Une norme datant de 1955, une histoire de bactéries et un détail que vous croisez sans jamais le remarquer : la forme des toilettes publiques cache bien plus de logique qu'il n'y paraît.
Selon Akash Gupta, un utilisateur ayant publié cette explication sur X, sont partagés, moins il y a de points de transfert bactérien. Cette formule résume l'explication la plus souvent avancée pour justifier un détail que presque tout le monde a croisé sans s'y arrêter : l'ouverture en forme de fer à cheval qui découpe l'avant de l'assise des toilettes publiques.
Contrairement aux modèles entièrement fermés installés chez les particuliers, ces sanitaires collectifs, qu'on retrouve dans les hôpitaux, les gares, les centres commerciaux, les avions ou les trains, laissent un vide à l'endroit où se trouve, chez soi, la section frontale.
Selon Gupta, supprimer cette partie réduit la surface de peau en contact avec une cuvette utilisée par des centaines de personnes chaque jour, et donc le risque de transfert bactérien.
D'autres arguments accompagnent cette hypothèse. L'ouverture permettrait aux femmes de se nettoyer sans que leur main touche le plastique de l'assise. Elle empêcherait aussi l'urine laissée par un usager précédent de s'accumuler dans la zone avant : selon Gupta, la personne suivante s'assoit ainsi sur du plastique sec, et non sur l'erreur des autres.
Une explication plus anecdotique circule enfin : ce format, différent des modèles domestiques, dissuaderait le vol de ces équipements dans les bâtiments publics.
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Une règle qui remonte à 1955
Le format n'est pas né avec les réseaux sociaux. Il remonte au moins à 1955, année où l'American Standard National Plumbing Code, publié par les plombiers des États-Unis pour unifier les pratiques du secteur, imposait déjà que les assises des bâtiments publics soient à front ouvert et fabriquées dans un matériau lisse non absorbant. La règle a été reprise dans des manuels ultérieurs, comme l'Uniform Plumbing Code paru au début des années 1970.
L'Association internationale de plomberie et de métiers mécaniques indique que ce type d'assise reste obligatoire dans de nombreuses toilettes publiques, précisément pour limiter la surface de contact avec la cuvette. Des spécialistes de la Société américaine des ingénieurs en plomberie associent ce design à un objectif d'hygiène intime, en plus de faciliter le nettoyage : moins de surface à l'avant signifie moins d'accumulation de saleté et d'humidité, un point utile dans des espaces où passent des milliers d'usagers par jour.
Chez les particuliers, la logique s'inverse. Les toilettes y sont utilisées par un nombre restreint de personnes, en général les membres d'un même foyer, ce qui rend moins pressant le besoin de réduire le contact avec l'assise. Le confort personnel et l'esthétique prennent le pas sur cette contrainte, ce qui maintient les modèles entièrement fermés comme norme dans les logements.
Dans les hôpitaux, ce même design faciliterait par ailleurs le travail des infirmiers et des aidants qui accompagnent des patients à mobilité réduite jusqu'aux toilettes, une raison qui explique sa présence jusque dans les chambres.