Voilà un documentaire qui risque de coûter bien cher à ses réalisateurs. Le 27 avril 2026, le tribunal de Marseille accueillait plusieurs personnes en vue d’un litige pour le moins inhabituel. Le motif de l’audience : un tournage réalisé sans aucune autorisation préalable au cœur du parc national des Calanques, où se trouvent notamment une meute de loups. Un geste fermement condamné par l’association One Voice, spécialisée dans la protection des animaux, qui tient à mettre en garde contre les conséquences potentielles d’un tel geste.

L’équipe d’un documentaire épinglée pour avoir filmé illégalement des loups

À première vue, les intentions de l’équipe de production, et notamment du caméraman dépêché sur place, ne semblent pourtant rien avoir de malintentionnées. Au contraire. Mais comme l’explique Manon Delattre, juriste chez One Voice, cette présence inconnue sur leur territoire peut avoir des conséquences profondément néfastes sur les loups. « Cela peut les effrayer et modifier leur comportement. Dans ce cas précis, les loups ont quitté le site après les faits » précise notamment l’intéressée, en insistant sur le fait que le caméraman a justement été repéré.

Car dans ce cas de figure, il n’est alors pas rare de voir les loups abandonner leur territoire, qui était pourtant ici réputé pour être une zone de mise bas. Ce qui peut s’avérer d’autant plus désastreux d’un point de vue biologique dans le sens où les louveteaux s’en retrouvent livrés à eux-mêmes et donc plus vulnérables, mais aussi dans le sens où cela accroît la fragilité de la meute. C’est pourquoi pour One Voice, il était important de punir ce geste à la hauteur des enjeux, en plaidant notamment pour un motif de « perturbation volontaire ».

Marseille
Le Parc national des Calanques, situé à Marseille © iStock / Janoka82

Une lourde peine pour les partis impliqués

Lors de l’audience, le tribunal de Marseille n’a cependant pas statué en faveur de cette plaidoirie, préférant à la place se concentrer sur le fait que le tournage ait été réalisé sans la moindre autorisation. Ce qui, pour les partis concernés, représente tout de même des peines non négligeables, puisque l’on parle alors de sanctions financières allant jusqu’à 3 000€ d’amende avec sursis pour le caméraman, 4 000€ pour la réalisatrice, et 8 000€ pour la société de production. Soit un total de 15 000€ d’amende pour le documentaire dans son ensemble.

Pour One Voice, nul doute que cela n’est pas suffisant, surtout dans le sens où des louveteaux se sont retrouvés mêlés à cette affaire. Néanmoins, cela reste tout de même une petite victoire pour l’association, qui en a profité pour rappeler l’importance de préserver des dérangements humains cette espèce en pleine expansion, en particulier dans des zones de tranquillité telles que celles-ci. Reste maintenant à attendre le délibéré final du tribunal de Marseille, qui statuera officiellement sur cette affaire le 19 mai prochain.

Sources : One Voice, Le Petit Bleu