Après trois vagues déjà mortelles, une quatrième canicule frappe la France dès le 29 juillet, avec des sols plus secs qu'en 1976. Jusqu'où la barre des 30°C va-t-elle grimper cette fois-ci ?
« À compter du mercredi 29 juillet 2026, un quatrième épisode de canicule va se mettre en place sur la France. Un bas géopotentiel va se positionner sur le sud-ouest de l'Irlande et va littéralement pomper et faire remonter vers le nord une masse d'air très chaude stationnée sur le sud de la Méditerranée. »
Le météorologue et océanographe Yann Amice ne laisse guère planer le doute, dans des propos rapportés par actu.fr : selon les modèles, le seuil de canicule sera franchi à l'échelle du pays dès mercredi.
Le plateau caniculaire se confirmerait du 30 juillet au 2 août, sans signal de rupture identifiable avant le 6 août. Le modèle américain GFS anticipe déjà un indicateur thermique national de 30°C dès le jeudi 30 juillet.
Une masse d'air chauffée en Afrique du Nord
Pour mesurer l'ampleur de cette nouvelle montée du mercure, Yann Amice invite à regarder du côté de l'arrière-pays algérien et tunisien, où les maximales ont atteint 48 à 49°C dans les jours précédents. Une partie de ce réservoir thermique doit être advectée vers le pourtour méditerranéen avant de remonter vers le nord.
« Des sols très secs, des températures de surface de la mer très chaudes, l'emballement est depuis en place », relève le météorologue. Au 22 juillet, l'humidité des sols atteignait un niveau extrêmement bas à l'échelle du pays, du sud-ouest au nord-est en passant par l'Île-de-France et la Normandie.
Ce niveau, inédit si tôt dans la saison, dépasse déjà ceux relevés en 1976, en 2022 et en 2025 à la même date. Avant le 24 juillet, une large partie nord du territoire avait pourtant retrouvé des températures proches des normales, tandis que les fortes chaleurs persistaient dans le sud.
La quatrième vague de l'été
Cet épisode sera le quatrième de la saison, après des canicules fin mai, fin juin et début juillet. La vague du 17 juin au 2 juillet avait déjà produit un record absolu : l'indicateur thermique national a atteint 30°C les mercredi 24 et jeudi 25 juin. Ces deux journées ont dépassé l'ancien record, enregistré le 25 juillet 2019 et le 5 août 2003.
Un épisode d'orages, potentiellement violents, est attendu entre le vendredi 24 et le dimanche 26 juillet, offrant un répit temporaire et localisé dans le sud avant la remontée annoncée pour le milieu de la semaine suivante. Yann Amice précise que même si ce modèle est en soi à ce stade alarmiste, les signaux des autres modèles sont désormais clairs sur un retour des très fortes chaleurs sur l'Hexagone à partir du milieu de la semaine prochaine.
Le prix sanitaire de l'épisode précédent a été rendu public le mercredi 22 juillet par Santé publique France : la canicule du 17 juin au 2 juillet a causé 5 764 décès excédentaires, une surmortalité record depuis 2003. Deux tiers des victimes étaient des personnes âgées, mais des jeunes ont aussi été touchés. La moitié de ces décès a été enregistrée en trois jours seulement, entre le 25 et le 27 juin.
Ce bilan alimente une bataille politique. Les oppositions accusent le gouvernement d'impréparation face aux conséquences du réchauffement climatique, tandis que l'exécutif s'efforce d'écarter toute comparaison avec la canicule de 2003, qui avait fait 15 000 morts, en grande partie en Ehpad.