir en haleine. Et ceux, grâce à un scénario ficelé et une ambiance pittoresque...
Mais, croire que « l'histoire est est hors du commun, originale » est un poil excessif et exagéré. Pour quelqu'un qui n'a jamais vu Twin Peaks, je le comprends bien. Mais, il faut se rendre à l'évidence :
1 - Le scénario de DP n'est pas le meilleur. (J'ai vu mieux ; par exemple, Metal Gear Solid 3 frôle la perfection dans ce domaine avec des personnages travaillés et une mise en scène époustouflante.)
2 - DP n'a pas tout créé.
Pour saisir les influences du bébé de Swery65, un petit détour outre-Atlantique est nécessaire. Allez, un seul nom : Twin Peaks. Rainy Woods, la première ébauche de DP, avait carrément le statut de plagiat. Les deux nains, l'agent du FBI... Tout renvoyait au chef-d'oeuvre de David Lynch.
Je dirais même, proportions prises, que « DP est du Twin Peaks en moins bon ». Un seul épisode suffirait à te convaincre. Swery65 aurait pu être plus mature et original. C'est un peu comme Heavy Rain, un copié-coller de Seven.
Il est difficile de t'illustrer cela, si tu ne connais pas cette série. Par exemple, les scènes dans le monde altéré et ce côté nanardesque font tâche, surtout vers la fin. Alors que TP introduisait quelques éléments fantastiques inédits (chambre rouge...), Deadly Premonition n'invente presque rien.
Alors, oui, tu vas me dire Zach mais dans la série de Lynch, Dale Cooper parle à son magnétophone, etc. Il y a pleins de choses comme ça. Donc, niveau originalité, bof !
Mais, l'histoire de DP reste quand même intéressante, bien ficelée et sympathique de bout en bout. Les personnages sont quant à eux à la hauteur de leur aîné et le jeu réserve quelques surprises.
En bref, DP est intelligent et intemporel. C'est le Twin Peaks du jeu vidéo mais le scénario n'est pas aussi révolutionnaire pour un connaisseur. N'y allons pas par quatre chemins, transposer l'atmosphère de cette série mythique, est déjà incroyable.
Espérons juste que le prochain projet des messieurs nippons continue sur le bon chemin.
Je suis assez d'accord avec Hopper. Je crois que ce qui fascine dans DP, c'est bien son aspect Twin Peaks. L'ambiance décalée, la bourgade américaine avec son petit bar à l'américaine où on vous sert du café cafetière, la bizarrerie de l'enquêteur, l'aspect horreur surnaturelle qui surgit au milieu d'un contexte qui semble banal (mais qui ne l'est pas tant que ça, comme dans la série, car tous les personnages se trimbalent une personnalité bien barrée quand on les découvre d'un peu plus près, cf le lieutenant de police et sa fascination délirante pour les papillons), la découverte macabre des victimes qui choque tout un village.
Il y a de l'humour, humour bien barré soit dit en passant, du gore, une sacrée épaisseur de mystère, et puis cette ambiance champêtre qui nous donne à voir un autre visage des USA que celui qu'on voit d'habitude avec New York.
La recette de Twin Peaks, en somme^^. C'est précisément ce que j'ai adoré dans ce jeu, et voilà pourquoi j'ai pris tout mon temps pour y jouer, voilà pourquoi j'ai trainé dans chaque rue en allant coller un oeil indiscret derrière les fenêtres (géniale, cette option, elle réserve quelques surprises^^) : j'avais le sentiment d'être l'agent Cooper, j'avais l'impression de JOUER à Twin Peaks. Et quand on connait bien cette série culte, quand on l'a adorée comme j'ai pu l'adorer, alors c'est un morceau de bonheur en barre qu'on nous offre, malgré la centaine de défauts gênants dont le titre est encombré !
Oui bah c'est pas grave et ce n'est un secret pour personne que DP est une adaptation libre et officieuse de Twin Peaks, avec une réappropriation toute japonaise cependant.
Une inspiration non assumée par les développeurs. Ou du moins de manière discrète. Je tiens à le signaler. D'autres avis sur le test ? J'aimerais m'améliorer. Comment trouvez-vous le style, c'est agréable ou chiant à lire ? Mise en page et etc.
Hopper: je ne pense pas que Suda 51 se soit perdu, Shadow of the Damned est une commande d'EA mais Suda s'occupe surtout du scenario et de l'univers, de ce coté ben on a du vrai Suda 51, du grand n'importe qui completement genial.
Le coté shoot c'est du Mikami et c'est son truc depuis RE 4, PN07 ou Vanquish.
Pour revenir a Deadly Premonition je dirais que son enorme puissance se pose dans l'immersion, elle est geniale, le fait de devoir se raser, dormir (le temps passe en temps réel), manger, boire, et que l'on suive tout les deplacements du perso, genre le matin on sort de l'hotel et on roule jusqu'au comissariat etc ben c'est excellent, on se sent vraiment libre et investi.
Le cadre du jeu est frais aussi, ce genre de petite bourgade isolée au milieu des USA c'est un univers vraiment excellent et original, surtout parfait pour un thriller et jeu d'enquete du genre.
C'est un jeu qui nous tiens en haleine d'une belle facon, des l'arrivée de York a Greenvale jusqu'a son depart, on a envie de connaitre le coupable.
Bon je sais pas ce que prepare Swery 65 mais tres franchement faut que ce soit du meme calibre et il n'aura aucun mal a trouver des investisseurs.
A voir comment ce jeu au premier abord peu ragoutant à su donner de lui même au point de se former un noyau dur de fan... ça me pousse irremediablement vers lui. Et apres la lecture complete de ce texte, encore plus. Je me reconnais entièrement dans les references et l' univers abordé.
j'aime pourtant les scenarios à la David linch
Mais bien que de passer pour un beunnet, que ce soit killer 7 ou deadly prémonition, je ne comprend rien !
30/06/2011, 18:36
30/06/2011, 18:56
30/06/2011, 19:03
30/06/2011, 19:51
01/07/2011, 09:38
Deadly Premonition est bourré de défauts, certes, et pour cette raison, je ne peux pas le conseiller au tout venant. Sa forme, son imperfection le rend assez inaccessible. D'autant plus que le jeu défie et se joue de la grille critique. Pas beau, absurde, un level design faiblard, il a tout pour récolter une mauvaise note.
Mais il nous accroche comme jamais. Parce qu'il sait inscrire le joueur dans le quotidien déjanté de personnages dans une sorte de huis-clos, parce qu'il mène de main de maître sa relation entre monde ouvert et narration, parce que le jeu n'épargne jamais le détail, parce que les personnages, principaux ou secondaires, sont plus charismatiques que n'importe quel autre jeu, parce que les dialogues sont des merveilles et la relations développeur/joueur est extra, via le double schizophrénique de York.
Le jeu sait jouer sur différents registres, allant du comique à l'absurde en passant par la simple vie quotidienne, l'histoire personnelle ou même le surnaturel.
En fait, ce qui me plaît, c'est que le jeu est terriblement ambitieux, qu'il propose quelque chose de particulier, et qu'il ne cherche pas à être lisse pour être critic-proof. J'admire ce courage.
01/07/2011, 15:28
Sinon c'est vrai que DP est ce genre de jeux qui marquent a vie, perso j'ai pris un rare plaisir a la finir (un peu comme Michigan Report From Hell de Grasshopper Manufacture, c'est bourré de defauts mais si genial en meme temps).
C'est surtout suivre l'enquete c'est si bon, on est immergés a fond jusqu'au bout, et en fin de compte quand a la fin on decouvre les coupables ben on est sur le cul car c'etait si finement ficelé et ecrit le scenario.
Et York est ultra charismatique comme heros, franchement c'est rare sur cette gen. On est York mais en meme temps on l'accompagne (on est Zach et York s'adresse a nous directement), on est York et Zach en meme temps mais au final on est bien le joueur, c'est si finement rendu.
Les gros details comme la nuit une fois minuit passé Greenvale sombre dans une sorte de monde obscure, y a des chiens geants et des zombies sont de partout c'est juste excellent ce sentiment de danger. Ou meme quand il pleut York met son poncho anti pluie du FBI.
Swery est un genie a placer a coté des Suda 51 et autres, y a rien a dire, si en fait qu'il refasse un jeu de ce calibre.
Moi au debut quand le jeu a été presenté je croyais que ce serait un petit jeu jap vite fait bien fait sans liberté ni rien, mais au final c'est une vraie exeperience unique et bombe atomique qu'on a a l'arrivée, malgré tout ses defauts.
01/07/2011, 15:31
01/07/2011, 16:53
En parlant de Killer7, je trouve que Suda51 est retombé bien bas avec Shadows of the Damned. C'est un peu dommage ! Kojima a bien dit sur l'obsession japonaise : « En grossissant les traits, les Américains aiment les jeux où vous avez une arme et vous devez tirer sur des extraterrestres. Si vous ne comprenez pas pourquoi c’est amusant, alors vous ne devriez pas faire des jeux pour le marché international, ce n’est pas la peine. Ce que je veux dire par là, c’est que les Japonais devraient se demander « pourquoi des extraterrestres ? » Mais les Américains doivent également répliquer en se posant la question « pourquoi les jeux japonais présentent des combattants au look androgyne avec de grandes épées ? ».
/Je me demande si mon article sera sélectionné par la Rédaction ? (ça devrait exploser le nombre de lecteurs ; j'ai envie que les gens s'essayent au jeu)/
http://www.gameblog....-nouveau-projet
http://www.metalgear...ctions-487.html
02/07/2011, 12:29
Alors oui le jeu est nase en terme technique (même bien pire que ça) il est frustrant niveau gameplay avec ses phases de shoot complètement sorties de nul part, mais pour moi il est plus marquant qu'un Alan Wake par exemple malgré cela...ce qui me suffit à dire que c'est un très grand jeu. Extrêmement mal dégrossi, mais un très grand jeu quand même.
02/07/2011, 14:15
Oui, Deadly Premonition est un jeu marquant. Ses défauts plomberaient n’importe quel autre titre mais il arrive à intéresser le joueur, à le tenir en haleine. Et ceux, grâce à un scénario ficelé et une ambiance pittoresque...
Mais, croire que « l'histoire est est hors du commun, originale » est un poil excessif et exagéré. Pour quelqu'un qui n'a jamais vu Twin Peaks, je le comprends bien. Mais, il faut se rendre à l'évidence :
1 - Le scénario de DP n'est pas le meilleur. (J'ai vu mieux ; par exemple, Metal Gear Solid 3 frôle la perfection dans ce domaine avec des personnages travaillés et une mise en scène époustouflante.)
2 - DP n'a pas tout créé.
Pour saisir les influences du bébé de Swery65, un petit détour outre-Atlantique est nécessaire. Allez, un seul nom : Twin Peaks. Rainy Woods, la première ébauche de DP, avait carrément le statut de plagiat. Les deux nains, l'agent du FBI... Tout renvoyait au chef-d'oeuvre de David Lynch.
Je dirais même, proportions prises, que « DP est du Twin Peaks en moins bon ». Un seul épisode suffirait à te convaincre. Swery65 aurait pu être plus mature et original. C'est un peu comme Heavy Rain, un copié-coller de Seven.
Il est difficile de t'illustrer cela, si tu ne connais pas cette série. Par exemple, les scènes dans le monde altéré et ce côté nanardesque font tâche, surtout vers la fin. Alors que TP introduisait quelques éléments fantastiques inédits (chambre rouge...), Deadly Premonition n'invente presque rien.
Alors, oui, tu vas me dire Zach mais dans la série de Lynch, Dale Cooper parle à son magnétophone, etc. Il y a pleins de choses comme ça. Donc, niveau originalité, bof !
Mais, l'histoire de DP reste quand même intéressante, bien ficelée et sympathique de bout en bout. Les personnages sont quant à eux à la hauteur de leur aîné et le jeu réserve quelques surprises.
En bref, DP est intelligent et intemporel. C'est le Twin Peaks du jeu vidéo mais le scénario n'est pas aussi révolutionnaire pour un connaisseur. N'y allons pas par quatre chemins, transposer l'atmosphère de cette série mythique, est déjà incroyable.
Espérons juste que le prochain projet des messieurs nippons continue sur le bon chemin.
03/07/2011, 00:51
03/07/2011, 07:51
Il y a de l'humour, humour bien barré soit dit en passant, du gore, une sacrée épaisseur de mystère, et puis cette ambiance champêtre qui nous donne à voir un autre visage des USA que celui qu'on voit d'habitude avec New York.
La recette de Twin Peaks, en somme^^. C'est précisément ce que j'ai adoré dans ce jeu, et voilà pourquoi j'ai pris tout mon temps pour y jouer, voilà pourquoi j'ai trainé dans chaque rue en allant coller un oeil indiscret derrière les fenêtres (géniale, cette option, elle réserve quelques surprises^^) : j'avais le sentiment d'être l'agent Cooper, j'avais l'impression de JOUER à Twin Peaks. Et quand on connait bien cette série culte, quand on l'a adorée comme j'ai pu l'adorer, alors c'est un morceau de bonheur en barre qu'on nous offre, malgré la centaine de défauts gênants dont le titre est encombré !
03/07/2011, 13:35
04/07/2011, 10:06
04/07/2011, 17:18
Le coté shoot c'est du Mikami et c'est son truc depuis RE 4, PN07 ou Vanquish.
Pour revenir a Deadly Premonition je dirais que son enorme puissance se pose dans l'immersion, elle est geniale, le fait de devoir se raser, dormir (le temps passe en temps réel), manger, boire, et que l'on suive tout les deplacements du perso, genre le matin on sort de l'hotel et on roule jusqu'au comissariat etc ben c'est excellent, on se sent vraiment libre et investi.
Le cadre du jeu est frais aussi, ce genre de petite bourgade isolée au milieu des USA c'est un univers vraiment excellent et original, surtout parfait pour un thriller et jeu d'enquete du genre.
C'est un jeu qui nous tiens en haleine d'une belle facon, des l'arrivée de York a Greenvale jusqu'a son depart, on a envie de connaitre le coupable.
Bon je sais pas ce que prepare Swery 65 mais tres franchement faut que ce soit du meme calibre et il n'aura aucun mal a trouver des investisseurs.
06/07/2011, 00:50
09/07/2011, 10:55
Mais bien que de passer pour un beunnet, que ce soit killer 7 ou deadly prémonition, je ne comprend rien !