42°C, une courbe en W et une sortie d'épisode sans cesse repoussée : cette quatrième canicule s'annonce plus longue et plus imprévisible que prévu. Le sud-ouest, déjà en feu, pourrait payer le prix fort.
Une nouvelle canicule, la quatrième de la saison, doit toucher la France à partir du mardi 28 juillet 2026. Les températures pourraient largement dépasser les 40°C, certaines projections évoquant même 41 ou 42°C par endroits.
Toutes les régions ne seront pas concernées avec la même intensité. L'épisode est suivi par plusieurs sources, notamment le météorologue Yann Amice, contacté par actu.fr, ainsi que Météo France et le modèle européen ECMWF.
Un premier pic mercredi et jeudi, puis un recul temporaire
Selon Yann Amice, l'épisode se déroule en deux temps : un premier pic autour du 29 et du 30 juillet, suivi d'un léger recul, puis une seconde poussée potentiellement plus marquée au début du mois d'août. Sans véritable fin entre les deux phases.
Mercredi 29 juillet, Météo France prévoit un pic de chaleur assez intense sur une large moitié ouest du pays, plus durable du Limousin à l'Île-de-France jusqu'aux régions de l'est. Un passage en vigilance orange canicule y apparaît probable, et l'indicateur thermique national pourrait atteindre 27,5 à 27,7°C. Pour Amice, cette journée constitue le signal majeur de la séquence.
Le jeudi 30, la chaleur devrait se maintenir à un niveau élevé, avec un risque de canicule que Météo France qualifie désormais d'élevé. Amice y voit une première poussée chaude sur ces deux jours, avant un léger fléchissement qu'il décrit comme « la correction que nous attendions », liée au rapprochement récent entre les principaux modèles météorologiques.
Vendredi 31 juillet, un recul est attendu à l'échelle du pays, avec un indicateur autour de 26°C. Amice parle d'un creux relatif, qui ne marque pas la fin de l'épisode. Météo France signale par ailleurs un risque orageux à partir du jeudi 30, des orages pouvant devenir plus violents vendredi et samedi, tout en restant localisés.
L'ECMWF déplace le second pic vers les 2 et 3 août
Samedi 1er août, la chaleur pourrait rester temporairement moins intense à l'échelle nationale, avec un indicateur toujours proche de 26°C. Des incertitudes demeurent sur la vitesse de la remontée qui doit suivre, et des orages localisés, parfois soutenus, restent possibles ce jour-là.
Dimanche 2 août, une nouvelle poussée de chaleur pourrait se mettre en place. Le modèle ECMWF décale désormais le pic principal de l'épisode vers les 2 et 3 août, donnant à la courbe des températures une forme de W : un premier pic, un recul temporaire, puis une nouvelle hausse. Pour Amice, cette configuration montre que l'épisode dure plus longtemps que ne le suggéraient certaines projections antérieures.
Le lundi 3 août pourrait devenir le point culminant de la séquence, avec un indicateur thermique national susceptible d'atteindre jusqu'à 29,5°C dans le scénario cité par le météorologue, une valeur qui reste à confirmer dans les prochaines simulations. Un niveau proche de 29°C rapprocherait cette poussée de celle observée le 24 juin.
Après le 3 août, la sortie de l'épisode pourrait intervenir plus tard que prévu : certaines simulations envisageaient une baisse franche autour des 4 et 5 août, désormais repoussée vers les 7 et 8 août, dans une logique de sortie progressive plutôt que brutale.
Le sud-ouest de la France, déjà touché par de violents incendies en Gironde et dans les Landes, ne devrait pas être épargné par cette nouvelle vague de chaleur. Une situation qui complique un peu plus la lutte contre les feux de forêt en cours.
Thibault Corouge, prévisionniste de Météo France, a détaillé le mécanisme à l'AFP : à partir du mardi 28 juillet, une masse d'air orientée sud-sud-ouest doit « apporter de la chaleur, malheureusement », en provenance de « latitudes un peu plus sud, notamment d'Espagne, d'Afrique du Nord ».
Dès le mercredi 29, « les minimales et les maximales, en termes de température, vont monter d'un cran », avec des maximales pouvant grimper jusqu'à 40°C selon le prévisionniste.
Le prévisionniste note toutefois un facteur favorable : « le vent est quand même moins fort pour les prochains jours, donc ça devrait limiter un petit peu les départs de feu ». Un bénéfice partiellement contrebalancé par un air un peu plus sec, facteur aggravant pour la propagation des flammes.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, les prévisions locales dessinent un calendrier légèrement différent. Mardi 28 juillet, les maximales devraient se rapprocher des 35°C en Béarn. Mercredi, le mercure continuerait de grimper vers les 40°C, avant un rafraîchissement jeudi puis une nouvelle hausse vendredi.
Le pic caniculaire de la semaine se déplacerait ainsi sur la France entre jeudi et vendredi, ces deux journées s'annonçant comme les plus chaudes localement. Les météorologues soulignent une incertitude persistante sur la suite exacte de l'épisode, des projections orageuses pouvant encore en modifier le déroulement.
À plus long terme, l'ECMWF évoque une anomalie de températures comprise entre 3 et 6 degrés au-dessus des normales de saison pour les deux premières semaines d'août. Une perspective jugée défavorable pour des sols qui souffrent déjà des effets de la sécheresse.