Les profondeurs marines sont un véritable puits sans fond de richesses en tout genre. Elles peuvent non seulement abriter certains des vestiges de notre passé, en témoigne par exemple la découverte de l’une des sept merveilles du monde au fond de la mer Méditerranée ; mais aussi de nombreuses formes de vie aussi fascinantes que difficiles à observer. C’est notamment le cas du calmar géant, plus grand mollusque invertébré au monde dont la présence a été repérée par des scientifiques en Australie occidentale. Une grande première en l'espace d'un quart de siècle.

Des traces de calmar géant repérées au large de l’Australie

C’est en effet ce que nous apprend le résultat de leur étude, « L’ADN environnemental révèle une biodiversité riche et stratifiée en fonction de la profondeur dans les canyons sous-marins de l’océan Indien oriental », publiée en mars 2026 dans la revue Environmental DNA. Et pour la science, il s’agit assurément d’une découverte majeure. Car le calmar géant a beau être doté d'une imposante taille d’environ 13 mètres et de grands yeux de la taille d’une pizza, il n’en reste pas moins une espèce particulièrement difficile à observer.

Il faut dire aussi que ce dernier se trouve généralement dans les zones crépusculaires de l’océan, à des profondeurs pouvant atteindre plus de 600 mètres. Heureusement, à défaut d’avoir pu l’observer de ses propres yeux, l’équipe australienne a tout de même pu en détecter la présence grâce à des traces d’ADN environnemental, fragments génétiques rejetés par les animaux de manière imperceptible dans les eaux environnantes. De quoi confirmer la présence du calmar géant, donc, au large de la côte de Ningaloo en Australie occidentale.

« C’est la première fois qu’un calmar géant est détecté au large des côtés de l’Australie occidentale à l’aide des protocoles d’ADN environnemental » se réjouit le Dr Lisa Kinkendale, responsable de la zoologie aquatique et conservatrice des mollusques au Western Australian Museum, à ce sujet. « Il s’agit de la présence la plus septentrionale d’Architeuthis Dux dans l’océan Indien oriental ». Une présence remarquée alors que les scientifiques étudiaient des canyons sous-marins pouvant aller jusqu’à 4 500 mètres de profondeur.

Calmar

Plus de 200 espèces différentes recensées dans ces eaux

Et ce n'est là qu'un des échantillons prélevés au cours de cette expédition, qui a permis de révéler la présence d’un total de 226 espèces différentes. Avec, dans le lot, certaines qui n’avaient jamais été observées auparavant dans les eaux de l’Australie occidentale contrairement au calmar géant. On parle par exemple du requin dormeur, du poisson sans visage, ou encore du « slender snaggletooth » ; et peut-être même de potentielles nouvelles espèces encore inconnues des biologistes marins.

« La biodiversité des grands fonds marins est immense, et nous commençons à peine à la découvrir » rappelle en effet la scientifique Georgia M. Nester, contributrice de cette étude, pour l’occasion. En témoigne justement la découverte du calmar géant, dont la première observation réelle ne remonte qu’à 2004 ; tandis que la première observation de cette espèce dans son habitat naturel ne remonte qu’à l’an dernier. Autant dire, donc, que nous nous trouvons peut-être aux portes d’une nouvelle avancée pour la science marine.

Source : Environmental DNA