À chaque nouvelle génération de console, le shooter se réinvente. De plus en plus spectaculaire, les Call of Duty et autres Battlefield multiplie les mécaniques pour un rendu aussi intense que cinématographique. On en arrive à avoir l'impression d'être immergé dans un véritable blockbuster du 7e art. Cependant, les vétérans des LAN parties se souviendront avec nostalgie de certaines spécificités dans le gameplay qui sont en voie de disparition dans les productions les plus récentes. Un constat qui fendra le cœur de certains, quand d'autres y verront probablement une évolution dans l'air du temps.

Un pas signature du shooter des années 1990-2000

Aujourd'hui, quand on imagine un shooter, on pense le plus souvent à une mobilité hyper dynamique. Les glissades, courses murales et acrobaties aériennes font désormais partie intégrante de l'expérience. Pourtant, la fin du siècle dernier était très loin de cette gesticulation spectaculaire. Les capacités techniques des machines de l'époque étaient bien trop restreintes pour permettre autant d'envolée et préserver la fluidité du gameplay. Mais une autre mécanique était au cœur de la bataille pour des duels sous tension.

En effet, dans les années 1990 et 2000, le genre du shooter était particulièrement reconnaissable par l'une de ses techniques aussi redoutable que difficile à maîtriser : le strafing. Cela consistait à se déplacer latéralement tout en maintenant le viseur sur l'opposant. Que ce soit dans Halo, Quake ou encore Unreal Tournament, ce pas presque dansé nécessité de garder sa concentration pour prendre la main dans le face-à-face et profiter de la faille adverse pour viser dans le mile.

Le strafing était une passe iconique de l'époque et pourtant, elle n'était pas des plus simples à mettre en place. Pas de tutoriel pour s'y initier, seule la répétition et l'acception de la défaite pouvait mener à sa maîtrise. Typiquement, sur Counter-Strike, vous deviez savoir vous arrêter à la frame pour tirer au moment opportun. Dans les premiers Halo, vous tourniez autour de votre ennemi à rythme précis pour enfin ajuster le réticule et viser juste. Tout shooter demandait alors des réflexes bien différents des productions actuelles, où la lecture de l'adversaire était la clé pour l'emporter.

De nos jours, le strafing n'a pas totalement été évincé du genre du shooter. Cependant, les jeux modernes tendent à délaisser cette pratique au profit de mécaniques de déplacement plus organiques et complexes. Les mouvements sont plus variés et surtout plus fluide. L'expérience en ressort plus réaliste et/ou spectaculaire selon les titres. Pourtant, certains regrettent le bon vieux temps. À l'époque il était question de trouver le bon tempo pour percer la défense de son opposant. Quelque part, cela imposait un rapport de proximité plus important avec l'autre et, de ce fait, plus intense.