Pour toutes les personnes souffrant de thalassophobie, les fonds marins ne sont rien d’autre qu’une vaste source d’angoisses et d’inquiétudes, provoquées par la peur de ce qu’on ne peut pas voir. Pour d’autres, en revanche, le mystère qui entoure ces lieux représente précisément ce qui les rend si fascinants, eux qui renferment d’innombrables secrets. Des secrets que certains se sont mis au défi de découvrir, ce qui a justement conduit une équipe d’archéologues à mettre au jour les vestiges de l’une des sept merveilles du monde antique.

Des morceaux du Phare d’Alexandrie repêchés en mer Méditerranée

En effet, après plusieurs décennies de recherches, vingt-deux blocs issus du légendaire Phare d’Alexandrie, engloutit par les eaux de la mer Méditerranée il y a plus de 1 600 ans, ont été repêchés par des archéologues dans le cadre du projet PHAROS. Cela comprend alors des linteaux, des jambages, des seuils et des dalles de pavage allant de 70 000 à 80 000 kilos chacun, tous faisant partie de l’entrée du Phare. De quoi nous donner un très bel aperçu de ces architectures antiques, donc, mêlant à la fois des techniques grecques et égyptiennes.

Pour toutes les équipes du projet PHAROS, fruit d’une collaboration entre le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de France, le Ministère du Tourisme et des Antiquités d’Égypte et la Fondation Dassault Systèmes, il s’agit sans conteste d’une découverte historique majeure. Et surtout d’une belle victoire pour les archéologues, dont l’objectif est désormais de scanner par photogrammétrie tous les éléments découverts afin de pouvoir reconstruire numériquement la septième merveille du monde. Un processus complexe, mais assurément fascinant.

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Le Phare d'Alexandrie, reconstitué par Ubisoft dans Assassin's Creed Origins

Un travail de longue haleine pour les historiens

Notons néanmoins qu’il ne s’agit pas des premières découvertes réalisées dans le cadre du projet PHAROS. Visibles depuis la fin des années 60 en mer Méditerranée, les ruines englouties du Phare d’Alexandrie font l’objet de fouilles régulières de la part des archéologues, qui ont déjà recensé plusieurs milliers d’objets au cours des dernières décennies. Rien qu’en 1994, par exemple, le célèbre archéologue français Jean-Yves Empereur menait une vaste campagne de recherches ayant conduit à la découverte de plus de 3 300 antiquités.

Il était d’ailleurs le premier à avoir ouvertement identifié les vestiges du Phare d’Alexandrie, ce qui a aujourd’hui permis à de nouvelles générations d’archéologues de perpétuer son travail à l’aide des outils modernes. Des outils grâce auxquels historiens, archéologues, numismates et architectes œuvrent désormais à la reconstitution de cette merveille dont la construction remonte au IIIème siècle avant J.C. Voilà qui fascinerait sans doute nos chasseurs de trésors préférés que sont Indiana Jones, Lara Croft ou encore Nathan Drake. Rendez-vous dans Uncharted 5 ?

Source : El Cronista