Inventeur et visionnaire, Nikola Tesla est une figure aussi étonnante que captivante du XIXe siècle. Souvent incompris, il est pourtant à l'origine de travaux qui ont révolutionné l'industrie, en particulier dans le domaine de l'énergie électrique (d'où le nom d'un certain constructeur automobile, entre autres). Et si ses inventions ont changé le quotidien du monde entier, c'est probablement parce que cet ingénieur américain, d'origine serbe, regardait le monde avec un pas de côté. On ne s'étonnera donc pas de ses réflexions surprenante entre intelligence et rapport à l'amitié qui ont de quoi ouvrir le débat, surtout à notre époque.

La solitude au service du bonheur pour Nikola Tesla ?

« Mieux vaut être seul que mal accompagné ». Cette maxime pourrait définir la vision des relations humaines par Nikola Tesla. Au milieu de toutes ses inventions, l'ingénieur en est venu à la conclusion que « plus une personne est intelligente, moins elle a d'amis ». Ce qui pourrait être pris pour de la misanthropie ou du mépris social de sa part est en fait le signe d'une sélectivité évidente. Pour autant, cela n'empêchait pas le Serbe d'être un grand humaniste, désireux de rendre accessible l'électricité à tous les foyers.

Portrait en noir et blanc de Nikola Tesla.
Nikola Tesla.

Suivant la logique de Tesla, les esprits brillants ne chercheraient pas tout à fait les mêmes rapports humains que la plupart des gens. Une grande intelligence encouragerait davantage les échanges profonds, les conversations constructives qui viendraient encore nourrir les réflexions des interlocuteurs. Cette quête d'une stimulation intellectuelle auraient alors une conséquence inévitable. Le cercle social se réduit et, avec lui, le nombre d'amis.

En somme, pour quelqu'un tel que Nikola Tesla, la qualité primerait sur la quantité. Les discussions creuses et superficielles seraient des plus facultatifs. Pire encore, les automatismes sociaux et les relations entretenues plus par habitude que par connivence seraient un repoussoir naturel, une perte d'énergie. Une posture qui, aujourd'hui encore, a de quoi susciter le débat.

Depuis Facebook, les nouvelles générations collectionnent les « Amis » en ligne. Plus encore, elles multiplient les followers sur les réseaux sociaux de toutes sortes. Par conséquent, le rapport à l'autre mute totalement. Un rapport qui prend même une tournure désincarné alors que les plus jeunes préfèrent de plus en plus se confier à une intelligence artificielle comme ChatGPT plutôt qu'à de véritables personnes. Il serait intéressant d'avoir l'avis de Nikola Tesla sur les tendances actuelles.

ChatGPT / OpenAI.
© Vitaly Gariev.

D'autant plus que des recherches contemporaines viennent appuyer l'intuition de Tesla. Plusieurs études montrent en effet que les personnes à haut quotient intellectuel se disent plus heureuses en accordant moins de temps aux interactions sociales. Là où la population générale trouve du réconfort dans la sociabilité, les profils les plus intelligents s'épanouiraient finalement plus dans une solitude choisie. Ainsi, ils trouveraient plus de plaisir à se consacrer à leurs idées et à concentrer leurs efforts dans un isolement synonyme de liberté de création. Cela n'exclut évidemment pas la compagnie d'autrui. Le tout est simplement d'être bien accompagné.

Source : Add Health et Bloomberg.