Dès sa première diffusion en 1999, la série Les Sopranos a immédiatement révolutionné la façon de produire, regarder et percevoir une série de télévision. Son créateur, David Chase, a fait de cette série HBO l'une des plus grandes de toute l'histoire avec notamment sa manière d'introduire Tony, un chef mafieux du New Jersey tiraillé entre la gestion de son empire et la dégradation de sa santé mentale.

Une introduction historique de la part de la série Les Sopranos

Le premier épisode de la série Les Sopranos est sans doute l'un des plus grands de l'histoire de la télévision, présentant aux téléspectateurs le personnage complexe d'un chef mafieux. L'épisode s'ouvre sur la première rencontre de Tony avec le Dr Melfi, suite à une crise de panique. Ils discutent alors des tenants et aboutissants de sa vie personnelle et professionnelle. Désespéré de préserver sa famille, il utilise ces séances pour comprendre ses échecs et tenter de concilier l'homme qu'on lui a appris à être avec celui qu'il est réellement.

Dès le départ, il est clair que ce personnage central de la série Les Sopranos est une représentation particulière de l'archétype du chef de mafia. Au milieu de l'épisode, il se tourne vers le Dr Melfi et lui demande : « Qu'est-il arrivé à Gary Cooper ? Le type fort et silencieux ? » Cette question directe révèle son deuil d'un homme disparu. En évoquant Gary Cooper, un héros américain qui laissait rarement transparaître sa vulnérabilité, Tony se compare à un idéal de masculinité : franc, indépendant et, en théorie, inébranlable.

En citant Gary Cooper, Tony illustre ainsi l'impossibilité d'atteindre cet idéal. Cette réplique constitue le thème central de la série Les Sopranos, mettant en scène un homme tiraillé entre les attentes de la masculinité traditionnelle et la réalité de ses faiblesses. Elle donne le ton à une série qui traite autant du déclin des idéaux américains classiques que des tourments personnels d'un chef mafieux.

Un chef d'œuvre de narration qui a marqué l'histoire

Le choix de David Chase de centrer le tout premier épisode de la série Les Sopranos sur une séance de thérapie était judicieux, offrant aux spectateurs de multiples perspectives sur l'histoire. Au lieu de tout voir uniquement à travers le regard de Tony, nous découvrons ce qui se passe réellement, par opposition à l'image que Tony projette au monde extérieur.

La série Les Sopranos offre une vision plutôt sombre du rêve américain, thème central dans les séries autour de la mafia italo-américaine, à l'instar de l'ouverture du Parrain, où Bonasera se tourne vers Don Vito Corleone après avoir été déçu par la société. Tony exprime d'ailleurs souvent des réflexions similaires, affirmant que le bon vieux temps est révolu, que la société se désagrège, et citant même des statistiques comme « dix-huit millions d'Américains souffrent de dépression clinique » tout en s'interrogeant à voix haute sur le sort du pays.

Plus de vingt ans après, ces observations et la série Les Sopranos restent toujours autant d'actualité. Le sentiment de déclin générationnel transparaît dans la session de thérapie de Tony. En mettant l'accent sur cette peur sociétale persistante, David Chase captive le public et lui confère une dimension personnelle pour Tony.